RÉPONSE
condamnée à parer tout au plus de quelques ineptes gentillesses cette trivialité de langage qui gagnerait le peuple de tous Lea rangs; les moindres défauts de l.i langue seroienl d'être di venue foible, in entortillée, énigmatiqne , maniérée. Ponr n'offrir qu'un exemple an hasard de ri- qui ponrroit arriver en ce genre, dire tout simplement alors un honnr'/r homme, cela serait presque passé de mode, soit qu'il fût trop bourgeois de l'être, on trop plat de prononcer ee nom ; mais, comme par un reste de pudeur involontaire dont la déraison et le vice même ne peuvent sedéfain .on voudrait i une nuance de la dénomination antique, on entendrait duc par-toul d'un ion doucereux i-t faux, C'est m.i homm* honnête, une lionne le < réâture, et r [ dcl le honnêteté ! des cœurs faux, des amis pe». rides, de bas prot» g< s, des fulota de tous les 01 dus. des hommes tarés, des femmes affichées; tout ce monde charinunt , affreux . voilà donc ce que l'on entendrait nommer nar-lout Jr trh )ionn< I turcs .'
îlpxs enfin, si cette honteuse époque pouvoit
arriver — si 1 m y touchoit si même.... \ u reste,
dans toutes les suppositions , celte 1 • . • - mœurs, ce comble de la déraison, celte absurde métamorphose des idées, ce \\\ travestissement du Langa e, n'étendraient point leur extravagance et leur opprobre sur Le corps de la nation : Le >,.ul mal seroit qu'an milieu d'une nation vertueuse, franche, généreuse, aimable, et dans Laquelle tons ces caractères fi indois se perpetueni s il existe et circule une foule d'eues manqi sans prin. caractère, et indignes du nom
de leur patrie peuple mélangé de 1ms intrigants, d'ames viles et noues, d'insectes dons, de chenilles et d'espèces, n'ayant que l'intérêt ponresj rit,
DE GRESSET. 3a9
la fausseté ponr langage , et la soif de l'or pour existence. A. ce malheur trop réel se joindroit le triste ridicule de tout cet autre petit peuple pomponné, moitié en toupets à la grecque et moitié à plumes flottantes, tumultueux, essaim de freluquets lourds et de suffisantes péronnelles ; peuple prétendu charmant , jouaut 1 esprit sans avoir le sens commun , chantant faux par les chemins , imaginant par-tout donner le ton qui n'est pris que par les 'vieux enfants, croyant faire l'ornement et le bonheur de la terre dout il n'est que le fardeau et l'ennui , préférant les bons airs aux bonues mœurs, affichant l'indécence, voué à la fausseté, et n'ayant d'ailleurs pour bourdonner tout le jour que quelques vagues expressions toujours les mêmes, quelques petites tournures répétées , comme les serinettes n'ont pour tout mérite qu'un très petit nombre d'airs , qui peuvent plaire un instant , mais qui ennuient à la reprise.
Quoi qu'il en soit , protestons , du moins par goû* et par devoir, protestons sous les voûtes de ce palais, au nom de la langue francoise , contre toute violation de sa pureté, toute dégradation de sa noblesse , et toute métamorphose de sa parure naturelle et durable en clinquants éphémères et en pompons bientôt flétrir.
Réparons ses pertes réelles , s'il est possible ; et si, pour nous défaire de ses nuisibles acquisitions en mots et en tournures nous ne pouvons pas trop nous en fier à la mode , qui en les anéantissant nous en rameneroit bientôt d'autres du même ton, de la même nécessité; si le pouvoir littéraire qui nous est confié ne peut s'étendre sur ces salons où l'on ramage , sur ces toilettes où l'on déraisonne, sur ces jardins publics ou l'on pérore avec tant de vérité , sur ces soupers fins oùlUon bâille avec tant d'esprit ;
33o RÉPONSE
que clu moins nos écrits. , el ceux des jeune» auleui s
V espérance de l'académie . que t 10s écrits, to ajoura
ncs, et sains, an milieu de la conta ion, soienl des dignes an mauvais goût, des barrières insurmontables à l'invasion du mauvais su le . ainsi <j iï'.i ii dépt rissement de la raison et à la i! • des mœurs.
Que l'Europe littéraire puisse connoître notre réclamation contre l'abus des termes. 1 oui les i trangers 'pii étudient notre langue, derenne celle de toutes bs cours de l'Europe, apprendront pai i ette protestation, toute faible qu'elle est, que l'académie françoise n'adopte rien du moderne jargon.
\u rûilien des proscriptions nécessaires: que ne pouvons -nous du moins enrichir quelquefois le dictionnaire <& la France par de nom elles expre«siôns do -cuir de deux ternies inod< rues qui honorent ta raison el la patrie : le premier est le terme
m -.m ; puisse ce nom sensible et cher resté
ie i. \ .mi dans nos manu i! unes , h. .us serons plus ht François, soyons nous-mêmes: abandonnons la ridicule manie de porter sur les bord» de la Sein,. l'nnifoi me de la I .muse. 1 1 que des modèles n. se rabaissent plus à n'être que :■ .issioiis-
nons du sein dt ces nuages voir renaître et rayonner Cette \ente de lame, celte franchise nationale, et cette bonne gaieté Françoise, qui, fnyant les glaces de l'importance, l'air nébuleux de l'intrigue, et les s, .mines vapeurs des gens a prétentions, ne brille que pour les cœurs vrais aimables, les bonnes gens! Le titre de sonhommu ne peut être une injure que pour la médiocrité ; lise/. ..insulte/, tous les temps, les hommes vraiment estimables, les gens illustres à juste litre . et.