RÉPONSE
personnages bizarres, dont on leur fait prendre le ton , k- maint ien , el les ridicules , que de charmants et bois petits li.-iu-. on copie on l'on invente pniii les parer el les a\ ilir ! ( !e n'est j > lu— tel on tel du nom de sa famille : on les appelle encore moins îles n s sacrés qu'ils ont reçus d< la religion; c'est Finette, c'esl PierroÇ, c'est Jenni, c'est Florine, c'esl \hckaut, c'est J.aunttc, c'est tout ce qui n'est pas eux, on ce qui ne doit pas l'être: tels sont les titres que partagent et se disputent ces poupées chargées d'aigrettes, el cea automates panaclu s, qui sautillent sur Les pelouses des jardins publii - . que les gouvernantes cajolent , apprennent à .se croir0plna et mieux que les autres, à primer, et à se haïr à compte, eu leur faisant disputer toutes les préférences, et en les habitoautan sot el dangereux égoïsme ; ternie honteux el moderne encore, que l'amitié", qui nous quitte, el l'amour de la patrie, presque éteint dans beaucoup d'ames il générées et de cœurs d< sséchés et flétris, onl rendu malheureusement nécessaire au langage de nos jours. De fort beaux et fort inutiles traités d'éducation plus ou moins neuve, .1 petits chapitres et •> grands mots, sont là, j'en conviens , sur la cheminée de vos enfants, pour leur être expliqués p.ir les bonnes, qui n'y comprennent rien , et qui ne leur ouvrent des livres que pour leur en montrer les images. Mais miiis, qui croyez, avoir tout fait quaud vous avez masqué votre bel enfantât quelque joli nom de goût qui n'est pas le sien , degrace, rappelez-vous quelquefois que VOUS devez. ;'i la patrie des citoyens, des «mes, et non des marionnettes élégamment organisées; songez que ce pauvre Mièhaut, ce petit prodige d'aujourd'hui, qui, moins prodige <t mieux élevé, un jour auroit pu être uu homme.
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grâce à votre régime actuel, à quinze ou seize ans , marchera bien , à la vérité , se présentera noblement, dansera sans doute comme les anges; ( car c'est ainsi que le nouveau langage , qui fatigue la terre, profane les noms du ciel même ) sans doute cocher intrépide, debout dans un cabriolet, ne voyant que lui-même, et répandant également sur son passage l'effroi , l'admiration, et le rire de pitié, il saura fendre la presse, se faire détester des passants, et s'embarrasser moins des hommes que de son cheval anglais ; mais songez aussi qu'avec tous ces petits talents supérieurs, votre élégant ne sera dans sa brillante carrière que monsieur le comte ou jnonsieur le marquis honnêtement bête , et sot avec distinction. Et cette panvre petite Laurette si jolie, qui mieux conduite auroit un jour valu quelque chose , que sera-t-elle quand elle aura été obéie dan-, toutes ses fantaisies , flattée dans toutes ses humeurs , applaudie dans ses bêtises, prônée à frais communs, toujours fêtée, toujours gâtée par les gramls parents, leurs familiers, l'abbé de la maiso/i , tous les sons-ordres complaisants , tons les bas valets ? sans doute cette brillante éducation donne les plus belles espérances qu'à quatorze ans Laurette sera par excellence la petite personne la plus impertinente , et qu'entrant ensuite daus le monde avee toutes les grâces, toute l'élégance et tous les ridicules, elle sera, comme on peut l'attendre , une épouse vertueuse, une mère digue de ce nom cher et sacré , une femme raisonnable. Les roms bizarres supprimés, donnez, (on sera de votre. coût) donnez, si vous voulez, à vos enfants l'écharoe , la fraise , le panache blanc de la nation ; mais sous cette livrée noble , sous ces couleurs de la patrie, sous cette parure galante et fiere des a. 2^
r.ç.6 RÉPONS F.
temps de la franche et vertueuse chevalerie . mfaçonnez plus des pantins d'un siècle frivole, ne l.-> empoisonnes pas des mœnra amollies el dépravées r | r 1 1 vous environnent, el rougissez de préparer à la France nne génération gingnette , mesquine . el Boette, de personnages faux, île colifichets, el d'histrions.
Je ne me serois point livfc à ce long détail amené par des nous ridicules, si l'intérêt des m . ars publiques, -> essi atielles à former des l'enfance, n«' méritoil . quand L'occasioo naturelle d'en parlei se présente , une attention plus séi core qna l'intérèl de la langue à défendre, ses pertes à dép] ici , et ses nuisibles acquisitions à proscrire.
Si 1rs mœurs commandent , si le langage obéit , quelle époque rendit jamais plus nécessaire la \ igilance des conservateurs de la langue frai qn'e devi noblesse,
s m harmonie? cpiel ridicule et honteux 1 1 .. ■ meut subiroit la langue du bon s( n< . du sentiment, et de l'honneur, si malheureusement il pouvoit arriver une épo rue où toutes les 1 bitraires, où presque par-tout, au milieu des phosphores dn petit bel-esprit, des h ois airs, al des jolis mots, la vérité, L'inaltérable vérité restai délaissée comme une triste étrangère qui ne sait point la langue du jour, et que personne ne remarque?
V quel excès de délire, de bassesse, et il ignominie seroit prostituée la langue françpise, s'il pouvoit arriver un temps ou le ton frivole et l'air agréable autorisant tout, faisant tout sou de tous les temps fut traitée de petit bon esprit de simplicité , l'antique bouneai tise bourgeoise; uu temps où Les ridiculi • fussent devenus des grâces, les vie
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les scandales île boas airs, l'impertinence un style, le bas esprit de l'intrigue un titre dé £enie , les perlidies des gentillesses, les noirceurs des plaisanteries; un temps enfin ou l'on eût la douleur de rencontrer presque par-tout la méchanceté toujours basse, toujours active, la vile délation, l'affreuse c ilomnie , tontes les atrocités, tontes les horreurs, tous les poisons de l'envie et de la haine circulant dans le monde sous les vernis de L'agrément, environnés île guirlandes et cachés sons des roses? S'il pouvoit arriver ce temps malheureux, alors sans doute, comme il n'y aurait plus ni vrai ni faux , ni bien ni mal, que selon la fantaisie, selon le ton des sociétés, et que rien ne panant pins des principes, tout seroit devenu arbitraire dans l'exposé des faits et dans les jugements des choses, le même jour donneroit au même objet F empreinte de ! estime ou l'affiche du ridicule; ie seul cachet de la vérité seroit sans usage. Ce renversement , cette transposition de tous les titres, cette incertitude des réputations, cette confusion de toutes les idées , passant nécessairement dans la manière de les rendre , les expressions les plus claires ne signifieraient plus rien de décidé pour l'homme impartial, qui ne sauroit plus que croire de ce qu'il entend, ni se démêler des gazes plus on moins transparentes de h\ fausseté ; et, s'il est permis de mêler à ces tristes images un trait moins grave , qui tranchera le ridicule de la position où le nouveau langage mettrait l'homme raisonnable que je suppose, il ne seroit pas mal pour lui que, dans ses différentes visites , il trouvât d'abord chez le suisse le bulletin du jour, et le signalement de la maîtresse de la maison. Alors donc la langue de la raison et de la décence , corrompne , avilie , profanée , et n'ayant plus à rendre que des idées fausses ou basses , seroit