ACTE II, SCENE VI. 3i
Achevé, je le veux; je crois tout d'un ingrat.
VOL FAX.
J'obéis , puisqn'enfin ce n'est plus qu'un coupable : Je vois que son forfait n'est que trop véritable ; Je rapproche les temps, ses projets , ses discours. Dans le conseil, seigneur, -^ous l'avez vu toujours Contraire à vos desseins, contraire à votre gloire; Il tâchoit d'étouffer l'amour de la victoire : Je vois trop maintenant par quels motifs secrets Ses dangereux conseils ne tendent qu'à la paix.
ÊD OUARD.
Oui,tu m'ouvres les yeux; aujourd'hui même encore, Trahissant le renom dont l'univers m'honore , Il m'osoit conseiller un indigne repos.
VOLFAX.
Pour en savoir la cause apprenez ses complots ;
Dans la sécurité d'une paix infidèle
On vous laisse ignorer que l'Ecosse rebelle...
Je ne le sais que trop , de fidèles sujets
M'ont découvert sans lui ces mouvements secrets.
VOLFAX.
De ces déguisements l'honneur est-il capable ? Qui peut taire un complot lui-même en est coupable. Peut-être jusqu'au trône osant porter ses vœux, Appui des Ecossois , il veut régner sur eux ; C'est pour favoriser ces ligues ennemies Qu'il prétend séparer vos forces réunies , Et des ports différents disperser vos vaisseaux, Et borner à régner le destin d'un héros. Il avoit des vertus , il avoit votre estime , Seigneur; mais pour régner, quand il ne faut qu'un
crime , L'honneur est-il un frein à l'orgueil des mortels ? L'espoir du trône a fait les fameux criminels,
3i EDOUARD III.
Et , fausse trop souvent , cette altiere sag> i\ 'attend qu'un crime heureux pour montrer si bassesse.
ÉDOUAB D.
Le perfîJe !
VOL FAX.
Je crains autant que sa fureur Ce renom de vertu qne lui donne l'erreur : Par ces vains préjug :s, entraînés dans ses brigues,
Tous croiront vous servir en servant ses inti i jues ; De la rébellion l'étendard abhorre Deviendroit dans ses mains un étendard sacré...
ÉDOIM B D.
Va; qu'on l'a mené ici... Mais que vois-je? il s'avance.