ACTE III} S'CENE VIII
iSOKDEL.
Vous sa fille? 6 bonheur!...
EUGÉNIE
Quelle tendre pitié , Quel héroïque effort tous conduit?
ARONDÏI.
L'amitié. D'un cœur solide et vrai vantez moins la constance , Le devoir n'a point droit à la reconnoissance ; Le trône est entouré d'un peuple adulateur, Et l'ami d'un heureux n'est souvent qu'un flatteur. J'étais de sa vertu l'adorateur fidèle ; Elle reste à son cœur, je lui reste avec elle. Jeserois ignoré dans ce séjour nouveau; Car quoique cette -jour ait été mon berceau, Mes traits changés aux lieux où j'ai caché ma vie Me rendent étranger au sein de ma patrie : Maispuisqu'encor propice en ce jour de courroux Le ciel daigne m' entendre et m'adresser à vous , Madame , à vos regards je parois sans mystère ; Vous voyez Arondel, l'ami de votre père. Tandis qu'on ne l'a vu que puissant et qu'heureux , J'ai fui de la faveur le séiour fastueux, Et je n'ai point grossi cette foule importune Qui venoit à ses pieds adorer la fortune ; Mais lorsque tout s'éloigne , et qu'il est oublié, Je reviens, et voici le jour de l'amitié.
EUGÉNIE
O présage imprévu d'un destin plus prospère! Puisqu'il vous rend à nous, le ciel est pour monpere.