‹ uvres de GressetChapitre 47 sur 215 · ACTE. IV. SCENE T'T · texte numérisé non relu

ACTE. IV. SCENE T'T

Je ne crains rien pour iooi: pour vous seul j'ai frémi. Fuyez, abandonnez un malheureux ami.

Je sens comme ma fin l'instant qui nous sépare ; Mais fuyez , craignez tout dans ce palais barbare : Je mourrai doublement si vous y périssez.

IIOIDIL

J'aurois cru qu'en m'aimant tous m'estimiez asses Pour devoir m'épargner le soupçon de la crainte, Et me croire au-dessus du sort et de la plainte. Vous me connoitrez mieux. Si vous voulez périr, Je ne vous quitte point; ami, je sais mourir. Convaincu comme vous du néant de la vie , Pourrois-je regretter de me la voir ravie ? Aveugle sur son être , incertain, accablé, Dans ce séjour mortel le sage est exile ; Il voit avec transport la fin de la carrière Où doit naître à ses yeux l'immortelle lumière : Dans cette nuit d'erreurs la vie est un sommeil ; La mort conduit au jour, et j'aspire au réveil. Mais suspendant ici cette sagesse austère, l\"e songez aujourd'hui qu'au tendre nom de père. Si de barbares mains ne l'eloignoient de vous, Eugénie en ce lieu seroità vos genoux : Prête à chercher la mort, résolue à vous suivre, Ah ! si sa tendre voix vous conjurent de vivre , Vous refnseriez-vous à sa vive douleur?

Pourriez-vous lui plonger le poignard dans le cœur ? Ignorez-vous l'opprobre où uns expose un traitre ? "Volfax peut tout; bientôt un vil bourreau peut-être... O honte ! quoi ! tomber sous cette indigne main ! Fuyez; je crois déjà voir le glaive assassin.

ÏOaCESIRE,

Quelle que soit la main qui m'ôtera la vie , Qui meurt dans sa vertu meurt sans ignominie.

La gloire, je le sais, devroit enivre une mort

5a EDOUARD III.

L'onvrage de la fraude et le crime <ln suit; Mus à tout condamner la foule accoutumée Sur Le crime apparent flétrit la renorami ,■. Qui ponrrûit se défendre et ne le daigne pas \ .m perdre avec Le jour L'honneur de son trépas.

La vertu ae connoit d'antre prix qu'elle-même : Ce m esl poinl son renom, cen'eal qu'elle que' j'aime. Que L'univers approuve <ui condamne mes fers, Ami . \uus m'estimez ; voilà tout L'univers. A parler pour mes jours si mon cœur se refuse , Je sais mou plus grand crime , il n'admet poinl d'excuse; Ii L'innocence enfin , peu faite à supplier, Ne descend point au soin de se justifier. En conservant mes jours . je p< rdrois votre estime Si )«• pouvois ramper sons La main qui m'opprime, Si l'aspect de ma lin pouvoil m'intimider. Je sais quitter la vie, et non la demander. Retournez vers ma fille, et fessant de m'abaitre, Ami , ne m'offrez plus ses larmes à combattre : Les maux, les fers, la mort, je puis tout surmonter; •le u'ai que sa douleur et vous à redouter. Epargnez-moi l'horreur ou ce moment me livre : Au nom de ma tendresse ordonnez-lui de \n re : Au uom de l'amitié , dont les augustes nœuds Survivenl an trépas dans les cœurs vertueux,

Qu'elle met rou\ c en VOUS . et .ju 'elle \ mis soit ehen : Quand je meurs, mon ami de ma fille- est le père ; Je vivrai dans vos cœurs ; que ma mort à jamais Emporte votre estime' . et non pas vos regrets.

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