‹ uvres de GressetChapitre 51 sur 215 · SCEN E · texte numérisé non relu

SCEN E

EDOUARD, 'EUGÉ M E.

EUGÉNIE

Pour la dendere fuis Je puis enfin, seigneur, vous adresser ma voix. Mon père est condamné. Souverain de sa vie , L'abandonnerez-vous ans fureurs de l'envie?

ÉDOUJLI I) .

.le pouvois le sauver, quoiqu'il fût convaincu : Il va mourir, madame, et vous l'avez voulu.

EUGtSI K.

Le plus juste des rois permettra-t-il le crime ? D'infâmes délatenrs, qu'un vil espoir anime, Ont osé le charger du pins noir attentat ; Des traîtres ont jugé le soutieu de l'état : Que son maître le juge; ou, s'il faut qu'il périsse, Si détournant les yeux vous souffrez l'injustice, S'il n'obtient plus de vous un reste d'amitié, A ma douleur du moins accordez la pitié : Ma vie est attachée à celle de mon père : Ainsi donc par vos coups je perdroi* la lumière !... Mais dans vos yeux , seigneur, je lis moins de courroux:

Achevez, pardonnez; je tombe à vos genoux.

Edouard, la relevant- Eu quel état vous vois-je , à ma chère Eugénie ! Vous l'objet de mes vœux , vous l'espoir de ma vie ; Commandez en ces lieux ; n'accablez plus mon cœur Du remords d'avoir pu causer votre douleur. Quoi! c'est vous quip ri ex .'c'est moi qui vous afflige ! A quels affreux excès votre haine m'oblige ! Terminez d'un seul mot ma peine et votre effroi ; Régnez ; au même iastant donnant ici la loi ,

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