SCENE I
SIDNEI.
Vj'eb est donc fait enfin , tout est fini pour moi : Ce breuvage fatal que j'ai pris sans effroi , Enchaînant lous mes sens duns une mort tranquille. Va du dernier sommeil assoupir cette argile. "Nul régie! , nul remords ne trouble ma raison: I, 'esclave est-il coupable en brisant sa prison? Le jnge qui m'attend dans celle nuit obscure Est le père et l'ami de tonte la naliire; K empli de sa bonté, mon esprit immortel Va tomber sans frémir dans son sein paternel.
remir uans son sel
StTENE II.
SIDNEI, HAMILTON.
H A M IL TON
Qu'aux peines d'un ami vous êtes pen sensible ! Pourquoi ilonc,cherSidnei,'vou8 rendre inaccessible? Depuis une heure entière en vain je veux vous voir, El dissiper l'horreur d'un cruel désespoir,
.le n'ai pu pénétrer dans Mitre solitude :
Enfin vous m'arrachez à mon inquiet ade ,
Et la raison sur vous va reprendre ses droits. 9«
io2 SID3EI.
SI D If El.
Embrassons-nous , ami , pour la dernière fois.
HAMI ITOB.
Quel langage accablant! dans cette léthargie, Quoi! je retrouve encor votre ame ensevelie?
sin N El.
De mes derniers désirs, de ma vive douleur J'ai déposé l'espoir au fond de votre cœur; Que mon attente un jour par vos soins soit remplie. Si la mort a frappé la triste Rosalie...
EiMHTOB.
Non ; elle vit pour vous : répondez par pitié , Répondez à l'espoir , aux vœux de l'amitié ; Parlez : si Rosalie , à votre amour rendue , Dans ces lieux aujourd'hui s'offroit à votre vue Tellp encor qu'elle étoit dans ces beureax moments Où vous renouveliez les plus tendres serments; Sensible à vos remords, oubliant votre offense, Fidèle à son amour , malgré votre inconstance, Enfin avec ces traits, cette ingénuité, Cet air intéressant qui pare la beauté , Pourriez-vcis résister à l'amour de la vie, Au charme de revoir une amante attendrie, De faire son bonheur, de répq^r vos torts, De partager ses vœux, sa vie, et ses transports?
SIDREI,
Je rendrois grâce au ciel de l'avoir conservée. Vous savez mes projets : si je l'eusse tronvée, Je recommanderois son bonheur à vos soins ; Mais dans ce même jour je ne mourrois pas moins.