SCENE III
ROSALIE, SIDNEI, HAMILTON.
ROSA1IE
Oui , c'est moi , qui , malgré mon injure et ma peine , N'ai jamais pu pour vous me résoudre à la haine ; C'est moi , qui viens jouir d'un repentir heureux : Votre cœur m'appartient , puisqu'il est vertueux... Mais que vois-je? est-ce là l'effet de ma présence? On me trompe, Hamilton; ce farouche silence...
SIDNEI.
Confondu des chagrius que j'ai pu vous causer, Que répondre quand tout s'unit pour m'accuser? Vous daignez oublier mes fureurs, mon caprice; l'uis-je m'en pardonner la cruelle injustice? Du sort sans murmurer je dois subir les coups : Je ne méritois pas le bonheur d'être à vous.
ROSALIE
J'ai pleuré vos erreurs, j'ai plaint votre foiblesse ; Mais mon malheur jamais n'altéra ma tendresse.
SIDNEI.
Ne me regrettez plus; c'est ponr votre bonheur Qu'à d'autres passions le ciel livra mon cœur: L'état (pie m'apprètoient mes tristes destinées Auroit semé d'ennuis vos plus belles journées : Le destin vous devoit des jours pleins de douceur ; Mon triste caractère eût fait votre malheur.