ACTE III, SCENE III. io
s i d w e 1 , aux genoux de Rosalie qui -veut sortir. Nou ; s'il vous a juré mon sincère retour, S'il a peint les transports d'une immortel amour, Il ne vous trompoit pas, ma chère Rosalie. Je déteste à vos pieds le crime de ma vie, Je déteste ces jours où l'erreur enclaainoit Les sentiments d'un cœur qui vous appartenoit. Ah ! si par mes fureurs vous fûtes outragée , Si je fus criminel , vous êtes trop vengée ; L'amour pour me punir attendoit ce moment.
ROSALIE
Que dites-vous, Sidnei? quel triste égarement!
SIDN El.
Je ne dis que trop vrai : plaignez mon sort funeste ; Au sein de mon bonheur le désespoir me reste ; L'amour rallume en vain ses plus tendres transports, Mon cœur n'appartient plus qu'à l'horreur des remords.
Oui , d'une illusion échappée à ma vue Je découvre trop lard l'effrayante étendue : Quels lieux vous déroboient? quelle aveugle fureur Egara ma raison, et combla mon malheur!
ROSALIE
Laissons des maux passés l'image déplorable : Non , mou cœur ne sa i t plus que vous lu 1 es coupable ; Je vous vois tel encor que dans ces jours heureux Où l'amour et l'honneur dévoient former nos nœuds. Mais pourquoi me causer ces nouvelles alarmes? Vous vous troublez, vos yeux se remplissent de larmes.
SIDNEI.
Vaine félicité qu'empoisonne l'horreur!
Oubliez un barbare indigne du bonheur.
Je vous revois trop tard, ma chère Rosalie; Je vous perds à jamais, c'en est fait de ma vie : Je touche eu frémissant aux bornes de mon sort ;
/ofi SIDNEI.
Oui, cette nuit me livre au sommeil de la mort.
( à Hamilton. ) Apprenez, déplorez le plus affreux délire. '
Votus m'aviez dit trop vrai , le voile se déchire ; Je suis un furieux que l'erreur a conduit, Que la terre condamne, et que le ciel poursuit. ( il donne h lire à Rosalie la lettre écrite à Hamilton. ) Voyez ce que pour vons mon amour voulut faire Dans les extrémités d'un malheur nécessaire...
ROSALIE
Que vois-je? Ayez pitié de mon cœur alarmé; Laissez...
SIDN El.
Il n'est plus temps, le crime est consommé; Tout secours est sans frnit,toutes plaintes sont vaines, Un poison invincible a passé dans mes veines.
ROSALIE
Barbare!
HAMILTON
Malheureux !
ROSALIE
Il faut sauver ses jours, Peut-être eu ce malheur il est quelque secours.
HAMILTON
.le me charge de tout; comptez sur moi, j'y vole : Ne l'abandonnez pas.
( il sort. )
SIDNEI.
Espérance frivole !