OS.U.I B
Le pouvez-vous penser? quelle injustice extrême ! Est-il quelque malheur aimé de ce qu'on aime? Sensible à vos chagrins, et sans m'en accabler, Je ne les aurois vus que ponr vous consoler ; Si mes soins redoubles, si ma vive tendresse N'avoieut pu vous guérir d'une sombre tristesse ,
io4 SIDNEI.
Je l'aurois partagée, et sans autres désirs J'aurois du monde entier oublié les plaisirs: Rosalie avec vous ne pouvoit qu'être heureuse.
SID N El.
Vous ne connoissez pas ma destinée affreuse; Insensible à la vie, au milieu de mes jours, Il m'étôit réservé d'en détester le cours , De voir pour l'ennui seul renaître mes journées, Et de marquer moi-même un terme à mes années.
ROSALIE
Que dites-vous, cruel? quelle aveugle fureur Vous inspire uu des.-ein qui fait frémir mon cœur? Calmez l'état affreux d'une amante alarmée : Vous aimeriez vos jours si j'étois plus aimée ; Dans le sein des vertus, dansles nœuds les plus doux, L'image du bonheur s'ofirant encore à vous , Aîfranchiroit vos sens d'une langueur mortelle : Le véritable amour donne une ame nouvelle ; Sans doute l'union de deux cœurs vertueux, L'un pour l'autre formés , et l'un par l'autre heureux, Est faite pour calmer toute aveugle furie, Pour adoucir les maux, pour embellir la vie.
SID N El.
Qu'entends-je? je pouvois me voir encore beureux! Quel bandeau tout-à-coup est tombé de mes yeux ! Tout étoit éclipsé , tout pour moi se ranime, Et tout dans un moment retombe daus l'abyme ! Quel mélange accablant de tendresse et d'horreur! D'un côté Rosalie, et de l'autre... O douleur ! Malbeureux: qu'ai-je fait?... Fuyez.
ROSALIE
De ma tendresse Voilà donc tout le prix!
( à H ami l ton. ) Vous trompiez ma foiblesse.'