‹ Œuvres de Guillaume de MachautChapitre 2 sur 116 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

moins considérables dans la musique dont il accompagne une partie de ses poésies. {Dans ses œuvres de longue haleine, dans les dits^ poèmes didactiques et narratifs, il subit, il est vrai, comme tous ses contemporains, l'influence profonde du Roman de la Rose : il lui emprunte le cadre de ses fictions ; il se sert des éléments allégoriques dont avaient usé Guillaume de Lorris et Jean de Meun; comme ce dernier surtout, il aime à faire montre d'une érudition aussi vaste que superficielle ;1 et enfin, il reprend encore pour son compte les principaux sujets mis à la mode par ses illustres devanciers 7J^ Mais, s'il lui a été impossible de se soustraire complètement à la domination que le Roman de la Rose exerça sur toute cette époque, il a cependant réussi à se créer une certaine originalité qui lui appartient en propre et qu'il ne tient que de lui-même, en ce qu'il a mêlé à la fiction abstraite et générale des éléments tout personnels et individuels. Pas un seul parmi ses dits où il ne joue lui-même un rôle ; même dans le Confort d'ami, où il prodigue ses oonseils et ses consolations au roi Charles II de Na-* "iyarre, môme dans la Prise d" Alexandrie ^^ chronique rimée qui raconte la vie de Pierre I«^ de Lusignan, roi de Chypre, il trouve moyen de nous entretenir de sa propre personne et de donner quelques détails biographiques sur lui-même. Dans ses premières œuvres, la tendance à se mettre en scène est encore peu marquée : le poète se montre déjà en personne, mais son rôle est modeste et effacé. A mesure que son renom s'établit plus solidement et qu'en raison de ses succès littéraires le sentiment de sa propre valeur

I . Le poème est appelé dans tous les manuscrits Prise d^AIixandre*

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