‹ Œuvres de Guillaume de MachautChapitre 62 sur 116 · INTRODUCTION LXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXI

cercles courtois du moyen âge, on rafifolaît de ces problèmes de casuistique amoureuse ; on ne les traitait pas seulement en jeux-partis, on leur consacrait aussi des poèmes de plus d'étendue et de caractère narratif. Le cas le plus fameux et le plus souvent débattu était celui de savoir si, pour une dame, il était préférable de donner son amour à un clerc ou à un chevalier. Cette question était discutée en langue latine dès le commencement du XII* siècle (notamment dans VAltercaiio Phillidis et Florae et dans l'ouvrage d'André le Chapelain) ; elle se retrouve dans plusieurs poèmes français [Florence et Blancheflor^ Hueline et Aiglantine, Melior et Idoine)^ J Dsius VAltercatio et dans les œuvres françaises, le sujet est toujours traité de la même manière : la discussion naît entre deux dames, dont Tune aime un clerc, l'autre un chevalier; la décision est donnée à la cour du Dieu d'Amours, soit immédiatement par le dieu lui-môme, soit à la suite d'un duel ju- ^ diciaire entre deux oiseaux de la cour; le poète, le plus souvent, assiste ou rêve d'assister en cachette aux événements. Machaut a fidèlement suivi ces données / fondamentales dans son poème. Il n'a donc pas inauguré ce genre, comme l'a dit G. Paris'; mais il y a introduit certaines innovations, et c'est certainement lui qui l'a en quelque sorte rajeuni./

Ces modifications sont un nouveau trait bien caractéristique de l'œuvre de Guillaume. Il ne reste pas témoin impassible de l'aventure ; Çl prend lui-même part à l'action : c'est lui qui propose l'arbitrage du roi "| de Bohême, après avoir entendu dans sa cachette toute

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