‹ Œuvres de Henri Hymans (volume 3)Chapitre 28 sur 35 · LE PRÊCHE · texte numérisé non relu

LE PRÊCHE

Tableau du Musée du Louvre, 1869, catalogué.

École flamande (XVe siècle), inconnu, n° 589,

H. 0,95, L. 0,68 B, sig. 0,45,

A droite, sous un porche, deux jeunes femmes et des vieillards, assis et à genoux, écoutent les paroles d’un prédicateur monté sur une petite estrade à jour.

Sur le bord des vêtements d’un vieillard, près du cou,

on lit : VOLENTIER LE Sur celui d’un autre :

ADELII : VETALT . IAM — A gauche, un jeune

homme debout, l’épée au côté, avec des souliers à la poulaine, s’adresse à un vieillard. Assis dans un petit bâtiment attenant au porche (concierge) et près duquel un chien barbet est couché. Dans le fond, du même côté, une rue où l’on voit plusieurs figures, et terminée par l’église de Sainte-Gudule à Bruxelles, dont la tour septentrionale n’est point encore achevée.

Collection de Louis XVIII. Acquis de M. de Langeac, en 1822, comme étant de Hans Memling et porté dans la notice de [841 à ce maître, à qui cependant on ne peut l’attribuer (!). (*)

(*) Note de M. Hymans. — Acheté, dit le catalogue, en 1822 de la collection de Louis XVIII. Or, Louis XVIII habitait la Belgique, à Gand, en 1815.

Musée du Louvre, cataiogue Lafenestre.

École flamande, inconnu, n° 2198, « Instruction pastorale ».

A droite, sous un édifice octogonal, soutenu par des colonnes, un prêtre, en costume rouge et toque de fourrure, accoudé contre une balustrade en bois, instruit des fidèles. A gauche, un jeune homme, précédé d’un chien, s’approche d’une niche dans laquelle est assis un personnage à robe verte. Au fond, un homme dans une rue bordée de maisons, conduisant à une cathédrale qui rappelle Sainte-Gudule de Bruxelles; à droite contre une porte, un enfant et un mendiant.

H. 95, L. 68 acheté en 1822 à M. de Langeac, comme étant de Memling.

Au Prado, le n° 1854, Le Mariage de la Vierge , par les détails d’architecture et l’expression des visages, ressemble beaucoup à ce tableau.

Même description dans le dernier catalogue du Louvre, n° 2190, L’ Instruction pastorale.

Quelques notes sur des maîtres inconnus et primitifs.

M. Hymans avait l’intention de faire une étude sur les maîtres primitifs et avait rassemblé à cet effet quelques notes et photographies. Il disait que ces peintres, vivant dans le même temps, pouvaient avoir des points de ressemblance et qu’il est facile de se tromper.

Il avait trouvé que le tableau du Louvre, Le Prêche, et celui qu’il disait représenter Charles le Bon avant son assassinat, étaient du même artiste, lequel rendait toute l’expression par les mains, reconnaissable par l’écartement du pouce. Dans ces tableaux, le rouge domine comme dans le Saint Nicolas de Dublin.

Le tableau du Louvre représente la Rue de la Collégiale avec la Chapelle de Sainte-Gertrude surmontée d’une croix, au pied des grands escaliers de Sainte-Gudule. Près de nous les Douze Apôtres ou plus tard les chanoines de Sainte-Gudule. Il y a une attache avec Sainte-Gudule, disait M. Hymans, le prédicateur étant le même personnage que celui qui vient de Sainte-Gudule. — A gauche, le Castel aux quatre Tourelles.

Le sujet, M. Hymans ne l’avait pas encore déterminé.

Est-ce Saint Boniface, grand prédicateur et chanoine de Sainte-Gudule? qui avait sa statue sur la façade.

Est-ce le bienheureux Ruysbroeck ?

Est-ce le Vol des Hosties ? M. Hvmans le croyait.

Le tableau n’a-t-il pas été retouché, ainsi que les lettres inscrites sur le cou des personnages?

Les juifs ont été torturés et brûlés vifs sur la plaine des 1 Vo/lendries (plaine des Laines). La grosse tour, la Tour des Laines, fut construite par les tisserands près des fortifications. La plaine longeait la rue aux Laines en face de Y Hôtel de Wollendries , à la famille Bournonville. Voir MUe de Villermont; elle joint les propriétés du duc d’Arenberg.

Sainte-Gudule et la date des Tours. — En 1155 on commença à reconstruire l’église Sainte-Gudule. La pierre fut placée le jour de saint Boniface, le 5 juin 1155.

Des indulgences contribuèrent aux frais des constructions; elles avaient été accordées en 1287 par le pape Honoré IV. De nouvelles furent accordées en 1303, 1307,

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1308; en 1333, 1342; et en 1378 par l’évêque de Cambrai, jean de T’ Serclaes, gentilhomme de Bruxelles, chanoine de Liège, de Cambrai et de Sainte-Gudule, archidiacre du Hainaut et de Bruxelles; il devint cette année évêque de Cambrai, 1379. Ses vertus le firent surnommer le bon évêque; il mourut en 1388. 11 était frère d’Evrard, qui avait délivré Bruxelles en 1356.

Sainte-Gudule était assiqétie à l’église-cathédrale de Cambrai. A la fin du XVe siècle on y disait trente mille messes par an.

Jeanne et Wenceslas, protecteurs des arts et des sciences, ont beaucoup fait pour l’embellissement de la ville. Ils font la nouvelle enceinte, 1357-1379. Reconstruction du beffroi de Saint-Nicolas, endommagé par la tempête de 1367. Agrandissement de Sainte-Gudule, qui s’achevait lentement.

A. Wauters ('). — La duchesse Jeanne et Wenceslas font avancer les travaux. Le XIVe siècle vit s’élever la nef, les tours et une partie des collatéraux. Jeanne et Wenceslas ont leurs statues, par Feyens, sur la tour du nord de Sainte-Gudule; ils protègent les arts, fondent des écoles, etc.

Alphonse Wauters nous dit « qu’après Gilles Vanden Bossche, dit Joes et Henri de Mol, dit Cooman, ce fut Euysbroeck, puis Jean Van Eycken qui furent chargés des travaux. Au XVe siècle on finissait les tours et la nef de notre collégiale, qu’un tableau du Louvre, n° 589, du catalogue de la Galerie, École flamande , tableau de l’an 1440 environ, nous montre avec sa tour de droite, ou tour méridionale, encore incomplète, n’ayant que trois étages au lieu de quatre ».

(•) Alphonse Wauters, archiviste; Duclos; Hame (l’abbé Mann-; Pin-

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