‹ Œuvres de Henri Hymans (volume 3)Chapitre 29 sur 35 · CHART · texte numérisé non relu

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Dans un acte de 1372 on fait mention des tours qu’on nomme den ouden toren , la vieille tour, et l’autre, den nieuwen toren, la nouvelle tour. Colin de Plancy dit : « la deuxième tour eut nom de Saint-Michel , celle du côté droit fut appelée tour Sainte-Gudule ».

En 1436, la baronne de Heeze fut condamnée à payer à la ville de Bruxelles une somme de 100 rijders d’or pour faire mettre entre les deux nouvelles tours de Sainte- Gudule un vitrail qui fut remplacé au XVIe siècle. (L’abbé Mann.)

L’ Hôpital des Douze- Apôtres, près les grands escaliers de Sainte-Gudule. Al’Hospicedes Douze-Apôtres, quiavait pris nom d’ Hôpital de Notre-Dame, était annexé un couvent des deux sexes. L’évêque Nicolas y introduisit une règle sévère et établit la clôture. Il sépare complètement les frères des sœurs. (Diplôme de février 1255-1256.)

Guillaume deBont, chanoine de Sainte-Gudule et secrétaire de la duchesse Jeanne, fonda les « Douze- Apôtres » en 1394 ainsi que son neveu Jean de Bont, archidiacre de Famenne, trésorier de l’église de Cambrai et chantre de Sainte-Gudule. Ces bâtiments furent remplacés au XIXe siècle par les bâtiments pour le Ministère de l’Intérieur, puis par la Grande Poste, au coin de la rue de la Montagne et de la rue de la Collégiale, en face des grands escaliers de l’église.

La chapelle Sainte- Gertrude était au pied des escaliers, et de l’autre côté de la rue était le castel aux quatre tourelles.

Avant le repavage de l’église, on lisait sur les dalles, dans le chœur de Sainte-Gudule, les épitaphes des princes inhumés dans le caveau des princes et celles de Philippe de Brabant, seigneur de Grubecque, et d’Anne de Boenst, son épouse, dont les portraits ornaient la chapelle de Sainte-Gertrude, située au pied du perron de Sainte-

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Gudule ('). Ce prince habitait près de Sainte-Gudule. Il n’eut pas d’enfant. Il était fils de Guy, seigneur de Cruvbeke, mort au siège de Calais (1436).

Henne. — La maison d’hospitalité de Notre-Dame et des Douze-Apôtres, fondée au XIIe siècle par dame Richilde et protégée par Godefroid le Barbu, etc., devint plus tard cet hospice et se transforma en couvent des deux sexes. Au XVe siècle, les frères furent transférés dans la maison des Douze-Apôtres et le couvent prit un peu plus tard le nom d’ Hospice Sainte-Gertrude ; les sœurs suivirent la règle de saint Augustin.

Au fond du tableau on voit Sainte-Gudule et ses escaliers; à droite, en montant, une chapelle où l’on prêche doit être celle des Douze-Apôtres; puis vient celle de Sainte-Gertrude. Tout ce côté fut l’hospice des vieillards, démoli quand on a refait les escaliers de l’église et élargi la rue de la Collégiale. De l’autre côté se trouve la maison aux quatre tourelles, occupée alors par les Witthem. (Voir le plan de Putarnus, reproduit par Louis Hvmans dans Bruxelles à travers les Ages.) On y voit les deux pon ts jetés sur la rue des Vents pour passer au-dessus du cimetière. Le tableau du Louvre est d’une fidélité étonnante.

La tradition a conservé les traces du passage à Bruxelles du pape Innocent II, chassé de Rome par son compétiteur Ancelet. On dit qu’il fut logé dans la maison ornée de quatre tourelles, située jadis au bas de Sainte-Gudule et communiquant avec le cimetière par deux ponts en bois qui traversent la rue et qui furent détruits en 1703. Le second pont touchait à la partie qui, plus tard, devint l’école des enfants de chœur et ensuite les Enfants trouvés. Là se trouvait un hall, dans l’un des coins duquel il y avait

(‘) Voir Ro.MBA.UT, Théâtre sacré du Brabant.

un tour ; on y déposait l’enfant dont on voulait se défaire; on sonnait, on faisait tourner le tour et l’enfant n’avait plus de mère ni de famille. Ce bâtiment a fait place à la Banque.

En venant de la rue de Berlaiinont vers Sainte-Gudule était l’habitation du châtelain Jean de Bouchout, vendue après sa mort à sire Jean d’Ophem (1391). L’hôtel contigu de Jean de Witthem fut vendu en 1384 par son fils Jean de Witthem à Gisbert de Cock, prévôt et archidiacre de Malines, pour Marie de Brabant, duchesse de Gueldre, sœur de la duchesse Jeanne, qui le donna à Wencelin de Hertoghe. Il fut occupé ensuite par Renaud de Fauouemont, seigneur de Born et de Sittard ; sire Henri Witthem, seigneur de Beersel, etc.

Joseph de Boot, seigneur de Witthem, lègue 100,000 florins pour faire élever les jeunes filles pauvres de Sainte- Gudule et les doter. Il v avait une école rue de la Montagne.

Béatrice de Cusance était la fille de dame Ernestine de Witthem de Berghes. Elle passa une partie de sa jeunesse à la Cour de Bruxelles et fut peinte par Van Dvck.

Les Witthem descendaient de Jean Van Corselaer, fils naturel de Jean II, duc de Brabant et de Limbourg. Devenu chevalier, Jean Van Corselaer se montra fier et digne de son illustre nom. On le vit constamment embrasser toutes les querelles de Jean III, son frère, et s’armer pour la défense des droits de sa nièce Jeanne, mariée à Wenceslas, duc de Luxembourg, fils de Jean l’Aveugle, duc de Luxembourg et de Beersel.

Note. — Les Saccistes, en flamand Schocke Brocders. On les appelait les frères aux sacs et les frères aux chaussons. Ils étaient dans la chapelle de la Madeleine, autrefois des Templiers, assujettis à Sainte-Gudule. (Wauters, archiviste.)

Les costumes.

Du Clerco. — En ce temps, les hommes se vestaient si court que leurs chausses allaient près jusques à la fachon de leurs fesses, et faisaient fendre les manches de leurs robes et de leurs pourpoincts, que on véait leurs bras, parmi une déliée chemise qu’ils portaient, dont la manche de la chemise était large, et si portaient longs cheveux qui leur venoient par devant jusques aux yeux, et par derrière jusques au fond du hatrel (cou) et dessus leurs testes bonnets de draps de ung quartier, ou quartier et demi de hauteur; et les nobles et les riches, grosses chaisnes d’or au col, et pourpoincts de velours ou drap de soie, et longues poullainnées (pointes) à leurs solliers, de ung quartier ou quartier et demi de long et à leurs robes gros mahoitres (bourrelets), sur leurs épaul-es pour les faire apparaître plus fournis et plus croisés, et pareillement à leurs pourpoincts, lesquels on fournissait fort de bourre, et ils n’étaient ainsi habillés, si s’habilloient-ils tout long puis court ; et n’y avait si petit compagnon de mestier qui n’eust une longue robe de drap jusques aux talions.

La coiffure.

« Olivier de la Marche raconte qu’en 1460 le duc Philippe eut une maladie, et par conseil de ses médecins se fait raire la teste et oster ses cheveux; et pour n’être seul rais et dénué de ses cheveux, il fait un édit que tous les hommes nobles se feraient raire leurs testes comme lui et se trouvèrent plus de cinq cents nobles hommes qui, pour l'amour du duc, se feirent raire comme lui; et aussi fut ordonné messire Pierre Vacquembré et autres qui prestement qu’ils véoient un noble homme, lui ostoient ses cheveux. »

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