‹ Œuvres de Henri Hymans (volume 3)Chapitre 34 sur 35 · TABLEAU DE TURIN · texte numérisé non relu

TABLEAU DE TURIN

En 1579, nouvelle châsse et indulgence pour ceux qui visitent le Saint-Sang 1e j mai , jour de la fête de l’ Invention de la Croix. Le saint Sang était conservé dans un coffre en fer enchâssé dans la muraille de l’ancienne sacristie, dans un pilier qui formait le coin de séparation entre le chœur et la chapelle de la Croix.

En 1 4 1 1 , à l’occasion de la bulle d'indulgence et d’un renouvellement de pompe donné à la dévotion de la relique du saint Sang, on fit d’importants travaux de réparation et d’embellissement. La chapelle supérieure fut reconstruite au cours du XVe siècle. Elle n’était pas encore achevée en 1482, mais l’année suivante fut placée la deuxième verrière représentant Philippe le Beau et sa femme. La chapelle latérale dite de la Sainte-Croix fut couronnée d’un clocheton. Cette chapelle fut encore reconstruite en 1672. Elle était bien délabrée après la Révolution. En 1636, fut construit l'escalier à l’est de la chapelle de la Sainte-Croix, à l’usage des magistrats au XVe siècle. La chapelle du Saint-Sang était devenue une véritable ruine au temps de la Révolution française. Restauration en 1819. Objets d’art. Voile en dentelle représentant la relique du saint Sang, 1684. Tableau du XVe siècle acheté à Gand en 1859 représentant le Crucifiement, etc.

La chapelle Sainte-Croix, six sculptures représentant les scènes de la passion, XVIIIe siècle. Triptyque : Portement de la Croix, Crucifiement, Résurrection, du commencement du XVIe siècle. Triptyque : La Déposition du Christ par Gérard David. Deux volets représentant la confrérie du Saint-Sang par Pourbus.

Duclos, voir p. 454.

A Notre-Dame. — Le collatéral extérieur septentrional, dit nef de la Sainte-Croix , date de vers 1344-1360.

La chapelle de la Sainte-Croix érigée en 1473 aux frais de Wautier-Utenhove. La fenêtre orientale, quoique murée, retient encore son réseau. Contre le mur du côté sud se trouvent dix tableaux 1632 à 1634, représentant l’histoire d’une relique de la vraie Croix apportée de Terre Sainte à la fin du XIVe siècle par Nicolas Schouti-ieeten, en 1380, etc.

Relique du saint Sang. — Les disciples qui ensevelirent le Christ recueillirent le sang qui couvrait son corps et le conservèrent à Jérusalem. Le comte de Flandre Thierry d'Alsace reçut du patriarche et du roi de Jérusalem quelques parcelles du sang coagulé comme prix de la bravoure dont il avait fait preuve au cours de la seconde croisade entreprise en 1147. Thierrv d’Alsace revint à Bruges, en 1149, accompagné de Léonins, abbé mitré de Saint-Bertin et le constitua le gardien de son précieux trésor; il en fit don à sa chère ville de Bruges. La relique est encore conservée dans la fiole dans laquelle le patriarche de Jérusalem la déposa. Tous les vendredis le saint Sang devenait liquide et bouillonnait comme de nos jours encore le sang de saint Janvier à Naples. Le cylindre primitif qui renfermait la fiole fut remplacé par un tube en cristal, en 1332, et l’on substitua un autre tube à ce dernier en 1388. Deux couronnes d’or étaient aux extrémités. C’est en 1380 que Nicolas Schoutheeten rapporte la relique de la Croix.

Del aborde. — Martin l’Ymagier (Martin den Beeldemaker) est chargé de faire le reliquaire ou l’on déposera le saint Sang jadis rapporté de Palestine par Thierry d’Alsace.

La grande châsse, dans laquelle on dépose le cylindre, est de Jean Crabhe, qui v travailla quatre ans (1614-1617).

Sa hauteur est de i mètre 29 centimètres et sa largeur de 61 centimètres.

A Saint-Sauveur : chapelle de la Sainte-Croix.

A Notre-Dame : la chapelle de la Sainte-Croix ( 1473). Série de dix tableaux représentant l'histoire de la relique de la vraie Croix, par Wautier-Utenhove, peints par Pierre de Brune (1632-1634). Série de dix tableaux de la Passion , par Jean-Antoine Garemyn (1775-1777).

D uct .os.

Dans le tableau de Turin, il v a un morceau de la vraie Croix sur l’autel et aussi une fiole dans laquelle se trouve un liquide. La même fiole est l’objet principal du tableau de Turin; toute l’attention est concentrée sur ce point où le principal personnage verse un liquide.

Est-ce le saint Sang?

"Fout le monde connaît la procession du Saint-Sang , où l'on voit représentée l’arrivée de cette précieuse relique.

Duci.os, Bruges {Reliques dti saint Sang et de la vraie Croix).

La porte Sainte-Croix, magnifique spécimen d’architecture militaire, construite en 1366. 11 reste à peine la moitié de la construction primitive. Toute la partie au delà de l’eau a disparu ainsi que les ponts-levis, la herse et les couronnements et flèches des tours. Voir la carte de Marc Gheraets, reproduite par Armand Heins de Gand.) Les tours longeaient le remparts à droite de la porte.

En 1578, le magistrat de la ville fit raser tous les bâtiments dans le rayon de 2,000 pieds autour de l’enceinte extérieure de la ville. Alors tombèrent les églises parois-

siales de Saint-Bavon, Sainte-Catherine et Sainte-Croix (hors la porte Sainte-Croix) et de superbes châteaux.

A la Poterie : On voit dans ce couvent deux panneaux. La Légende de la vraie Croix, vers 1450, provenant des Boggards.

Eglise Saint- Basile ('). — Sur le burg attenant à l’hôtel de ville, du côté ouest, se trouvent deux églises superposées. L’église intérieure fut fondée par Thierry d’Alsace et Svbille d’Anjou et consacrée par l’évêque de Tournai en 1150. Ils v installèrent quatre chapelains pour desservir l’église.

La date de l’église supérieure n’est pas connue.

Les sept vitraux peints, anciens, furent vendus il v a environ cinquante ans par le bourgmestre de la ville, à raison de 14 francs pièce. Le brocanteur les revendit à 12 livres sterling pièce (300 francs . Ils représentaient Philippe le Hardi et Marguerite de Maele, 1483; jean sans Peur et Marguerite de Bavière, 149b; Philippe l’Asseuré et Élisabeth de Portugal, vers 1500; Charles le Téméraire et Isabelle de Bourbon ; Maximilien et Marie de Bourgogne ; Philippe le Beau et Jeanne d’Aragon ; Charles-Quint et Isabelle de Portugal, 1544, par Pierre Doppere. La Déposition de la ('roix avec les armoiries des membres de la confrérie du Saint-Sang , en 154 / , par Pierre Doppere.

(V) James Weale, Bruges, 1875.

Duci, os. — Dès son origine, la chapelle de Saint-Basile ou Saint-Sang doit avoir été construite à deux étages. Le grand escalier en colimaçon, aujourd’hui hors d’usage, à l’angle sud-ouest, le prouve à suffisance. Les arcades entre la nef et la chapelle de la Sainte-Croix, à l’étage supérieur, appartiennent au XI L siècle. Plus tard, la relique de la sainte Croix fut déposée à Notre-Dame.

M. A.- J. Wauters a écrit une brochure pour dire que le tableau de Turin était celui de Fûmes. Or, dans l’ouvrage cité par M. Hvmans et repris par M. Wauters, il se trouve la preuve que ce tableau ne peut être celui de Furnes.

D’après les notes trouvées dans les papiers de M.Hymans, il a plutôt l’air de représenter l’arrivée du saint Sang à Bruges.

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