LE TABLEAU DE VAN ORLEY
Fur nés, »']« relique de îa vraie Croix.
Notes trouvées dans les papiers de M. H. Hymans (‘), rassemblées pour répondre à une brochure de M.A .-J. Wauters, qui dit que le tableau de Turin est celui que Van Orlev a peint pour l’autel de la Sainte Croix à Famés. Van Mander donne les sujets du triptyque et dit : Van Orley a peint un triptyque : Le Portement de la Croix, I.e Crucifiement , La Descente de Croix. Cela ne ressemble pas au tableau de Turin. On remarquera que sur ce dernier toute l’attention est concentrée sur le liquide précieux que l’on verse dans un calice ou pôle au-dessus d’un reliquaire vide, et que le même calice se trouve sur l’autel; c’est là le sujet du tableau de Turin. Il y a aussi sur l’autel un reliquaire qui peut être un morceau de la vraie Croix.
La relique de F urnes a deux travées comme la croix de Lorraine. Ce reliquaire d’argent est toujours déposé sur l’autel à l’adoration des fidèles. Derrière l’autel est une vieille tapisserie représentant toute l’histoire de cette relique (voir les blasons de la chambre de rhétorique avec toujours la double croix ). Charles le Chauve rapporte de Souabe à Térouane, les reliques de sainte Walburge et de ses frères. Baudouin rappelle à Charles la pieuse demande de Judith, qui à leur départ leur avait demandé de rapporter les corps de ces saints, pour relever l’esprit de religion dans les Flandres. Baudouin était convaincu que la religion était la base de l’organisation sociale, qu’il fallait des prêtres, des emblèmes, des souve-
(l) Annales de la Société d' Émulation de Bruges, t. VII et VIII.
nirs, des sanctuaires, des choses qui parlent aux yeux. Il bâtit au milieu de ses bourgs fortifiés de nouvelles églises et releva celles que les Normands avaient détruites. Il releva le bourg et l’église de Fûmes. Il la dédia à sainte Walburge et y amena ses reliques. Robert le Frison mourut en 1093, laissant pour douaire à sa femme Gertrude de Saxe la ville et le territoire de Fûmes ('). Elle résida souvent dans cette ville et prit même le nom de comtesse de Furnes.
Robert le [eune partit pour la croisade en 1096. Après avoir remporté plusieurs victoires sur les infidèles, les croisés s’emparèrent de la ville sainte, 15 juillet 1099. Le jeune comte de Flandre qu’on nomma Robert de Jérusalem s’était distingué si vaillamment que ses frères d’armes lui donnèrent le surnom & Epée des Chrétiens, de fils de saint Georges. Il visita les lieux saints et reçut en don de l’empereur Alexi et du patriarche de Jérusalem le bras de Saint Georges et une croix sculptée dans un morceau assez considérable de la vraie Croix et ayant deux traverses. Un annaliste furnois, Paul Heindervx, raconte le retour du comte Robert en ces termes : En 1 100, quelques navires venant de pavs lointains traversaient l’océan Britannique entre la France et l’Angleterre. A l’approche de la terre natale, ils furent arrêtés par une horrible tempête. Les vagues de la mer se soulevaient à une hauteur effrayante et menaçaient d’engloutir les malheureux navigateurs. Privés de tout espoir dans le secours des hommes, les nobles voyageurs tournèrent . leurs yeux vers le ciel. Ces voyageurs, on le devine, étaient le comte Robert et ses frères d’armes qui revenaient de Palestine.
Cependant l’orage ne paraissait pas devoir se dissiper et les seigneurs de la suite du comte lui donnèrent comme un
(‘) Mathilde de Portugal, veuve de Philippe d’Alsace, obtint aussi la ville de Furnes pour douaire. Elle y résida et y tint une cour princière.
moyen extrême le conseil de jeter dans les flots les saintes reliques qu’il portait avec lui, afin disaient-ils, d’appaiser le courroux de l’océan. Le souverain, plus sage que ses conseillers et mieux inspiré, pensa se rendre plus agréable à Dieu en faisant solennellement vœu de faire don de la relique de la Sainte Croix à la première église qui se présenterait à sa vue. Aussitôt la mer se calma et permit à la flotte dispersée de se rejoindre ; un rayon de soleil traversa en même temps les nuages et fit découvrir le toit de plomb de Sainte- Walburge de Fûmes. (Voir la miniature.) L’illustre croisé, comblé de joie à l'aspect d’une église flamande, se prosterna et renouvela sa promesse. On prétend que son navire, qui avait selon l’usage de l’époque un fond plat, aborda sans peine à la côte près de Broersbanck et que Robert fit appeler près de lui Héribert, prévôt de Sainte- Walburge, pour transporter solennellement le morceau de la Sainte Croix à l’église de Sainte- Walburge, où le comte la déposa lui-même sur l’autel. Il la fit placer dans un riche reliquaire d’argent soutenu par deux anges sur l’autel de la confrérie, où elle resta exposée à l’adoration des fidèles.
Il n’y a pas de doute que ce fut Robert de Jérusalem qui apporta de Ferre Sainte l’insigne relique de la vraie Croix conservée à Fûmes. Une inscription murale qui se voyait jadis à Sainte- Walburge, confirme la tradition.
Rencontre du comte et de sa mère (voir miniature).
Les Belges qui avaient suivi leur comte en Palestine revinrent avec ce prince dans leur patrie portant des palmes dans leurs mains et faisant retentir sur leur passage des hymnes de triomphe. Leur retour fut regardé comme un miracle, une sorte de résurrection, et provoqua 1 enthousiasme partout où ils passaient.
En 1515, ons’adresse, à Bruxelles, au peintre Van Orley pour un tableau; en 1517, Van Orlev reçoit roo livres parisis. Le tableau n’était pas encore livré en 1518. Après
quatre années d’attente le tableau tant désiré arriva à Fûmes. La confrérie envoie, à Bruxelles, jean Timmerman pour aller chercher le tableau. Il faut convoquer les experts jurés de la confrérie des peintres bruxellois pour examiner l’œuvre.
Van Orley et son domestique accompagnent le chariot. Le peintre avait reçu, à Bruxelles, le 22 mai 1520,
1 f 4 livres parisis en acompte de son travail; arrivé à Fûmes, il touche le restant des 50 livres de gros, comme somme totale. Les confrères, eu égard au peu d’aisance du peintre, le gratifient de 12 livres parisis et donnent à son aide 40 sols.
Les confrères de la chapelle de Sainte-Croix résolurent, en 1526, de clore leur chapelle au moyen d’une balustrade en cuivre. Le soubassement existe encore. A sa partie supérieure on remarque les places occupées par les balustres. Ce soubassement est divisé en deux compartiments, séparés entre eux par une colonne. Le premier porte à sa base l’écu gironné de Flandre ancienne et la date de 1 1 12, qui est peut-être celle de l’érection de la confrérie. Le second compartiment représente une rampe ornée de la croix et du briquet de Bourgogne . Au bas, les armoiries et le double aigle de Charles-Quint et la devise Plus oultre. Au bas de la rampe se trouve la date de 1528, celle de l’exécution de cet ouvrage. La croix à doubles traverses , qui est la tonne de la relique de la vraie Croix ( .Zjà), est répétée quatre fois en relief dans la partie inférieure de tout le soubassement.
La confrérie ht exécuter, en 1555, une croix en vermeil, plaquée sur bois, qui servit aux processions. Cet objet d’art était une croix à doubles traverses , ressemblant à la relique de forme orientale rapportée par le comte Robert (la croix de Lorraine).
La relique proprement dite a une longueur de 11 centimètres ; sa traverse inférieure a 6 centimètres de longueur ,
la supérieure en a q. La largeur et F épaisseur de la relique sont d’environ 11 millimétrés . La croix formant le reliquaire mesure une hauteur de 6ç centimètres ; la traverse en a g8 et la largeur 7. Il est probable que cette pièce, entièrement dorée, fut un don fait par un particulier. Il en est fait mention dans un inventaire de 1547.
Le pied, nous l’avons déjà dit, fut perdu quand on la sauva en Hollande. Deux anges prosternés tenaient la croix; ils étaient placés dans une espèce de tribune hexagonale, à galeries ogivales trilobées, et surmontées d’un crétage à petites pleurs de lys. Les six anges de ce pied étaient flanqués de tours dont les bases formaient les pieds du reliquaire. Il y avait dans les façades des tours les statuettes de sainte Hélène et d’Héraclius.
Une ancienne bannière appartenant à la confrérie de la Sainte-Croix représente assez grossièrement ce pied qui fut exécuté en 1699 et coûta environ 4,000 francs; il pesait 14 livres.
La croix plaquée en argent qui est mentionnée dans l’inventaire de 1555 était de forme orientale (allemande). Dans le compte de la confrérie de cette année il est dit : Une croix en vermeil ainsi confectionnée plaquée sur
bois avec quinze morceaux d’argent provenant d’une couronne en vermeil. Cette forme de croix se retrouve à Ypres et dans les Flandres.
La Chapelle de la Saiote=Croix.
Dans des notes écrites par feu M. Breynaert, avant l’invasion française, en 1792, il est prouvé que la chapelle de la Sainte-Croix était encore entourée, à cette époque, de balustrades en cuivre fondu. Voici comment cet écri-
vain s’exprima; il écrit en flamand : « Cette chapelle est entourée de colonnettes en cuivre, sous forme de balustres, placées sur un soubassement de pierre de taille. La porte d’entrée est sculptée en bois et garnie de balustres en cuivre qui sont chacun d’une seule pièce et joints à leur sommet par des ornements entrelacés. Une corniche en bois de chêne couronne ces balustres et, par-dessus, sont placés des chandeliers en cuivre fondu.
» Au mur, au côté sud de la chapelle, sont appendus deux tapis, qui sont si vieux qu’on peut à peine déchiffrer ce qu’ils représentent. Celui qui est le plus rapproché de l’autel représente le comte Robert avec sa mère Gertrude et des personnages de sa cour ; il présente, agenouillé, la relique de la vraie Croix à sainte Walburge, qui est représejitée debout tenant, d’une main, la crosse et , de l'autre, un monastère. Derrière elle, deux religieuses . Dans le fond, en perspective, un couvent et trois autres religieuses , des arbres et une ville.
» Sur le second tapis est représenté 1 ’ autel de la Sainte Croix , que le comte agenouillé vénère avec sa suite. A gauche, le prévôt et ses chanoines en habit de chœur, également agenouillés ; les pèlerins adorant la vraie Croix déposée dans un reliquaire se trouvant sur l’autel.
» De 'temps immémorial, les personnes de distinction qui assistent à la procession de la Sainte Croix portent de petits drapeaux triangulaires , de la forme de ceux qu’on rencontre dans les différents pèlerinages en Belgique. »
Les petits drapeaux de procession.
L’église Sainte-Walburge possède deux cuivres gravés, d’une manière grossière, il est vrai, mais rappelant les petits drapeaux et les anciens tapis dont M. Breynaert nous a conservé le souvenir. Ils ne sont qu’une mauvaise
reproduction de meilleures gravures dues au burin du graveur Yprois, Guillaume du Tielt , mort en 1669. Ces drapeaux figurent encore à la procession annuelle.
Avant 1792, le tableau de Van Orley existait encore dans l’église Sainte-Walburge. Il était placé hors de la chapelle. M. Breynaert en parle en ces termes : « A côté du portail de l’église est une place carrée. Au mur, du côté ouest, se trouve un tableau qui a servi autrefois de retable à l’autel de la Sainte-Croix et qui se fermait au moyen de volets, ce qui est prouvé par la représentation historique de l’arrivée de la relique de la Sainte Croix en cette ville, et de l’autel où elle fut déposée. Ce tableau est peint sur bois et représente la Sortie de Jésus des portes de Jérusalem où sainte Véronique rencontre Jésus. Il représente aussi Le Crucifiement et la Descente de la Croix. » Ces données serviront peut-être à faire découvrir ces tableaux.
Les deux inscriptions qui ont jadis orné le chœur de /' église : l’une fait connaître l’origine des reliques de sainte Walburge, de saint Willibald et de saint Winnibald; l’autre servait à perpétuer la mémoire de l’arrivée du morceau de la Sainte Croix donné par Robert de Jérusalem.
Balduinus ferrus Flandrie primas cornes Hujus insignis ecclesie restaurator. et fundator Condidit in es anno 870 e Germania allatas Venerandas reliquias beate virginis Walburgis Hujus civitatis et territorii patrone Necnon SS. fratrum ejus Willibaldi et Winibaldi Et ut easa barbarorum incursu Et sevitia tueretur
Hanc vallo et rnuro circumdedit urbem Moritur anno 879 et sepultus est Audomari
Orate pro eo.
Robertus junior Flandrie cornes Dictus Jerosolymitanus Oppugnata contra Saracenos Et féliciter expugnata Jerosolima Redus et terra Sancta anno i too Fumas Attulit pretiosura et vivifîcum Sancte Crucis lignum Clarus bello occubuit 4a Xbris anno I III Requiescat in pace.
La sainte relique est déposée dans une châsse antique, morceau précieux d’orfèvrerie en forme de croix gothique, ornée de pierreries.
En 1580, l’église Sainte -Walburge, à Fûmes, fut dévastée par les Gueux et devint magasin à fourrage pour l’armée, etc.
En 1793, les Français enlevèrent le plomb des toitures, valant environ 80,000 francs. Ils s’emparèrent aussi des meilleurs tableaux et notamment de celui du maître-autel, peint par J. Jordaens et représentant fésus au temple au milieu des docteurs. Ce tableau fut transporté à Mayence. Les autres tableaux qui disparurent sont : Y Invention de la Croix, par Quellin; le Retour de I Enfant prodigue, par Van Heede; une Cène, par Bocquet; la Sainte Famille, qui se trouve à Saint-Eloi, à Dunkerque. Deux tableaux représentant des Scènes de la vie de sainte Walburge se voient à l’église Saint-Jean, à Dunkerque.
Le 18 juin 1794, Chapitre fit vendre à Anvers une partie de son argenterie. Le 10 novembre 1799, l’église fut vendue aux enchères, à Bruges, à Augustin-François Hennisart, secrétaire général de l’Administration centrale du département de la Lys, pour la somme de 200,000 livres en bons, soit de 10 livres par mille de la valeur.
Le 14 mai 1800, on commence la démolition de l’église. Les habitants de Fûmes, pris de douleur, ouvrent une
souscription. Les actions étaient de ioo livres. En quelques heures la souscription était close et l’église rachetée.
Dans Cari Van Mander, par H. Hymans, nous lisons :
« Bernard van Orlev habitait Bruxelles en 1515. 11 v reçoit la commande de la Confrérie de la Sainte-Croix, de Fûmes, d’un triptyque représentant : x° le Portement de la Croix; 2° le Crucifiement ; 30 la Descente de Croix. Le tableau fut achevé en 1520. »
Alexandre Pinchard a fait connaître un épisode dramatique de la vie de Bernard Van Orley. Au mois de mai 1527, il fut compris dans une poursuite intentée à son pere, sa m'ere, sa femme, son frere Evrard, bourgeois de Bruxelles, pour cause d’hérésie. Les accusés avaient assisté au prêche d’un ministre réformé et furent condamnés à faire amende honorable sur une estrade érigée à cette fin dans l’église Sainte-Gudule.
Breynaert. — Avant 1792, le tableau de Van Orley existait encore dans l’église. Il était placé hors de la chapelle. M. Breynaert en parle en ces termes :
« A côté du portail de l’église est une place carrée. Au mur, au côté ouest, se trouve un tableau qui a servi de retable à l’autel de la Sainte-Croix et qui se fermait au moven de volets, ce qui est prouvé par la représentation historique de l’arrivée de la relique de la Sainte Croix en cette ville et de l’autel où elle fut déposée. »
C’est ce que nous voyons sur les petits drapeaux et la vieille tapisserie tendue derrière l’autel. Le reliquaire était déposé sur l’autel.
« Ce tableau, dit Breynaert, est peint sur bois et représente la Sortie de fésus des portes de J èrusalem où sainte
Véronique rencontre Jésus. Il représente aussi le (Crucifiement et la Descente de la Croix . »
Breynaert ne dit pas ce qu’il y a sur les revers. Il semble que le tableau du milieu doive être la rencontre du Christ et de sainte Véronique.
Dans les notes de Breynaert il est parlé du tableau placé au fond du retable de l’autel de la Sainte-Croix. Il dit « que ce tableau, attribué à Quellin, représentait la guérison d’une femme malade par l’imposition de la vraie Croix. Ce tableau aura, dit-il, remplacé le triptyque de Van Orley, lequel, probablement, était trop petit pour figurer au milieu de l’autel en style rococo qu’il faudrait faire disparaître ».
L’église s’enrichit successivement des peintures suivantes : Le Christ dans le temple ait milieu des docteurs , par J. Jordaens, une belle composition qui ornait le maîtreautel ; Le Fils Prodigue , par Vigor van Heede, très grand tableau qui pendait hors de l’entrée du chœur du côté de la sacristie: L.a Découverte de la Sainte Croix dans la chapelle de la Sainte-Croix, tableau par Quellin, comprenant quatre compartiments représentant : le Retour de Jérusalem du comte Robert; Y Orage sur mer et la Promesse faite par le prince Rolent de faire présent à l’église de Sainte- Walburge de la relique rapportée par lui de la Terre Sainte; La Cène , par Bouquet; le Reniement de saint Pierre , par Quellin; La Sainte Famille, maintenant dans l’église de Saint-Eloi, à Dunkerque, et deux épisodes de la vie de sainte Walburge , aujourd’hui dans l’église Saint- f eau en la dite ville.
Actuellement l’église Sainte- Walburge possède encore les peintures suivantes : Le corps dit Christ sur les genoux de sa mère, attribuée à Fourbus et ornant l’autel de la Sainte-Croix; L 'adoration des Mages, un vieux tableau d’un maître inconnu; La décollation des apôtres Jean et
Jacques; La Gène , attribuée à Goltzius. Le panneau central d’un triptyque du XVIe siècle représentant le Martyre de sainte Barbé; d’aucuns attribuent cette œuvre à L. De Dvster. Un triptyque représentant le Couronnement de Marie; sur les volets sont figurées les effigies des donateurs et leurs enfants. Un triptyque représentant La naissance du Christ, avec les portraits de deux chanoines, et les volets représentent la Visitation et l’ Annonciation ; les revers, Y Annonciation de l’ange Gabriel. Un triptvque dont le panneau central montre Marie et l’enfant Jésus , et sur les volets Nicolas de Villenfaigne, doyen du chapitre, décédé en 1636, son patron saint Nicolas, sainte Walburge et sainte Catherine sur les revers; Saint Guillaume administrant la sainte Hostie à un soldat mourant, par Vigor Bouquet; Marie et l’Enfant plaçant la main sur le globe terrestre, par Van Oost ; La Sainte Famille, par le même maître.
Van O rle y : « En l’an 1534, Van Orley peignit un triptyque pour l’église Sainte- Walburge,* lequel fait encore aujourd’hui l'admiration des amateurs d’art. Il représente sur les trois panneaux : Le Calvaire , la Découverte de la Sainte Croix, Sainte Hélène et son fils Constantin .
Lorsqu'en 1734 l’autel de la Sainte-Croix fut renouvelé des mesures furent prescrites par la fabrique d’église poulie bon entretien de l’œuvre, preuve qu’on sut l’apprécier. Le Gouvernement belge proposa il y a quelques années, à l’église, d’échanger cette belle œuvre contre un tableau de Louis Bourlard, lauréat de l’Académie, qui à cette époque résidait à Rome (’). L’administration fabricienne fit très bien, à notre avis, de ne pas accepter cette proposition. »
Histoire de la ville de Fumes, par Frans de Potter, Edmond Ronse et Pieïer Borre, 1875, p. 270.
I1) Bourlard fut directeur à l'Académie de Mons.
A BRUGES, LA CHAPELLE DU SA1NT=SANG était primitivement la chapelle de la Vraie Croix.
Dans le tableau de Turin , il y a sur l’autel un morceau de la vraie Croix déposé dans une gaine, et devant se trouve une fiole ou calice contenant le précieux liquide que de hauts personnages sont en train de verser dans ce calice, 'boute l’attention est concentrée sur ce précieux liquide que versent avec précaution des princes et hauts dignitaires du clergé et ce dans le calice fermé, pareil à celui qui est sur l’autel, pour montrer que c’est là le sujet du tableau.
L’empereur Constantin eut une vision. Lé signe de la Croix lui apparut dans les nues. Sa vertueuse mère Hélène eut un ardent désir de retrouver cette relique. Elle fit le voyage de Jérusalem, et ses efforts furent couronnés de succès. Or, en 1380, un nommé Nicolas Schouthete, natif de Dordrecht, en rapporta un morceau très considérable à Bruges.
Maximilien, prisonnier des Brugeois. Le jour de sa délivrance une procession solennelle parcourut les rues de Bruges ; on v portait la châsse de saint Donat et la relique du bois de la vraie Croix de Notre-Dame. Maximilien sortit de Bruges par la porte Sainte-Croix.
En 1672, on rebâtit à Bruges la Chapelle de la Croix, celle même où tous les vendredis on expose le saint Sang.