‹ Œuvres de Henri HymansChapitre 1 sur 21 · D’ARTISTES BELGES · texte numérisé non relu

D’ARTISTES BELGES

parues

dans le DICTIONNAIRE du Dr Ulrich Thieme et du Dr Félix Becker, à Leipzig.

(Éditeur : Wilhelm Engelmann; successeur : Artur Seemann.)

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A BATTU CCI (Pierre), peintre, né à Molenbeek-Saint-Jean ('Bruxelles) le 20 mai 1871. 11 fut élève de l’Ecole des Arts décoratifs de ce faubourg de la capitale, ensuite de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, sous Portaels et Stallaert. Abattucci est paysagiste, à l’occasion aussi portraitiste. Il devint professeur à l’École des Arts décoratifs de Molenbeek. Il a remporté la médaille de bronze à l’Exposition de Saint-Louis (1904). Ses principales œuvres sont : Le Château désert (1901) (collection Ophoven, Liège); portrait de M. Sander Pierron, critique d’art (1901); Le mois de Mai à la Chapelle {1^02)] portrait de M™® Abattucci ; Le Château solitaire; Le Portail (Salon de Bruxelles 1903); Les Gerbes (collection Stock, Gand); Palais Royal de Laeken (1904) (M. Lammens, Gand) ; La Clairière, effet d’automne ( 1905) (collection Seriacop, Gand); Matinée de Juin (1906) (collection Penny, Morlanwelz) ; Vers le soir (i()o6), Salon de Gand (collection Muller, Anvers).

Abattucci a inséré des eaux-fortes dans les Albums de la Société des Aquafortistes belges.

Renseignements particuliers.

AB E LO OS (Victor), peintre de paysages et d’animaux, né à Bruxelles (Saint-Gilles) le 25 décembre 1881, fréquenta l’atelier d’Alfred Cluysenaar. Depuis 1901, il a participé aux expositions : Royal Institute Glasgow (1901) : Le Roi de la prairie flamande (étalon); Paris, Société nationale (1903) : Le Réveil de Diane; La Grève; Paris, Société nationale (1904) : Tigre déchirant un serpent. Fit en 1904 une exposition de vingt et une peintures et d’un ensemble d’études à la Galerie ro5^ale de Bruxelles. Il 3" avait dans le nombre deux portraits.

Sources particulières.

ABRY (Léon-Eugène-Auguste), peintre, dessinateur et graveur à l’eau-forte, né à Anvers le 6 mars 1857, mort dans la même ville le 6 novembre 1905. Peintre de sujets historiques, de portraits, de genre et surtout de sujets militaires. Fils d’une famille appartenant à l’armée, il rendit avec talent la ph5^sionomie du soldat belge en manœuvres et au repos. Très préoccupé de l’exactitude du détail, il n’évite pas la froideur, d’ailleurs un peu inhérente au genre qu’il préférait et dans lequel la précision tient une grande place. Abr}' exposa à diverses reprises des portraits équestres d’officiers. En 1903, il exposa au Salon de Bruxelles un grand portrait à

cheval du roi Léopold II aux manœuvres. En général, ses figures sont de format moyen. Les œuvres d’Abry parurent à presque tous les Salons belges à partir de 1877. Il fut de la Société des Aquarellistes à dater de 1886 et à Anvers du Cercle des XIII. En 1887, il obtenait à Paris une mention honorable. Il était, au moment de sa mort, chevalier de l’Ordre de Léopold et décoré de plusieurs ordres étrangers. Ses tableaux d’histoire sont : Le bourgmestre Laruelle de Liège assassiné Le Lion de Flandre (1881);

Gilbert à l’Hôtel- Dieu (1884). Le Musée d’Anvers a de lui un tableau : Le Passage des chevaux, œuvre datée de 1887. 1

Renseignements particuliers.

ACHTSCH ELLI NCK (Lucas), paysagiste, né à Bruxelles le 16 janvier 1626, y baptisé et enterré dans cette ville le 12 du 5® mois 1699, élève de Pierre van der Borcht (depuis 1639). Comme il fut admis à la maîtrise seulement en 1657, il est probable qu’il a dû résider auparavant à l’étranger pendant une longue période. C’est un peintre d’un certain mérite; ses œuvres ont une grande allure et une grande force d’expression, son coloris est clair et harmonieux. Sa manière de peindre est très légère et très habile, parfois quelque peu décorative; ses peintures qui représentent la nature hollandaise, ont cependant souvent des traits qui rappellent les paysages méridionaux. Le vert intense de ses végétations est caractéristique. Il a beaucoup travaillé pour les églises et les couvents : des peintures — souvent de grandes dimensions — représentant des scènes du Nouveau Testament ou de la Légende sacrée. Mais la dissolution des couvents a fait disparaître la majeure partie de ses œuvres qui étaient renseignées dans les anciens catalogues.

On ne connaît qu’un petit nombre de peintures d’Achtschellinck existant encore aujourd’hui. Dans les églises de Bruxelles, on voit encore quelquesunes des œuvres qui s’y trouvaient déjà au XVIII® siècle; deux se trouvent dans une salle de l’Hôtel de ville de Bruges; le Musée de cette ville en possède trois, dont une provient de l’abbaye des Dunes et une dont les figures sont de G. Van Oost, au couvent des Dominicains de Bruges. De ces peintures et d’une autre, les figures sont de L. de De)^ster, mentionnées par Descamps; il faut en conclure que le maître bruxellois a séjourné assez longtemps en Flandre, car, d’un côté, G. Van Oost mourut en 1686 et, d’un autre côté, de Deyster ne fut admis à la maîtrise qu’en 1688. Le Musée de Gand possède aussi un paysage de lui, représentant le Calvaire, d’après Emmaus; auparavant il était attribué à Jacques d’Artois. La Galerie de Dresde possède deux paysages intéressants par leurs tonalités claires, des villages forestiers des Pays-Bas. Une peinture, de petite dimension, se trouve au Musée de Gœttingeu ; trois sont dans la Galerie de Pommersfelden, dont une a également les personnages par Bout.

Dans la Galerie royale et impériale de Vienne se trouve une peinture dont les figures ont été peintes par Gonzales Cocques, tandis que le paysage l’a été par Achtschellinck. Parmi les portraitistes qui ornèrent ses paysages, se

trouve aussi Jacques van der Heyden, ainsi qu’il ressort d’une étude communiquée par Jul. Finot {Réunion de Beaux-Arts, XIV, 441).

Le gouverneur de Castanaga devait, en 1690, aux peintres Jacques Van der Heyden et L. Achtschellinck, 201 livres 7 sols « pour avoir peint la famille de Michel Cafmeyer et le village de Boitsfort ».

Achtschellinck a aussi livré au Tapissier bruxellois des cartons pour lesquels le Magistrat le récompensa en 1680 au moyen d’une exonération de l’impôt sur la bière.

Il eut comme élèves : Frans Volders, Pieter Bedet, Simon Bijean, Pieter Hendrick, Jacob van Hatten et Théobald Michaux.

Alexandre Pinchart dans Meyers Kitnsilerlex. — Réunion des Beaux-Arts, XIV. — Notes personnelles.

ACHTSCHELLINCK (Pierre), peintre, frère de Lucas, entra en 1643 à l’atelier du peintre bruxellois Philippe van der Elst et fut en 1651 maître de la Gilde bruxelloise.

Alex. Pinchart, Messager des sciences historiques. — Registres aux inscriptions des maîtres et des apprentis du métier de peintre... de Bruxelles. — Notes personnelles.

ACKER (Ernest), architecte, né à Bruxelles en 1852. Elève de l’Académie des Beaux-Arts, de l’École des Beaux-Arts à Paris, et de Wynand Janssens, membre de l’Académie royale de Belgique, chevalier de l’Ordre de Léopold et officier de la Légion d’honneur. A exécuté, sintout à Bruxelles, de nombreuses habitations privées. A fait le dépôt mortuaire de la ville de Bruxelles, rue Saint-André (1897J. ^ décoré, en 1905, la place Poelaert pour la fête patriotique du 31 juillet. La même année l'Exposition des Beaux-Arts par l’arrangement des sculptures de Meunier.

ACKER (Florimond | Fîor>i] Marie VAN), peintre de sujets religieux, historiques, de portraits, de genre, de paysages et de vues de villes, né à Bruges (où il réside) le 16 avril 1858. Élève des Académies d’Anvers sous Verlat et de Bruxelles sous Portaels, il fut, en 1883, second au concours pour le prix de Rome. 11 est chevalier de l’Ordre de Léopold, membre de la Commission locale des Monuments et des Musées. Successivement aux expositions de Bruxelles, où il résida plusieurs années, d’Anvers et de Gand, il exposa des œuvres dans tous les genres, à partir de 18S2, où il expose une Vue sii-r UEscaut, suivie, en 1883, d’un Christ sur la pierre de l’onction, exposé à l’Exposition universelle d’Amsterdam, et aujourd’hui à la Justice de Paix à Bruges; L’Eté à la Campagne, dans la manière de Bastien Le Page. En 1884, il avait exécuté, pour l’église de Bassevelde (Flandre orientale), La Résurrection du Christ. D’autres pages religieuses de l’artiste appartiennent à l’église d’Hollebeke, près d’Ypres; de Boitshoucke, près de Fumes (Saint- Omer); à l’église des Jésuites à Bruges; La Présentation ati Temple et La Purification, panneaux sur cuivre (1898); frises décoratives à l’église d’Harlebeke lez-Courtrai (1899); sept peintures murales dans la chapelle des

Xavériens à Bruges : Scènes de la vie de saint François-Xavier (1899).

Parmi les portraits de Van iVcker, les principaux sont ceux du commandant L. Enson des Chasseurs de la garde civique à Ostende (1892), de Madame Serruys et sa fille, de l’évèque de Bruges de Brabander (grand séminaire à Bruges), du comte Charles d’Ursel, gouverneur de la Flandre occidentale (Palais du Gouvernement provincial, à Bruges) (1904); de Jean- Hubert Serruys, ancien maire, et d’André Van Iseghem, bourgmestre, au blusée d’Ostende; de M. Eeckman, premier président de la Cour d’appel de Bruxelles, pour la galerie des présidents; et des généraux anglais Lamberts et Lullman Jabuson. Le Musée de Bruges possède de lui un Panorama synthétique du Vieux Bruges, peint en 1900. Van Acker s’est voué avec succès à la peinture des coins pittoresques de sa ville natale : Le Petit Marché ait Poisson, salon de Paris, 1888 (collection Letscart, Mons); La Rue du Bouleau (collection Pollet, Lille); Vieilles Demeures (Exposition de Roubaix, 1904); Soir d’ Avril (collection Hans Meyer, Prague); Pont de (Exposition de Milan, 1906), sans parler d’une quantité d’autres oeuvres de portée similaire, dans lesquelles il a essayé de traduire la poésie tranquille et pénétrante de la vieille cité. Van Acker a fait aussi du pastel et de l’aquarelle, des affiches, des ex-libris. C’est un dessinateur de talent.

Voir ; La Verveine, journal illustré, 3® année, n« 28 (Mons, 15 juillet 1900); De Vlaamsche School, n“ 1-3 (1900); Stiidien over Briigsche, door Médard Verkest; dessinateurs d’ ex-libris, par Sander Pierron. Bruxelles, Havermans; Nos contemporains. — Sources particulières.

ADRIAENSSEIM (Alexandre), peintre, né à Anvers en 1587, y décédé le 30 octobre 1661, élève depuis 1597-1598 de A. Vau Laeck, fut admis comme maître, avec le titre de « Waterschilder » (1610-1611) à la Confrérie anversoise. La signature de sa peinture — estampe de A. Van der Does, d’après un prétendu original deVan Dyck — le nomme le peintre remarquable de fleurs, d’oiseaux et de poissons. Mais il peignit aussi des fruits de jardins, des vases en métal, des cruches, des verres, et tout cela avec sa compréhension du clair-obscur, d’un pinceau très léger et bien sûr, dans des tonalités argentées; cependant il se distingua avant tout dans la représentation des poissons. La' force de sou coloris est encore relevée par un dessin correct. Il est compréhensible que Rubens possédait deux œuvres d’un tel maître : l’une représentait des oiseaux, l’autre une corbeille de fruits.

Le Musée d’Anvers possède une nature morte qui montre réunis ses procédés fav’oris. Dans la collection du comte Toerring-Jettenbach, de Munich, une nature morte, signée x\lex. Adriaenssen f. A 1632; une peinture représentant des fruits, de la collection Pacully, vendue à Paris en 1903, portait la signature Alex. Adrieanssen (sic!){. A. 1634 (reproduction dans le catalogue). Dans l’ancienne collection Hoech, de Munich (vendue en 1892), une peinture représentant des fruits, signée : Alex. Adrieanssen f. A 1639. Dans l’ancienne collection Th. Van Lerius, d’Anvers, se trouvait une nature morte, signée Alex. Adrieansen (sic!^ f. 1647, et une étude sur papier (oiseaux

morts), signée Alex. Adrieanssen fecit. Il écrivait donc son nom de différentes manières.

D’autres de ses tableaux sont possédés par les Galeries de Pommersfelden, Berlin (enlevées pour le dépôt ou pour être prêtées), Madrid, Schlessheim (de 1656) et Amsterdam (de 1660).

Th. Van Lerius in Meyers Kunstlcrlex. — Biographies d’artistes d’ Anvers. Anvers, 1880. — Van den Branden, Antiucrpschc Schildcrschool. — Notes personnelles.

AERTSEN (Pi erre). Le Musée du Belvédère, à Vienne, a récemment donné place dans ses galeries à une œuvre de Pierre Aertsen retirée du dépôt. Elle est datée de 1550 et représente une grande fête villageoise où sont représentés vingt et un personnages. Catalogue de 1884, école néerlandaise, 11° 653.

Nous avons mentionné C) une petite estampe d’un homme corpulent, pouvant être attribuée à Pierre Aertsen. La même pièce, mais en contre-partie, est signalée par M. Phil. Vander Kellen comme existant au Cabinet des Estampes de Berlin dans l’œuvre de Buytewech, attribution d’ailleurs contestée par le savant iconographe hollandais. Dans l’épreuve du Cabinet de Bruxelles, le vieillard est tourné vers la droite et tient la main droite derrière le dos.

Vo}'ez : Le peintre-graveur hoiiandais et flamand, par J.-Ph. Van der Kellen, t. I, p. 123. Utrecht, 1866.

AERTSZ ou AERTSZOON, Lambert (Ryck), peintre à Anvers, devint maître en 1355 à la Gilde Saint-Lucas d’Anvers, épousa la même année Catherine, la fille de Ropiers Van der Weyden, petit-fils du célèbre Rogier. Il avait des élèves, et il est cité pour la dernière fois en 1561. Ses productions artistiques ne doivent pas avoir été importantes. K. Van ùlander ne le citant plus.

K. Van Mander, Het Schildcrhock, édit. H. Hymans, I, 374.

AGNEESENS (Édouard), peintre, né à Bruxelles le 24 août 1842, mort à Uccle (Brabant) le 20 août 1885. Son père, correcteur d’imprimerie, lui fit faire à l’Athénée de Bruxelles des humanités interrompues toutefois à 16 ans. Il entra alors à l’Académie de Bruxelles, 5" remporta des succès dans divers cours et passa dans l’atelier libre, créé par Portaels, dont l’inlluence fut décisive sur son avenir. Concurrent malheureux au concours pour le prix de Rome en 1863, il se faisait bientôt connaître par une excellente figure de Madeleine repentante et deux portraits exposés au Salon de 1886. Java, une magnifique étude de jeune femme, un Bravo, acquis par le Comte de Flandre, affirmèrent son talent. Le portrait du sculpteur Marchand, au Musée de Bruxelles, date de 1868, fut exposé à Vienne en 1872 et médaillé. Parti pour Saint-Pétersbourg l’année suivante, Agneesens 5" créa des portraits remarquables, notamment l’effigie en pied du ti'agédien

(') \'an Mander (notes et commentaires tl. Hymans), t. T''', p. 361.

Samoîloff et un groupe des enfants du même artiste dramatique Rappelé à Bruxelles par la mort imminente de son père, il se fixa à Bruxelles et eut une féconde carrière de portraitiste soudainement interrompue vers 1880 par des troubles intellectuels dont ne devait pas triompher l’effort de la science. Une exposition de l'œuvre d’Agneesens, organisée à Bruxelles en 1886, permit d'apprécier dans sa plénitude la perte que sa mort faisait éprouver à l’école belge. Les productions laissées par le jeune artiste se composent en majeure partie de portraits et de figures isolées. Les dernières productions portent la date de 1880. En 1870, à son retour de Russie, il avait projeté un grand tableau. Une Vente d’ Esclaves ; on n’en vit que le projet. De même, il avait préparé un ensemble d’études pour un sujet de Briqzætiers aii travail, conçu dans le genre des œuvres de Meunier, alors au début de sa réputation. Coloriste puissant, dessinateur correct et vigoureux, Agneesens fut un remarquable auxiliaire du mouvement de l’affranchissement de l’école belge des formules vieillies.

Un des premiers sortis de l’atelier Portaels, il en fut un des plus distingués disciples. Parmi ses portraits, il y en a un du sculpteur AAnder Stappen, exécuté en 1868. Le Musée de Gand possède de lui un portrait de Diana Vernon, exécuté en 1876.

Sources personnelles.

AGUILLON [AiGUILLON] (François), recteur de l’ordre des Jésuites et architecte, né à Bruxelles en 1566, mort le 20 mars 1617, connu comme philologue et mathématicien, a également ébauché eu 1614 le plan des nouveaux bâtiments de l’Ordre, à Anvers. Pour la construction du nouvel édifice, commencé immédiatement après l’incendie, on se servit des anciens plans; cependant on remplaça les trente-six colonnes doriques et ioniques en marbre de Carare qui, en deux rangées superposées, partageaient l’intérieur à la façon des basiliques romaines, par des colonnes en pierre. La tour est également une innovation pleine d’efficacité. Une tradition très répandue attribue à Rubens les plans de l’église des Jésuites, à Anvers; mais le bollandiste érudit Papebrock, qui était en mesure de connaitre la réalité à ce sujet, les réattribua à Aguillou.

Jlcycrs Kunstlerlex. — Biographie nationale de Belgique (sous Aiguillon).

AKEN (Léon VAIM), peintre de genre belge, né à Anvers le 30 novembre 1857, y décédé le ii janvier 1904, élève de l’Académie anversoise, principalement avec P. Beaufaux. Il a peint des scènes de la vie du peuple, en grandeur naturelle, quelquefois également des intérieurs eu couleurs sombres, dans le goût des Stru^^s. Deux de ses tableaux : Archers (1901) et La Malade, se trouvent au Musée d’Anvers.

ALBERT (Charles), en réalité Charles (Altoert), peintre décorateur, né à Bruxelles en 1821, mort dans la même ville en 1889.

11 prit une part considérable au mouvement qui, en Belgique, vers 1870, remit eu honneur les vieilles industries d’art, eu grande partie sous

l’influence de Leys. Charles Albert s’était fait construire, près de Bruxelles, à Boitsfort, un « Castel » dans le style du XVI® siècle, dont tout le mobilier et la décoration étaient imités des vieux types, y compris les tapisseries imitées en peinture. La vogue de ces résurrections fut un moment très grande, mais dura peu. Aussi les œuvres de Charles Albert sont-elles aujourd’hui oubliées. Un buste de bronze perpétue le souvenir de l’artiste au Musée des Arts décoratifs de Bruxelles.

Charles Albert avait pris une part importante à l’Exposition de 1880.

Fêtes nationales de 1880 : Exposition de Charles Albert, artiste décorateur . Notice explicative. Bruxelles, 1880. — Henri Hymans, Bclgischc Kunst des iç^ yaharhuiiderts. Leipzig, 1906, n® 244.

ALBRAGHT (Wilhem), peintre, né à Anvers en 1861, élève de l’Académie de sa ville natale et de Charles Verlat jusqu’en 1887; il travailla dans l’atelier de cet artiste à l’Institut des Beaux-Arts d’Anvers. Peint des tableaux de genre, des portraits et des paysages. Ses principales œuvres se trouvent au Musée d’Anvers : L’Ancien laboratoire de l’ Administration de la Bienfaisance d’Anvers (1902); V Ancienne pharmacie de l’ Administration de la Bienfaisance d’Atwers (1902); La partie des cartes; Société protectrice des Aveugles (1900-1901); Cuisine de l’Asile pour vieillards à Zandvort (Hollande) (1905). Paysages flamands et hollandais.

Sources personnelles.

ALDEGREVER (Henri) a fait, comme peintre, l’objet d’une importante étude de M. Memminger, insérée dans le Repertorium für Kunst Wissenschaft de 1884, page 267. L’auteur de cette étude a fait connaître l’existence dans la Wiesenkirche de Soest d’une Adoration des Mages qui pourrait bien être la Nativité dont parle Van Mander Ç)- L’œuvre est signée d’un monogramme H. T. Il résulte en effet des recherches de M. Memminger, que le nom vrai d’Aldegrever était Trippenmeker (le sabotier) et que le monogramme bien connu ne fut adopté par Aldegrever qu’après la mort de son glorieux précurseur nurembergeois. L’ Adoration des ]\[ages porte pour signature indépendamment du monogramme H. T., un sabot. Aldegrever s’y est représenté.

Une lettre adressée en 1561 par la municipalité de Soest à celle de Strasbourg, fait connaître qu’à cette époque Aldegrever avait cessé de vivre.

ALSLOOT ( Denis VAfSl), peintre à Bruxelles, au service des archiducs Albert et Isabelle depuis 1599. A partir de la même année, il est également cité pour la première fois dans la liste des peintres de Bruxelles à l’occasion de l’agréation d’un élève (François de Sainctsoule); il en forma encore plusieurs les années suivantes. Les renseignements manquent au sujet de sa naissance et de sa jeunesse, et il en est de même de l’année de sa mort, qui est inconnue; toutefois, il est à supposer que c’est en 1628, car sa nièce vendit cette année-là deux de ses tableaux, qu’elle avait hérités.

(') Van Mander (notes et commentaires H. Hymans), t. L’i-, p. 249.

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Quatre des tableaux, reçus dans les collections officielles d’Europe, se trouvent au Musée de Madrid. Tout d’abord, un grand pa3^sage, sur toile, représentant un bois et un lac au bord duquel se trouvent des chasseurs, dont un tire sur des canards. Le deuxième tableau est peint sur bois et ne porte aucun titre, pas plus que le précédent. Il représente un cortège carnavalesque sur la glace, comprenant une quantité de personnages à pied et en voiture : la scène se passe sous les murs d’une ville. Les deux autres tableaux, sur toile, sont de grande envergure. Ils représentent le cortège des corporations et des confréries militaires de Bruxelles sur la « Grand’Place » de cette ville. Les deux tableaux sont signés : DENIS. XX ALSLOOT, i6i6. Deux tableaux de la même composition, revêtus de la même signature, se trouvent au South-Kensington Muséum de Londres.

Des copies exactes des deux derniers tableaux cités, du Musée de Madrid, mais non signées, se trouvent au Musée de Bruxelles. Là se trouve également la Fête populaire à Tervueren (le même sujet qu’au Musée d’Anvers), plus encore les pendants ; Le Printemps et U Hiver , signés et datés de 1612, avec personnages de Henri Le Clerck, et enfin le tableau représentant à vol d’oiseau le château de Mariemout, près Binche, signé et daté de 1620.

Le Musée de Nantes possède un petit tableau très bien conservé représentant l’Abbaye de la Cambre, près de Bruxelles, signé et daté de 1609. Le tableau de la Galerie de Vienne (sur bois) représente un pa}"sage forestier avec, comme fond, le bâtiment d’un couvent au bord d’un étang devant lequel passent deux moines et d'autres personnages. Sur un tronc d’arbre figure la signature : b : ab. Alsloot S : A : Pict 1608. fV l’avant-plan, comme personnages : Prokris sur terre qui retire la flèche de la poitrine de Cephalus; à côté se trouve la signature H. de Clerck. Un petit tableau de la collection Henriette von Klarwill, à Vienne, représentant également Prokris et Cephalus, offre beaucoup de ressemblances avec celui précité. Ce tableau est reproduit dans Biatter für Gemaldekunde, de Th., von Erimmel ( Bd I, p. 61), qui, dans cet article, cite comme étant d’Alsloot encore plusieurs autres œuvres qui, jusqu’alors, étaient faussement attribuées à d’autres. Parmi celles-ci semblent particulièrement importantes : La Joute sur Fean, avec de nombreux personnages, signée et datée : DEONIS : XX ALSLOOT. F 1616, en possession de l’archiduc Frédéiâc, à Vienne; le pa^^sage marécageux, signé, mais non daté, figurant dans la collection Harrach, à Vienne, et le paysage d’hiver, signé de 1614, se trouvant à la Galerie Mosigkau, près Dessau.

Ale.x. Pinchart dans Meycrs Kunsllerlcx (avec litt. ancien). — A.-J.Wauters, Denis V. Alsloot, peintre des archiducs Albert et Isabelle, dans le Mouvement géographique. Bruxelles, 1899. — l'h. v. Frimmel, Blàtter f. Gcmàldeliundc (1, 61 fig.)- — A. v. Wurzbach, Nicdcrl. Kunstlcrlex . — Renseignements personnels.

ALV!N (Louis-Joseph), né à Cambrai le 18 mars i8o6; nommé membre de l’Academie rovale de Belgique le décembre 1845; mort à Ixelles le 17 mai 1887. Conservateur en chef de la Bibliothèque ro^'ale. Auteur des Wieriex.

ANTON ISSEN (Henricus-Josephus), peintre pa^^sagiste et animalier, né à Anvers le 9 inin 1737, y décédé le 4 avril 1794. Pendant l’année gildienne 1752-1753, il entra à l’atelier de Balth. Besche}^ Plus tard, en 1755- 1756, il fut reçu comme maître; deux fois, pendant les années 1762-1763 et 1772-1773, il fut choisi comme doyen de la corporation des peintres. Le 4 novembre 1765, il épousa Catherine-Joséphine Rademaekers. 11 essaya d’abord la peinture historique, mais sou talent le portait vers les paysages avec animaux, tandis qu’en général il réussissait moins bien les personnages humains. Exceptionnellement, il peignit aussi d’après nature des fleurs et des fruits. De son temps il acquit une réputation assez importante. Ses tableaux étaient particulièrement bien reçus à Paris et eu Hollande. Ils illustrent la vallée de la Meuse et d’autres parties du pays. Il forma divers élèves; le plus célèbre parmi ceux-ci est le peintre paysagiste et animalier Balthazar-Paul Ommeganck, qu’il admit eu 1767-1768. On connait également deux gravures d’Airtonissen : 1“ Paysage avec personnages, de 1767; 2° Cinq vaches au bord du fleuve, d’après A. Cuyp, 1767, qu. fol.

l'h. Van Lerius dans Mcycrs Kiinstlcrlcx. — Sources personnelles.

APSHOVEN (Ferdinand VAN), baptisé à Anvers le 17 mai 1576. Il entra en 1592-1593 comme élève dans l’atelier d’Adams van Xoort et en 1596-1597 comme maître à la Gilde Saint-Lucas. Les « Liggere » supposent que son entrée s’est faite en 1595-1596; ceci est cependant une erreur qui repose sur le fait, que les années 1592, 1593, 1594 et 1595 ont été traitées comme une seule. Ferdinand était sans contredit peintre d’histoire, comme son maître; toutefois, il a également peint des portraits, tout au moins pour un cas. Lerius cite de lui le tableau d’un Thomas Courtois. En dehors de celui-là, on n’en connaît pas d’autre de lui. La Gilde de Saint-Luc cite sept de ses élèves pour les années 1597 à 1621. Il doit être mort entre le 18 septembre 1651 et le 17 septembre 1652.

Van Lerius dans ISIcyers Kiinstlcrle.x. ^

APSHOVEN (Thomas [et non Theodor] VAN), flls de Ferdinand le vieux, baptisé à Anvers le 30 novembre 1622, élève de D. Teniers le jeune; il ne figure cependant pas comme tel dans la Gilde de Saint-Luc (omission qui se présente souvent pour des fils de maîtres). En 1645-1646, il est admis comme maître « Les Liggere ». En 1650-1651, il reçut dans son atelier Hendrik van Voren ou Voor qui, plus tard, ne figure pas parmi les maîtres, et en 1651-1652, Hendrik van Erp ou Herp III devint un bon peintre d’iuterieurs. Apshoveu épousa, le 24 février 1645, Barbara Janssens et fut père de quatre enfants. Le 24 février 1652, il prêta serment comme porte-drapeau de la milice communale et le 20 décembre 1657 comme capitaine. D'après les « Liggere », il doit être mort entre le 18 septembre 1664 et juillet 1665. Thomas Van iVpshoven peignit tout à fait dans le goût de Teniers des paysans, des corps de garde, jdes fumeurs, des buveurs, etc., ainsi que des natures mortes, mais n’atteint pas l’esprit, la netteté du dessein ni la frai-

cheur et l’énergie des couleurs de celui-ci, même dans ses meilleurs tableaux. Souvent il copia avec beaucoup de talent les œuvres de son maître dont il empruntait l’idée fondamentale en 5^ ajoutant quelques modifications.

Dans la Galerie de Dresde existe de lui une belle nature morte, un déjeuner, signé : T. V. APSHOVEN. Le Musée de Glasgow possède trois peintures de Th. Vau Apshoven. Deux représentent des pa)^sages avec petites figures, dans le goût de Teniers, et se font pendant. Le troisième, un intérieur signé : T. van Apshoven 1644, est beaucoup plus important. Il représente un jeune savant dans son cabinet d’étude. Il est vu de face, vêtu de gris, avec manches bleues;- la table est couverte d’un tapis vert. Le tableau est digne de Teniers. 11 ne figure pas au catalogue de 1906. La Galerie de Darmstadt possède un petit paysage, dans le genre de Teniers, signé : T. Apshoven.

Th. Van Lerius dans Meyers Kimstlcrlex (ancien litt.). — Renseignements personnels.

APSHOVEN (Ferdinand VAN), le jeune fils de Ferdinand le vieux, baptisé le mars 1630, fit également son apprentissage chez Teniers. La Gilde anversoise de Saint-Luc de 1657-1658 mentionne son admission comme fils de maître. Malgré qu’elle le désigne comme antiquaire, il n’y a pas de doute qu’il ait également peint. Il épousa, le 20 janvier 1657, Josina Van Overstraeten, qui lui donna cinq enfants, dont le plus jeune, Guillaume, baptisé le 7 septembre 1664, fut également destiné à la peinture (voir plus loin). En 1678-1679, il devait être nommé do3mn de la Gilde, mais il sut décliner cet honneur. Le 3 avril 1694, il fut enterré à Saint-Walburg, à Anvers, et obtint un « cleyn kerckl^mk », c’est-à-dire un enterrement du deuxième degré de la première classe.

Les tableaux de Ferdinand sont entièrement peints dans le genre de D. Teniers et traitent les mêmes sujets. On peut conclure de la rareté avec laquelle on les rencontre, que les antiquaires les attribuent généralement à Teniers. Le Musée de Dunkerque possède un intérieur avec deux personnages. L’Atelier, figurant à la Galerie de Dresde comme étant de lui, n’est pas signé, mais lui est attribué par Bode et Scheibler, d’après un tableau d’un sujet analogue et signé qui s’est trouvé, en 1883, dans le commerce d’œuvres d’art à Florence. D’après Frimmel, c’est, à peu de chose près, une copie d’un tableau de D. Teniers le jeune, qui se trouve au couvefit Saint- Florian ('Haute-Autriche).

Si des tableaux des deux Apshoven sont attribués à Teniers, il est hors de doute également que plus d’une gravure, comme par exemple celle citée ci-dessus, est exécutée d’après des œuvres des deux frères.

Th. Van Lerius, Biographies d’art. Anvers, II, 166. — Ders dans Meyers Kunstlerlc.v. — F. -G. Van den Kranden, Geschiedenis d. Antiverp. schildersch. — Renseignements personnels.

APSCHOVEN (Willem Van), jteintre, fils de Ferdinand II, né à Anvers le 7 septembre 1664, mort le 3 avril 1694, dans la même ville. Il fut

élève en 1679-1680 de Joseph Lamorlet, peintre obscur. Nous n’avons rencontré aucune œuvre de son pinceau.

ARENDONK ( Johannes-Jacobus-Antonius Van), sculpteur, né à Anvers le 4 mai 1822, fit ses premières études à l’Académie de sa ville natale. En 1846, il entreprit un voyage en Italie. Pendant plusieurs années il travailla dans l’atelier d’un artiste de talent moyen, Joh.-Bapt. Peeters. Il habita Anvers jusqu’en juin 1872. Il se rendit à Malines et mourut le 9 mars

Il est l’auteur d’un grand nombre de statues de tous genres en bois, pierre, marbre, etc., destinées à la décoration mais aussi pour la parure des églises et des tombes ainsi que pour des monuments publics. Par exemple, à Anvers : statue colossale en pierre de la ville d’Anvers, au boulevard Léopold (1864), de plus trente statues en bois du maître autel et deux grandes figures d’anges en marbre blanc de l’église Saint-Michel, à Gand, ainsi que l’immense figure du tympan de fronton de l’église Notre-Dame du Finistère, à Bruxelles(i856).

Alex. Pinchart dans Meyer s Kunstlerlcx. — Renseignements personnels.

ARGON NE (Simon-Pierre d’), aussi Dargonne, peintre paysagiste, né à Dieppe le 20 octobre 1744, semble avoir vécu à Anvers comme maitre de musique et de danse depuis l’année 1772 sous le nom de Pierre-Simon Gautier. Son rôle à Anvers fut considérable comme commissaire du Directoire exécutif. Ce fut lui qui, en 1795, prit l’initiative de faire revivre l’Académie des Beaux-Arts, et ses démarches auprès du pouvoir central furent couronnées de succès. Comme peintre, d’Argonne joua un rôle beaucoup plus effacé. Fixé aux environs de Bruxelles, à Vilvorde, il y exécuta des paysages dont les titres nous sont donnés par le catalogue des expositions de Bruxelles de 1813, 1818, 1821. Nous constatons que le catalogue de 1818 donne pour prénoms à l’artiste J. -P. Dans celui de 1821 il figure comme élève de De Roy, le paysagiste, alors très en vogue. J. -B. De Roy, souvent confondu avec Le Roy, son maitre. Un pavsage boisé au bord d’une rivière; la rivière serpentant au milieu d'un paysage, etc., tels sont les titres des œuvres de d’Argonne. Vilvorde ne nous a fourni aucune donnée sur le séjour de l’ancien commissaire du Directoire dans cette localité. Il mourut d’ailleurs à Bruxelles le 22 mai 1839.

Alfred Von Wurzbach, Nicderlàndische kiinstler Lexikon, p. 382 (sous Dargonne). — Van den Branden, Geschiede?îis der Academie van Antwerpen, 1864. — Catalogue des expositions.

ARIAENS ou ADRIAENSSONE (Lucas), peintre à Anvers, où il semble avoir tenu un rang considérable. Il 3^ fut do5œu de la Gilde de Saint- Luc eu 1469, en 1472, en 1475, en 1480, enfin en 1483. Il reçut pour élèves Michel Lloris (1470), Henneken, Vander Voort, Willeken Daneels (1472) et Willeken Van Kessel (1484). Il fut parmi les peintres anversois conviés à Bruges en 1468 pour les noces de Charles le Téméraire et Marguerite

d’York, pour y exécuter, avec beaucoup d'autres artistes flamauds, les décorations de fêtes. Lucas Ariaens était mort en 1492, car il est noté aux registres mortuaires sous la date du 19 janvier de la dite année, la mort de sa veuve Marguerite Volckeriek. On n’a point de peintures de sa main. On lui attribue sans preuves des vitraux à la cathédrale de Tournai.

Rombauts et Van Lerius, Les Liggeren et autres archives de la Gilde anversoise de Saint-Luc. — Comte de Laborde, Les Ducs de Bourgogne. Paris, 1849, I. — Gand et Tûttrnai, par Henri Hymans. Leipzig, 1902, p. 92.

ART (Berthe), peintre, née à Bruxelles le 26 décembre 1857. Fut élève à Paris d’Alfred Stevens. Peint à l’huile et au pastel ; fait le portrait, la fantaisie, les heurs. Réside à Bruxelles. CEuvres principales : Pavots rouges, au Musée de Bruxelles; Faisan et Chrysanthèmes ; Renard et Gibier ; Port de Cannes ; Le Cap Ferrât; Vue du fort d’ Atüibes ; Vue de Saint-Honorat ; Le Vieux Cannes.

ARTAN DE S Al N T - M ART I N (Louis), peintre paysagiste et de marines belge, né à La Haye le 21 avril 1837, où son père, Belge, est resté comme diplomate au service de la Hollande jusqu’en 1842.

Son premier succès date de 1864; il reçut alors le premier prix dans un concours organisé par le Cercle artistique et littéraire de Bruxelles pour son pa)"sage : Les Rives du Wayai. La même année, il exposa, à Liège, un Coucher de soleil dans les environs de Spa. L’année suivante, il s’adonna presque exclusivement à la peinture de marines, dont les motifs sont empruntés à la côte de la mer du Nord et surtout à Heyst, près d’Ostende, pendant les années 1866 et 1867. En 1868, il visite les bords de la Manche, et peint entre autres les falaises de Granville. En 1869, il exécute des vues de Blankenberghe, de Heyst et du Havre, et fait un voyage d’études sur les îles anglaises et françaises de la Manche. Il a donné également des effets de lune. Au Salon de Bruxelles, en 1869, où il exposa trois tableaux, dont un fut acheté par Léopold H, il reçut une des médailles destinées aux peintures de paysages. Artan appartenait à la nouvelle école dite des réalistes. Il hgure sur un tableau du Musée de Bruxelles (Lambriches, 1866), parmi les membres de r « Art libre ». Les œuvres de cet artiste doivent être rangées parmi les plus importantes de l’école belge. Il vécut à la côte, principalement à Nieuport, où il mourut le 23 mai 1890. Peu de ses tableaux sont datés. Une Kirmis à Bruxelles, adjugée à la vente Toussaint le 24 décembre 1904, est datée 58 ( 1858). En dehors des marines, il a également peint quelques paysages, et ceux-ci le montrent pareillement sous l’inlluencede la nouvelle école.

Le 18 août 1895 fut élevé à Oost-Duinkerke, près de Fumes, un monument à Artan. Il est l’œuvre du sculpteur Vander Stappen et de l’architecte Horta. Artan était chevalier de l’Ordre de Léopold. Il y a de ses œaivres aux Musées d’Anvers et de Bruxelles. Son portrait peint par lui-même fut exposé à Bruxelles eu 1905. Il a aussi produit quelques gravures devenues rares maintenant.

Alex. Pinchart dans Meyers Kunstlcrlcx. — Notes supplémentaires.

ARTHOIS. Il existe trois artistes de ce nom : Jacques d’Arthois, Nicolas, son frère, et Jean-Baptiste d’Arthois, son fils. Leur véritable nom de famille est Artois, que l’on trouve écrit de différentes façons (Artoys, Artoes, Arthois, Artoies, Artoos, Artoois, Oortoes, etc.). Dans les originaux des registres de l’état civil de la famille, il ne se trouve pas avec la particule (d’Arthois); elle n’apparaît qu’avec les noms de AUcolas et Jacques, et accompagne également celui de Jean dans les registres d’inscriptions de la gilde des peintres. Cette forme fut d’abord emplo5me par Jacques qui signe toujours avec un d’ et inscrivit son nom comme suit sur les tableaux : J. d’Arthois, Jac. d’Arthois, Jacques d’Arthois, Jacobus d’Arthois.

Les trois artistes sont nés à Bruxelles. Jacques et Nicolas sont fils de Henri A. Le premier fut baptisé à l’église Sainte-Gudule le 12 octobre 1613; le second dans la même église le 4 mai 1617. Jacques d’Arthois n’avait pas encore 12 ans lorsque sa mère, veuve à cette époque, le mit en apprentissage chez Jan Mertens, peintre inconnu, sinon dans les annales de la gilde; il est inscrit sous la date du ii janvier 1625. A cette époque, il fallait être âgé de 21 ans pour être admis à la gilde. Nonobstant, son inscription date déjà du 3 mai 1634. Il était déjà marié. En dehors de son frère Nicolas et de son fils Jean-Baptiste, les « Liggere » d’Anvers citent jusqu’en 1654 encore six autres élèves. Coru. Huysmans aurait également été formé par lui. Son talent lui valut des amitiés; déjà en 1648 il est recherché par W. Hollor. 11 gagna beaucoup d’argent, le gaspilla et mourut pauvre. L’année de sa mort ne peut pas être 1665, comme l’a d’abord indiqué Pilkington, parce qu’un tableau daté de 1678 et un paiement fait en 1683-1684 prouvent qu’il a vécu jusqu’après 1684. Une note manuscrite de Érasme Ouelliuus indiquant 1686 comme année de sa mort doit être exacte. Ses productions artistiques sont très importantes, car il travaillait vite et facilement; Campo Weyerman, qui se trouvait à Bruxelles vers la fin du XV IL siècle, dit avoir vu de lui plus de cent tableaux de grande envergure, et des catalogues de tableaux du XVIIL siècle (voir Piuchart, dans Meyers KunsÜerlex) rappellent de nombreuses oeuvres de lui, pour la plupart disparues maintenant. Il puisa généralement ses sujets dans la forêt très étendue de Soignes, qui alors atteignait les portes de Bruxelles. Des peintres réputés, entre autres G. de Cra5’-er, faisaient peindre les paysages par lui dans leurs tableaux. D’un autre côté, Arthois eut également recours pour les personnages de ses œuvres à des artistes célèbres tels que D. Deniers senior et junior, P. Bout, A. -F. Van der Meuleu, T. Michau, J. Van Cleef, G. Coques, H. De Clerck, M. Van Helmont, A. Sallaert et beaucoup d’autres.

De nos jours, les tableaux de cet artiste sont en réalité innombrables, et l’on en trouve des quantités dans les musées et les collections privées. Il suffit qu’un paysage du XVIL siècle représente de grands arbres; un chemin creux dans une forêt; un site pittoresque et sauvage, moitié boisé, moitié montagneux; une clairière dans un bois; un cours d’eau ou un terrain sablonneux à l’avant-plan; un ciel bleu ou légèrement nuageux; un horizon plein de lumière; quelques figures bien peintes, et ait avec cela de l’ampleur

ainsi que des tons fortement prononcés pour que l’œuvre soit de suite attribuée au maître bruxellois. Il est hors de doute que de son temps et à la suite de ses succès il a eu beaucoup d’imitateurs qui se sont bien gardés de signer leurs peintures. Parmi ceux-ci, il faut probablement compter son frère et son fils, dont les peintures sont confondues avec les siennes.

Un examen des galeries européennes donne la récapitulation suivante :

En Belgique se trouvent cinq tableaux (trois d’entre eux sont signés) au Musée de Bruxelles. Un autre tableau de J. d’A., signé, se trouve au Musée de Bruges.

Les catalogues des Musées français, notamment de Besançon, Bordeaux, Caen, Dijon, Douai, Lille, Valenciennes, citent dix tableaux du peintre. Ceux de Bordeaux proviennent de la collection du marquis de La Caze. Sur un tableau, à Lille, on lit : Jacobus d’Arthois.

Dans les Galeries allemandes, à Augsbourg, Darmstadt, Dresde, Francfort, Gotha, Munich, Schleissheim, etc., on lui attribue quinze œuvres.

En Autriche, quatre tableaux se trouvent dans les collections du Belvédère impérial et à l’Académie des Arts. L’un d’eux (au Belvédère) porte la suscriptiou ; Jacques d’Arthois. Arthois figure également dans les collections viennoises de Lichtenstein, Czernin et Schônborn. Le tableau de ces derniers porte la signature de l’artiste et paraît être une de ses plus belles peintures.

Madrazo mentionne, dans son catalogue de la Galerie royale madrilène, douze œuvres de notre artiste. Lavice, dans son livre sur l’Espagne, élève ce chiffre à quatorze. La plus grande partie de ceux-ci est certainement l’œuvre du maître.

Waagen mentionne pour les collections privées anglaises, douze tableaux, alors que la National Gallery ne possède aucune œ-uvre de lui.'

Il a également laissé des dessins en partie sur toile chinoise, sur toile indigo et d’autres en gouache.

Alex. Pinchart dans Meyers Kunstlerlcx^('à-a.c,'\e.xv litt. et un tableau de gravures d’après Arthois.)

ARSTEfMS (Isabella), obscure graveuse sur cuivre à Anvers vers 1752. Le Blanc (Manuel) la cite sous Aerts.

ARTVELT ( A rsdri es VAN) (souvent E RT VE LT), peintre de marines, baptisé à Anvers le 25 mars 1590, passé maître dans cette ville en 1609- 1610, mort en 1652. Certains indices indiquent qu’il a séjourné pendant quelque temps à Gènes. Il est certain toutefois qu’à partir de 1630 il est de retour à Anvers. En 1632, Van Dyck exécute son portrait (Galerie Augsbourg) en grandeur naturelle, assis au chevalet. La statue d’Artvelt n’a pas été exécutée d’après le portrait de Schelte van Bolswert, mais bien d’après une grisaille de Van Dyck.

Les tableaux d’Artvelt sont rares, probablement parce qu’ils sont attribués à d’autres. Parmi les collections officielles, le Belvédère, à Vienne, possède

une grande marine sur toile avec beaucoup de bateaux; à l’avant-plan, se trouve du matériel de guerre. Le Musée Suermondt, à Aix-la-Chapelle, possède une peinture marine sur toile; à droite, sur la côte, deux matelots échouent une embarcation; elle est signée : AVA. Le Musée de Gand possède une Tempête dans laquelle sombrent des bateaux turcs ; elle est sur toile et est datée de 1625. Il y a des années, des particuliers d’Anvers possédaient de lui une Forteresse en feu bombardée par des vaisseaux de guerre ; de plus, un Combat naval entre Hollandais et Espagnols et une Vue d’ Anvers, dessinée en médaillon. Schelte a Bolswert a gravé d’après lui une tempête sur mer avec navires.

Le peintre J. Van Wlen fut un heureux imitateur de cet artiste. Artvelt a également exécuté lui-même une gravure : Vue de l’Escaut pris par la glace.

Th. Van Lerius dans Meycrs Ku7istlerlc.v (ancien litt.). — Van den Branden, Gcschicdatis d. Aiiliv. Schildcrsch., 650-660. — Catalogue du Musée de Gand (L. Maeterlinck), 1905. — Renseignements personnels.

ASSCHE (Amélie [et non Émiiie| VAN), Belge, peintre portraitiste, ne le 26 janvier 1804, hile de Henri-Jean Van Assche. Elle a fait des miniatures, des aquarelles et des pastels, et fut d’abord élève de M““ F. Lagarenne et d’Autissier, puis plus tard, à Paris, de Millet. Elle débuta par des aquarelles et des pastels aux Expositions de Gand (1820) et Bruxelles (1821). Des miniatures furent exposées aux Salons de Bruxelles de 1830-1848 et à ceux de Gand de 1835 et 1838. Le portrait de Léopold Eq qu’elle exécuta en 1839, lui valut le titre de peintre de la Cour de la reine Marie- Louise de Belgique.

Immerzeel, De Levais, dans Jleycrs Kunst/crlcw.

ASSCHE (Auguste VAN), architecte, né à Gand le 5 juillet 1826. Il commença ses études à l’Académie de sa ville natale, puis les continua sous Roelandt et A. Pauli et plus tard sous J . Bethune. Les bâtiments suivants ont été exécutés d’après ses dessins : les écoles communales de Laathem, Xevele et Berchem (lez-Audenarde); de plus, le pensionnat Saint-Henri, à Deynze; l’école de dessin de la même ville ainsi que l’école et le couvent Petit-Sinay (dans le goût du XV"^ siècle); l’église et le chapitre des religieuses anglaises, à Melle; et enlin l’église et le couvent des sœurs de charité, à Quatrecht (st}de du XIV® siècle).

L’artiste a, d’autre part, été chargé de la restauration de divers bâtiments anciens. En Flandre, citons les églises de Weldeu, Lootenhule, Deynze, Wieze, Scheldewindeke et Lophem, l’église Saint-Jacob, à Gand, et Notre- Dame de Pameele, à Audenarde ; en Brabant, la collégiale Saint-Léonard, à Léau; au Limbourg, l’église Saint-Pierre, à Saint-Trond. Van Assche a également établi les plans d’agrandissement de l’église de Notre-Dame de Thuin et eftéctué la restauration du remarquable château de Spontin.

Alex. Pinchart dans Ku72silc7’/cx.

ASSCHE (Henri VAN), peintre de paysage, né à Bruxelles le 30 août 1774, mort le 10 avril 1841, fréquenta l'atelier de J.-B. Deroy, peintre pa5'sagiste très en vogue à cette époque, auquel il doit l’habitude d’étudier attentivement la nature, mais qu’il surpassa bientôt dans ses productions. De même qu’Ommeganck, il essa5"a, à un certain moment, la manière conventionnelle prédominant alors, de retourner, dans la peinture des paysages, à la représentation fidèle et exacte de la nature. Vers 1815, il voyagea dans le nord de l’Italie, puis, deux ans plus tard, dans les Vosges; ensuite il visita la Hollande, l’Allemagne et la Suisse, et rapporta de toutes ces contrées une riche collection d’études. Une collection des meilleures vues de la Suisse, que P. Lauters commença à publier, resta incomplète. On vit de ses œuvres aux Expositions de Gand de 1808 à 1838, à Bruxelles de 1S16 à 1836, à Anvers en 1819, 1828, 1834, 1837 et 1840, à Liège en 1836, etc.

C’est à juste titre qu’on l’a appelé le peintre des chutes d’eau. En 1830, il peint les Chutes de Reichenbach et de X Avers; eu 1833, celle de la Lütschine dans la vallée de Lauterbrunneu; en 1836, celles de la Toccia; en 1839, celles du Giesbach en Suisse; en 1833, celles de la Roer, etc. Parmi ses <•- moulins », il faut citer : le Moulin à eau près de Bruxelles (1812); le Moulin d’Éprave, entre Dinant et Rochefort (1810); le Moulin de Salzinnes, près de Namur (1814); une Forge près de Fiunay, sur la Meuse (1814); une Forge près de Stavelot (iZzo)-, un Moulin dans le Luxembourg un

Moulin sur la Dendre près de Gecrsbergen (1836); un Moulin sur la Vesdre, etc. Parmi les autres peintures, ou peut citer : Vue du château, dlontaigle une Vue de Perugia, au bord du lac Trasimène ( 1816);

une Vue des Vosges près de Markirch (1818); le Château Montaigle (1827); les Ruines de l’ancienne abbaye Saint-Bavon à Gand (1828); Vue de la ville de Lugano (1836); vallée et les chemins creux près du château Unspunnen, en Suisse (1836); la Gorge du Nolla à Gaubiïnden (1839), etc.

Le premier tableau connu de van Assche se trouve ai; Musée d’Anvers (il est daté de i8o:^j; il représente un paysage sur lequel s’abat un orage : Le coup de foudre, et qui provient de la collection Van Heke-Baut de Rasmou. Il Y a quelques années, on vo}aiit au Musée de Bruxelles les Chutes de la Toccia et la Vue d’un moulin ; au Musée de Bruges se trouve une Vue des environs de Bruxelles pendant une tempête d’orage. Au Musée royal d’.-Xnisterdam on voit : Torrent dans les Ardennes (1821).

Alex. Pinchart dans Mcycj-s Kunstlcrlcx . — Renseignements personnels.

AUBERT (David), peintre miniaturiste, calligraphe, copiste et bibliothécaire de Philippe le Bon, né à Hesdin en Artois vers 1435. David Auber est l’auteur de nombreux et importants manuscrits, dont voici les principaux : Le Roman du Rov Charles Martel et de ses successeurs, écrit par ordre de Philippe le Bon ( 1463, 4 volumes. Bibliothèque royale de Bruxelles); Histoire des conquêtes de Charlemagne, 1458-1465, 3 grands volumes. Miniatures (Bibliothèque royale de Bruxelles); Chronique de France, achevée

en 1460 (Bibliothèque royale de Bruxelles); Chnmique abrégée du Roy Philippe le Bel (Bibliothèque ro}"ale de Bruxelles); Composition de la sainte Écriture, terminée à Bruxelles en 1462. Miniatures (Bibliothèque ro3'alo de Bruxelles); Romuleon, contenant en brief les faits des Romains depuis la fondation de Romme jusqu’au temps que la cité fut délivrée des sept Rois, composé par le sieur de Forestel et écrit en 1468. Miniatures (Bibliothèque royale de Bruxelles); Romans des trois fils de Roy, 1463.

Dans l’initiale du texte, les armoiries de Philippe le Bon, par ordre de qui fut exécuté le manuscrit. A la lin : « Le présent livre fut grossé comme dessus en prologue est au long contenu dans la ville de Esdin (Hesdin), par D'^ Aubert l’an de l’incarnation de Nostre Seigneur Jhesu crist, mille quatre cens soixante trois ». Et plus l)as : « Ce livre fut à feu Madame Agnès de Bourgoigne, en son vivant Duchesse de Bourbonnais d’Auvergne, et depuis au bon Jehan et à Madame O. de France, hiles, soeurs et cousines de Pavs ». Agnès de Bourgogne, hile de Jean sans I^eur, épousa en 1425 Charles Fq duc de Bourbon. Elle mourut en 1476, à Moulins. Jean, dit le Bon, duc de Bourbon, hls de Charles marié en 1447 à Jeanne de France, hile de Charles VIL Elle mourut en 1482 et Jean en 1488 (Paris, Bibliothèque Nationale). Un exemplaire de la Vita Christi, au Musée britannique, porte à la hn : « escript par David Aubert eu la bonne ville de Gand l’an de grâce mil CCC LXXIX ».

F". W Bradley, A dictionary of StiniaUirist, clc. I.ondün, 1887. — A. Bérard, Dictionnaire biographique des artistes Jrançais du XID au XVI D siècle . — P. Durieu. Alex. Bcning et les peintres du Hrèviairc Grimain {Gazette des Beaux-Arts. 3'^ période.)

AUDEIMAERD ou AUDEN-AERT (Robert VAN), peintre, graveur et dessinateur belge, né à Gand en 1663, éleve de Mierhop et Id. Von Cleef depuis 16S5. 11 est resté trente-huit ans à Rome, où il fréquenta d’abord l’école de C. Maratti. Il est mort dans sa ville natale en 1743 et est enterré à Saint-Bavon.

Les tableaux en ])osse5sion du hlusée et des églises do Gand le montrent comme un peintre d’un certain mérite, inhuencé par son maitre Maratti, une sorte de Raphaël Mengs. Une toile du IMusée, I.es Religieux de l’abbaye de Baudeloo,. à Gatid, réunis en chapitre, compte iusqu’à trente-huit personnages. C’est la plus vaste toile de la Galerie. Une autre de ses toiles représente Les Membres de la corporation des bouchers. A l’église Saint-Nicolas, on voit de lui une Assomption de la Vierge ; à Saint-Jacques, Le Martyre de sainte Catherine; au Petit-Béguinage, Le Christ parmi les docteurs. Il avait comme élèves J. -B. van Volxsons et Franç. Pilsen,’ surtout graveur et qui reproduisit en gravure le portrait d’Audenaerd peint par lui-méme. On cite egalement comme un de ses élèves Jean de Leven, qui, en 1728, devint peintre de Louis XV et exécuta d’excellents portraits sous le nom de J. -J. Deslvens. Comme graveur, outre Pilsen, il forma encore A. Janssens. Sa façon de graver rappelle la manière puissante, pleine de talent et pittoresque de C Maratti. Ses gravures sur cuivre sont douces et ont cependant

de l’allure. De temps à autre, il prend comme modèle les hachures en croix carrées de C. Bloemaerts, mais en utilisant le procédé de la corrodation à l’avance, ce qui n’amène pas de bons résultats, car cette trempe n’exige la netteté et la régularité que du seul travail au burin. Il grava plusieurs autres oeuvres d’après Maratti, Domeuichino, Ann Carracci, mais dans un genre plus dégagé et plus vigoureux. On peut dire que R. Van Audenaerd a été un artiste de beaucoup de mérite. La Naissance de la Vierge et Sa mort sont de très bonnes gravures; Le Martyre de saint Blasius et La Distribution des rosaires sont encore meilleures. L’œuvre de ce maître est considérable; la partie la plus respectable en est formée par les gravures que C. Maratti lui ht exécuter d’après ses dessins et ses tableaux. Les gravures qui portent son nom écrit tout au long le mentionnent comme suit ; « R. V. Auden-Aerd » ou « R. V. Auden Aert », et non pas « Audenaerde », comme on le trouve mentionné partout.

Meycrs Kuiistlcrle.x (catal. gravure). — Éd. de Busscher, Biographie natiojialc. — Renseignements personnels.

AUTISSIER (Louis-Marie), peintre miniaturiste, né à Vannes (France) le 8 février 1772. Il étudia en France sous Vautrin, et par un long séjour dans les Pa}’s-Bas se ht presque considérer comme un national. Sa vogue parait avoir été considérable au temps où llorissait la miniature qu’il traitait d’ailleurs avec adresse. Le roi Guillaume des Ra)^s-Bas lui demanda son portrait. Nous constatons qu’il peignit également des sujets de fantaisie ; Hébé dans l'Olxmpe versant le nectar (Gand, 1812); une Marchande de gaufres de la Frise (Bruxelles, 1828); une Madeleine (La Ha}^, 1827). Cette dernière œuvre exposée dans un milieu essentiellement néerlandais. Une Bruxelloise en faille (Bruxelles, 1827). Cependant, en 1812-1821, nous constatons que le peintre est retourné à Paris d’une manière temporaire, car, bientôt après, nous le trouvons lîxé à Bruxelles, où il mourut le 4 septembre 1830. Il avait, paraît-il, après la Révolution française, assumé les prénoms de lean-François. Les catalogues ne lui donnent aucune initiale et Van den Evnden et Vander Willingen ignorent quel était son prénom.

Alfr. Van Wurzbacb, Nidcriandischc Knnsllcr. Lc.vikon. p. 34. — K. Vanden Evnden et Ad. Vander Willingen, Geschiednis dey Vadcrlander Schildcrkimst. Amsterdam, 1S42. — Catalogue des expositions.

AUTRIQUE (Édouard, hls de Jean), peintre belge, né vers 1800, élève de son père puis de Kiuson. Il exposa en 1823, au Salon de Gand, quatre portraits et envo5"a en 1827, de Paris, deux peintures de genre au Salon de Bruxelles. Gabet (1834) cite de lui des toiles à sujets religieux et une autre dont le sujet est emprunté à l’histoire grecque, et dit qu'ils ont été exposés à la galerie Lebrun à Paris. 11 ajoute que l’artiste aurait habité Vaugirard, près de Paris, et lui attribue le titre de peintre du duc de Glocester.

Alex. Pinchart dans Mcvcrs Kinistlirlc.x.

AVON T (Pierre VAN), peintre et orraveur, fut baptisé à Malines le 14 janvier 1600. Son maître est inconnu; par contre, on sait qu’en 1622-1623, il a été reçu comme maître à la Gilde Saint-Lucas d’Anvers, En 1625-1626, il a comme élève Peetef Vande Cruys; en 1629, Frans Wouters, et en 1631- 1632, Pierre, le frère de ce dernier. Le 17 octobre 1631, Avont devint citoyen d’Anvers après qu’il eut acquis, le 26 juin de la même année, la maison « de Backereye », dans la rue de l’Empereur. Vers la même époque (1632- 1655), il est admis à la Chambre de rhétorique de la Violière, qu’il quitta toutefois en 1633-1634, Il était l’ami de Jan Brueghel junior, ainsi que de Wenzel Hollar qui exécuta plusieurs gravures chez lui. Il mourut le 1=' novembre 1632 dans sa maison nouvellement construite à Deurne, près d’Anvers, mais tellement endetté que les héritiers renoncèrent à la succession. Ses tristes revers de fortune doivent aussi être cause qu’Avont a laissé quelques œuvres qui ne sont pas dignes de lui.

Les toiles d’Avont ne sont pas rares. C. de Bie vante avec raison la douceur de ton de ses chairs, la délicatesse et en même temps la vigoureuse exécution de la peinture de ses petits enfants, ainsi que la grâce de ses compositions. L’artiste orna souvent de petites hgures les paysages d’autres peintres, tels que David Vinckeboons, lan Brueghel ainé et jeune, Luc. Van Uden, Jan Wildens, J. d’Arthois, Luc Achtschellinckx et Lod. De Vadder; il copia plus d’une fois des toiles de Rubens et de A. Van Dyck et parfois ne se gênait pas de fournir aux amateurs des toiles d’une exécution négligée. L’église Saint-Jacob d’Anvers possède une Sahite Famille, plus Sainte Marguerite, une autre sainte (probablement IMarie-Madeleine), saint Georges et le petit saint Jean-Baptiste qui caresse son agneau et est accompagné de deux auges. Certains détails de ces compositions font reconnaître une franche imitation de Rubens; l’enfant Jésus lui-même laisse à desirer, les autres figures sont toutefois remarquables et entre autres le petit saint Jean et les anges sont ravissants. Le beau paysage est tout à fait une découverte du maître. La même église possède encore d’Avont un Sainte Vierge avec l’enfant endormi, et tout autour une guirlande de Heurs finement peinte ]iar Frans Ykens, en 1636. La chapelle Saint-Xicolas, du Corps des merciers, à Anvers, possède également une œuvre remarquable de l’artiste : La Sainte Vierge avec l’enfant; le cadre sculpté est orné de deux têtes d’anges et au-dessus de lui s’élève un buste de sainte Anne. L’administration de l’hiJpital, à Anvers, conserve également une toile pleine de mérite : une Sainte Famille avec des anges dans un favsage.

La Galerie de \henne contient trois toiles : 1° Paysage boisé avec la sainte Famille entourée d'anges; 2° Paysage boisé avec Marie, l'enfant et le petit saint Jean; 3° b'iore avec des génies, à l’avant-plan d’un grand jardin ornemental. Toutes les trois portent la signature de Feeter Van Avont.

La Galerie Lichtenstein, à Vienne, possède également trois tableaux :

Paysage. A l’avaut-plan repose une mère avec deux enfants, tandis que Diane la vise avec son arc et sa llèche du haut des nuages; 2° La Sainte Vierge avec l’enfant Jésus et saint Jean. Des anges jouent avec l’agneau. Il est signé F. V. Avont; 3° Silène avec Bacchus.

Dans la Pinacothèque de Munich se trouve La Sainte-Famille, y compris le petit saint Jean- Baptiste et plusieurs anges; le paysage et l’encadrement, une guirlande de fleurs et fruits formant le nom de Marie, sont peints par Jan Breughel l’ainé.

Le catalogue Terwestens (3*= partie de Hoets Catalogus of naamlijst van schilderijen) cite trois tableaux : 1° Sainte Madeleine entourée d’anges; 2° La Sainte Vierge entourée d’anges. Les deux proviennent de la collection du peintre et antiquaire anversois Jan Siebrechts et y furent vendus en 1754, le premier pour 64 et le second pour 16 florins; La Sainte Vierge avec l’enfaiit Jésus accompagnée de' deux anges, entourée d’une guirlande de fleurs. Ce tableau atteignit 11 florins 10 stüber à la vente 'des biens de la succession de Lambert Van Gewert, à Anvers, en 1764. Dans la liste des toiles du peintre Sn^mrs, d’Anvers, on cite un paysage de Luc. van Uden dont les figures sont peintes par Avont. Terwestens, qui relate seulement une partie de cette collection, a omis le tableau en question.

Avont a également gravé. On Ini attribue avec certitude les deux pendants : Deux enfants au milieu d’un paysage avec un Satyre couronné de feidlles de vigne (P. V. A F E en lettres renversées) et Un Ange ainsi qu’un eiifant assis sur des nuages (même signature). Une série de vingtquatre gravures numérotées, finement dessinées et conçues, dont une portant la signature : 1^. van Avond fecit F. de Widt Exc., doit être'complètement son œuvre. De plus, la série des quatre éléments porte sa signature : J^et. van Avont inu. et exc. et une série des quatre temps du jour doit leur être jointe au point de vue du genre.

'l'h. Van Lerius et VV. Schmidt dans Meyer s Kunsticrlex avec ancien iitt. et OeuvrciDig. — Renseignements personnels.

ARENBERG (Antoine d’), en religion Charles, architecte, né à Bruxelles en 1593; mort dans la même ville le 5 juin 1669. Il était fils de Charles de Croy, seigneur d’Arschot et d’Arenberg. A ses connaissances théologiques il joignait un remarquable talent d’architecte. En 1627, il donna les plans d'un monastère élevé dans la forêt de Soignes, non loin de Tervueren et, en 1650, fut l’architecte des agrandissements considérables du couvent des Capucins, à Bruxelles. L’archiduc Léopold-Guillaume en posa la première pierre le 20 mars 1651. On voit un ensemble de l'édifice dans la Chorographia sacra Brabanticia: de Sanderus.

Biographie natioiiale, vol I, p. 401.

BACKER (Franz DE), peintre et graveur d’Anvers, première moitié du XVIII"' siècle. Il était peintre de la Cour de l’électeur du Palatinat Jean Guillaume, lequel résidait à Dusseldorf, et accompagna très probablement, après la mort de celui-ci (1716), l’électrice à P'iorence, à la Cour de sou père. Cosinus III. En 1721, il était à Rome; son portrait qu’il 3^ peignit fut reçu à la Galerie florentine de peintures par l’intervention de sa protectrice (il est signé F. de Backer p. Romae, 1721). Plus tard, de Backer apparaît de non-

veau en Allemagne; en 1725-1726, il peint deux toiles pour une chapelle de l’église Saint-Adalbert, de Breslau; en 1727, une Imhiacnlée conception pour l’église Saint-Maurice et deux toiles pour le dôme de la même ville. Sa signature de \ Immaculée conception le désigne comme : « Principis palatini et Electoris Trevicensis pictor ».

Il a également fourni des gravures d’après des toiles de A. Schoonjans, A. Rottendam et d’autres. Il a gravé son portrait du Museo Fiorentino, G. Rossi, SC. IV, 293.

Meyers Kiinstlcrlex .

BAERDEM AEKER (Félix DE), peintre de paysages et aquafortiste belge, né à Louvain en 1836, mort à Gand eu 1878. D’abord militaire, à l'instar de plusieurs membres de sa famille, il se forma sans maitre, ce qui ne l’empêcha d’être praticien habile et homme de goût dans le choix de ses sites. C’est dans les parties accidentées du pa}"s que furent choisis ses principaux motifs. Ses œuvres figurèrent avec succès aux expositions belges jusqu’à sa mort. La dernière, Le Barrage à Anseremme, fut exposée à Bruxelles en 1878 même. Le Musée de Gand possède un paysage de l’artiste.

BAI LLI U (Barend de), graveur sur cuivre, Belge, né à Anvers où il fut baptisé le 3 mai 16.41, entra dans la Gilde de Saint-Luc, comme fils de maitre, eu 1662-1663. Toutes ses gravures sur cuivre ont été éditées chez G. -G. Rossi, à Rome; on doit par conséquent en conclure qu’il a séjourné longtemps à Rome. Dans la réunion des peintres du Nord qui y existait autrefois, il portait le surnom Heniel (ciel). Il était, paraît-il, autant peintre que graveur sur cuivre, et doit s’être formé dans ce dernier art d’après Cornélis Bloemaert, qui a vécu en même temps que lui à Rome. Tout en ne possédant pas les belles et brillantes qualités de ce maître, il travailla néanmoins avec succès et laissa une petite quantité d’œuvres ayant du mérite. Il aurait quitté Rome pour venir mourir dans sa patrie; ou ne sait toutefois pas ni quand ni où. Sa signature figure de façon très diftérente sur ses œuvres : Bernard Baleu, de Baleu, de Bailliu, Balui et Balliu. Sou chef-d’œuvre représente, placés l’un à côté de l'autre, les cinq saints canonisés le 12 avril 1671 par Clément X : saint Kajétan de Thiéna, saint Lrançois Borgia, saint Philippe Benizzi, saint Louis Bertrand et sainte Rose de Santa Maria. Gr.-fol.

Meyers Kunstlerlex (avec tableau des œuvres). — Renseignements personnels.

BAL (Gaspard VAN), graveur sur cuivre, né à Anvers le 7 avril 1S20, mort dans la même ville le 31 juillet 1867. Après avoir fait ses études à l’Académie de sa ville natale, il se rendit à Paris où il se forma entre autres sous la direction d’Achille Martinet. En 1848, on lui décerna le grand prix de Rome. Après un séjour en Italie et plusieurs vovages, il se fixa à Paris et fonda sa réputation par une gravure exécutée d’après La Tentation de saint Antoine, de Gallait. Il remplaça comme professeur à l’Académie d’Anvers le

graveur sur cuivre E. Corr, après la mort de ce dernier en 1S62. Ses principales œuvres sont : La Tentation de saint Antoine, d’après Gallait ; La Belle Jardinière (1856), d’après Raffael; Jeanne la Folle, d’après Gallait; La Monténégrine, d’après Czermack. U Abdication de Charles-Quint, d’après Gallait, était incomplète à la mort de Bal.

Meyers Kunstlcrlcx. — Chroniqicc des Arts, 1867, p. 238 (nécrolog.). — 'tazette des Beaux-Arts, III, 186; XI, 192.

BALEN (Henri VAN), peintre, né à Anvers en 1575, mort dans la même ville en 1632. Elève d’Adam Van Noort, selon Van Mander, il était en 1592 — donc à 17 ans — reçu franc-maître de la Gilde de Saint-Luc. Sans doute fit-il uu séjour eu Italie, car il appartint à la Confrérie des « Romanistes » recrutée parmi les Flamands ayant visité la Ville éternelle. Van Balen en fut le do}'en en 1613. Marié à Anvers eu 1605, il eut de sa femme, Marguerite Briers, onze enfants, parmi lesquels plusieurs fils peintres. En 1609-1610, il fonctionna comme doyen de la Gilde de Saint-Luc. Les registres-matricules de ce corps artistique font connaître jusqu’à vingt-six de ses élèves. La plupart restèrent obscurs; deux, en revanche, eurent une célébrité universelle : Ant. Van Dyck et François Sii5Mers. Le portrait du maître, issu du pinceau du premier, figure dans V Iconographie.

\'an Balen fut également auteur de cartons pour vitraux. Il travailla souvent en commun avec d’autres peintres, parfois avec Josse de VIomper et son élève Fr. Snyders; très fréquemment avec les Jan Brueghel auxquels il laissa le soin d'exécuter le fond et les accessoires d’un grand nombre de ses tableaux, tandis que lui peuplait beaucoup de leurs paysages. Les scènes mythologiques et bibliques, riches eu figures, qu’il peignait principalement en petit sur bois et sur cuivre, sont bien comprises et réjouissent par le soin de l’exécution, la fraîcheur et la transparence des couleurs. Dans ces dernières peintures, on reconnaît nettement l’heureuse infiuence qu’exerçait sur lui son célèbre élève Van Dyck. Il en est ainsi des trois tableaux de l’église Saint-Jacques d’Anvers. Une Trinité, \xs\q Annonciation et une Résurrection , surtout ce dernier tableau qui orne sa tombe dans cette église et qui est tellement élégant dans la forme, tellement net dans son coloris, tellement fin dans son ton, que beaucoup l’ont attribué à Van Dyck. Jusqu’à ce jour, on n’est pas certain si les excellents portraits de Balen et de sa femme, qui se trouvent également sur la tombe, sont de sa propre main ou de celle de Van Dyck; ils sont dans tous les cas dignes de ce dernier. La cathédrale d’Anvers possède une Sainte Famille de Balen ; le Musée en possède les ailes latérales, des anges faisant de la musique. Le hlusée de La Haye possède : Les Saisons et Kybele ojrant un sacrifice; la Galerie de Bruxelles : La Fécondité; le Musée d’Amsterdam : Les Dieu.x de l’ Olvmpe ; les Offices, à Florence : I^es Fpousailles de Marie; le Louvre, à Paris : Un Festin des dieu.x; le Musée de Berlin : La Forge de Vulcain (les accessoires sont de Jan Brueghel); la Galerie de Dresde : Diane et ses nymphes qu’écoutent des .sa/v7'<î5 (paysage de Jan Brueghel), ADa’.s’ de Peleus et de Thétis, Noces de

Bacchus et d’Ariaduc^ Diane et Actéon ; la Galerie 'le iNlunich : Hierunimas en contemplation, Un Festin des dieux, Une Bacchanale, Diane se reposant après la chasse (les paysages des trois derniers tableaux sont de la main de J. Brueghel), Les Quatre Saisons (suite de quatre tableaux dont les paysages sont également de J. Brueghel), Gibier abattu chargé par des nymphes suides mulets (les animaux sont de Fr. Snyders); la Galerie de Vienne : Jupiter et Europe ; la Galerie de Cassel : Diane et Actéon (paysage de Brueghel).

De petites galeries possèdent également de ses tableaux, entre antres la collection de tableaux de Sanssouci. Au surplus, il a également fourni des peintures sur carton pour vitraux.

D’habitude, il signait ses œuvres H. V. BALEN et également H. V. BAEL. D’après Brulliot, la signature H. V. baie figure sur des gravures exécutées d’après Balen par Crespin de Passe, L. Vorsterman, Cornélis Galle, Hieronimus Wierix et d’autres.

Van Mander, H et Schildcr Bocck, fol. 208» et la traduction de H. H ymans, II, 292. — Houbraken, De grootc Schouxvhirgh, etc., I, 81. — C. de Bie, Hct Gutden Cabinet. — Cainpo Weyerman, De Levcn-Bcschryvingen , I, 349. — Descamps, La vie des peintres flamands, etc., I, 237. — Biographie nationale de Belgique. — De Liggeren, 1 et IL — Meyer, Kunstlcrle.x. — .Ï.Vanden Rranden, Geschiedenis der Antivcrpsche Schilderschocl, p. 463. — Van Lerius, Biographie d’artistes anversois, t88r, II, 235-337. — Renseignements personnels.

BALEN (Gaspard VAN), peintre, second fils de Henri le vieux, né à Anvers en 1615, mort à Rome en 1641. Il fut l’élève de son frère ainé François, qu’il accompagna en Italie en 1639, pour n’en plus revenir. Comme son frère et son beau-frère, Théod. Van Tulden, (fiaspard participa, en 1635, k la décoration des arcs de triomphe érigés à Anvers sous la direction de Rubens pour l’entrée du cardinal-infant P'erdinand d’Autriche.

BALEN (Jean VAN), peintre, fils de Henri l’ainé, baptisé à Anvers le 21 juillet 1561,. Il y est mort le 14 mars 1654. Il se forma sous la direction de son père et visita ensuite l’Italie, d’où il est revenu à Anvers en 1642. Ses peintures, sur lesquelles il aimait surtout k représenter des groupes enfantins, des anges et des amours, ont un coloris frais et serein et rappellent souvent les tableaux d’Albani, qu’il étudiait avec prédilection. En 1635, il prit part avec son frère k l’ornementation d’arcs de triomphe qui furent élevés en l’honneur de l’entrée k Anvers du cardinal-infant Ferdinand d’Autriche La Galerie impériale de tableaux, k Vienne, possède, parmi plusieurs tableaux de Balen, une copie de celui-ci d’après Le Jardin d' Amour, de Rubens; son portrait peint par lui-même, gravé par W. Hollar, dans : C. de Bie, Ilet Gulden Cabinet.

Lerius, Biographie d’artistes, Anvers, II, 338 If. — J. Van den Branden, Geschiedenis der Antivcrpsche Schildcrschool , 467 fl. — Renseignements personnels.

BALEN (Pierre), peintre, né k Liège en 1580, reçut ses premières leçons de Jean Ramaye, un élève de Lambert Lombardus, étudia plus tard

en Italie et revint alors à Liège, où il était encore en vie en 1656. Il doit n’avoir peint que des œuvres de cabinet de petit format : La Trinité, de l’église Saint-Christophe, à Liège, de pins grandes dimensions, serait donc une exception. Parmi les tableaux en possession de l’archiduc Léopold- Guillaume, dont l’inventaire est conservé dans les archives du prince de Schwarzenburg, figure, sous le 11° 151 des œuvres fiamandes, une peinture à l’huile, sur bois, représentant un Ecce homo, sur un autel, de Petro Van Baelen, original (peintre d’Antorff). On ne peut dire avec certitude s’il s’agit de cet artiste.

K. Van Mander, Het Schildcrboek, éd. Hymans, I. — Iinmerzee], De Lei^ens en Wcrlicji, etc. — Biographie iiationale de Belgique. — Renseignements personnels.

BALEN (Henrâ VAN) le jeune, peintre, fils de Henri Van Balen I, né à Anvers en 1623, mort à Anvers en 1661. Élève de son frère Jean, il eut ensuite pour maître, à dater de 1638, Jean Wildens, et devint, en 1640, francmaître de la Gilde de Saint-Luc. En 1645, était en France et paraît avoir séjourné à Tours jusqu’après 1648. On le trouve ensuite (18 janvier 1653) à Rome, puis en novembre à Gènes. Il peignit les sujets religieux, mais n’arriva ni à la fortune ni à la renommée. On lui attribue les figures de certains tableaux de Jean Breughel de Velours, notamment Y Apparition du Christ à la Madeleine^ au Musée de Besançon. Breughel étant mort en 1625, Henri Van Balen n’a pu être son collaborateur.

T. Van Lerius. — \'an den Branden.

BARBÉ (Jean-Baptiste), peintre, graveur sur cuivre et éditeur à Anvers, où il fut baptisé le 28 juillet 1578. Élève de Philippe Galle, il devint maître à la Gilde de Saint-Luc en 1610. Dans l’entre temps, il est allé en Italie, où il rencontra Rubens. Après son retour à Anvers, il épousa Christine Wiericx, une fille du graveur Hieronimus Wiericx.

En 1633, il intenta un procès à N. Lauwers pour usurpation de privilèges, dans lequel parurent comme témoins la plupart des artistes anversois de l’époque, 3^ compris Rubens. Il mourut à Anvers en 1649 et fut enterré à l’église Notre-Dame. Son portrait, peint par Van Dyck, a été gravé par Schelte a Bolswert pour Y Iconographie. Ses gravures ont le même caractère que celles des Galle et Wiericx et présentent la même exécution extraordinairement fine et soignée. On possède de cet artiste actif une quantité d’images pieuses et de saints, gravées aussi bien d’après sa propre conception que d’après d’autres maîtres et qui, conçues dans l’esprit et le goût de la religiosité jésuitique et grossièrement sensuelle, étaient très recherchées de son temps.

Il 3" a lieu d’ajouter à la liste détaillée des œuvres que E. Koloff donne dans J. Meyœr, Kunstlerle.x : i. n° 75, Vita beati P, Ignatii Loyala, Rom 1609, 78 BU attribué à Rubens, mais déjà replacé parmi les œuvres

de Barbé par Mariette; 2. La Sainte Cécile pour l'œuvre d’Agilonius : Opticorum lihri VI ^ i^nvers, 1613.

Meyer, Kiinstlerlcx, II, 720 ff. ~ Hymans, Histoire de la gravure dans é école de Rubens, 26-36. — A. von Wurzbach, Niederl. Kunstlerlex. — Notes personnelles.

BALTHAZAR (Pierre). Voyez BALTEN ou BALTENS, BAL-

TEN (Pierre), peintre^ graveur, poète, lié à Anvers vers 1525, admis à la Gilde de Saint-Luc comme Pierken Custodis (de Costere) et inscrit comme doyen de la même Gilde en 1569, comme Pierre Balthazar (« Balten »), alias Custodis. Martin de Vos fut son sous-doyen. Van Mander donne par erreur la date de 1579 comme celle de son admission à la Gilde de Saint- Luc^ Il nous apprend que, lié avec Corneille Ketel, ils échangeaient des épîtres en vers. On fixe son décès à 1598. Les œuvres de cet artiste, qui fut surtout peintre de genre, offrent de l’analogie avec celles de Pierre Breughel l'ainé, à quoi contribue en plus l’analogie des initiales : P. B. Une gravure de N. Guérard, par exemple, donne pour auteur P. Breughel a la grande composition de la Fête de saint Martin , œuvre de Pierre Balten, connue en plusieurs exemplaires signés, notamment à Amsterdam et à Anvers. Lucas Kilian a gravé, sous la date de 1609, le portrait de l’artiste. En 1558, P. Balten fut chargé de peindre les volets pour l’orgue de l’église Notre-Dame d’Anvers. Van Mander cite de lui une Prédication de saint Jean, où, selon une version impossible à vérifier, l’empereur Rodolphe II fit remplacer le saint par un éléphant. Le iVIusée de Vienne possède de P. Balten une aquarelle sur vélin de la Prédication de saint Jean. La peinture à l’huile n’a pas été retrouvée. Les estampes de P. Balten portent son nom ou ses initiales, à l’exception toutefois de la suite des portraits des ducs de Brabant, dans le costume de la Toison d’Or, suite publiée en 1575 sous le nom de Petrus Balthazarus. Dominique Custos, le fécond graveur, était le fils de Pierre Baltens.

BARGAS (A. -F.), graveur et peintre à Bruxelles, où il devint maître en 1692. Il a probablement été un élève de Pierre Bout; ses gravures, exécutées en partie d’après les compositions de ce dernier et en partie d’après ses propres conceptions, sont traitées avec légèreté et sûreté, et le plus grand nombre est revêtu de sa signature (les initiales des prénoms sont parfois entrelacées). Nagler, dans les Monogranimistes, I, n® 561, cite un tableau signé F., Une Forge de campagne, qu’il attribue à Bargas, mais qui, très probablement, a été peint par A. -F. Baudewyns. Comme preuve de ce qu’il ait peint, nous ne possédons que la note documentaire qui dit que « le peintre de figures de Bargas » fut reçu comme maître en 1692-1693 à la Gilde de Saint-Luc, de Bruxelles.

Meyer, Kunstlerlex {2lvqc ancien litt. et nomenclature des œuvres). — Journal des beaux-arts, 1878, n° 4, p. 31. — Biographie 7iatio?iale de Belgique. — A. von \\ urzbach, Niederl. Kunstlerlex. — Notes personnelles.

BARRE (Jean de LA) (egalement BARA, BARRA ou LA BAER),

peintre sur verre, dessinateur et graveur, fils d’Antoine, né à Bois-le-Duc en 1603, mort à Anvers en 1668. Ces indications suffisent pour discréditer d’anciens renseignements, d’après lesquels il y aurait identité entre cet artiste et un graveur du nom de Joannes Barra, qui a laissé des gravures datées de 1599 et qui doit être mort à Londres en 1634 (v. sous Barra). Concernant l’artiste ci-dessus, nous savons qu’il a été reçu, en février de l’année 1625, comme maître à la Gilde de Saint-Luc d'Anvers (sans indication au sujet de son apprentissage), et qu’il est devenu citoyen en août de la même année. B se désignait lui-même comme f)ictor vitrarius, et plusieurs de ses peintures sur verre existent encore. 11 prit part en 1634, à iVnvers, sous la direction de Rubens, aux décorations pour l’entrée du cardinal-infant Ferdinand d’Autriche. Jean de la Barre s’est révélé comme un artiste supérieur dans ses peintures sur verre des églises Saint-Jacques et Saint-Paul, d’Anvers, et particulièrement dans celles de la chapelle de la Vierge de l’église des Saints-Michel-et-Gudule, de Bruxelles. Ces magnifiques compositions se trouvent actuellement au Musée des Arts décoratifs, à Bruxelles, et éveillent l’admiration de tous les artistes. D’après des estampes qui sont conservées, elles ont été exécutées par Th. Van Timide, qui est également originaire de Bois-le-Duc. Les vitraux sont datés de' 1649 à 1668 et représentent ; Albert et Isabelle, l’archiduc Léopold-Guillaume, l’empereur Ferdinand III et son épouse Eléonore, enfin l’empereur Léopold. Au-dessus, dans les riches encadrements architecturaux, sont représentés : L’annonciation. la visitation, les épousailles de Vlarie et sa purification. Tout ceci forme un ensemble brillant et presque unique en son genre par son style élevé et la magnificence des couleurs, et cela cependant à une époque où la peinture sur verre avait autrement perdu sa valeur. Les caitons du Musée des Arts décoratifs de Bruxelles sont signés : J. de la Baer Antverpiensis pictor. Designatis a Theodoro van Thulden anno 1656 habitante Sylvae Ducis. La Barre reçut la somme de 1,390 gulden pour ce travail remarquable. ( )n attribue à son burin une série de gravures, mais cependant pas avec toute certitude. Parmi les principales de ces dernières, citons : l’érection de 1 église des Jésuites (actuellement Charles Borromée), à Anvers. On sait que pendant longtemps l’architecture de ce bâtiment a été attribuée à Rubens, mais une des oravures rectifie cette erreur; elle reju'ésente la façade et porte l’inscription ; Petrus Huvsens Brugensis Soc. Jesu Architectus est. Joannes de la Barra, imaginum pictor delineavit, in aere sculjisit et excudit. D’après Vanden Branden, le magistrat d'Anvers ]iaya à l'artiste la somme de 60 gulden, le janvier 1645, reproduction de cette gravure qui lui était dediée.

Une épr.'uve porte, en ellct, la dédicace a Gregor del Piano. h>n 1650, il grava également l’élévation de la tour, uire grande leuille (ayan{ i'"20 de haut) qui est eircore plus rare que la ]-)récédeirte et cpii porte la signature : Hanc famosissimi templi Dom. pmless. Soc. Jesu .Vnt. turrim in aere expressit Joan. de la Barre Ihctor vitrarius 1650. Cette estampe mérité une attention extraordinaire.

Barre a séiourné à Londres et cela avant son arrivée à Anvers. On possède entre antres, avec la date de 1625, une série de gravures ornementales que Nicaise Rousseel intitule : De Grotesco. Perutilis atque omnibus quibus pertinebit valde nécessarius Liber ; Per INicasium Rousseel ornatissimo generosissimo atq. variarum artium peritissimo viro : Dontino G. Heriot. Cette série, extraordinairement rare, est très appréciable à divers points de vue. Noc. Rousseel était d’origine llamande, de même que Goldschmid Jacobs et Georges Herriot, le fondateur du célèbre collège d’Edimbourg, lequel existe encore actuellement. D’autres productions encore de La Barre témoignent de ses rapports avec l’Angleterre, cpmme particulièrement le portrait de Louis de Richmond et Lenox, d’après Paul Van Somer. Cette gravure, datant de 1624, est un portrait en pied dont le personnage est revêtu de haut-dechausses. D’autres estampes, par exemple les n°" 44, 45, 47 et 48 des oeuvres par Me}"er ( voir ci-dessous), appartiennent manifestement à la même époque. Le n° 44, portant D. L. inv., est, sans aucun doute, d’après David Loggan.

Michel Natalis a gravé d’après J. de la « Baer » ; Vrai portrait de la dévote et très vertueuse sœur C.-M.-Fr. de Cusance, religieuse de l’ordre de la Visitation de Sainte-Marie, fondatrice du couvent de Champlet. Cette estampe in-folio représente la sœur (morte en 1640) en grandeur naturelle, revêtue du costume de l’ordre.

Meyer, Kunstlerlcx (avec ancien litt. et nomenclature des ccuvres). — A. von Wurzbach, Nicdcrl. Kunstlerlcx. — Henne et Wauters, Histoire de la inlle de Bruxelles, 1845, III, 269. — Sidney Colvin, Early Engraving and engravers. London, 1905. — Notes personnelles.

BAUDUYN ou BAULDUYN (Jean), tapissier à Bruxelles, travailla en 1547 pour Ferdinand de Gonzague, le gouverneur impérial de iNIilan. Cet artiste écrivit à ce dernier, le 2 août et le 2 septembre 1547, au sujet d’une majoration de salaire pour la sérié de gobelins Fructus Belli. C’étaient huit pièces exécutées d'après des estampes de Guilio Romano et elles se trouvent à Paris, au garde-meuble. Bauduyn n’est cité par aucun des auteurs qui se sont occupés de rhisiuirc de la I :nai'‘^eric ; nous le citons en vertu des deux lettres autogiaphes, qui ont été publiées à présent, et proviennent de collections anglaises que nous avons sous les 5'eux.

Archiva Starico dcll' Arte, II, 252.

BAUGNIET (Charles), peintre, dessinateur et graveur au trait, ne à Bruxelles en 1814, mort à Sèvres (France) en 1886. Élève de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles et du peintre Jos. Paeliuck, il fut d’abord employé au Ministère des Finances, sans négliger pourtant le cravon. Il se consacra principalement au portrait, bien qu’il v ait de lui des militaires et des titres de romances. Ses premiers essais lithographiques sont de 1827. Dès l’année 1833, L’ Artiste (belge) publiait de lui des portraits remarqués, parmi lesquels celui de Leys. A dater de cette époque, Baugniet put renoncer à ses fonctions bureaucratiques. En 1835 paraissait, conjointement avec Huard, le

Recueil de Portraits des Meuibres de la Chambre des Représentants ; l’année suivante, Les Artistes contemporains (trente grandes feuilles), parmi lesquels les principaux maîtres belges : Gallait, De Keyser, Madou, Siraonis, etc.; quelques étrangers : Horace Vernet, Paul Delaroche, Hippolyte Bellangé, etc. Mnt ensuite la Galerie des Musiciens du royaume de Belgique, vingt-six portraits, d’après nature. Les portraits du Roi, de la Reine et des jeunes princes, chaleureusement accueillis, valurent à leur auteur le titre officiel de dessinateur du Roi. Parti pour Londres en 1841, précédé de sa réputation, Baiiyniet y fut bientôt le dessinateur en vogue. Les plus hauts personnages furent ses modèles. Le prince consort,. les chefs des armées de terre et de mer, les hommes d’Etat, les dignitaires de l’Église, les littérateurs (Dickens plusieurs fois), les artistes, les phénomènes, les charlatans, se disputèrent l’honnenr de poser devant son crayon. L’ensemble de son œuvre (British hluseum et Bibliot’nèque royale de Bruxelles) est une véritable galerie des illustrations britanniques du temps. A Paris et à Bruxelles, jusqu’en 1860, Baugniet poursuivit une carrière de succès, à laquelle a mis fin l’avènement de la photographie. Il se voua alors à la peinture, à Londres d’abord, ensuite a Paris, oiiil suivit la représentation des élégances parisiennes sous l’Empire, à la suite de Florent Willems. Ses succès dans un certain milieu, et particulièrement auprès des marchands américains, furent considérables. Le Musée de Bruxelles possède de lui une peinture, La Visite à la Veuve, exposée en 18S1, ayant les qualités et les défauts de son auteur. Baugniet a fait aussi des aquarelles, précises autant que ses dessins, toujours un peu froids, mais très distingués, il a lithographié plusieurs fois son image. Le Musée de Bruxelles possède son portrait jeune, peint par Gallait.

Sources personnelles. — Histoire de la lithographie en Belgique, par H. Hymans. — Verviclfàltigendc Kiinst (Vienne).

BERCHMANS (Émile), peintre et dessinateur belge, né le 8 novembre 1867, à Liège, fils d’un ])eintre décorateur, dont il fut élève ainsi que de l'Académie de Liège.

Lui-inéme se voua par la suite à la peinture décorative de grand style, et créa, notamment, dans ce domaine, les fresques de plafonds dans les théâtres de Liège et de Yerviers, ainsi que dans la coupole de l’église de Saint-hlichel, à Aix-la-Chapelle. De ses tableaux de genre idyllique, le Musée de Liège possède la peinture à l’huile : Jeunesse, et la Galerie de Bruxelles, une grande aquarelle : Crépuscule.

Ra]q:ieh)us aussi ses affiches ]')leiires d’eftét, ses t^etites lithographies originales et quelques eaux-fortes originales. Comme illustrateur, il a contribué au journal ])criodi(pie Fai Plume, à la I\çvuc Caprice, fomlée par lui, et aux Contes pour l' Aimée de M. Sévilles; il a également signé des eaux-fortes.

('. Lcmonniei-, L’École belge de peinture, 1906, p. 214. — Des Ombiaux, Quatre artistes liégeois, I-inixelles, 1908.

BERCHEM {Hennequin VAN), sculpteur llamand, ne à Bruges en 1468.

De I.abordc, Les Ducs de Bourgogne, II, 341, vol. 111.

BECKERE (François DE), peintre, originaire de Bruxelles, inscrit en i6i6 à la Gilde de cette ville. Nous avons vu sous sa signature, avec la date de 1614, un Sai?it Thomas d’Aquin, dans un intérieur indiqué comme peint pour Jacob Le Vissé. Cette peinture, mesurant en largeur i^qS, eu hauteur i“i5, appartenait à un particulier de Bruxelles. Sur François De Beckere, nous n’avons aucun détail.

BECKER (Charles), peintre et graveur sur cuivre, travailla à Louvain dans la seconde moitié du XVIL' siècle. On possède de lui plusieurs blasons et cinq gravures pour un ouvrage sur la mécanique.

Meyer Kesleler, Biographie nationale de Belgique.

BECKER (Léon), peintre, aquarelliste et graveur à l’eau-forte, parfois Dero Becker, son père, marchand d’œuvres d’art, ayant porté ce nom de firme. Né à Bruxelles en 1826, élève de l’Académie de sa ville natale et de Navez, ])lus tard d’un atelier libre, où corrigeaient Gallait et Madou. Surtout connu comme aquarelliste. Les sujets traités par ce peintre sont variés : pa5"sages, vues de villes. Heurs, animaux, chiens et insectes, ces derniers humanisés à la manière de Granville. Becker a inséré une planche à l’eauforte dans la première édition de Y U viens lue gel, de Charles Jhecoster.

Il a été décoré de l’ordre de Léopold en 1897.

Il mourut le 27 janvier 1909.

Sources personnelles.

BELLIS (Hubert), peintre belge, né à Bruxelles en 1831, mort dans la même ville (Saint-Josse-ten-Noode) en 1902. Elève de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, sous Navez, il y remporta les prix de peinture et de dessin. Il fréquenta l’atelier du peintre Henri Decoene. Doué d'un pinceau facile, il fit des portraits estimables, se voua ensuite à la peinture décorative, puis, à partir de 1875, se ht connaître comme peintre de Heurs, d’accessoires et de natures mortes. Rien ne trahit dans ses œuvres le souvenir des débuts de l’artiste, ni son éducation première. Coloriste brillant et praticien vigoureux, il se classa dans son genre nouveau à la tète des représentants de sa catégorie.

La plupart des Musées de Belgique possèdent de ses reproductions. Celui de Bruxelles a de sa main une grande toile de chip^santhèmes. Bellis, au moment de sa mort, était chevalier de l’Ordre de Léopold depuis 1894.

Journal des Beaux-Arts, 1 877-1 8S4. — Chronique des Arts.

BERNARD (Adolphe), peintre de genre et de portraits, né à Garni le 7 septembre 1812. Elève de l’Académie des Arts (1830-1S32) et de Hanselaere, se rendit plus tard à Rome où, en .1835, il obtint le grand prix de peinture de l’Académie de San Luca. En 1838, il revint à Gand et se ht représenter à diverses expositions avec des tableaux de genre ; L Artiste en Italie; Le

Chasseur satisfait ; Scènes de brigandage^ etc. En 1844, il clôtura sa carrière artistique persouuelle et devint décorateur et verrier.

Notes personnelles.

BERNART (Pierquin), peintre flamand, originaire d’Ypres, travailla, en 1468, à Bruges, pour 30 sols par jour, à l’occasion du mariage de Charles le Téméraire.

De Laborde, Les Ducs de Bouraogne.

BERRÉ (Jean-Baptiste), peintre belge et sculpteur, né à Anvers le Il février 1777, mort à Paris en 1838. Il a, jusqu’en 1837, pris part aux Salons de Paris et dans la Notice des peintures et scuptures placées dans les appartements et dans les jardins du Palais de Compiègne (Paris, 1846). Berré, qui figurait là avec un tableau. Repos d’animaux, est cité comme étant nrort à Paris en 1838. Ce tableau avait du reste été exposé au Salon de 1834 et fut acheté pour le Musée du Luxembourg. Élève de l’Académie d’Anvers, il débuta là aussi au Salon de 1802 avec une Mater Dolorosa que suivirent d’autres tableaux en 1804 et 1807. En 1808, il se rendit à Paris, où il se voua tout à la peinture d’animaux, et eut même, depuis 1822, son habitation au Jardin des Plantes. Il peignit principalement des combats de tigres, lions, serpents; il n’introduisuit que rarement la figure humaine dans ses tableaux. Dans la Lionne romaine qu’il exposa en 1814, Romulus et Remus étaient de la main de M. Van Brée. Malgré le très pénible achèvement de ses œuvres, il parvint à exposer régulièrement au Salon où il obtint des médailles en 1810 et 1817 avec une Visite du duc et de la duchesse de Berrv et leur suite au Musée d’histoire naturelle, et, outre cela, à des expositions hollandaises et belges. Ses tableaux furent admis dans les plus imiiortantes collections de la Restauration ; La Fontaine, Luca, Marcotte, de Wailly. Delessert. Parfois il peignait sur des toiles vernies; un tableau de cette espèce était la Lionne avec ses petits, provenant d'une commande de l’impératrice Joséphine, et exposé en i8io. Une partie de ses œuvres se trouve notée dans le Dictionnaire des hommes de lettres, des savants et des artistes de la Belgique (Bruxelles, 1837). Dans (jiielques collections des Flandres, on trouve soigneusement exécutés des animaux en terra kotta (terre cuite) ou en bronze, avec la signature de Berré. f.e portrait lithographié de l’artiste parut de sou vivant dans la Collection de portraits d’ artistes modernes, de .l.-J. Eeckhout, publiés par Vanden Bruggraaf.

nia^ruphu uaiioualc. — (iabet Diction. — • Siret Diction. — Vanden Dranden.

BERRÉ (Florent), peintre de marine, né en 1821 à Anvers. Élève de l’Académie de cette ville et de Jacob Jacobs. Dès 1847, il exposa différents tableaux. Plus tard, il fit un vo5'age en Orient, dont le fruit apparut au Salon de Bruxelles, en 1854, dans le goût de ses vues du Bosphore, exécutées avec maîtrise. Après cette épotpie, il échangea l’art avec les affaires d’un agent de navires ;i Constantinople.

Archives Je l’ Académie J' Anvers. — .Sources particulières.

B ERSE LA! RE (Jean VAN), peintre d’Ypres (1468), cité parmi les artistes qui travaillèrent à Bruges aux entremets des festivités du mariage de Charles le Téméraire. Dans les archives de la « Lucas Gilde » à Bruges, se trouve cité aussi Jean de Baselayre ou Baselaere, fils de Jean, peintre décorateur qui, en 1488, obtint le droit de maître et depuis 1508 est le plus souvent président de la Gilde. En 1530, il admet encore un élève, aussi Jean Van Beselaere.

De Laborde, Les Ducs de Bourgogne. — Van den Casteele, Documc7its inédits de la Gilde de Saint-Luc à Bruges.

BERCKMANS (Ferdinand), architecte belge, né à Anvers le 3 du mois d’août 1803, mort dans cette même ville le i®'' octobre 1854. B étudia sous la direction des architectes Adam Eckens, L. Roelandt et F. Bouiia. En 1834, il fut nommé architecte de la province, et en 1841, professeur d’architecture à l’Académie des Beaux-Arts, dans sa ville natale, fonction qu’il a occupée jusqu’à sa mort. Des voyages d’étude dans une grande partie de l’Europe, avaient préparé l’artiste à son professorat dont l’importance est affirmée par les élèves qu’il a conduits à la maîtrise : F. Durlet (duquel sont les stalles du chœur de l’église de Notre-Dame à Anvers), P. -P. Stoop, Jos. Schadde (architecte de la nouvelle' Bourse à Anvers), P. Dens (Théâtre flamand à Anvers). Parmi les chefs-d’œuvre de Berckmans, on compte l’église de Borgerhout (Anvers), ravissante construction dans le style gothique postérieur, la chapelle du Sacré-Cœur dans la cathédrale d’Anvers, l’hôtel de ville gothique de Duft'el (province d’Anvers), la tour de Grobbendouck.

Balkens, Biographie des peintres flamands et hollandais. Gand, 1844. — Immerzell, Levejis en Werken, etc. — Renseignements particuliers.

BERGH (Adrien VAN DEN), graveur, sans doute Anversois, comme d’autres interprètes de Rubens du même nom, ayant vécu dans la seconde moitié du XVIF siècle. On connaît de cet artiste une estampe à l’eau-lbrte, largement traitée, représentant le Festin des dieux. Cette pièce, fort rare, et dont une épreuve appartient au Cabinet des Estampes de Vienne, trahit un peintre plutôt qu’un graveur protessionnel. Nous n’avons trouvé aucune trace d’Adrien Vanden Bergh dans les listes des graveurs anversois. (Voorlelom Schneevogt, Catalogue des estampes gravées d’après P. -P. Rubens, 1873, p. 120.)

V. Scheevogdt, Catalogue des estampes gravées d’après P.-P. Rubens.^ 1873.

BERGH (Nicolas VAN DEN), peintre et graveur flamand, né à Anvers (?) le 25 juin 1725, mort le 14 août 1774 dans cette même ville. Plus connu comme graveur que comme peintre. Van den Berg fut élève de Balthazar Brekey et de l’Académie d’Anvers, de laquelle il obtint un troisième prix en l'année 1745. Ses œuvres sont extrêmement rares, spécialement ses peintures, dont aucun musée de sa patrie ne montre un modèle. Comme

professeur, il jouit d'une certaine renommée. De nombreux élèves sont inscrits à son nom à la « Lucas Gilcle » à Anvers, dont le décennat fut en 1760, mais aucun d’eux ne s’est révélé comme artiste. Théodore De Bru5m et Franz Cruysmans (1752), Peter Peeters (1753), Johann Hennicsen ( 1754), F. -J. Mechelmans (1758), P\ De Sweerts (1771 ) sont seulement mentionnés. Les eaux-fortes que Van den Bergh fit d’après Rubens, et dont on en connaît six, ne sont pas sans valeur et rareté; son propre portrait, aux Offices de 1^'lorence, sous le nom : Nicolas Van den Brach, de Messine. L’étrange addition pourrait faire conclure à un séjour prolongé du ])eintre à Messine.

J. -B. \'an der Straelen, Jaerhouch des Gildc x>an S. Luc. — Rombouts et \ an Lerius, Les l^iggeren, etc. — Terbruggen et N’erachter, Histohc de la gravure d'Anvers. — Kramip. — Le Blanc. — Dutuit. — Voir Lc.xicon de Meyer, p. 609.

BERGH E (Auguste VAN DEN), peintre belge, né à Bruges le 13 octobre 1756, mort à Beauvais le ii avril 1836. D abord élève de l’Académie de sa ville natale, où il reçut l’enseignement de J. -A. Geremvn, il se rendit à Paris en 17S0, où enseignait alors son compatriote J. B. Suvée. Reçu à l’Académie royale, il remporta en 1782 le prix de dessin, et concoul ut en 1786 pour le grand prix avec un tableau : Koriolan dans sa famille. Ln filandre, où Van den Berghe revint en 1791, il exécuta plusieurs tableaux d’histoire ; Œdipe à Colons, la Mort d’Adonis et un Saint Antoine de Padone en extase devant l’enfant Jésus, que lui présente la Vierge (actuellement dans la chapelle du chœur de l’église Notre-Dame à Bruges). Son Œdipe accompagné de sa fille Antigone maudissant son fis Polyneikes (Musée de Gand), obtint le prix dans un concours ouvert en 1796 par l’Académie de Gand. Après ce succès, il devint professeur de dessin et de peinture à l’école centrale de Beauvais (France), et ouvrit, lorst[ue celle-ci cessa, un cours prive très suivi. J.e gouvernement français lui commanda en 1802 une reproduction allégorique de la J^aix d’Amiens et qui fut exécutée par la fabrication de tapisserie de Beauvais. Il a aussi peint des paysages. Le Salon de l’hôtel de l^osa}^ à l’aris, fut décoré de vues prises là par notre artiste. Au Salon de Paris, 1806, 1835, il a exposé principalement des portraits. Vers la fin de sa vie, il se désigna comme Vhin den Berghe ]ière, pour empêcher une confusion avec son fils Charles-Auguste.

Iniinerzeel, De Levens en Werken. — Balkeina, Biographie des peintres flamands et hollandais, (iand, 1844. — K. Neells. Histoire de la peinture et de la sculpture à ÎÏLalines. — t'atalogue des salons. — Voir arlicle H\'inans dans Le.vikon de Meyer, p. 612.

BERGHE (Caroline VAN DEN), ireintre belge, amateur. I^'leurs et Iruits. Bruxelles, 1794-1855.

Notes personnelles.

BERGHE (Charles-Auguste VAN DEN) (désigné souvent aussi du nom d’Auguste VAN DEN BERGHE), fils d’Augustin Van den Berghe, de Bruges. Né à Beauvais le 31 avril 1798, mort à Paris le 17 novembre 1853.

Peintre d’histoire et de portraits. Élève de Girodet, Gros et Guérin, à Rome, fut un peintre actif qui, depuis 1822, se fit représenter régulièrement au Salon de Paris. Les catalogues lui donnent souvent le simple prénom d’Auguste, tandis que son père se désignait alors Van den Berghe père. Bien qu’il se produisit dans beaucoup de genres, Van den Berghe fut cependant particulièrement portraitiste. En 1833, il obtint au Salon de Paris la deuxième médaille pour un portrait de Bertini, un Quentin Durward et un Louis XI Le Salon de 1839 lui valut la croix de la Légion d’honneur. Il avait exposé cette auuée-là une Tentation de saint Antoine, une Descente de Croix et une Madeleine repentante. Il peignit aussi les portraits de plusieurs personnalités éminentes, tels les généraux de Vaubois et Gérard, les musiciens Kontski et Bertini, le publiciste des Essarts, etc. Kramm cite, de Van den Berghe un tableau propagé par la gravure, Alice et Cora.

Bellier-Auvray, Dictionnaire général, II, p. 619. — Notice sur C.-A. Van den Berghe, peintre d’histoire, lue dans la séance du 19 juin 1854, par M. Danjou, in-8°. Beauvais, 1854. — Nouvelles Archives de l’ Art français, 1885.

B ERG H E ( Ignace-Jos VAN DEN ), graveur belge, né le 17 juillet 1752 à Anvers, où il fut inscrit comme maître dans la Gilde de Saint-Lne; du reste, un des derniers chez lesquels cette formalité fut distinguée. Il était élève de Philippe Keminck et de Francesco Bartolozzi, à Londres (1789-1800). Plus tard, il travailla à Paris et y mourut le 18 octobre 1824. 11 a principalement gravé eu pointillé (aussi en couleur), d’après Raphaël, Lucca Giordano, Ribera, Van D5mk et autres.

Dans Meyers Kunstlcrlcx, 111, p. 61 1, dix-huit numéros sont cités.

BERGH E (Jean VAN DEN ), nommé Nazareth. Illumiuator flamand de Bruges, est cité dès 1457 et plus tard. Il mourut au commencement de l’année 1469, car le iS janvier une somme de 6 gros est acquittée à l’occasion de ses funérailles. Un printsnijdere (d’après Van Even) s’établit en 1452 à Louvain.

Van Even, L' Ancie^ine École de Louvain. — Weale, Le Beffroi, IV, pp. 260-276.

BERGHE (Jean VAN DEN), illuminator flamand, se trouve inscrit comme tel en 1491, à Bruges.

Weale, Le Beffroi, IV, p. 321.

BERLANT (Jacques), peintre belge, né à Bruges en 1768, mort dans cette même ville en 1845. Peintre de pa^’^sages archaïques avec figures drapées à l’antique, ainsi que poète dramatique. D’après Piron, Berlant serait mort dans sa cinquantième année.

Piron, Algcnicene levensbcschrijving der 7iamc7i e7i vrouwc7i va7i Belgic (1860). — L. Van Petëghem, Levc7isschetzc7i va7i hede7idaagschc Ku7istoefc7iare7i, 1881.

BERNAERDT (Pierre-L.), peintre flamand, dont des tableaux se trouvent dans les églises de Bruges. Une Trinité, à Notre-Dame, signée P.-L. Bernaerdt avec la date 1660. A Saint-Jacques, une Vierge priant pour les âmes dit purgatoire, signée de même et datée 1674. Il n’est pas connu d'autre œuvre de ce peintre qui probablement était natif de Bruges, sous le nom de Bernaerdt.

Weale, Bruges et ses environs, pp. 124-151. — Siret, Dictionnaire, p. 91.

BERNAERTS (Nicaise), peintre flamand, né à Anvers en 1620, mort à Paris le 6 septembre 1678. A 14 ans, il devint élève de Frans Snyders et fut cité comme tel dans les « Liggeren » de la Gilde d’Anvers. Après son apprentissage achevé sans cependant avoir atteint la maîtrise, il vo)"agea en Italie, et se fixa ensuite en France. En 1643, il se trouvait à Paris où il comptait parmi les peintres flamands les plus considérés. Malgré cela, il retourna, après quelques années, dans sa patrie, et fut admis comme maître dans la « Lucas Gilde » le 12 février 1654. Son séjour en Flandre ne fut cependant que passager; déjà en 1663 nous le retrouvons à Paris, admis le 27 octobre comme membre de l’Académie, avec un tableau de fleurs et fruits (d’après Charles Blanc), où il figure, ainsi que le Catalogue du Louvre le prétend, avec un Joseph Kettschen. En France, finalement connu sous le nom de Nicaise, il se distingua particulièrement par ses peintures d’animaux. Lorsqu’en l’année 1667, la fabrique des Gobelins fut placée sous la direction de Le Brun, Nicaise y fut attaché comme peintre d’animaux, et il fit à peu près toutes les tapisseries représentant des animaux qui, sous Le Brun, quittèrent l’atelier royal. François Desportes, le célèbre peintre d’animaux, était élève de Nicaise, vers la fin de sa carrière. A sa mort, l’artiste se trouva dans une grande pauvreté et déjà près de l’oubli. Ses œuvres ne sont pas nombreuses et sont probablement souvent confondues avec celles d’autres maîtres du même genre. Il fut un brillant coloriste, et très habile dans ses sujets. Le Louvre, à Paris, possède de lui deux tableaux : Oiseait.xet Quadrupèdes ; le Musée de Rouen : Des animaux dans un paysage, et le Musée de Dijon, un tableau avec deux lièvres, un canard, un faisan et d’autres gibiers. Eu 1845, se trouva dans les enchères du cardinal Fesch, un médaillon de lui peint en grisaille et entouré de fleurs et de fruits. Il existe d’après lui deux gravures anonymes se faisant pendant, jnibliées par Basan : Un combat entre chien et chat (le bien venu mais mal reçu) et le Furet ait pillage.

Vanden Branden. — Max Rooses. — Ch. Blanc. — Cuilïrey.

BERNAERTS (Henri), peintre belge, né à Malines le 24 octobre 1768, élève de l’Acadcmie de sa ville natale et de Louis Suetens. Il fut nommé professeur en 1825. Son domaine d’art était les portraits et les tableaux d'histoire : Saint Martin ; Kimon von Perv ; Marie, V enfant Jésus et sainte Anne; Le Christ en Croi.x (1818); La Cène (1825); Saint François (1825); Fête champêtre (1827); Théâtre de Pompéi ; Triomphe de David (1834); etc.

L’église de Hoevenea, à Willebroeck (province d’Anvers), possède de lui une Nativité du Christ. Il existe aussi de lui un portrait du cardinal de Franckenberg, archevêque de Malines. Bernaerts mourut à Malines le 21 janvier 1849.

Diclio?inairc des hommes de lettres et savants de la Belgique, Bruxelles, 1837. — Notes personnelles.

BERNAERTS (Jean-Baptiste), nommé BERNARD, sculpteur belge, né à Anvers le 26 septembre 1830, mort à Paris le 25 février 1874. Elève de l’Académie d’Anvers, actif à Paris depuis 1851. On cite parmi ses œuvres : La Femme du pêcheur (groupe en marbre); Le Dévicheur de ?iids (statue en marbre), 1857; La Charmeuse (statue en marbre), 1871. Bernaerts a fait aussi des portraits et des peintures de pa^^sages.

Lefébure, Jour7ial des heau.v-arts, 1874. — Ed. Marchai, La sculpture belge, 1SQ5. — Nouvelles archives de l'art français, 1897.

BERNAERTS (Joseph- Hubert), fils d'Henri BERNAERTS, peintre de genre, né à Malines le 28 décembre 1812, mort dans cette même ville en 1885. Dès 1829, il fit des envois aux expositions belges, mais se voua finalement tout à fait à la restauration des tableaux, où il se fit un nom respectable.

Voir l’article H. Hymaiib dans le Le.viko7i de Meyer.

BERNARD (Paul), peintre, né à Gand le 8 mars 1737, mort dans la même ville le 15 janvier 1820. C)n ne possède sur les débuts de cet artiste aucun renseignement précis. En 1763, on le trouve à La Haye, où il acquitte le droit de maîtrise à la Gilde des peintres, le 5 février. Les sources locales nous le montrent de retour à Gand, au bout de peu d’années. Dès l’année 1771, le Nieimen Almanach renseigne deux de ses peintures aux Dominicains ; Le Crucifiement et La Résurrection. Le Wegzvvzer le mentionne pour la première fois en 1778. Abordant les genres les plus divers : paysages, portraits, composition religieuse ou profane et jusqu’aux petites scènes de genre, il participe à tous les Salons jusqu’en 1817. Le nombre et la variété de ses envois y sont infinis. En 1796, par exemple, il fait figurer au Salon de Gand : Vénus et Adonis; Le meunier, son fils et l'âne; Judith et Holopherne, plus une figure académique au crayon rouge. En 1806, c’est un Paysage, Hérode et sa femme Marianne, d’après le tableau de Rubens, de même grandeur, de la collection dudit Paul, toile en hauteur : 48 pouces sur 21. Outre cela, \ Intérieur d'un appartement avec une famille anglaise et la Naissance du. Christ. Ce que sont devenues toutes ces peintures, nous l’ignorons. Le Musée de Gand, depuis peu d’années, possède un portrait de Paul Bernard, par lui-même, don d’un membre de la famille. C’est très probablement la peinture qui figura au Salon de 1814; elle est d’un mérite incontestable et révèle un praticien habile, un coloriste, enfin un homme de goût. Mourut célibataire.

BERNARD (Louis-Pa ul), un frère aîné de Bernard; Lonis-Paul fut peintre également. Né à Gand le lo décembre 1733, il y mourut en 1817. Au Salon de 1792 figuraient, sous sa signature, à l’exposition : Le Christ et la Samaritaine, d’après Bourdon; un portrait; L' Adoration des Bergers, d’après Gonzalès Coques. Au salon de 1810 : un Paysage, Œdipe à Colone, Vénus couronnée de fleurs. Nous n’avons rencontré aucune peinture de cet artiste.

Obreen, Archief i>oor Ncderlandsche kunslgeschiedenes, t. IV'', p. 142; t. V, p. 160. — Archives de l’état civil de Gand (communications de M. l’archiviste Victor Vander Haeghen).

BERT (Émile), paysagiste, ne à Grammont le 5 mai 1814, mort à Gand le 21 décembre 1847. Elève de Du Corron et de J. -B. de Jonghe. Depuis 1845, il exposa dans sa patrie beaucoup de paysages, principalement des vues des environs de Grammont. Il a aussi gravé à l’eau-forte un petit nombre de pa}’sages.

Journal des beau.v-arts, 1867, — Hippert et Linnig.

BERTELS (Jean-Baptiste), sculpteur tlamaud, né à Anvers en 1760, mort à Bruxelles le 17 juin 1834. De 1775 à 1784, il fut élève de l’Académie d’Anvers, et plus tard de Bruxelles où il prit part aux expositions. Il travailla le bois, l’ivoire et la cire, et exécuta principalement des statuettes et des objets d’art industriels.

BERTERHAIVl (Jean-Baptiste), graveur sur cuivre et illustrateur belge, qui travailla à la fin du XVI E siècle et au commencement du XVIIE. Ses feuilles représentent pour la plupart des événements du temps, des festivités et des portraits et portent, en lègle générale, des signatures étrangères. Il se servait avec autant de talent de la pointe que du burin.

Meyers Kinistlcrlcx, III.

BERTIN (Jules), sculpteur belge, né le i^' août 1826, à Saint-Denis, près de Paris, comme fils d’un officier de l’armée belge; il y est mort le • 9 mars 1802. De 1842 à 1S48, il fréquenta l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers, s’établit ensuite à Liège et prit part un peu après à la restauration de l’église Notre-Dame à Tongres. Dans cette dernière ville, il érigea, en t866, le monument d’Ambiorix stimulant ses troupes au combat et piétinant les aigles romaines. Le socle représente un dolmen, et la barrière qui entoure le monument est composée d’armes romaines et gauloises. Pour une place imblique de Saint-Denis, il refit nne même statue pour représenter Vercingétorix. Peu après, Bertin se rendit à Paris d’où il envoya, en 1880, une statue en bronze, Deuil de l’Alsace, au Salon de Bruxelles. La Belgique illustrée reproduit, page 45S, une gravure exécutée d’après la statue d’Ambiorix.

Fait chevalier de l’ordre de Lé(vpold en 1860. Il exposa à Bruxelles, en 1880, une statue en bronze, et en i88r, Andromède.

Noies personnelles.

BESCHEY (Balthazar), peintre anversois, baptisé à l’église Saint- Jacques le 20 novembre 1708, mort à Anvers le 15 avril 1776. Fils d’un peintre et le plus connu des cinq fils qui s’adonnèrent tous à la peinture. Comme maître Beschey, qui faisait également le commerce d’art, exécuta des paysages avec de petits personnages dans le goût des Breughel, des peintures historiques et des portraits. L’école anversoise, qui déclinait déjà à cette époque, le compte parmi ses principaux représentants, et elle le nomma en même temps professeur et directeur de son académie, ainsi que doyen de la Gilde de Saint-Imc. Ce n’est qu’en 1753 que la Gilde l’inscrit parmi les maîtres, à une époque où il avait déjà fourni une série importante d’œuvres aux galeries et églises de sa ville natale. Le Musée dAnvers possède son portrait iusqu’à mi-corps, avec palette et pinceaux dans les mains, peint par lui-même en 1763 pour l’Académie. B possède également deux tableaux du Couvent des Sœurs noires : Joseph vendu par ses frères et Joseph comme intendant d’Egvpte (1744). Eu égard au profond déclin de l’école, ces tableaux ne sont pas sans mérite. Un portrait-pastel du peintre Martin- Joseph Geeraerts, à l’Académie, dénote sans aucun doute un artiste plein de talent. L’église Saint-Jacques d’Anvers ]»c:)ssède un portrait de l’évêque Werbrouck. La réception dn Hoofdman de la Gilde Saint-Luc par le doyen est son chef-d’œuvre du genre portrait. Ce tableau est daté de 1756, il mesure 5 '/2 mètres et se trouve dans une collection privée à Anvers. L’Jdôtel de ville de Imuvain possède de Beschey : Moïse et le buisson ardent, Le Passage de la mer Rouge, les éléments et divers chérubins comme représentants des races de la ville brabançonne. Au I.ouvre se trouve un portrait de famille ( 1751J; à Schleissheim, Salomon et la reine de Saba (dans la manière de 14ubens). D’autre part, différents de ses tableaux se trouvent aux Galeries de Manheim. Wurzbourg, Dessau, Potsdam et Liechtenstein à Vûenne.

Beschey est connu dans le commerce des tableaux sous le nom de Bisca}^, principalement pour copies d’après J^ubens, peintes pour la plupart sur cuivre.

Catalogue du Musée d’Anvers. — Van den Branden. — Hiographie nationale. — Max Rooses. — A.-V. Wurzbach.

BESCHEY ( Jacques-Andries) , peintre, né à Anvers, frère de Balthazar Besche^q reçu en 1727 comme maître à la Gilde de Saint-Luc d’Anvers. En 1766, il devint do5mn; mort célibataire le 28 février 1786, à Anvers. De même que son frère aîné, il n’exécute qu’avec peu de succès la peinture historique, lepa5"sage et la nature morte, et, comme lui, a été marchand d’art. De ses œuvres se trouvent aux Galeries de Schwerin : Sainte Lamille avec Anges (1751) ; Darmstadt, Sainte Lamille ; Dessau, Amalienstift (plusieurs tableaux).

Voir la notice de M. Hymans dans le Lexikon de Meyer. — V'an den Branden.

BESELAER (Dominique VAN), peintre, né à Anvers le 13 juin 1637, il y décède le 16 octobre 1693. Depuis 1657, il est élève de Gillis Backereel. A partir de 1658, il semble avoir séjourné un certain temps à l’étranger, un

passe-port lui ayant été accordé le i6 juillet de cette année et n’étant porté comme maître à la Gilde de Saint-Luc d’Anvers qu’en 1675. Son nom et ses œuvres étaient dans l’oubli, et l’on ne connaît de lui que deux peintures : l’une au couvent des Sœurs noires d’Anvers, Saint-Aug-ustm dictant a deux sœurs les règles de son ordre, datée du 27 mai 1687; l’autre à l’église de Hoboken lez-Anvers, représente La ('ène dans un ordre de moines, sans date, mais la signature « Capitayn Van Beselaer » le reporte au mois d’août de l’année 1676, époque à laquelle il fut chargé du commandement d’une compagnie bourgeoise.

Van den Branden.

BESELAERE (Jean VAN), sculpteur, né en 1510, à Ypres, où il livra divers travaux pour la salle des éclievins de la Halle aux Draps, entre autres une statue de la Vierge qui orne encore actuellement la voûte principale de la salle précitée. On ne sait pas s’il existe des rapports quelconques entre Jean Van Beselaere et Jean Van Berselaire (voir ce dernier) qui, originaire

également d’Ypres, est cité en 1468 comme peintre à Bruges.

Van den Peereboom, Ypriana. Brugge, 1879, II. — - .Marchai. La Sculpture^ etc.

Bruxelles, 1895.

BEUCKELAER (Joachim), né à Anvers vers 1533 et un des meilleurs peintres belges de natures mortes, d’intérieurs de cuisine et de peintures de mœurs. Il fut reçu à la Gilde de Saint-Luc d’Anvers en 1560. Le motif de son admission plutôt tardive doit être cherché dans le fait qu’il travaillait eu grande partie à la journée pour des commandes de seconde main. On lui payait de i florin à i florin par jour, et pour 5 ou 6 livres on pouvait obtenir un beau et grand tableau. Vanden Brandeu raconte qu’inimédiatement après sa mort, le prix de ses œuvres se décupla. Ce fut surtout à Pierre Aertsen qui, par son mariage avec Catherine Beuckelaer en 1542, devint son oncle, qu’il dut son talent. Vau Mander l’affirme, et au surplus, le procédé des deux maîtres, le choix de leurs sujets et leur conception de la nature dénotent une grande analogie. Si Beuckelaer a même passé une partie considérable de son temps sur les travaux d’autrui, il a néanmoins laissé des œuvres dont le nombre est ])eut-etre réduit, mais sultit toutefois pour immortaliser son nom. Le tableau de Beuckelaer, daté de 1567, les Evangélistes , à la Galerie de Dresde, malgré de réelles qualités de peinture, ne (leut être comparé aux natures mortes de Beuckelaer qui le montrent dans toute la force de son art, comme par exemple un tableau de cuisine, eu grandeur naturelle, au Musée de Xaples. Van Mander loue également son talent de façon sous-entendue, en citant le nom de Beuckelaer à propos de Antonis Mors, dont il dut exécuter les draperies et d’autres accessoires pour des portraits. D’ain'ès Van Mandei', il aurait également peint des paysages pour Cornélis Van Dalem, un éleve de B. Spranger à Anvers. Beuckelaer aflectionnait de mêler le sacré et le profane à la façon de Breughel le vieux. Stockholm, Schleissheim et Nuremberg, entre autres, possèdent de lui des

scènes de marchés qui, à l’avant-plan, montrent des gens du pays occupés à marchander, tandis que l’arrière-plan est occupé par des faits bibliques, tels que : Le Christel V Adultère, Le Christ devant Pilate, Ecce homo, I^e Chemin de la Croix. Ecce homo qA avant tout le sujet de prédilection du maître. Des quatre tableaux les plus connus, deux, datés de 1565 et 1570, se trouvent au Musée de Stockholm. Une Entrée du Christ a Jérusalem , peinte par Beuckelaer pour l’église principale d’Anvers, a été détruite au cours de la révolution du XVU siècle. Une Famille de sainte Anne, citée par Van Mander, est également disparue. La date la plus ancienne des tableaux de Beuckelaer ne tombe pas avant 1561. Ecce homo, à Schleissheim, le plus récent, date de 1575; Le Christ guérissant les malades, à l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, L’année 1597 qui, d’après Partleg {Deutscher Bilder Saal, I, 115), figurerait sur un tableau de la Galerie Hemmerlein à Bamberg, ne peut être prise en considération, car Van Mander affirme que l’artiste est mort, à peine âgé de 40 ans, pendant la dernière époque du séjour du duc d’Albe dans les Pa}’'s- Bas, c’est-à-dire au moment où il travaillait pour Vitelli, le commandant des armées espagnoles, lequel mourut lui-même en 1576. Ce qui est certain, c’est que Beuckelaer admit à Anvers un élève dit nom de Jacques Comperis en 1573. Au surplus, ces dates concordent absolument avec la période de quatorze ans, au cours de laquelle nous rencontrons des œuvres de sa main. Récemment on a de nouveau identifié d’une façon certaine quelques œuvres de Beuckelaer, entre autres une Sainte Famille dans la collection viennoise de Ad. Homme (voir Th. Van Frimmel), en possession de MM. Van Hardenberg et Gust. Andenmühlen (notice du W. Cohen).

Van Mander, Le Livre des pchitrcs. Edition française de H. Hymans, I, 328. — Van den Branden. — Max Rooses. — Les peintres anversois — Woltinann. — Woennann. — Wurzbach. — ■ Gazette des beau.v-arts, 1899, I. — Sievers. — P. Aertsen. — Halle, 1906.

BEUCKELAER (Aüpe VAN), moine augustin à Anvers, où il travailla à la fin du XVIIF siècle comme sculpteur et aurait, parait-il, orné le réfectoire de son couvent de sculptures sur bois.

Biographie nationale. — Marchai, La sculpture au.v Pays-Bas.

BEUCKELAER (Joachim). Le tableau des Quatre Évangélistes, c\ié par Van Mander (t. Pq p. 330) comme appartenant à Hans Verlaen, à Harlem, a été dans ces derniers temps retrouvé parmi les anonymes à la Galerie de Dresde, n° 119 du catalogue de 1880. C’est M. Max Lehrs, conservateur du Cabinet royal d’Estampes à Dresde, qui a relevé le monogramme de Beuckelaer sur cette création vraiment très remarquable et dont les figures sont de grandeur naturelle.

Voir Karl Woermann, Geschichte der Malerei, t. 111, p. 65. Leipzig, 1884 (avec reproduction du tableau).

BEVEREN (Charies VAN), peintre de genre belge, né à Malines le 7 avril 1809, mort à Amsterdam le 16 septembre 1850. B fréquenta tout

d’abord l’Académie de sa ville natale, où il remporta le premier prix en 1827, puis plus tard l’Académie royale d’Anvers. Déjà émigré en Hollande en 1830, il y lixa son séjour. Après un voyage en Italie, il devint membre de l’Académie d’Amsterdam et de l’Institut des Pa}"s-Bas. Son chef-d’œuvre, La Mort d’Antoine l’Ermite, se trouve à l’église Moïse et Aaron d'Amsterdam. Malgré que Beveren ait laissé des portraits, son domaine propre était la représentation de monuments et d’intérieurs à l’exemple de son compatriote Verloet. La Galerie de Munich possède un tableau d’une exécution soignée : La Cojifession d’une jeune fille malade (1844); la collection de tableaux de de Stuttgart : Un Oriental, en mi-grandeur; le Musée de Malines, une Vue d'une porte de la ville d’ Aerschot ( 1828) et une Vue de la porte de Louvain à Malines. Il envoya à l’exposition de Bruxelles de 1830, quatre tableaux : un portrait, un Marodeur avec des enfants. Une jeune Jille qui visite Malines, et un Ouragan. Ses œuvres, très achevées et très prisées de sorr vivant en Hollande, ne se rtmcontrent que rarement en Belgique, mais plus souvent en Hollande; par exemple au Musée Fodor à Anrsterdam.

Uioo7-aphie nationale de Belgique. — Immerzeel. — Kramm Catalogue.

BEVEREN (A.)) hls du suivant (voir dans le Dictionnaire de Thieme et Becker), a publie à .Audenarde une série de vues de sa ville natale.

BEVEREN (Mathieu VAN), sculpteur iiamand, né à Anvers vers 1630, mort a Bruxelles le 24 levrier 1690, élève de Pierre Verbruggen l’aîné, est admis en 1650, comme maître, à la Gilde Saint-Luc d’Anvers. A Bruxelles, Anvers, Gand, Dendermonde et Malines, se trouvent des œuvres de cet artiste qui savait travailler aussi bien l'ivoire que la jtierre ou le bois. L’église Saint Jacques d’Anvers possède de lui un mausolée de Gaspard Boest, une œuvre très importante qui est ornée d’une Mater Dolorosa et deux anges taillés dans le marbre. Pour l’église des hrères intérieurs, qui lut détruite ]ilus tard, Vair Beveren avait lourni une chaire en bois avec un grand saint François qui reçoit les stignrates, et pour l’abbaye de Saint- Michel, également détruite, un saint Mathieu en marbre qui ornait la tombe de Jean \kinden Broeck. A l’église Notre-Dame du Sablon, à Bruxelles, se trouve de lui, la belle tombe de Claude Lamoral de iour et Iaxis, avec les ligures allégoriques de la Force et du Feinps. Malgré que Descamps attribue cette œin re à Grujiello et \kin Mensart a Cosjms, elle est sans aucun doute due il \kin BeA'eren. Le Musée de Bruxelles conservait 1 ébauche revêtue de son nom. Fncorc de lui, une clniire (le schisme vaincu) de 1661, à 1 église Notre-Dame de Dendermoirde, les Evangélistes, exécutés en 1665, et à Saint- Nicolas do Gand, le maitre autel, un chel-d’œuvre. 1) autre part, de nornbreu.x crucilix en i^'oire lui sont attribués, ainsi qu a Du (juesnoy ; en icalité, je n’en cramais aucun qui porterait avec certitude son nom. L église Notie- Dame du Sablon possédait de lui une œuvre de genre; elle est toutefois

disparue. Van Beveren reçut à Anvers le titre de « Garde ou Waraden de la Monnaie », qu’il conserva jusqu’à sa mort.

Biographie 7iatio7iale. — P. Baert. — Ed. Marchai. — A. Bk)mme, Archéologie d’Aiivers. — H. Hymans, Catalogue des sculptures du Musée royal de Bruxelles, 1908.

BEUGHEM (Charles-Ferdinand-Joseph, vicomte DE), paysagiste belge, né à Bruxelles le 27 mai 1828, mort au château Steenhault (Brabant) le 21 septembre 1882. A partir de 1854, il ligure à la plupart des Salons belges avec des œuvres qui se distinguent par un heureux choix de sujets et une grande finesse d’exécution. B choisissait de préférence des motifs des Alpes, des P}n‘énées et des Ardennes, et a toutefois peint également, à côté de ceux-là, des vues de sou pays natal et des mannes. C’était un coloriste réputé et semble s’être laissé influencer dans ses effets de lumière par les œuvres de Cal âmes et Achenbach.

BEYAERT (Henri-Joseph-François), né le 29 iuillet 1823, àCouiarai, où il commença également ses études à l’Académie; mort à Bruxelles le 22 janvier 1894. A l’âge de 19 ans, il vint à Bruxelles, où il étudia sous la direction de l’architecte Félix Janlet, et y fréquenta l’Académie dont il devint lauréat. Au cours des septantième et quatre-vingtième années du XIX® siècle, il joua un rôle prédominant dans le mouvement architectural de Belgique. Il débuta en 1851 par la construction du premier Kursaal d’Ostende. Il fut un des premiers à remettre le style Louis XVI en honneur en l’appliquant dans la construction de plusieurs façades de la capitale et entre autres à la Banque Nationale de Bruxelles, érigée de 1860 à 1865 eu communauté avec Winand Janssens. Au sujet de cette dernière construction, il y a lieu de faire renrarquer tout particulièrement le goût et l’exécution décorative. En 1866 on érigea, à Bruxelles, d’après ses plans, une fontaine monumentale eu l’honneur du bourgmestre Charles de Brouckère. De 1860 à 1870, il dirigea la construction de la Porte de Hal à Bruxelles et orna cette construction moyenâgeuse d’un magnifique escalier tournant. De 1870 à 1881, il érigea l’église de Jambes (province de Namur). En 1876, il remporta le prix de 20,000 francs alloué par la ville de Bruxelles pour la plus belle façade du nouveau boulevard Anspach, en adaptant d’une façon heureuse les formes de la renaissance flamande aux travaux modernes. 1879 lui apporte un succès marqué avec la construction du bâtiment de la gare de Tournai, dont les tuiles en rapport avec la pierre de construction bleue du pays ainsi que les pavillons dans le goût de Vredemau De Vries, sont d’un bon eftèt. Presque en même temps, il acheva la Banque Nationale d’Anvers, en renaissance française, avec clocher et lanterne. En 1881, il exécuta le square de la place du Petit-Sablon à Bruxelles, avec rampes dans le style du XVF siècle et des colonnes ornées de statues. De 1884 à 1887, il dirigea, après un grand incendie, la restauration du Palais de la Nation, et érigea également les bâtiments du Ministère des Chemins de fei' et de la Marine.

Parmi les nombreux châteaux érigés par Beyaert, il 5^ a lieu de citer celui de Faulx (province de Namur), dans le st}de du XVIIF siècle.

Comme élève de Beyaert, il y a lieu de nommer E. Janlet, le fils de son ancien maître et un des architectes belges les plus en renom.

W- Beebeck Les reproductions les plus récentes dans le donaine de l' architecture en Belgique, avec illustrations. — L' Emulatioji, journal d’architecture, 1894.

BIE (Érasme DE), peintre, né à Anvers et baptisé le 20 décembre 1629 dans l’église Sainte-Walburge, était fils d’un peintre : François de Bie. Elève de David Ryckaert, troisième du nom, en 1641, il fut admis franc-maître de la Gilde de Saint-Luc eu 1646.

Tour à tour peintre de sujets religieux et de sujets de genre, paysages d’animaux, Erasme de Bie, quoique peintre secondaire, a laissé pourtant quelques œuvres intéressantes comme souvenirs des mœurs et de la physionomie de son époque. C’est ainsi que dans la collection Van der Straelen et ^Tn Lerius, vendue à Anvers au mois de février 1885, figuraient quatre œuvres de leur pinceau, représentant la Place de Meir à Anvers, en hiver et en été, avec de nombreux personnages et des carrosses. Ces œuvres, qui témoignent d’une certaine facilité d’exécution, se distinguaient par un coloris agréable, mais en réalité n’allaient pas au delà d’un rang très secondaire. Dans d'autres collections belges, on trouve des kermesses villageoises inspirées de Teniers, des vues d’Anvers et des environs; l’une, une fête sur l’Escaut gelé, porte la date de 1670, est citée par Vanden Branden, paysage effet d’hiver. Musée d’Ypres. A la vente Augustin de Steenhault (Bruxelles 1758), il y avait de lui un Intérieur de cuisine avec figures. Dans l’inventaire après- décès, des tableaux délaissés en 1671 par le père d’Erasme de Bie, figurait une Tentation de saint Antoine par notre artiste et deux tableaux d’animaux.

On conserve de lui, au couvent des Dominicains à Gand, un épisode de la vie de Saint Thomas d’ Aquin.

Erasme de Bie mourut à Anvers en 1675, laissant deux fils également peintres, François et J. de Bie. Le premier est inscrit comme élève de son père à la Gilde de Saint-Luc en 1666-1667.

J. Van den Biandeii, Scliildc?iis des Antioerpschc Scliilderscltool, pp. 1028-1029. — Max Rooses, 660. — Siret, Dictionnaire des peintres.

BIE (Adrien DE), peintre flamand, né à Lierre (province d’Anvers) le 3 octobre 1593. Élève d’un artiste médiocre, du nom de Walter Abto, de Bie, âgé de 18 ans, se rendit alors à Paris, y travailla sou^ la direction de l\.odol])he Schoof, un Flamand qui fut ])eintre de Louis XllI, et passa en Italie. Son séjour k Rome sc prolongea huit années, qui furent suivies d’une année encore, consacrée â la visite des autres villes de la Péninsule italique. D’après Corneille de Bie, l’auteur du Guiden Cabinet, et fils du peintre, Adrien de Bie excellait â peindre sur des métaux précieux, sur le marbre et le jas])e, et se fit dans ce genre une véritable réputation auprès de la société romaine.

De retour à Lierre en 1623, le peintre 3' cultiva de préférence le portrait

et le genre religieux. L’église de Saint-Goniaire à Lierre possède de lui un tript}’'que de Samt Eloi, patron des forgerons, œuvre datée de 1626, et qui décèle de bonnes études. Ce fut dans la même église de Saint-Gomaire que de Bie se maria le 7 mai 1626, et qu’il eut sa sépulture devant l’autel de Sainte-Lucie. L’épitaphe mérite d’être transcrite, car elle fixe la date du décès du peintre deuxième. Nous n’avons pu la rencontrer dans aucun auteur. Nous faisons observer que, si en réalité le peintre avait un an de plus que ne lui donne son épitaphe, la date de sa naissance n’en est pas moins correcte, car elle procède des registres de Lierre.

Hier liggen begraven M. Adrien de Bie Schilder.

Sterpt 20 octobre 1668 oudt 74 jaren.

Jof® Clara van Bortel Syn huysvrouw sterft ii Octobre 1665 oudt 63 jaren.

Cette inscription est suivie d’un poème flamand à la louange de l’artiste et où il est dit que son tableau de Samt Éloi lui assure l’immortalité. Le Musée de Darmstadt possède d’Adrien de Bie un portrait de femme de grandeur presque naturelle daté de 1652. B nous a été impossible de retrouver le Couronnement d’épines qui, d’après le catalogue du Musée de Bruxelles de 1809, figurait dans cette galerie et qui n’y figuie plus à dater de 1822. Cette œuvre a-t-elle passé dans une église ou été vendue? Nous n’avons pu le déterminer. Le portrait d’Adrien de Bie, gravé par Lucas Vostermau le fils d’après une peinture de Pierre Meert, est inséré dans le Gulden Cabinet, page 231.

Corn. De Bie, Hct Gulden Cabinet. — Campo Weyennan, Lcvens heschrijvingc?i der Nedcrlandsche Kunstschilders, etc. — Sources particulières.

BIEFVE (Jean-François-Edmond DE), peintre belge, né à Bruxelles le 4 décembre 1808, — non pas en 1807, 1809 ou 1810, comme on le trouve dans diftérents dictionnaires biographiques, — mort à Bruxelles le 7 février 1882. D’abord élève de l’Académie des Beaux-Arts de sa ville natale, de Biefve passe ensuite deux ans (1828-1830) dans l’atelier du peintre Jos. Paelinck, alors le plus fréquenté de la capitale. Dès l’année 1828, il faisait figurer à l’Exposition d’Anvers, Télémaque et Eucharis à la chasse, et à l’Exposition de Bruxelles de 1830 un Masaniello. De 1831 à 1841, de Biefve séjourna à Paris où il fut élève de David d’Angers et d’où il envoya à diverses reprises des œuvres aux expositions belges. En 1834, il fit même à Bruxelles, dans la chapelle de Salazar, une exhibition particulière de ses travaux : une Flagellation du Christ, un Chevalier Jlamatid et une Jeune Fille, et son propre portrait. En 1836, au Salon de Bruxelles, parut un Ugolin et ses fils dans la Tour de la faim. Ce tableau que le peintre fut obligé de repeindre totalement avant de l’exposer, à la suite d’avaries survenues eu route, lui valut la médaille d’argent. Il fut gravé à l’eau-forte par Coomans pour le

compte rendu d’Alvin. Bientôt le Gouvernement belge faisait à De Biefve la commande du Compromis des Nobles, destiné à être son œuvre capitale. D’abord exposé au Salon de Gand, cette immense page historique qui est datée de Paris, 1841, méritait d’être considérée comme une réalisation des plus curieuses, et malgré le voisinage de V Abdication de Char les- Quint, par Gallait, — les deux œuvres sont réunies au Musée de Bruxelles, — frappe encore par ses qualités sérieuses d’expression et l’étude du modèle.

Le Conseil provincial du Brabant fît hommage à l’auteur d’une médaille d’or à son effigie, et, dans sa séance du 13 septembre 1841, le Conseil communal de Bruxelles vota au peintre, en témoignage de son admiration, un vase de vermeil qui fut remis solennellement dans la séance du 18 novembre 1841. Ce vase porte l’inscription : La Ville de Bruxelles à Edmond De Biefve, jj septembre iS^i. On y reproduit la médaille des Gueux, et, dans le trophée d’attributs de peintre qui surmonte la coupe, on introduisit une palette avec les mots : Compromis des Nobles.

Le Compromis des Nobles, successivement exposé dans presque toutes les villes d’Allemagne, conjointement avec V Abdication de Charles-Quint, de Gallait, porta au loin la réputation de son auteur. Il existe de ce tableau une grande estampe par Desvachez et une réduction qui, de la collection Wagener, a passé au Musée ro)'al de Berlin. Cette réduction date de 1849. Etude de femme (galerie du roi de Wurtemberg, 1842); Portrait du baron de Mevendorff La Paix des Dtines (gCiexV Helboru, à Berlin, 1843);

Portrait du baron de Vrint Treuenfeld (1843); Raphaël composant la Transfiguration (Saint-Pétersbourg, 1845); Rubens à Londres (galerie de l’Empereur à Berlin, 1848); La Vanité (collection particulière, 1849; Le i. uc d’ Albe assistant à Ve.xécution des comtes d’Egmont et de Home, gravé par üldermann (galerie particulière, à Berlin, 1850); Le Conseil de guerre d’ Ale.xandre Faniése au siège d’Anvers (galerie de l’Empereur d’Allemagne).

Une grande page au Sénat belge : La Belgique fondant la monarchie , est une œuvre de qualité fort secondaire. A dater de 1863, où De Biefve expose au Salon de Bruxelles, La comtesse d’Egmont priant pour la délivrance de son mari, on eut rarement l’occasion de voir les œuvres du maître.

De Biefve était à dater du 9 janvier 1846 correspondant de l’Académie de Belgique, et du 21 avril 1855 agrégé du Corps académique d’xA.nvers, officier de l’Ordre de Léopold, chevalier de Saint-Michel de Bavière, de l’Aigle de Prusse (3'’"-' classe) et membre des Académies de Berlin, Dresde, Munich et Vienne. En mourant, il a légué aux Hospices de Bruxelles toute sa lortune. Son portrait a été lithogra]fîné par Baugniet et gravé dans Immerseel.

Sources ]>ai ticulières.

BIGÉE (Charles), peintre de Heurs, originaire de Malines, où il est mentionné en 1753-1754 comme ayant retouché des tableaux de l’Hôtel de ville, et le 29 avril 1759 comme ayant épousé le 2 du mois Jeanne-Marie Clcymerts.

A la vente Robyns, à Bruxelles, le 22 mai 1753, on vendit de lui un tableau de Heurs.

BIESBROECK (Louis-Pierre VAN), statuaire belge, né à Gand le 17 février 1839. D’abord ciseleur, il suivit les cours de sculpture à l’Académie de Gand, y remporta tous les prix et fut admis au grand concours pour le prix de Rome en 1864. N’a)^ant pas réussi à l’épreuve finale, il obtint une bourse de voyage de la provinc(^> et de la commune et débuta, en 1865, au Salon de Gand, par une petite ligure de David triomphant qui fut très remarquée En 1867, pour le Salon d’Anvers, il fit une Ruth et entreprit ensuite un grand vo)nige artistique en Allemagne et en Italie. En 1871, il Et une statue de Bouquetier napolitain qui obtint assez de succès pour être commandée en bronze par la Commission de l’Exposition de (Sand.

En 1872, Louis Van Biesbroeck Et uir marbre intitulé Préférence enfantine, et en 1873, plâtre. Mignon, Egure remarquée au Salon de Bruxelles; une figure colossale de Thusnelda captive, fut acquise par le roi des Belges en 1877.

Nommé professeur de sculpture à l’Académie de Gand la même année, en remplacement de M. De Vigne-Guyo, il remporta à Gand, en 1880, la médaille d’or du Salon avec une grande figure de Prométhée enchainé.

A la suite de l’Exposition historique des Beaux-Arts de 1880 a Bruxelles, où figurèrent plusieurs œuvres de Van Biesbroeck, il fut nommé chevalier de l’Ordre de Léopold. Il a fait aussi quelques figures décoratives pour le compte du Gouvernement.

Sources particulières.

BILLOIN (Charles), peintre, dessinateur et graveur, né k Bruxelles le 13 décembre 1813, mort k Ixelles ( Bruxelles) le 10 décembre 1869. Billoin fréquenta d'abord l’Académie de Bruxelles, devint élève de Paelinck et acheva de se former sous Van der Hart, un excellent dessinateur II travailla ensuite k l’établissement de lithographie de Dewasme-Paelinck k Bruxelles, où il collabora k toutes les publications de cet important institut. Il s’était fait ronnaitre depuis 1830 par un grand nombre de planches importantes et par une grande aquarelle d’après Y Invention de la Croix de Paelinck, de l’église Saint-Michel à Gand, aquarelle exposée k Bruxelles en 1845 appartenant auionrd’hui an Musée de Bruxelles. Il s’était également signalé comme graveur k l'eau-forte lorsque, en 1854, au Salon de Bruxelles, il exposa ses premières peintures k l’huile ; plusieurs portraits et La dernière étude de Garicault c\m lui valut la médaille d’or. Sans abandonner la lithographie, il exposa successivement comme peintre : une Madeleine , en 1857; Jeanne la folle visitée par Charles-Ouint, en 1860; une Amitié sincère et Suzanne, eir 1863, outre un grand nombre de portraits parmi lesquels ceux du Major Liagre, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences; Félix Bovie, le peintre poète. En 1863, il peignit pour le Gouvernement belge un grand portrait en pied de Y Impératrice Marie-Thérèse pour la salle des séances de l’Academie des sciences et des arts, et exécuta aussi le portrait en pied de M. Fischer, chef d’orchestre de la Société ro3’ale de la Grande Harmonie k Bruxelles, portrait qui orne encore la salle des fêtes de cette

société. Les lithographies de Bihoin sont très nombreuses et consistent en portraits exécutés d'après nature : Le Roi Léopold et la Reine Louise, Léopold II, etc., et en œuvres d’après d’autres artistes : Y Adoration des Mages, d’après J. Van Eyck; le Couronnement de Baudoum de Constantinople; \& Pape Pie IX, d’après Gallait; le Belges illustres, d’après H. Decaisne; la Sécheresse en Judée, d’après Portaels, etc.

On trouve la liste de ses eaux-fortes dans l’ouvrage : Peintres-graveurs hollandais et belges au XIX^ siècle, par Hippert et Linnig.

Sources particulières.

BiNCHE (Arnould DE), architecte, né à Binche au XIIL siècle et connu par l’inscription suivante se trouvant dans le chevet du chœur de la petite église de Notre-Dame de Panele à Audenarde.

Anno domini M.C.C.XXX : IIII : 111 Id Martii : incepta : fecit EccLESIA : ISTA ; a Magistro Armilpho : de Bincho.

L’église, qui est en st}de ogival, était terminée en 1235. (3n ne sait absolument rien d’autre sur Arnould de Binche.

Schayes, Histoux de l’architecture en Beloiqnc. -- ^Icssager des sciences, 1825, p. 424.

— Biographie nationale, I, 464.

BIOT (Charles-Jérôme), peintre, né à Bruxelles le 27 août 1754 et non 1751,- comme le dit le catalogue du Musée de Douai, mort à Lille le 3 décembre 1838. En dehors de ces actes d’état civil, nous n’avons pu nous procurer sur cet artiste aucun renseigirement. B ne hgure pas dans la liste des artistes ayant fait partie de la Gilde de Saint-Luc à Bruxelles ni dans les autres villes de Belgique. Son nom ne se rencontre pas davantage parmi les participants aux diverses expositions belges, et il n’a point exposé à Paris d’après les anciens catalogues.

On connaît de lui un petit paysage dans le goût de Joseph Vernet, au Musée de Douai, œuvre donnée par M. Biot fils.

BIOT (Gustave-Joseph), graveur, aussi peintre, né à Bruxelles le i'-''' janvier 1833, mort à Anvers le 14 mars 1905. Eit ses études à l’Académie des Beaux-Arts de sa ville natale et suivit les cours de l’Ecole de gravure, instituée par l’Etat et dirigée par Luigi Calamatta; Biot y lit des progrès rapides. Dès l’année 1849, il gravait avec une correction remarquable le ])ortrait du duc d’Albe d’après le Titien et, en 1851, un portrait de Henri Vander Haert, dessinateur, pour figurer tlaus les publications de l’Académie de Belgique. Il ]irit part également au grand ouvrage sur les Galeries de h'iorence, publié dans cette ville j)ar Achille Paris et dont Calamatta était un des directeurs. Le portrait de E. Overbeck, en 1853, est son œaivre. En 1855, Biot prit part au grand concours de gravure et sortit vainqueur de

la lutte; il avait 22 ans à peine! Sa figure de concours, dessinée et gravée d’après nature, est d’une rare distinction de la forme et d’une délicatesse de burin vraiment digne d’être signalée comme exceptionnelle entre les productions similaires. Le séjour du jeune graveur en Italie donna naissance à deux œuvres importantes, où se montrent dans leur plénitude les remarquables aptitudes du jeune pensionnaire du Gouvernement : La Madonna délia Scala, d’après le Corrège, et Le Triomphe de Galathée, d’après Raphaël. La première de ces planches, éditée par la maison Dusacq à Paris, la seconde par la maison Kayser à Vienne, assignèrent à lenr auteur une place parmi les meilleurs représentants de la gravure contemporaine. Élève préféré de Calamatta, parfois son collaborateur, Biot garda cependant l’originalité de son burin. Ses succès furent ininterrompus, et l’on peut dire qu’il soutint vaillamment en Belgique le prestige de la gravure au burin. Le Miroir^ d’après Jawolar Cermak, la Revue des Écoles^ d’après la grande toile de Verhas, du Musée de Bruxelles, plus tard la Madeleine, d’après la peinture de Quentin Metsys, au Musée d'Anvers, œuvres commandées pour les expositions officielles des Beaux-Arts, pour être affectées aux souscripteurs des loteries, sont parmi les plus importantes productions de l’école nationale. Sans avoir rajeuni la gravure, Biot y apporta néanmoins une expression de légèreté contrastant avec le burin plus sévère de Calamatta et de Forster. On lui confia d’ailleurs, de l’étranger même, des œuvres importantes : U Ascension du Christ, d’après Gustave Doré, pour Fairless et Reckforth, de Londres; Aglaé, d’après Cabanel, pour Dusacq à Paris; le Portrait de l’empereur François-Joseph, d’après Van Angeli, pour la maison Kayser à Vienne (1873). En Belgique, il créa le grand portrait en pied de la reine Marie-Henriette d’après Gallait, publication officielle et très répandue.

Il existe aussi de Biot un portrait de grand format, gravé d’après nature, du cardinal Mercier; celui du baron Alph. de Rothschild, également d’après nature; un très remarquable portrait du Ministre des États-Unis Sandford, d’après Liévin de Winne (1871). Devenu professeur à l’Institut supérieur des Beaux-Arts en 1890, Biot alla se fixer à Anvers. Il y forma peu d’élèves, sa mort étant survenue dès l’année 1905. Élu membre de l’Académie de Belgique en 1884, correspondant de l’Institut de France; il était officier de l’Ordre de Léopold, chevalier des Ordres de la Légion d’honneur' et de François-Joseph d’Autriche.

Biot, marchant sur les traces de Ferdinand Gaillard son ami, lit de la peinture dans les dernières années de sa vie. 11 forma, entre antres, comme élève, le peintre bruxellois Herman Richir, connu par des portraits.

Parmi ses portraits an fusain figure celui du sculpteur Rodin.

Portrait du duc d’Albe, d'après le Titien (1899).

Id. de 'Wenstenraad (1850).

Id. de Henri Vander Haert (1851).

Id. de Freidrich Overbeek, calcographie de Florence (1853).

Id. de Hubert d’Huyvetter, d’après Vander Haert (1854).

Portrait de F. Fourbus, calcographie de Florence ( 1855).

Figure d’après nature (grand concours de 1855).

Oh ! Pa5^san voyant passer le premier convoi de chemin de fer, d’après Madou, en collaboration avec Calamatta (1856).

Portrait de Luisa Riva, d’après Casati (1856), pour un ouvrage de Dair Ongaro.

Madonna delta Scala, d’après le Corrège (1861 j.

Le Miroir, d’après Jawolar Germât (i866).

Le Ministre d’ Amérique Sandford, d’après Liévin De Winne (1871).

L! Empereur François-Joseph , d’après H.-V. iVngeli (1873).

Triomphe de Galathée, d’après Raphaël (1875).

Baron Alphonse de Rothschild , d'après nature ( 1875).

Aglaé, d’après Cabanel (1879).

U Ascension du Christ, par Gustavé Doré (1884).

Marie-Henriette, reine des Belges, d’après Gallait (1886).

Im Revue des écoles, d’après J, Verhas. Très grande planche (1890).

La Madeleine, d’après Quentin Mets5"s (1893).

Portrait de l' archevêque Mercier, de Malines, d’après nature.

Bl ROCHON (Guülaume), peintre. Il ligure dans les archives de l'Académie de La Ha}^ comme élève de J. Brandon en 1696, et fut pendant idusieurs années, à dater de 1721, au service de Laurent Beretti Laudi, marquis de Saint-Philippe, ambassadeur de Philippe V d’Espagne près des Provinces-Unies et à la Cour de Bruxelles. Le portrait de ce personnage a été gravé, dès 1720, par B. Picart. Il accompagna son maître au Congrès ouvert à Cambrai en 1724, et y peignit de nombreux portraits de plénipotentiaires. 11 revint ensuite à Bruxelles avec le duc, qui mourut en 1726.

Birochon avait, paraît-il, la garde des tableaux du duc de Saint-Philippe et en restaura plusieurs, travail dont il dut réclamer précisément le payement après la mort de l’ambassadeur. Un témoin, Xelan, au cours du procès que Birochon faisait, produisait des pièces nouvelles et en recommandait d’anciennes. Ce fut Birochon qui dressa l’inventaire des tableaux de l’ambassadeur d’Espagne. Il retourna ensuite à La Haye.

i'inchart, Archiiicf. dcs iirls, da sciences cl des lettres, t. 111, p. 226,

BISBINK (Bernard) est un ]ieintre cpie Houbraken cite comme étant l’elève de Jean Both et comme vivant au milieu du XVIL' siècle. Nous ne connaissons aucune œuvre de cet artiste.

Houbraken, De Grooic Sclwuhurgh der Ncdcrlandschc Konstschilders, t. 11, p. 345.

BISSCHOP ( Dirk-Anthony), ])eintre, né à Rotterdam en 1758. C’était un ])eintrc d'ornements de salons et d’équipages, un genre répandu de son temps et qu’il prati<piait, assure Kramm, rrune manière fort distinguée.

Il eut surtout pour mérite de former comme élève le peintre Dirk Langend3mk.

Kramm, De Levai en Werken der Hollandsche en Vlamsche Kitnstschilders. — Obreen, Archief, t. III, p. 232.

BLES (Henri DE), aussi met DE BLES, BLESIUS, BLESIO, CIVETTA, peintre llamand, né à Bouvignes, sur la Meuse, non loin de Dinant, vers 1480 (?) D’après Van Mander, le nom de Blés ne serait qu’un surnom tiré de la présence d’une touffe (Irles) de cheveux blancs qu’il portait au-dessus du front. A cet égard, toutefois, la certitude n’est nullement absolue, puisqu’un tableau de la Pinacothèque de Munich ; L'Adoration des Mages, est signé « Henricus Blessius ». Lampsonius, dont le recueil de portraits ; Pictoruin aliquot Germanicœ inferioris effigies, daté de 1572, et Loma/.zo : Trattato délia Pittura écrivent Blesius Blesio. Lamp-

sonius dédie au maître des vers louangeurs ;

Ilum adeô artificem fatriœ situs ipse, Magistro Aptissimus, vix edocente fecerat.

Hane laudem invidit vicinœ exile Boviiium Et rare doctum pingere Henricum dédit.

Le nom de Civetta, donné par les Italiens à notre peintre, est tiré de la Chouette, dont il avait coutume de signer ses œuvres, bien que la présence ou l’absence de cet oiseau ne soit pas nécessairement un indice infaillible de l’authenticité des créations qui peuvent ou non être attribuées au maître.

En somme. Blés ou de Blés serait un nom parfaitement wallon aussi, car on a même perdu de vue que même en wallon, le mot Blés signifie une tache provenant d’une blessure et marquée, chez le cheval par exemple, par une tache blanche. Le nom de Blés ne s’est pas rencontre dans les archives de Bouvignes, où les registres baptistaires ne remontent qu’à 15.12.

Van Mander assure que Blés n’eut point de maître; Lampsonius le disait également, et la tradition a sa valeur.

Traitant le paysage, surtout en petit, il se ressent de l’influence de Patenier, mais peignit également des sipets de figures de mo^mnne grandeur, religieux et profanes, ainsi que le portrait. C’est, en réalité, un peintre des plus intéressants à étudier, mais dont la détermination est encore imparfaite. Le tableau signé de Vlunich doit surtout ici servir de base d'appréciation. Le hibou est parfois très dilficile à découvrir et caché au fond des anfractuosités rocheuses. Une tradition fait séjonrner Blés à Anvers et à Malines, également en Italie. Il u’3' a nulle preuve à l’appui de ces assertions. A Anvers, en 1535, Henri Patenier est inscrit à la Gilde de Saint- Luc. Peut-on se hasarder à rapporter cette mention à notre peintre? Ce serait aventureux. Dire qu’il fut en relation avec Albert Durer pendant son séjour dans les Pays-Bas est tout aussi imprudent, attendu que, lorsque le journal de vo}"age du grand artiste mentionne « Henri le Peintre », c’est de Iveldermans, à Malines, qu’il parle, comme l’a découvert M. Emmanuel Neefs.

Que dire du séjour en Italie? Lomazzo fait naître Blés en Bohème et le fait mourir à Ferrare, mais nul indice ne vient à l’appui de cette dernière assertion. Les œuvres de Blés ont, de tout temps, été fréquentes dans les Galeries italiennes, et Van Mander dit qu’on les recherchait beaucoup en Italie. Mais on en trouve également en Espagne et aussi en Portugal, et Bredins dit eu avoir rencontré au Palais de Ajada à Lisbonne. Il 5^ a, jusqu’à ce jour, assez peu de précision dans les œuvres acceptées comme étant authentiquement de Henri Blés. La présence de la Chouette, nous l’avons dit, n’est qu’un indice de secondaire autorité. Comme paysagiste, H. de Blés tient beaucoup de Patenier et de Lucas Gassel. Comme peintre de figures, il n’est pas sans analogie avec Mabuse et Lucas de Le}Me. M. Scheibler, qui lui restitue \ Adoration des Mages, ravissant petit triptyque attribué précédemment à Lucas de Leyde, au Musée d’Anvers, incline également à lui donner le Christ chez le Pharisien, grand triptyque de Mabuse, du Musée de Bruxelles. Prenant toutefois comme point de départ les deux œuvres irrécusables du maître, V Adoratio?2 des Mages, de Munich, et Enfer, du Palais ducal à Venise, ou peut lui assigner un certain nombre d’œuvres intéressantes parmi lesquelles nous classons, avec l’assentiment des meilleurs critiques, deux triptyques de X Adoration des Mages, au Musée de Bruxelles. Une autre Adoration des Mages, au Musée de Carlsruhe, se complète par les volets au Musée de Bâle, sous la date de 1519. Une Fuite en Égypte, au Musée de Lille, signée de la Chouette, a des figures d’après Albert Durer; nous en trouvons, d’après Lucas de Leyde, dans un fort beau pa}^sage avec travaux de mines, aux Uffizi a Florence, et d’après quelquesunes de Raphaël, dans un pa5'Sage avec la Pèche miraculeuse, dans une collection particulière à Bruxelles. La Chouette figure dans ce tableau.

Woermann attribue à Blés Les Ages et Les Grâces, deux œuvres attribuées à Cranach, au Musée de Madrid, ainsi qu’une Adoration des Mages, au même Musée. Le Musée de Nuremberg possède une Chasse de saint Hubert, dans un paysage; le Musée de l’Académie de Vienne, un Portement de la Croix. Des pa}’sages avec la Fuile en Égypte, la Prédication de sahit Jean-Baptiste et les Disciples d’Emmaiis. Au Musée de Berlin figure un remarqualrle portrait d’homme (n" 624) avec un fond de paysage, Waagen citait comme une de ses meilleures œuvres un Christ en Croix de la Galerie de Ivensington. Il est à la National Gallery et douteux. Les œuvres qui se rencoifirent eir Italie : à Padoue; à Crémone, Saint Jérôme avec pa5’’sages et Saint Jean à Pathmos, et à Na])les, ne sont point authentiquées par des signatures, pas plus que la Tentation de saint Antoine au Musée Correr à Venise. Un sujet analogue, fort douteux, se rencontre au Musée de Bruxelles, où est récemment entré un Christ au tombeau, peut-être authentique. La Madeleine de la National Gallery à Londres pourrait-ètre authentique également. Arrivant à la Nativité de San Nazaro e Celso de Brescia, longuement décrite et vantée par Averoldo (le scelte pitture di Brescia), nous avons à dire (pi’elle est retranchée à Blés par la plupart des critiques contemporains et le Cicerone.

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