‹ Œuvres de Henri HymansChapitre 2 sur 21 · SS · texte numérisé non relu

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II mérite d’être dit que Rubens possédait dans sa galerie une Fuite en Égvpte de Henri de Blés, et que l’une des œuvres du maître, Prédication de saint Jean-Baptiste^ se paya cinquante florins, en 1662, à la vente De Backer à La Haye. Ce tableau pourrait bien être le même qui se voit aujourdliui sous le nom de Patenier au Musée de Lille, où il est voisin de la Fuite en Egypte de Blés, mentionnée plus haut et qui serait ]reut-étre l’œuvre procédant de Rubens.

La Prédication de saint Jean-Baptiste de \denne appartenait à Léopold- Guillaume. On ignore le lieu et la date de la mort de Blés. Van xVIauder prétend que François Mostaert fut son élève. Il y a lieu de douter de l’exactitude de cette assertion.

Van Mander, Le livre des peintres. Traduction et commentaires par H. Hymans. — Voltmann et Woermann. — A. Bequet, Société archéologique de Namur, t. VIII et IX. — Biographie nationale. — A. Binchart.

BLIECK (Maurice), peintre, né à Laeken , près de Bruxelles, le 13 septembre 1876. Elève de l’Académie royale de Bruxelles, pour les cours de dessin, flls d’un peintre de peu de notoriété, le jeune homme s’adonna ensuite à la pratique de l’art, stimulé par son cousin Paul Blieck, un passionné de nature, dont l’exemple contribua beaucoup à son développement. Tour à tour peintre de figures, de paysages, de marines, il prit part à un grand nombre d’expositions belges dans ces divers genres. A l’Exposition de Gand de 1895, un portrait du peintre Frans Smeers se fit remarquer par de sérieuses qualités de facture. Comme précédemment déjà, au Salon de Bruxelles de 1893, on avait vu un paysage, La Tranchée, caractérisé par sa sincère interprétation de la nature. Associé à quelques jeunes artistes dans la création du Cercle 1’ « Union », Blieck donna l’évidence de son amour sincère du vrai et du choix souvent très heureux de ses motifs. Après un voyage d’étude à Paris en 189b, il exposa avec succès une Vue du Pont-Neuf (collection Romedenne à Bruxelles). En 1898, on voit de lui, au Salon d’Anvers, un Portrait de jeune daine et La Mare aux biches à Auderghem . Au Salon de Gand. en 1899, La Cainpine, La Fonte des neiges en Ardenne, Dans la loge. De la même année, date La Nuée (collection Osterrieth, Anvers); Le Chenal (coWecûow du baron Lambert de Rothschild) à Bruxelles). Eu iqoo, il prit part au « Concours Godecharles » avec une grande toile : Le Cid et le Lepreu.x, d’après le poème de Barbay d’Aurevilly; puis exposait le portrait de M. Georges Eeckhout, sou futur biographe. Préoccupe d’après ses propres termes « de la puissance de l’effet », respectueux des belles traditions, mais profitant de l’effort des luministes et des impressionnistes, Blieck, au cours des dernières années, a manifesté pour la marine une préférence, traduite par des créations qui lui ont valu ses principaux succès. En 1902, l’État est devenu possesseur de La Vague; La Marée a pris place au Musée d’Ixelles. Le Navire dans les brunies (1907), Port d’ Anvers ( 1907), Les Dunes (1907). L’année suivante : I^es Fumées, IJ Embarcadère, La Rivière, Chioggia, toutes ces œuvres sont reproduites dans un article sur l’artiste, écrit par M. Georges

Eeckhout et inséré dans \’Art flamand et hollandais du 15 août 1909. Seule La Tamise, exposée en 1908, }’■ fait défaut.

BLIECK (Paul), peintre, né à Bruxelles le 7 septembre 1867, mort dans la même ville le 21 octobre 1901, a laissé quelques œuvres où se remarque un grand sentiment de nature, et dont les principales sont : Portrait de mon père ; Intérieur ; Seule! Paysage. Paul Blieck, cousin de Maurice, fut aussi son premier guide dans la carrière artistique.

Sources personnelles.

BLOCK (Eugène-François DE), peintre de genre, né à Grammont le 14 mai 1812, mort à Anvers le 23 ianvier 1893. D’abord élève de l’Académie de sa ville natale, puis de celle de Gand sous P. Van Huffel. En 1833 et 1834, il envoya plusieurs peintures de genre aux expositions d’Anvers et de Bruxelles. En 1834, il s’associa avec Ferdinand de Braeckeleer, à Gand. A partir de 1838, Block habita Bruxelles, et depuis il prit part à presque toutes les expositions de son pa}"S natal et de l’étranger, et cela presque toujours avec grand succès, qu’il doit principalement à ses peintures de genre. Il a cependant peint des portraits et également un grand tableau religieux. Sous l’inlluence de de Braeckeleer, il s’émancipa vers 1860 et, à partir de ce moment, il montra une exécution plus large et un coloris plus chaud. Parmi ses œuvres, il y a lieu de remarquer : Ce que peut souffrir une mère, d’après le roman de Conscience. Ce tableau eut un immense succès, et de Block lui doit sa popularité. Il reçut pour cette œuvre la 3“^ médaille, en 1842, à Paris. Plus tard, il reprit le même sujet et en fit également une gravure. L’ Hymne à la Patrie, également une œuvre de marque, au Musée de Philadelphie (lithographié par Schubert); H Heure de la Bible et La Consolation, toutes deux au Musée de Bruxelles; Le Retour de l’école, au Musée d’Anvers; La Querelle au jeu, au Musée de Gand; Correspondance secrète (collection Steengracht, à La Ha3’e). Ses elèves sont L.-V. Hagen, van Wraugel, Edm. de Schampheleer, Martinus Kn}dtenbrou\ver, P. Sebes, Paul van der Vin, Tavenraat. De Block était conservateur du Musée d’Anvers.

Immerzeel, De Lctchs en Werken. — Hippert et Linnig, P. gy. hollandais et belge,

PP 80-86. — Journal des heaii.v-arts (Itruxelles), 1859, p. 79; 1868, pp. 83 et 84;

1878, pp. 114, 130, 153 et 179- — Lemonnier, L' Ecole belge, pp. 54 et 55

BLOCQ, plus réellement BLOCK (Pierre-Balthazar DE), peintre, né à Anvers, bajhisé k l’église Saint-Georges le 7 août 1729, fils d’un peintre, Mathieu-Joseph de Block. Il fréquenta l’Académie d’Anvers, j remporta des prix et, en 1754, sur vingt-neuf concurrents, fut le premier ]uix de dessin. Au mois de décembre 1756, P. -B. de Blocq recevait un élève à Anvers, le ]‘)cintre Jean-Jacques \'ander Aura. En 1762, il quitta sa ville natale pour vovager, mais dès le début de l’année 1766 il était fixé à Charleroi et y contractait mariage à la date du 5 février. 11 mourut dans la même ville le I'" février 1795, laissant sept enfants, parmi lesquels son fils Jean-

Joseph, né le ianvier 1772, fut également peintre et fit quelques portraits. Louis, fils de Jean-Joseph, fut peintre à son tour. Il mourut en 1872.

De Block peignit les sujets religieux et le portrait, et plus encore le genre décoratif, le tout d’une manière fort secondaire. Le Musée archéologique de Chaiieroi conserve de lui un petit portrait dit de Joseph II, peint, dit-on, lors du passage de l’Empereur dans la ville qui devait s’appeler « Libresur-Samhre » à l’époque de la mort du peintre. Quelques églises de Charleroi possèdent aussi des tableaux de De Blocq. A la chapelle de Saint-Fiacre, deux épisodes de la vie du saint, l’un daté de 1770 et l’autre signé P. -B. de Blocq, peintre, Anvers. Dans la même chapelle. Saint Antoine de Padoue et Saint Jean Néponmcènc, datés de 1771. Dans la sacristie de l’église de la ville haute de Charleroi, un petit tableau de Notre-Dame des Sept Douleurs. Il décora aussi de ses peintures le château de Gerpinnes. Sa famille conserve un portrait dessiné de De Blocq.

Sources particulières.

B LO EM EN (Norbert VAN), peintre d’histoire, d’intérieurs et de portraits, né à Anvers le 10 février 1670. Il était le frère cadet de Pierre et de Jean-François, et fut élève du premier qu’il alla rejoindre en Italie. Norbert reçut dans la corporation des peintres néerlandais à Rome, le surnom de Cephalus. Il ne réussit pas toutefois en Italie et regagna sa patrie faisant la route à pied. Il ne tarda pas à s’expatrier de nouveau et alla se fixer en Hollande, à Amsterdam, où il mourut, dit-on, vers 1746. Sa principale œuvre est une Nativité, à l’église catholique d’Amsterdam.

BLOM (J ean), peintre et surtout architecte belge, né à Weil-in-Griesberg, près de Cologne, en 1748, mort à Anvers le 12 juin 1825. D’abord ouvrier charron, il remporta en 1775 le prix d’architecture à l’Académie d'Anvers, s’adonna ensuite à la peinture et remporta le prix de perspective en 1777. Professeur adjoint à l’Académie en 1780, il devint bientôt titulaire et fut confirmé dans ses fonctions par le Gouvernement français le 20 Messidor an IV (8 juillet 1796). Il les occupa jusqu’à la fin du siècle. L’autel de la chapelle du Saint-Sacrement à la cathédrale d’Anvers est l’œuvre de Jean Blom. Il fut construit en 1824. Le maitre-autel de la même église, celui que décore VA ssomption de la Vierge, de Rubens, est aussi du dessin de Blom ; commencé en 1824, il fut achevé en 1826, par conséquent après la mort de son auteur.

Notes personnelles.

BLOMMAERTS (Henri), pas B LO E MAE RTS ou B LO MAE RTS,

portraitiste et paysagiste belge, né à Anvers en 1755, mort à Bruxelles en 1837. Il fréquenta l’Académie de sa ville natale comme élève d’Henri- Joseph Antonissen; en 1788, il participa à la fondation de la Société des Beaux-Arts et prit part à ses expositions dès 1789. En 1790, il séjourna à

Bruxelles. Jusqu'en 1833 ses œuvres ne manquèrent presque à aucune exposition. C’étaient en partie des portraits, en partie des pa)'^sages, des vues des environs de Bruxelles, qui, par leur grande fidélité, ont un certain intérêt historique.

linmerzell. — Van den Branden. — Notes personnelles

BLOMME (Henri), architecte, né à Anvers en 1845, s’)" forma à l’Académie royale des Beaux-Arts où il remporta le prix d’excellence. Etabli architecte, il sut bientôt, avec son frère Léonard, se faire un nom. Ensemble les deux frères créèrent l’orphelinat des garçons et l’église de Saint-Willebrord, près d’Anvers; la maison communale de Borgerhout; les grands magasins de la « Vierge Noire », etc. Henri Blomme est l’auteur du projet de reconstitution de la maison de Rubens à Anvers; d’un projet de création d’une nouvelle Bourse de Commerce, etc. 11 fut l’auteur du pavillon de la Perse à l’Exposition universelle de Liège en 1905, et remporta diverses distinctions, parmi lesquelles la Croix d’officier de l’Ordre de Léopold de Belgique. Il est membre effectif du Corps académique d’Anvers, correspondant de la Commission ro)^ale des Monuments.

Sources personnelles.

BLOMME (Léonard-Joseph), architecte, né à Anvers en 1840; il suivit les cours de l’Académie des Beaux-Arts et fut l’élève privé de Joseph Schadde, professeur d’architecture au dit établissement, l’auteur bien connu de la Bourse d’Anvers et de la gare de Bruges. Blomme fut appelé à son tour à professer à Anvers, et, lors de la création de l’Institut supérieur des Beaux-Arts, fut appelé à y recueillir la succession du professeur F. Baeckelmans, mort eu 1896. Les principales œuvres de Léonard Blomme sont la restauration des Palais de Marguerite d’Autriche, aujourd’hui le Palais de Justice de Malines, importante construction dans le style de la Renaissance; l’orphelinat des garçons et l’église paroissiale de Saint-Willebrord, faubourg d’Anvers, les hôtels communaux de Borgerhout et de Merxem, autres faubourgs de la même ville, l’un et l’autre conçus dans le style flamand du XVL siècle. Blomme cependant a érigé des habitations privées en style plutôt classique et s’)" est signalé comme un homme de goût et d’expérience. Architecte provincial, membre du Corps académique d'Anvers et de la Commission des Monuments, il est officier de l’Ordre de Léopold. Henri Blomme a été le collaborateur fréquent de son frère.

Sources personnelles.

BLONDEAU (Jacques), graveur flamand, né à Anvers le 9 mai 1655, comme il résulte des indications que nous avons relevées dans les registres des anciennes paroisses anversoises. Elève de Frédéric Bonttats et inscrit comme tel aux registres de la Gildc de Saint-Luc d’Anvers, il passa bientôt à Paris, y fut élève de l’Académie des Beaux-Arts, et, sur les conseils de

Bernin, ne tarda point à se rendre à Rome où il mourut vers 1698. Dans une requête adressée le 21 février 1693 à Maximilien-Emmanuel, électeur de Bavière, Gouverneur général des Pays-Bas, par les do)^ens de la Gilde de Saint-Luc d’Anvers, Blondeau figure comme natif d’Anvers et résidant à Rome. Il est donc permis de croire que l’artiste ne revit pas son pa}"S natal. La qualité d’Anversois et de Llamand n’en figure pas moins au bas de plusieurs œuvres exécutées en Italie par Blondeau : les armoiries d’innocent XI, le portrait de Joseph Pq roi de Hongrie, celui de Marie-Béatrice d’Angleterre, la chronologie des rois d’Espagne.

Blondeau, dont les estampes sont exécutées dans le goût de Corn. Bloemaert et des Grenter, a reproduit les œuvres de P. Berettiri, Cyro Terri, F. Soliniène, J.-M. Morandi, J. -B. Gaulli, Marc Mangain, Aut. Lemo Bombelli, etc. Son principal éditeur est J, -B. de Rossi. Une liste détaillée de ses planches figure dans le Manuel de l'amateur d’ estampes, de Ch. Le Blanc.

Henri Hymans, Un 7ioHveau maître a?njersois. Bulletin d' archéologie de Belgique, 1885. — Pinchart, Archives des arts.

BLUFUS (Pierre), très probablement RO E LO FS, fils de Pierre, peintre dénommé comme flamand ou wallon, à Rome, en 1609. Sou nom, orthographié aussi Boluph, se rencontre également Roluft', ce qui nous a fait conclure à son identité avec Roelofs. Il nous est d’ailleurs impossible de citer aucune œuvre de sa main, son existence ne nous étant révélée que par les notes de police recueillies par M. Bartolotti.

Bartolotti, Artistes belges et hollandais à Rome.

BOBA (Georges), peintre et graveur flamand du XVIP siècle, est un des artistes que Van Mander cite parmi les élèves de Frans Floris comme doué de talent pour la peinture et la composition. Bartsch le range parmi les maîtres dits de l’École de Fontainebleau et décrit de lui [Peintres-graveurs, XVI, 363) six planches, des paysages portant son monogramme, les seules que l’on connaisse de Boba. Quant au fait de sa présence à Fontainebleau, elle n’aurait rien qui pût prouver contre son origine flamande, attendu que nous savons par Van Mander, dont les recherches du comte Léon de Laborde ont confirmé l’assertion, que de nombreux Flamands travaillèrent sous le Primatice.

Bartsch, Peintres-graveurs, t. XV I, p. 363. — Nagler, Monogrammistes, t. I, n<> 1983. — \ an Mander, Le livre des peintres (trad. H. Hymans, t. I, p. 349).

BOECKEL (VAN), famille d’artistes des XVF et XVIF siècles, dont on retrouve également les membres à Mecklembourg et à Paris (où on les appelait également Bouche).

BOECKEL ( Pierre VAN), d’Anvers, peintre de la Cour, à Schwerin, de 1561 à 1598; il est cité plusieurs fois à propos de paiements qui lui ont été effectués pour des travaux de décoration et de portraits. Les travaux de ce

genre mentionnés n’5' ont pas été conserv'és; toutefois les portraits de Jean-Albert P'' et de son épouse Anna-Sophie, d'Ulric III et de son épouse Anna (tous les deux au château de Schwerin), peuvent lui être attribués. Probablement que Peter Van Boeckel est le même que le monogrammiste P. B. qui, entre autres, a revêtu des initiales P. B. le tableau-entête de l'ordre des bergers mecklembourgeois de 1578.

BOECKEL (Charles VAN), graveur sur cuivre d’Anvers, étudiait en 1597, devint maître à la Gilde d’Anvers en 1603 et habitait Paris vers 1617. Sa femme, Anna van Bouche (ou Boeckel). Graveur de talent moyen, a exécuté quelques portraits d’après des scènes du Nouveau Testament.

Nagler, Monogr., t. I, n“ 1435.

BOECKEL (Pierre VAN), un peintre plus jeune de ce nom, probablement aussi d’Anvers, est cité à Paris vers les années 1632, 1634 et 1635 La gravure d’après portrait de (Jérard Edelinck signé Van Bouc doit le représenter. Dans l’ancienne littérature il est souvent confondu avec Pierre Boel.

,Ial, Dict. crit., 2^ édit., 1872, p. 258. — Liggercn, t I, pp. 399 et 422. — Sarre. SuppléDicnt à Mecklcnib. Kimstgesc/i, p. 65. — Kiinst u. Gesch. Deyikni. d. Gross, Mecltlemb. Schwe/tn. t. Il, p. 586; t. I pp. 86 et 213; t. V, p. too. — Gazette des beaux-arts (1860), t. VI, p. 163. — Nagler, Kiinstierlex, t. I, p. 551 (sous Bockel) et pp. 553-554 (sous Boeckel). — Robert-Dumesnil, Le Peintre grareur français, t. VII, p. 235, n'' 157. — Le Blanc, Manuel, t. I (sous Boeckel et Bockel . — Nagler, Monogr., t. II, n" 772.

BOECKEL (Pierre VAN), aussi BOUCLE et BOCKEL, est un

peintre d’origine Ilamande, dont Félibien {Entretiens sur les vies et sitr les ouvrages des plies excellents peintres, 2'^ édition, t. II, 1688, p. 661) nous a])prend qu’il était élève de Snyders, peignait fort bien toutes sortes d’animaux, gagnait beaucoup d’argent, et mourut pauvre à l’Hôtel-Dieu de Paris. Le catalogue du Louvre ajoute que ce fut en 1673. L’abbé de Marolles aussi, dans son poème sur la peinture, donne une place honorable à Van Boucle. La cpialité d’élève de Snyders a fait croire que Van Boeckel était Anversois; toutefois, nous n’avons pas rencontré son nom parmi les membres de la Gilde de Saint-Luc, où ligure, en 1597, Cari Van Boeckel, admis comme apprenti graveur chez Hans Collaert et qui devint maître en 1603. Or ce Cari Van Boeckel vint à Paris et y épousa Anne Moncornet, sans doute la lille de Balthazar Moncornet, qui grava avec talent des lùanches d’après Wieriex et dans le genre de ce maître, sous le nom d’Anne Van Bockel et Van Boucle, forme française du nom flamand Boeckel.

M. Jal signale la présence de Carel \hin Boeckel à Paris en 1617 et celle de Pierre en 1632, 1634 et 1635. Les recherches de ce patient auteur, dans les archives de l’Hdtel-Dieu, n’ont pas coniirmé l’assertion que Pierre Van Boeckel v serait mort, ni en 1673 ni aucune des années avoisinantes. Le Louvre expose sous son nom un tableau représentant un Valet gardant du gibier, et la Galerie de Dresde une Tète de vieillard, mais ni l’ime ui l’autre œuv re n’est authenti()uée par une signature.

BOECKSTUYNS (Gilles-François), statuaire flamand, né à Malines le 3 juillet 1651, où il fut élève de F. Langhemans en 1662, et où il est décédé le 29 septembre 1713. On ne connaît aucune œuvre de cet artiste. Il est souvent confondu avec Jean-François Boeckstuyns.

BOECKSTUYNS (Jean-François), statuaire et architecte flamand, né à Malines vers 1650. Élève de Luc Fayd’herbe, dont il imita la manière, il fut reçu comme maitre à la Gilde Saint-Luc de Malines en 1680. Il est mort le 27 juin 1734 dans sa ville natale. En 1713, il obtint divers privilèges de sa ville natale pour l’exploitation commerciale d’un nouveau procédé de la fabrication du cuir doré qui constituait une spécialité à Malines. On trouve ses œuvres plastiques presque exclusivement à Malines. Par exemple la chaire de vérité dans la cathédrale Saint-ltombaut. Ce remarquable chef-d’œuvre, qui est reproduit dans le Voyage pittoresque de Descamps, a été exécuté en 1723 pour l’abba}^ de Liliendael; ce ne fut qu’en 1809 qu’on le plaça dans la cathédrale. Le sujet principal de la composition est la conversion de saint Norbert; le saint, atteint par la foudre, est couché à côté de son cheval. Un amour endormi, grandeur naturelle, se trouve au Musée de Malines. Dans les églises Notre-Dame d’Hansvyck à Malines, au grand couvent des Béguines, à Notre-Dame au delà de la Dyle, se trouvent des œuvres de notre artiste, toutes conceptions larges dans le genre de celles de son maître Favd’herbe, issu de l’école des Rubens. De ses œaivres architecturales, il 5" a lieu de citer ; la coupole de l’église Saint-Pierre à Louvain et la façade de la maison de la Corporation des Archers à Malines, érigée en

E. Neeffs, Histoire de la peinture et de la sculpture à Malmcs. — E. Marchai, Sculpture aux Pays-Bas.

BOCKSENT (Jean), sculpteur, né à Gand le 22 octobre 1660, 5^ est mort le 10 avril iJ2j . En sa qualité de frère de l’ordre des Récollets., il est souvent appelé frère Jean. Il avait été en apprentissage à Anvers, chez P. Verbruggen l’aîné, et a travaîllé quelque temps à Paris. Il s’établît ensuite à Gand ou l’on conserve encore plusieurs de ses œuvres. Par exemple à l’église Saint-Pierre, les statues colossales des Évangélistes entourés d’anges, exécutées en commun avec Verschaftélt et de Sutter. De plus im Ecce homo et une Mater dolorosa à Saint-Jacques. Au tombeau de l’évèque P.-E. Van der Noot, il a sculpté le Christ de la Flagellation, ainsi que les deux aides du bourreau. Au Musée de Gand se trouve son portrait exécuté par un inconnu.

Ed. Marchai, La sculpture. Bruxelles, 1895. — Les Liggeren.

BOGAERDE (Donatien VAN DEN), né à Bruges en 1644, et mort dans sa ville natale le 6 avril 1695. Devenu moine à l’âge de 20 ans, il a peint au couvent (actuellement le séminaire) de Bruges des paysages dans

le goût de Jacques d’Arthois. Dans ce genre, un paysage représentant le Musée de Bruges.

Weale, Catalogue du \luséc de l’ Académie de Bruges.

BOHM (Auguste), peintre de paysages, né à Ypres le ii octobre 1819, fils et élève de François Bôhm, de Charles Delage et de Léon Cogniet qu’il suivit à Paris. Il prit part à presque toutes les expositions organisées en Belgique jusqu’en l’année 1877. Parmi diverses œuvres de cet artiste, on trouve au Musée d’Ypres un paysage daté de 1837, lequel représente une contrée française. Le Musée possède de plus de nombreuses et intéressantes collections de tableaux qui représentent les plus anciens bâtiments de la ville, datant du XIIF siècle ainsi que des siècles suivants jusqu’à la fin du XVIP. La collection a été créée sur l’ordre de la ville. Il mourut à Ypres le 26 août 1891.

Catalogue du Musée d’Ypres. — Gazette des beaux-arts, t. XIX.

BÔH M (François), peintre belge, né à Ypres le 25 novembre 1801 ; il y est mort le 8 mars 1863. Après avoir suivi avec grande distinction l’Académie de sa ville natale, les directeurs l’envoyèrent à Paris en 1829 pour 3" achever sa formation. Il 5^ fréquenta l’Ecole des Be;iux-Arts et travailla dans les ateliers de Ciceri, Coignet et Kinson qu’ utilisa les talents de son compatriote pour les nombreuses commandes dont il était surchargé. Bôhm découvrit en 1841, dans la salle des magistrats à Ypres, les portraits des princes et princesses de Flandre qui ont régné de 1322 à 1476. Ces tableaux étaient cachés sous une multiple couche de mortier. Son fils ainsi que Pierre Van Coninck furent ses élèves. En 1853, il devint directeur de l’Académie à Ypres. En 1838, Bôhm envo3ui de Paris une quantité de portraits à l’Exposition de Gand. La même année, il rentra à Ypres où il reçut de nombreuses commandes. Outre l)eaucoup de portraits, il peignit particulièrement des tableaux pour les églises de Ronsbrugghe, Saint-Jean, Poperinghe, Oostvleteren, Westvleteren et d’autres localités. A l’église Saint-Nicolas, à Ypres, il a peint la coupole ainsi que le chœur et les tableaux de deux autels latéraux. Jén 1849, on le chargea de la restauration de la salle du théâtre. Le Musée d’Ypres possède de lui une tête d’étude (vieille femme), qui obtint, en 1828, le ])iix de l’Académie. A l’Hôtel de ville d’Ypres se trouvent encore les portraits en pied du roi Léopold F'' et du ministre d’Etat Alphonse Van den Peereboom. Au Musée de Douai se trouve le portrait du lieutenant général comte Durutte (f 1827). Il existe de plus quelques lithographies de Bôhm.

Catalogue des Musées d’Ypres et Douai.

BOELS (Éloi), peintre à Bruges, élève de Clae3's Hendricks Van Kerstbach, inscrit le 6 septembre 1477.

Joiiriial des beaux-arts, 1866, p. 20.

80ELS (Gérard), peintre verrier à Louvain, dont le nom paraît dans les documents authentiques à dater de 1516. En 1525, il fut appelé à exécuter le grand vitrail de la façade principale de l’abbaye du Parc, près de Louvain. 11 représentait les Mystères de la Vierge; l’abbé de Parc, Ambroise Van Engelen, qui en avait fait don, s’y était fait représenter. Boels peignit pour le même prélat deux autres verrières de la vie de la Vierge, l’une pour le couvent des Récollets à Louvain, l’autre pour celui de Sainte-Catherine à Bréda. En 1533, Boels fut encore chargé de faire, pour le collège du Pape, uue verrière avec les armoiries des de Croy. Sa mort précéda le 16 février 1648. Deux de ses fils, Pierre et Gérard, furent également peintres.

Biographie nationale, t. Il, p. 584. — Pincliart, t. II, p. 241.

BOEL (Jean), graveur sur cuivre, éditeur et commerçant, baptisé à Anvers le 5 juillet 1592, mort dans cette ville en mars 1640. Il devint maître en 1610-1611 à la Gilde de Saint-Luc de sa ville natale. Il était le père des graveurs Ouirins le jeune et Pierre Boel. Aux gravures de lean Boel, citées par Le Blanc, il faut encore ajouter la fameuse estampe : Godefroid de Bouillon, signée : Jean Boel fecit et excudit.

Les Liggercn, t. I et II. — Le Blanc, Mayitiel, I. — Th. Van Lerius, Biographies d’artistes. Anvers, 1880. — Biographie nationale de Belgique.

BOEL (Jean-Baptiste), fils de Pierre Boel, entra eu 1674-1675 comme fils de maître à la Gilde de Saint-Luc d’Anvers, où il est mort le 9 janvier 1689. On connaît peu de chose de sa vie et de ses œuvres. La seule peinture qui lui est attribuée avec certitude est une Vanitas qui fut exécutée en 1679-1680 pour la salle de réunion de la Gilde de Saint-Luc. Y figurent ; un C5"g!ie, un paon, de nombreux accessoires et emblèmes. Cette œuvre se trouve actuellement au Musée d’Anvers.

l'h. Van Lerius. — \'an den Branden. — Les Liggcren. — Gazette des heaux-arts, t. XL

BOELS (Pierne), fils de Gérard, cttoyen de Louvain, mentionné comme tel le 17 mars 1555. Exécute des médaillons en grisaille pour les fenêtres du refuge du Parc, à Bruxelles, en 1545; fit de nombreux vitraux pour l’église Saint-Georges à Hoboken et pour l’église Sainte-Gertrude à Louvain. Pour cette dernière, il fit Saint Jean à Patlimos. En 1564, il éxécuta des verrières pour la salle capitulaire du Parc : VEcce Homo, La Flagellation. Dans le réfectoire : H Histoire de Tobie. En 1561, pour Sainte- Gertrude : Triomphe de saint Norbert, et pour Waesmunster : Saint Jean à Patlimos. Son œuvre la plus importante : Le Christ en croix entre les larrons, la Vierge, Madeleine et saint Jean au pied de la croix. C’était pour Notre-Dame hors des murs à Louvain. P. Boels meurt le 23 juin 1586.

Ed. Van Even, Biographie nationale, t. II, p. 5-85.

BOELS (Simon), fils de Pierre, verrier à Louvaiir, marié le 12 septembre 1574, fit des verrières pour sa ville natale. En 1596, place des verrières,

notamment dans la maison dite de l’Empereur, place Marguerite, à Louvain; en 1607, à l’abbaye de Parc. Travaille encore en 1614.

Van Even, Biographie natio?iale, p. 587. — A Anvers, voir Ph. -Joseph Bonnecoy, XVIIIe s.

BOELS (François), peintre du XVP siècle, né à Malines, beau-fils de Hans Bol et élève de ce dernier; il a peint des pa^^sages miniatures dans le goût de celui-ci. Il y a quelques années seulement que Th. Frimmel cita sept œuvres que l’on conserve de lui : trois paysages montagneux se trouvant à la Galerie Bruckeuthal, à Hermannstadt, et quatre petits tableaux représentant les saisons (datés de 1594) se trouvant à la Galerie de Stockholm, reproduits par Frimmel (voir ci-dessous).

Van Mander, Le Livre des peintres de 1618, et la même édition Hymans. — Sandrart, Deutsche Acad. Nuremberg, 1675, t II, p. 273 (faute d’impression : Bocts pour Boels). — NeefF, Histoire de la peinture à Malines. — Frimmel, Blàttcr f. Gemàldekunde, t. I, p. 42.

BOEL (Pierre), peintre d’animaux et de natures mortes, également graveur, fils de Jean et neveu de Quirins Boel, né à Anvers le 22 octobre 1622, devint maître en 1650-1651 à la Gilde Saint-Luc de sa ville natale. 11 semble qu’il ait passé auparavant quelques années en Italie, à Gênes, suivant Soprani (voir plus bas), à Rome, d’après C. de Bie (voir plus bas). Déjà en 1649 Wenzel Hollar grava d’après lui une nature morte, un Lièvre abattu (Parthe)4 W. Hollar, n° 2057). Il est un bon successeur des Fyt, plein de tempérament et aux couleurs fortes. Campo We^œrman (voir plus bas) le loue déjà beaucoup. Après 1668, Boel est adjoint à Charles le Brun pour travailler aux (fiobelins à Paris et nommé « peintre ordinaire du roi ». Il y mourut le 3 septembre 1674. Son portrait du « Gulden Cabinet », de de Bie, a été gravé par Lamvers d’après Ouellen. Citons certains de ses tableaux : une Vanité, au Musée de Lille (citée par Ger. Hoet dans la collection de Wit, laquelle lut vendue en 1741 à Anvers); animaux : Trois aigles se disputant autour d'utie biche morte, se trouve au « Stàdelschen Institut » à Franclort-sur-le-Mein (gravé par lui-même); une Chasse à Télan, au Maritshuis à La Haye, à l’intérieur de la Galerie Gouz. Coques; un Ane chargé d’ustensiles de cuisitie, à la Galerie de Cassel ; un Cygne mort et d’autres volailles, au Musée de Rotterdam; de plus des animaux et des natures mortes aux Galeries Prado, Prague, Schwerin, Mosigkau ( Dessau ), Munich, Schleissheim, \'ienne (Académie), Kremsier. Ses deux plus importantes gravures consistent chacune en une série de six estampes ( Diversi ucelli a I^etro Boel et Basse-cour). L. Vorsterman et W. Hollar ont exécuté des gravures d’après ses tableaux. Dans la collection des autographes du Louvre figurent plus de deux cents esquisses de Boel.

C. W'eycrman, /)e Lcvcnshcschryvingcn. La Haye, 1779, t. Il, p. 211. — Soprani, Vite de' pittori, sent, gcnorcsi. — De Bie, Hct Gulden Cabinet, 1661. — .lal, Dict. crtt. — Van Lerius, Biographies d’artistes d’Anvers. — Van deii Branden, Antwerpsche Schilderschool. ■ — Herluison, Actes d'état civil. — Liggercn, t. II. — Zeitschr. f. hild. Kunst, t XIV, p. 340. — Kunstchron., t.XXlI, p. 454 ; A. F., Vil, p. 5.

BOËNS (Alexandre), l’aîné, peintre et lithographe, né à Charleroi le 27 octobre 1760, il y est mort le 5 septembre 1835. Élève de P. -B. de Blocq, puis de A. Lens, à l’Académie d’Anvers. Il s’établit à Bruxelles, peignit des portraits, des tableaux d’histoire et des paysages et fournit de nombreuses lithographies pour des ouvrages illustrés , par exemple pour la quatrième édition de Costumes des Anciens, de Th. Hope, 1826.

BOËNS (Alexandre), le jeune, peintre et lithographe, né à Tournay en 1793, flls du précédent et frère aîné de Léopold Boëns, élève de P. -J. François, s’adonne avec succès à la lithographie à partir de 1820. Ses vues de la nature sont d’une grande exactitude. Il lithographia entre autres les anciennes portes de Bruxelles pour l’œuvre de van der Burggraef et les documents de l’île de Rhodes deRoethiers. L’année de sa mort est inconnue ; en mars 1837, on parle pour la dernière fois de lui.

BOËNS (Léopold), peintre et lithographe, né à Tournai en 1795, mort à Bruxelles en 1837. Elève de P. -J. François en même temps que F. Navez et J. -B. Madou, s’adonna au début à la peinture de genre et d’intérieurs ; plus tard il s’occupa de lithographie. *

BOEYERMANS (Théodore), peintre, baptisé à Anvers le 10 novembre 1620, il y est mort en 1678. Ce n’est qu’en 1654 qu’il est reçu comme maître à la Gilde de Saint-Luc. Son genre présente beaucoup d’analogie avec celui de Van Dyck. Il a passé plusieurs années de sa jeunesse en Hollande, au cours desquelles il lit probablement ses études classiques qui lui valurent le titre de licencié. Il est mort célibataire en janvier 1678 dans sa ville natale. Ses œuvres sont rares et certains de ses portraits sont considérés comme des originaux de Van Dyck. Il y a lieu de citer : une Assomption de la Vierge, le chef-d’œuvre de l’artiste, daté de 1671, pour l’église Saint-Jacques d’Anvers; le Vœu d’ Aloys de Gonzague, au Musée de R antes; un tableau allégorique, Anvers, la mère nourricière des « Antwerpiae pictorum nutrici ■>>. Lorsqu’en 1663 l’Academie d’Anvers fut fondée, divers artistes furent priés de participer à la décoration du bâtiment. Boe3œrmans écouta cet appel et offrit à l'Académie cette création allégorique qui se trouve actuellement au Musée d’Anvers. La cité de l’Escaut est personniliée sur le tableau par un corps idéal de femme aux traits de Marie Ruthven, l’épouse de Vau D\mk. Un jeune enfant s’en approche et lui montre une ébauche. Rubens et Van Dvck figurent également dans cette composition. En récompense, Boe^œrmans reçut une coupe en argent de l’Académie. De plus, Y Étang de Bethséda, de 167-;: Le Christ et la Vierge auprès d,e l’eau convient tous les souffrants au bain guérisseur On trouve dans la composition de grande envergure des tètes dignes d’un ^kln D3mk. Ce tableau, qui se trouvait primitivement au couvent des Sœurs-Noires à Anvers, parvint plus tard au Musée de la ville; L’Envoyé, également au Musée d’Anvers, semble représenter la Rencontre de Cléopâtre et d’ Antoine ; La sainte Vierge apparaissa7it à François-Xavier

et Saint Charles Borromée priant pour les pestiférés; ces deux tableaux se trouvent à l’église des Saints-Pierre-et-Paul de Malines; Charles Borromée parmi les pestiférés, ainsi que la Vision de sainte Madeleine de Pazzi, au Musée de Gand; le Martyre de saint Paul se trouvait primitivement à l’église des Dominicains à Anvers, depuis 1815 il est en France et actuellement il figure au Musée de Toulouse.

Biographie nationale de Belgique. — J -.1. Van den Branden, Geschicdenis dcr Antwcrpsche Schildcrschool .

BOKS (Everard-Jean), peintre à Anvers, né à Beckbergen (Pays-Bas) le i8 avril 1838. Les sujets abordés par cet artiste le montrent préoccupé surtout d’égaver le public par des épisodes plus ou moins drôles de la vie familière. Seule, une Mort d’ Archimède, exposée à Anvers en 1864, avait quelques prétentions à l’histoire. Boks venait alors de sortir de l’Académie. La liste de ses tableaux de genre est extrêmement longue, plusieurs parurent au Salon d’Anvers de 1904. Bornons-nous à citer les principaux : Le double duo (1869), un Mvope à la pêche (1872), La première rencontre (1873), Naufrage ait port (1S74), Quand les chats sottt sortis les souris dansenl (1875), Domestiques festovant surpris par leurs maîtres, etc.. Visite inopportune ( 1877).

En 1883, à l’Exposition universelle d’Anvers, Boks exposait avec les Hollandais. Le Alusée d’Anvers possède son portrait daté de 1898.

BOIS (Dominique-François DU), peintre d’histoire, né à Bruges le 8 novembre 1800, elève de J. -F. Ducq, à Bruges, .et de M.-J. Van Brée, à Anvers; il se rendit ensuite à Paris, où il fut provoqué artistiquement par Gros. Étant rentré aux Pa}^s-Bas, il der int directeur de l’École des Arts à Bois-le-Duc, où il est mort le 27 octobre 1840, âgé de 40 ans à peine. On possède de lui, à l’Hôtel de ville de Bois-le-Duc, un grand tableau historique ; Le prince d’ Orange (Guillaume 11) remettant un étendard à la Garde A'aiionale de Bois-le-Duc. De lui également les décorations de l’antichambre de la salle d’audience du château royal de La Haye.

Immerzecl, De Levens en Werken, etc.

BOIS (Ambroise DU), i)eut-être BOOSCHAERT, peintre llamand, né à Anvers, où nous trouvons, en 1573, un Ambroise à Bouchout, baptise à Notre-Dame le 18 novembre comme fils d’Ambroise, peintre, ayant pour ])arrain Jean de Prins, également [leintre, et pour marraine Marguerite Lisaert, femme du peintre Philippe Lisaert. 11 existe beaucoup d’incertitude au sujet de l’origine d’Ambroise Du Bois, décédé en k rance, à Avon, non loin de Fontainebleau, le 29 février 1614. S’il en fallait croire Félibien, Du Bois aurait eu alors environ 72 ans, ce qui le ferait naître en 1542 ou 1543 et il dit qu’il avait 25 ans en arrivant à Paris. Il y a plusieurs raisons pour douter de l’exactitude de ce renseignement. Venu en France à la fin du XVI" siècle. Du Bois aurait alors dépassé l’âge de 50 ans; cependant il

n’était pas- marié alors et son premier enfant ne lui naquit qu’en 1595. Cela paraît peu vraisemblable, d’autant plus que, dans ce cas, il serait permis de croire que le peintre se serait fait d’abord une réputation dans sou pays natal où, cependant, il ne laisse aucune trace. Né en 1573, au contraire, il aurait eu le temps de se faire en France une réputation avant d’entreprendre les grandes peintures de Fontainebleau qui ne furent exécutées que dans les premières années du XVIF siècle. Aucun Du Bois ne ùgure aux registres de la Gilde de Saint-Luc d’Anvers, aucun Van den Bossche ayant le prénom d’Ambroise n’y figure davantage : il y a donc fortes présomptions en faveur d’Ambrossius Bosschaert. Le cas est du reste fréquent de noms flamands traduits en France : Martin Van den Bogarden devient Des Jardins, Plattensige, Plate Montagne ou simplement Montagne, etc.

Les œuvres d’Ambroise Du Bois ont disparu presque toutes avec les anciennes Galeries de Fontainebleau. Il y avait eu quinze peintures représentant : Les Amours de Théogène et Char idée, \ Histoire de Tancrède et Clorinde, plusieurs scènes de chasses. Pour la galerie de Diane, les portraits de Henri IV en Mars et de Marie de Médicis en habits royaux. Un mémoire des registres de la Maison du roi de France, retrouvé par M. J.-L Guiffrey et publié dans le Journal des Beaux-Arts, 1870, page 53, dit que « sur la fin du XVP siècle, Ambroise Du Bois, natif d’Anvers, vint en France, y acquit beaucoup de célébrité comme peintre, se fixa dans ce royaume et obtint des lettres de naturalisation du roi Henri IV, données à Paris au mois de mars 1601 ». L’épitaphe du maître à Saînt-Pien'e-d’Avon, près Fontainebleau, a été relevée par M. Jal. Il y est mentionné avec le titre de valet de chambre et peintre ordinaire du Roi et désigné comme Anversois. Il avait son logement à P'ontainebleau. Après sa mort, le logement passe à Françoise de Hoey sa veuve, puis à Louis Du Bois son fils, le 30 piin 1651, avec 2,000 livres de pension. Louis était gentilhomme servant depuis le 21 octobre 1644. Depuis le 10 ianvier 1595, Du Bois présentait déjà des enfants au baptême, à Fontainebleau. Marie de Médicis l’avait nommé son peintre. Devenu veuf, il épousa, eu 1601, Françoise de Hoe}" (Doué) (encore un nom francisé), une descendante de Lucas de Leyde.

Tableaux d’Ambroise, de Jean Du Bois son fils, de Paul son neveu. Au rez-de-chaussée : trois suiets de la vie d’Adam et Eve. Plusieurs copies : Madeleine, du Titien; La Joconde, de Léonard de Vinci; Henri IV à dieval et Marie de Médicis. Dans la chapelle ; La Résurrection et La Descente du Saint-Esprit.

Guiffrey, Description historique de Fontainebleau .

BOL (H ans [Jean]), peintre de miniatures et graveur, né à Malines le 16 décembre 1534, élève de ses deux oncles, peu connus, Jacques et Jean Bol. Après son apprentissage, il travailla deux années à Heidelberg, retourna ensuite à Malines et fut reçu comme maitre à la Gilde en 1560. Après la chute de la ville, en 1572, il s’enfuit au-devant de la soldatesque espagnole et se réfugia à Anvers, où il entra à la Gilde en 1574. Jusqu’à cette

date, il semble s’être occupé principalement de cartons pour la tapisserie, mais vo}"aut que ses travaux étaient fréquemment copiés sans vergogne, il s’adonna à la peinture de paysagès en miniature, surtout des aquarelles sur parchemin, et dans ce genre il était difficile d’imiter sa finesse et sa richesse. Pourchassé de nouveau par les troubles eu 1584, il vint à Bergen-op-Zoom, Dordrecht, Delft et, en dernier lieu, à Amsterdam, où il reçut le droit de cité le 4 novembre 1591, et où il fut enterré à la vieille église le 30 novembre 1593 (renseignement de A. Bredius). Son portrait a été gravé deux fois par H. Goltzius (III, 48). Trois de ses élèves eurent du renom : son beaufils François Boels (voir plus haut), Jacques Savery et G. Hoefuagel. De ses grandes peintures, K. Vau Mander cite un grand paysage avec Dàdale et Icare, ainsi qu’un grand tableau du même genre aux couleurs à l’eau sur bois formant en même temps pendant (Destruction de la flotte grecque devant Troie). Ce tableau vint de la collection impériale de Prague à Stockholm, actuellement au Musée national. On trouve de ses jolis pa5"sages en miniatures, richement peuplés, dans toute une série de musées et de collections privées, par exemple au Musée de Bruxelles : une Vue d’ Anvers (1572); au Musée de l’empereur Frédéric, à Berlin, une Vue d’un village (figure en plus grand au Musée de Bohême, à Prague); neuf petits pa)"sages (signés H. Boel ou Hans Bol et datés de 1580, 1587, 1588) à la Galerie de Dresde et, en outre, dans les Cabinets de gravures sur cuivre de Berlin, Dresde, Copenhague, Munich, Paris (Bibliothèque nationale). Vienne (Albertina).

Comme graveur, il a (iroduit une série superbe de petites gravures, que cite J.-Ph. Vau der Kelleir, le peintre-graveur hollandais et flamand, Utrecht, 1866, I, 85; ont gravé d’après ses tableaux, les Galli, Collaert, Goltzius, Crispin de Passe, Sadeler, P. Merica, Nie. de Bryn et Hieronimus Cock.

K. Van Mander, Het Schilderboch, 1618 et édit. Hymans, t. II, p. 371. — Obreen, Archief, t, 11, p. 274: t. VI, p. 37. — Biographie natioriale de Belgique. — Nageler, Monogr.. I. n" 1931 ; II, n°“ 2168 et 2253: III, n« 686; IV, n° 951. — Neeffs, Histoire de la peinture et de la sculpture à Mali?ies. — Report, f. Kunstw., t. XXVI, p. 135 (A.-L. Komdahl au sujet des deu.x grands tableau.v au Musée de Stockholm). — Catalogue des Galeries citées ci-dessus.

BOL (Corneille), aussi BOLS, iieintre flamand, originaire de Malines, frère cadet de Hans Bol, et qui, d’après les archives de sa ville natale, se trouvait à Anvers en 1577. Nous trouvons, également à Anvers, dans les anciens registres paroissiaux de Notre-Dame, un eirfant Corneille Bols, fils de Corneille, présenté au baptême le ii juillet 1576. Peut-être ce second Corneille est-il le peintre inscrit à la Gilde de Saint-Luc d’Anvers, en 1607, comme élève de Tobie Verhaecbt, et qui devint franc-maître en 1615. La présence de ce second Corneille est attestée, à Anvers, par les inscriptions de la Gilde de Saint-Luc en 1620-1621, 1622-1623 et 1624.

Van der Willigen a relevé, tle son côté, dans les archives de Harlem, le mariage de Corneille Bol « d’Anvers », célébré le 22 septembre 1613, et ce même artiste a des enfants à Harlem en 1613, 1619, 1623, 1629 et 1632. En 1637, il offre à la Gilde de Saint-Luc, à Harlem, un grand tableau de

navires pour orner son local, et il est commissaire de la Gilde en 1655. Sa femme mourut à Harlem en 1659 et lui-méme y décéda le 23 octobre 1 666.

Puis se présente une nouvelle difficulté. Selon plusieurs auteurs, C. Bol aurait travaillé encore à Londres et peint le grand incendie des 12-16 septembre 1666, et gravé des ports de mer. Walpole déclare ne connaître aucune de ses œuvres, mais Vertue en avait vu à Sutton Place, dans le comté de Surrey.

Neefs, Histoire de la pehiture ci de la sculpture à Malines, t. I, pp. 201 et suiv. — Vander Willigen, Les artistes de Harlem. — Rombouts et Van Lerius, Les Liggercn et autres archives de la Gilde de Samt-Luc à Anvers. — Walpole, Anecdotes of Pauiting in England, édit. Dallawaz, t. 111, p. 11.

BOLLAERT (Cornélius), peintre connu à l’origine seulement, mais selon toutes apparences à Bruges, En 1450, il y est admis comme maître de la Gilde de Saint-Luc et, en 1461, il en devint le doyen. Il doit être mort vers 1477, car il est question en cette année d’une fondation qu’il a faite à la paroisse Saint-Égide à Bruges.

Le Beffroi, t. I, p. 209, — Documents de la Gilde de Savit-Luc à Bruges. — De Laborde, Les Ducs de Bourgogne, t. 1.

BOLOGNE (Jean de), peintre à Liège où il est mort en 1664. Élève de P. J. Eurnius (Dufour), il fit des études en 1593 en Italie. Après son retour, il a peint La Guérison de l’aveugle, pour la tombe de ses parents, à l’église des Dominicains à Liège. En 1605, il fournit pour le chœur de l’église de l’abbaye de Saint-Lambert, plusieurs tableaux ainsi qu'un tableau pour l’autel et un autre pour De Kengemàlde de Sainte-Gertrude. De ses nombreux tableaux surchargés de figures il n’en reste plus qu’un seul connu actuellement : Le groupe important de la Gilde des Arbalétriers, au Musée de Malines.

L. Abry, Les hommes illustres de la nation liégeoise. — Biographie nationale de Belgique. — J. Helbig, La peinture au pays de Liège, 1903.

BOLS (J acques), peintre. Entre le 6 août 1681 dans la Gilde de Dordrecht. On lui demande le nombre de ses enfants. Déclare n’en rien savoir et dit qu’il doit compter (01)reen,t. II, p. 182). Jacques Bols, de Malines, devient bourgeois d’Amsterdam le 4 novembre 1571 (Obreen, t. II, p. 274). Le sieur P. Scheltema pense qu’il était fils de Jean Bol, né à Malines en 1534 et mort à Amsterdam en 1593, ce qui était une erreur, puisqu’il était le frère de Hans. Jacques Bols fut reçu dans la Gilde de Malines le 26 août 1558 et franc-maître à Anvers en 1574. Il s’expatria pour le fait de religion et n’était pas rentré en 1586 (Neet, t. I, p. 206).

Jacques Bols, de Malines, peintre âgé de 33 ans le 20 avril 1602 (donc né en 1569), assisté d’Ursule Roybos, sa mère, et Pierre Bols, son frère, avec

Judith Marinier, fille de Georges, d’Anvers, âgée de 25 ans, et dont le père a donné son consentement, fait baptiser une fille en 1605 à Amsterdam.

Oiid Holland, t. II, p. 67, notes de Devries.

BOLS (Pi erre), 15 mai 1599, peintre âgé de 36 ans, assisté de Jacques Bols et d’Ursule Ro}"bos, sa mère, et Catherine Van Roye, d’Anvers, âgée de 21 ans, avec Michel Van l'ioye, son père, et Barbe Monseyn, sa mère, en 1602 et 1603 font baptiser des enfants. En 1607, le 22 août, fait enterrer un enfant dans la nouvelle éMise.

BOMBERGHEN (Guilla urne VAN), peintre de portraits en miniature et â l’huile et de pa3"sages, né à Anvers en 1807, mort à Bruxelles le 15 décembre 1882. Les registres d’inscription de l’Académie d’Anvers signalent sa présence parmi les élèves en 1818 avec l’indication de son âge (10 ans). Après avoir été un temps l’élève des cours de figure, ^'an Bomberghen se rendit à Paris et envo}''a de là, aux expositions belges, des échantillons de son talent comme miniaturiste. Revenu à Anvers en 1834., ce furent d’abord des œuvres de l’espèce qui attirèrent sur lui l’attention, et bientôt il exécuta aussi des portraits à l’huile qui ne sont dénués ni de grâce ni de mérite. Nous connaissons également de lui une Fille d’Eve, de grandeur naturelle, dans une collection particulière d’Anvers. A dater de 1840, cependant, le peintre s’adonne exclusivement au pav'sage, choisissant de préférence des effets de lune, spécialité dans laquelle il se fit une certaine réputation. Vue de Hollande, effet de lune ( Bruxelles, 1845); Vue des environs d’ Aixvers, effet de lune (Anvers, 1849).

Dans la collection Van der Straelen-Moons-Van I^erius, vendue à Anvers en 1885, il y avait de Van Bomberghen un grand pavsage : Effet de soleil couchant.

Imrsque l’artiste mourut à Bruxelles, il avait cessé depuis une vingtaine d’années de jiarticiirer aux expositions.

Sources particulières.

BONBARRE (Georg es), « Georges le Vénitien t[ui avait fait le portrait de Jacques-Auguste de Thou dans les premières années de son enfance, et dont il est parlé au commencement des mémoires de cet illustre écrivain, se nommait « Bonbé» ; il était Idamand et exerçait la peinture et la sculpture vers 1569. Il avait appris son art en Italie sous le Titien et sous le Tintoret, et il avait été amené en I^'rance ])ar le cardinal de Lorraine pour travailler à Meud(»n ut autres lieux. Tout ceci se trouve écrit au bas de son portrait dessiné, que j’ai ^ u d;ins un recueil de portraits de peintres, la plupart copiés, ({ui sont dans le Vasari. 11 est remarc|uable qu'on le nommait en France le Vénitien, quoique son pays fut la Fdandre. Le long séjour (ju’il avait du faire :i Venise avait fait sans doute oublier le heu de sa naissance, et il est vrai (pie la véritable patrie il’un artiste est le heu où il s’est installé dans l’art qu’il ])rofesse. J’ai vu de ses dessins â la plume, dont un digne du Titien, qu’il

a dû faire à Rome. C’est une Vue de Vile Saint-Barthélemy , d’autant plus curieuse qu’elle représente, avec fidélité, les choses comme elles étaient au milieu du XVI® siècle.

Les annotateurs disent que son portrait est dans les croquis du Cabinet des Estampes de Paris.

BON ET (Jacques-Louis), peintre belge d’histoire et de portraits, né à Grand-Ménil (province de Namur) le 17 mars 1S22, mort à Belgrade (Xamur) le 12 juin 1894. Elève de l’Académie de Xamur et de celle de Bruxelles, Bonet fut également et surtout l’élève de Xavez. Dès l’année 1844, il participe aux expositions et débute à Bruxelles avec une Vierge et des saints personnages au pied de la Croix. En 1848, il expose deux tableaux d’un Chemin de la Croix. Eu 1851,1! décora d’une grande Allégorie de la peinture le plafond de la salle érigée à Bruxelles pour la fête artistique. D’abord professeur à l’Académie de Xamur, Bonet devint directeur de cet établissement à dater de 1880. On voit de lui à l’Hôtel de ville de Namur, Les deux mères, du jugement de Salomon, figures de grandeur naturelles; à l’église de Mariembourg, La Conversion de la Madeleine; L' Adoration des mages, à l’église d’Anzinelle (Xamur); un Chemin de la Croix, en quatorze tableaux, à l’église de VAlaines-sur-Sambre. Bonet a peint en outre de nombreux portraits.

Sources particulièi es.

BON NEC ROY (Jean-Baptiste), peintre-graveur à l’eau-forte, né à Anvers le 12 février i6i8. Fils de parents aisés, il parait avoir voulu entrer en religion, mais après avoir porté l’habit de frère mineur de l’ordre de Saint-François (1638), il était marié dès avant d’avoir atteint sa majorité, et Lucas \’an üden fut un de ses tuteurs. Au mois de janvier 1644, il faisait avec ce peintre un accord d’apprentissage dont le terme devait être de trois ans et le prix de 800 llorins payés d'avance. Dès l’année 1645-1646, Bonnecroy est admis franc-maître à Anvers. Xous connaissons de lui deux œuvres remarquables représentant l’une et l’autre le Panorama d’Anvers, du côté de l’Escaut. La plus grande, qui mesure près de 4 mètres de long, fut exposée en 1877 à l’Exjrosition rétrosjrective d’Anvers. L’autre \me, moins grande, d’une meilleure conservation, est au séminaire épiscopal de Bruges. Elle est signée et datée de 1656. Bonnecroy se révèle conrme un peintre très scrupuleux du détail, mais aussi comme un excellent coloriste et très soucieux du pittoresque. La même (pialité se manifeste dans ses eaux-fortes, que Bartscb range à tort dans l’œuvre de L. Van Uden, malgré leur signature. Robert Dnmesnil, se guidant d’après le nom, admet Bonnecro}' dans le Peintregraveur français. Les eaux-fortes dont il s’agit sont des pavsages, sites brabançons, pittcn'esques mais un peu lourdement traités. 11 y manque surtout l’effet de perspective aérienne et, sous ce rapport, elles le cèdent grandement aux œuvres analogues de Van Uden. Bonnecroy acquit une maison à Anvers en 1658, et la revendit en juillet 1662. A dater d’alors, on perd sa trace. C’est

peut-être qu’il se fit recevoir comme maître dans la Gilde de Bruxelles en 1665, mais le prénom de l’artiste n’est point indiqué. Nous pensons qu’il eut des fils peintres, fils de maître, et en 1662-1663, David et Sébastien, également fils de maître. Les«Liggeren »de Saint-Luc mentionnent d’antres Bonnecroy, entre antres un Philippe Bonnecroy admis en 1634 comme peintre et marchand et qui mourut en 1660.

P. -.T Vanden Branden, Les Liggcren. — Rombouts et Van Lerius. — Robert Dumesnil.

BONNECROY (Philippe), peintre, né à Anvers le 30 avril 1720, élève de J. -A. Beschy. En 1762 et en 1771, il est doyen de la Gilde de Saint-Luc à Anvers. Ses œuvres sont inconnues.

Les Liggeren, t. II, p. 769.

BOOM (Karel), peintre d’histoire, né à Hoogstraeten (province d’Anvers) en 1858. Élève de l’Académie d’Anvers, où il est professeur, et de Charles Verlat, il se ressent de la manière de son maître et traite surtout les sujets de l’histoire des Pa)^s-Bas an XVE siècle, par lesquels Leys s’est illustré.

Boom est l’auteur de peintures murales décorant le palier du premier étage de l’Hôtel de ville d’Anvers et l’église de Hoogstraeten, son lieu natal. Le Musée d’Anvers possède de lui un tableau daté de 1901 et intitulé : Dans les murs d’Anvers (1550).

Sources personnelles. — The Studio.

BORCHT (IBORGT, BURG] Gaspar VAN DER), peintre de la Cour de Guillaume IV de Hesse-Cassel depuis 1576, probablement originaire de Bois-le-Duc; à partir de 1592, citoyen de Cassel, où il a été enterré le 27 avril 1610. Il semble s’être occupé principalement de la galerie de portraits des Landgraves. Il travailla également en 1582-1583 pour le duc Eric de Brunswick.

L.es Liggeren, t. I, pp. i88 et 247. Un appelé Gaspard Van den Borght devint maître à Anvers. S'agit-il de celui-ci 'i — Rcpertoriumfür Kunsterw., t. XXI, pp. 53 et 57.

BORCHT (Henri VAN DER), le père, peintre et graveur, né à Bruxelles en 1583. Il lut emmené en xAllemagne par ses parents, n’ayant atteint encore que sa troisième année. Ses dispositions pour la peinture le lirent mettre en apprentissage chez Nestin Vau Valckenborght (le texte de son portrait gravé par Hollar, dit Gilles Van Valckenborgh). Il partit ensuite ])our l’Italie, où il s’appliqua non seulement à l’étude de son art, mais à celle de l’arclréologie, et forma une collection d’antiquités : médailles, gravures, peintures, etc., qui passa plus tard aux mains du comte d’Arundel et se trouve aujourd’hui à l’Université d'Oxford. Revenu d’Italie, Vau der Borcht se fixa à Erankenthal, où demeuraient un grand nombre de ses compatriotes; il s’y maria et y resta jusqu’en 1627, époque à laquelle il alla habiter Erancfort-sur-le-Mein, où il mourut en 1660. Gwinner assure que Vhiu der Borcht séjourna en Angleterre avant de se fixer à Francfort. Cela

nous paraît fort improbable, attendu que ce fut en 1636 que le comte d’Arundel passa à Frankenthal et emmena Van der Borcht, le jeune. Quoi qu’il en soit, les auteurs anglais ne donnent point la date précise du séjour dans* leur pays. Il est difficile de distinguer les œuvres de Van der Borcht père de celles du fils. Le portrait du premier, gravé en 1650 par Wenceslas Hollar, et que l’on trouve inséré dans le Gulden Cabinet de de Bie, est, d’après une peinture, de Henri le jeune. Gwinner cite un tableau du Sacre de David se trouvant sur le Kaiserstiege, à Francfort. Les figures, au nombre de douze, sont de trois quarts nature. Le tableau était toutefois sans signature; rien ne permet d’affirmer, sans réserva, son authenticité. Nous avons dit que les eaux-fortes de Van der Borcht père sont difficiles à distinguer de celles de Van der Borcht fils. Gravées, pour la plupart, d’après des maîtres italiens, elles reproduisent aussi des créations de la collection Arundel. Nous devons faire observer toutefois que Fusseli attribue à tort au père l’eau-forte du Christ an tombeau, d’après Raphaël, la dédicace de celle-ci portant formellement l’indication «junior ». Au surplus, le portrait d’Henri le jeune, par Hollar, nous montre le personnage tenant précisément l’épreuve de la susdite planche.

Gwinner, Kiinst u?id Kunstler in Francfort-a.in-Mabi. — C. de Bie, Giilde7i Cabinet der Edel Vry Schilder Cnnst, 1661.

BORCHT (Henri VAN DER), le fils, peintre et graveur belge, ne à Frankenthal vers 1615, élève de son père Henri, à Francfort. En 1636, le comte d’Arundel le trouva à Frankenthal et, remarquant ses dispositions artistiques, non moins que ses connaissances en matière d’archéologie, le chargea de voyager pour lui en Italie, d’y rassembler des antiquités, enfin de se rendre auprès de lui en Angleterre. Le comte d’Arundel mourut en 1646, à Padoue; Vau der Borcht, qui était alors à son service, passa au service du prince de Galles, plus tard Charles H, et fut adjoint à Petty, l’homme de confiance du prince pour ses acquisitions d’œuvres d’art. Henri Van der Borcht revint plus tard dans les Pays-Bas et mourut à Anvers, fort âgé, dit-on. Nous ignorons, toutefois, la date de son décès. C’est peut-être lui dont la mort figure aux registres de Saint-Luc d’Anvers en 1665-1666, avec omission de prénom. C’est probablement son fils « François, fils de Henri Vau der Borght », que nous trouvons inscrit à la Gilde de Saint-Luc de Bruxelles, comme élève de Pierre Van der Borcht le jeune. Quant aux œuvres de l’artiste, elles sont dilficiles à identifier, à cause de la similitude de nom du père et du fils.

Note de M. Bredius a M. Hymans. — Borcht, Hendrick Van der Borcht est, le 2 mars 1652, peintre et conservateur de la comtesse d’.-\rundel. Il recherchait potir la famille, en Hollande (Amsterdam), des peintures à acheter. A Anvers, il donne le nom de \'an der Borcht, peintre.

De Bie, Gulden Cabinet. — Immerzeel.

BORCHT (Hendrick VAN DER), peintre et graveur, ne à Anvers le II août 1849. Elève de l’Académie de sa ville natale et d’Eugène Joars.

Deux de ses œuvres figurent au Musée d’Anvers. Elles représentent la Vieille rue Saint-Roch, l’une et l’autre. Il a aussi gravé.

Catalogue du Musée d’Anvers, 1905.

BORCHT (Pierre VAN DE R) ou VERBORCHT, peintre, graveur et dessinateur pour la gravure sur bois, fils de Jacques, né à Malines en 1545. Il résulte d’une lettre de Plantin que Van der Borcht, réduit au plus complet dénuement lors du pillage de Malines par les Espagnols en 1572, vint à Anvers avec sa famille et fut recueilli par le célèbre imprimeur pour lequel, dès avant cette époque, il avait exécuté des travaux. En effet, des livres publiés par Plantin en 1565, tels que Y Herbier de Dodouœus, les Fables de Faerne parues en 1567, contiennent déjà des planches d’après les dessins de \'an der Borcht. Inscrit comme franc-maitre à la Gilde de Saint-Luc d’Anvers en 1580, il en fut successivement do)^!! en 1589, 1590, 1591 et 1592, bien que ceci ne soit point prouvé, passe pour l’élève de Pierre Breughel. Certaines compositions qu’il a gravées avec un très réel talent et beaucoup d’esprit, représentent eftéctivement des scènes de mœurs conçues absolument dans le goût du vieux Breughel, mais nous n’avons point d’autre indice pour prouver les rapports entre les deux maîtres. De Bie assure qu’après avoir débuté comme peintre de figures, P. A"an der Borcht s’adonna plus particulièrement au pa}’sage. Les estampes que l’on possède du maître, à défaut de ses peintures, fort rares, dénotent qu’en effet certains paysages de Van der Borcht sont très développés et que les personnages n’y tiennent qu’une place accessoire. Ce sont de vastes contrées, semées de fabriques, dans le goût du XVP siècle. Très absorbé par les dessins qu’il livre à la librairie plantinienne, le maître eut, sans doute, peu de loisirs pour manier le pinceau. On lui doit d’immenses séries de planches, les unes simplement dessinées par lui, et gravées sur bois, telles que des lettrines et des fleurons encore conservés au Musée Plantin à Anvers; d’autres exécutées directement par lui-même sur cuivre comme dans le livre de Bochim, sur l’Entrée d’Albert et d’Isalielle à Anvers. Ce beau livre parut en 1602. Pierre Van der Borcht mourut à xûnvers en 1608. Nous ignorons s’il fut parent d’Henri Van der B(U‘cht. Il eut un frère, Paul, inscrit à la Gilde de Saint-Luc d’Anvers en 1559 et admis à la bourgeoisie en même temps que lui le r'^'' iuillet 1597. Il eut également deux Hls : Pierre et François, inscrits parmi les peintres de Bruxelles en 162^. Kramm mentionne un tableau signé des initiales de P. \'an der Borcht, rejnésentant le Premier droit de Salomon, à l’Hôtel de ville de Délit (un paysage signé du nom de Pierre \’an der Borcht en entier à l’Ainalien stift, à Dessau), signé 1628. Pierre \'an der Borcht meurt en 1608. Les gravures exécutées sur cuivre par le maître portent également son nom en entier.

Verachter el Terbruggen, Histoire Je la giaviirc d' Anvers. Anvers, 1875.— Rooses,

Christophe Plantin. Ipnprimcric am<ersoisc. 1882. — (’orneille De Hie, Gulden Cabinet.

— Catalogue du .Musée i’iantin.

BORCHT (Pierre VAN DER), peintre tlamaud, est inscrit, en 1604, anx registres de la Gilde de Saint-Lnc des peintres de Bruxelles, comme tils de feu Pierre et élève de Denis Van Alsloot. Il devint la souche de la célèbre famille des Van der Borcht qui eut une grande notoriété dans la fabrication des tapisseries bruxelloises. Son lils, nommé également Pierre, fut admis franc-maitre à la Gilde de Bruxelles en janvier 1625, et François Van der Borcht, tils de Henri, fut, en 1640, l’élève de Pierre. Nous ne connaissons aucune œuvre de ces artistes.

BORDIAU (Gédéon), architecte, né à Neufvilles, près de Soignies (Belgique), le 2 février 1832, mort à Bruxelles le 23 janvier 1904. Elève de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, travailla aussi dans les bureaux de Jos. Poelaert, auteur des plans du Palais de Justice de Bruxelles. Il participa ainsi à la construction de l’église de Laeken, de celle de Sainte-Catherine à Bruxelles, de la Colonne du Congrès, des transformations du Théâtre de la Monnaie. Comme œuvre personnelle, Bordiau fut l’auteur du Palais du Cinquantenaire, aujourd’hui le Musée des Arts décoratifs et industriels, vaste ensemble de constructions qui relie la monumentale arcade de l’architecte français Henri Giraud. Appelé par le grand-duc de Nassau à ériger le château de Konigstein, Bordiau fut ensuite chargé de la créatiorr du Palais du Luxembourg. Il se lit connaître aussi comme l’architecte des bâtiments des Expositions universelles d’Anvers en 1885 et en 1894, de 1888 et de 1897 à Bruxelles. Les suftrages ne lui manquèrent point. Membre de l’Académie royale de Belgique (1902), il était aussi membre de la Commission ro5’ale des Monuments, commandeur de l’Ordre de Léopold, de l’Ordre d’Isabelle la Catholique, de la Couronne de Chêne, otiicier de la Légion d’honneur, etc.

Henry Rousseau, Gédéon Bordiau (note biographique). Bruxelles. 1904. — Edni.

Marchai, Discours prononcé aux funérailles de Bordiau. — Souvenirs personnels.

BORREKENS (Jean-Pierre-François), peintre d’histoire et surtout de paysages, né à Anvers le 17 décembre 1747, mort dans la même ville le 28 août 4827. Elève de l’Académie d’Anvers, il y remporta, en 1772, le premier prix de dessin d’après nature et, après avoir débirté comme peintre d’histoire, s'adonna ensuite plus spécialement au paysage. Il fut, en 1791, l’un des membres de la Société d’encouragement des Beaux-Arts d’Anvers, et bien qu’en réalité plutôt amateur, se signala, toutefois, comme un paysagiste de réelle valeur. Ommeganck a fréquenrment étoffé ses paysages. Borrekens était le beau-frère du peintre André Lens, dont il avait épousé la sœur. Ses œuvres se rencontrent peu.

Immerzeel, Levons en Werken, etc., t. I, p. 76. — Biographie nationale de Belgique.

BORREKENS (J ean - Baptiste), peintre anversois de l’école de Rubens, né à Anvers le 17 mai 1611. Admis franc-maître de la Gilde de Saint- Luc en 1630; il épousa, en 1636, Catherine, tille de Breughel de Velours,

Rubens étant témoin du mariage par lequel Borrekens devenait le beau-frère de David Deniers le jeune. En 1637, le fils, premier né de ce mariage, eut Rubens pour parrain et porta les prénoms de Pierre-Paul. Ce fils ne fut point peintre, mais négociant. Borrekens lui-même s’adonna au commerce et acquit une brillante fortune. La maison qu’il occupait était splendidement décorée de tapisseries et de peintures des premiers maîtres du temps. Il mourut le 13 février 1675. On ne connaît de lui que deux peintures signées. Elles sont au Musée du Prado et représentent V Apothéose d’ Hercule, le demi-dieu sur un char traîné par quatre chevaux. La seconde peinture est une esquisse de la première.

J. -B. Borrekens était le frère du peintre de ce nom, Mathieu.

F. -J. Van den Branden, Geschicdenis der Antiverpsche Schilderschool, p. 912.

BOSCH (Édouard-Corneille VAN DEN), peintre et graveur belge, né à Anvers en 1828^ mort à Bruxelles le 23 janvier 1878. Elève de l’Académie d’Anvers, il fut d’abord décorateur, se fixa ensuite à Bruxelles où il s’adonna, avec succès, à la peinture des fleurs, d’accessoires et de nature morte. Dès l’année 1848, il exposait à Bruxelles un tableau de fleurs et de fruits. Plusieurs de ses oeuvres furent très remarquées, et le Musée de Bruxelles possède de Van den Bosch un charmant tableau intitulé Le Chat s’ajnuse, représentant un chat qui, après avoir renversé l’encrier sur un commencement d’œuvre manuscrite, s’amuse encore à barbouiller celle-ci. Van den Bosch a fait luimême une planche, gravée à l’eau-forte, d’après ce tableau.

Sources particulières.

BOSMANS (André), peintre de fleurs, né à Anvers et baptisé à Saint- Jacques le 28 juillet 1621. Inscrit à la Gilde de Saint-Luc d’Anvers en 1636, on suppose qu’il fut élève de Daniel Seghers. Il fit d’ailleurs des études théologiques, entra dans les ordres, devint chapelain de l’évêque Antoine Triest, et devint, en 1657, chanoine de la cathédrale d’Anvers. Toutefois, en 1664, il renonça à sa prébende et partit pour Rome où il décéda vers 1681. Le Musée royal de Madrid possède un tableau de Bosman, nommé « Antoine ». C’est une guirlande de fleurs entourant un bas-relief attribué à Corneille Schut.

F". -J. Van den Branden, Gcschiedenis der Antwcrfsche Schilderschool, pp. 1133-1134.

BOSMAN (Antoine) est un peintre flamand, mentionné comme habitant Rome au mois d’avril 1649, par Bertolotti : Artisti Belgi ed Olo7idisi a Roma. Nous ne saurions dire s'il y a aucun rapport entre lui et André Bosmaus. Il en est vraisemblablement ainsi, et les deux artistes n’en font sans doute qu’un seul, mais nous n’avons aucune source à l’appui de la sup]iosition.

BOSSCHAERT (Jean-Baptiste), peintre de fleurs flamand, auquel on attrilrue à tort le prénom de Nicolas (un peintre de ce nom né, d’après Immerzeel, en 1696), naquit à Anvers en 1667 et fut baptisé le 17 décembre.

Son frère, également peintre et boulanger, avait épousé la sœur du peintre Erasme de Bie. En 1685, J. -B. Bosschaert fut mis en apprentissage chez Jean-Baptiste Crépu, peintre de fleurs, pour une période de sept ans qu’il ne put achever, puisque Crépu décéda en 1689. Reçu franc-maître de la Gilde de Saint-Luc en 1693, Bosschaert fut un peintre des plus féconds, et Campo We^œrinan, qui le connut, nous apprend qu’il fut exploité par les marchands et vécut dans une profonde misère. Ses œuvres, vigoureuses, abondent dans les Pays-Bas et servirent à décorer les appartements. Elles ont incontestablement une réelle valeur d’exécution. On ne connaît point l’année de la mort de Bosschaert, qui vivait encore en 1729 quand parut le livre de Weyerman.

F -J. Vanden Branden, Geschicdenis der Antwerpsche Schi/derschool. — Descamp, Vie des pemtrcs, — Campo Weyerman, Levensheschryrji?ig der Nederlandsche Kunstschilders.

BOSSCHE (VAN DEN), famille de peintres du XV« siècle à Gand, à laquelle appartenait déjà Achille Van den Bossche (voir plus loin), ainsi que Tristram et ses enfants, Agnès et Livinus Van den Bossche. Ils étaient membres de la Gilde de Saint-Luc de Gand et sont le plus souvent cités pour des travaux décoratifs. Il semble toutefois que rien de leurs œuvres n’est parvenu jusqu’à nous.

Van der Haeghen, Méy/toire sur les faux documetils. Bruxelles, 1899. — Hulin, Hulletiyi de la Société d' Archéologie de Gand, 1908.

BOSSCHE (Simon VAN DEN) le vieux, peintre gantois, que l’on prétend élève de Van Eyck, avant l’introduction de la peinture à l’huile. Franc-maître de la Gilde des peintres à Gand en 1422, il eu fut doyen en 1428 et eu 1444. Nous ignorons l’année de sa mort. Aucune de ses œuvres n’existe actuellement.

Edrn. de Busscher, Recherches sur les peintres gantois des AYF*’ et A'I'o siècles.

BOSSCHE (Simon VAN DEN) le jeune, peintre gantois, fils aîné et elève du précédent, né à Gand eu 1425. On le désigne comme peintre de portraits.

Edm. de Busscher.

BOSSCHE (Balthazar VAN DEN), peintre d’histoire, de genre et de portraits, né à Anvers le 6 janvier 1681, elève de Gérard Thomas, peintre peu connu; admis franc-maître à la Gilde de Saint-Luc en 1697. Il travailla un certain temps en France, à Paris, à Nantes, à Douai, retourna ensuite à Anvers, où il se maria au mois de septembre 1706.,

Il peignit pour la Gilde des Arbalétriers un tableau signé et daté de 171 1, et qui est au Musée d’Anvers. Il représente la réception du bourgmestre J. -B. del Campo comme chef de cette Gilde. Les personnages, de petite grandeur, sont représentés en pied. Un autre tableau, daté de la même année, appartenant à uir particulier d’Anvers, représente un atelier de sculpteur.

Le Musée de Schweiin représente un Repas dans la véranda dbin palais, et ce tableau a pour pendant Une dispute aux cartes dans le corps de garde d’un palais. On trouve également de ses œuvres à Prague : un Saint Antoine et un Saint Jérôme, à la Fondation Strahow.

Van den Bossche peignit à Anvers, en 1706, le portrait du duc de Marlborough. Ce fut Pierre Van Bloemen qui peignit le Cheval du guerrier.

\'an den Bossche mourut le 8 septembre 1715 des suites d’une blessure qu’il se lit à la tête en heurtant une fenêtre ouverte, tandis qu’il donnait des leçons à ses élèves.

F. -J. Van den Branden, Gcschicdenis dcr Aniiverpsche Schildcrsrhool. — Catalogue du Musée d’Anvers.

BOSSUET (François-Antoine) ou BOSSU WE, peintre d’architecture, né à Ypres (Flandre occidentale) le 22 août 1798, mort à Bruxelles en 1889. D’abord élève de l’Académie de sa ville natale, Bossuet suivit ses parents à Ostende et servit comme « élève entretenu » dans la marine de l’Empire; il passa en la même qualité à Anvers, où il fut employé à la préfecture maritime et fréquenta l’Académie sous Herryns. De retour à Ostende, après la chute de l’Empire, il y professa un cours public de dessin, devenu depuis l’école officielle. Bossuet eut ainsi pour élèves Edmond Hamman et F. Vlusin. Rentré dans la marine sous le Gouvernement des Pays-Bas, Bossuet reste en fonctions jusqu’en 1828. Il était marié depuis l'âge de 20 ans et vint s’établir à Bruxelles; il y exposa son premier tableau, une Vue de l’église Sainte-Gudule, en 1830. Ce tableau fut acquis par la Commission de l’Exposition. Bientôt Bossuet rentra à l’administration de la marine, cette fois sous le Gouvernement belge. Il 3' resta de 1831 à 1835. De 1832 à 1874, il occupa, à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, les fonctions de professeur de perspective. En 1841, Bossuet lit, comme envo}ffi du Gouvernement, un long vo^mge en Espagne, en Portugal et au Maroc. En 1843, il parcourut la Hollande et l’Allemagne. Retourné en Espagne en 1852, encore en 1864, il visita pour la première fois l’Italie en 1872. Bossuet était, au moment de sa mort, le do5’en des peintres belges. 11 fut nommé, en 1884, commandeur de l’Ordre de Léopold. Les œuvres de Bossuet sont abondantes et remarquables par leur précision, la justesse de leur perspective, l’éclat de la lumière. Nous citons comme œuivres principales : Procession a Séville Vue de la Tour de Saint- Amand à Rouen (Musée de

Bruxelles, 1839); Vue de Grenade (Vlusée de Liège); Cathédrale d’Anvers (roi des Belges); Cour des Lions à T Alhainbra ; Tour mauresque à Tolède (roi de Wurtemberg); Porte d’Alcala et Aqueduc romain à Séville CMw^ée de Philadel]ihie) ; Basilique de Séville et Porte mauresque à Castro (Musée de Berlin); Tocador de la Reine à l' Alhambra (roi de Suède); Porte de ]’ille à Grenade (reine d’Angleterre); Aqueduc romain à Séville (comte de Flandre). A l’Exposition universelle de Paris en 1855, un tableau des Tours romaines à Grenade fut acheté par l’empereur des Français, et la ( 'atbédrale de Séville par le lord-maire de Londres. Une Vue du château de

Heidelberg, exposée la même année, ligure également parmi les meilleures œuvres du maître.

Bossuet, qui a formé un brillant élève en J. -B. Van Moer ( décédé en 1884), est l’auteur de deux traités de perspective, le premier paru en 1833 ; le second, en 1872, valut à son auteur la médaille aux Expositions de Vienne en 1873 et de Paris en 1878.

Fédération artistique, 1883, pp. 1-7 — Immerzeel, Levons en Werken. — Seulert, Kunstlcr Lexikon. — Sources particulières venant de l’artiste même.

BOUCQUET (Victor), peintre, né à Fumes en Flandre eu 1619, lils de Marc Boucquet, peintre médiocre, passa presque toute sa vie à Fumes, et y est mort le ii février 1677.

Peintre d’histoire et de portraits, Descamp dit qu’il avait du génie, que ses compositions sont abondantes et qu’il disposait très bien ses groupes, fonds d’architecture; il critique les figures courtes et pesantes, mais il masse bien. Beau clair obscur. Assez médiocre coloriste, dans les chairs, habile dans les draperies, qu’on dirait peintes d’une autre main. Ou voyait à Loo — dans le chœur — sept de ses toiles : Les Douleurs de la Vierge 1660). Le tableau d’autel de Saint Rock priant pour les pestiférés, très beau, dit Descamp. Dans la grande église de Nieuport, deux de ses tableaux : Les Moitiés trinitaires rachetant des esclaves et Mort de saint François. Dans l’église des Récollets et à l’Hôtel de Ville, grand tableau eph occupe tout le fond de la grande salle ; Jugement de Cambyse, de 1671. Une Descente de Croi.x, aux Capucins d’Ostende.

La plupart des tableaux de Boucquet ont disparu à l’époque de l’invasion française de la Belgique. Aucun de ses tableaux ne se trouve dans les Musées.

Descamp, Vie des peintres.

BOUILLON (Michel DE), peintre de nature morte, né à Ere, près de Tournai, reçu Iranc-maitre de la Gilde de Saint-Luc de cette ville eu 1638. Ses tableaux, de qualité secondaire, se rencontrent parfois à Tournai. La Biographie nationale dit, par erreur, qu’il donna des leçons à Philippe de Champagne. En 1670, Michel Bouillon exécuta, avec d’autres peintres, pour l’entrée de Louis XIV à Tournai, des tableaux qui furent placés aux portes de la ville.

Biographie nationale de Belgique. — Cloquet, Tournai.

BOUILLON (Jean), (ils de Damien, peintre belge, né à Nivelles, reçu bourgeois de Bruxelles le 15 décembre i6o6 et, la même année, franc-maitre de la Gilde des peintres de cette ville. Jean Bouillon, que la Biographie nationale de Belgique confond, à tort, avec Michel Bouillon de Tournai, fut le premier maître de Philippe de Champagne qui, au sortir de son atelier, passa chez Vlichel Bourdeaux. La cpialité de maître de Philippe de Champagne est, pour Jean Bouillon, le titre principal à l’attention de la postérité.

Il avait un frère, Balthazar Bouillon, qui fut reçu apprenti à Bruxelles chez Corneille de Bloière en 1607, et c’est fort probablement un descendant de l’un ou de l’autre Philippe Bouillon qui devient, le 12 août 1653, élève de Pierre de Backer, à Bruxelles. Jean Bouillon reçut de nombreux élèves de 1609 à 1623. Postérieurement à cette date, nous ne trouvons plus son nom dans les listes des peintres de Bruxelles.

Félibien, Entretiens. — Messager des sciences historiques, 1877.

BOU ILLOT (Émile), peintre belge d’histoire et de portraits, né à Jeinappes en 1823, décédé à Ixelles (Bruxelles) le 6 avril 1905. Élève des Académies de Mous et de Bruxelles et de Navez. Débuta au Salon de Mons, en 1846, par un portrait, et se lit successivement connaître par des tableaux religieux : Jésus dépouillé de ses vêtemetüs ; La Charité, tableau peint pour la Société de Philanthropie de Mons, et des portraits. Il peignit ensuite des sujets décoratifs assez importants, parmi lesquels il y a surtout lieu de citer un plafond du palais du prince Antoine d’Arenberg à Bruxelles, représentant : Apollon et les Muses. Bouillot fut appelé en 1860 à prendre la direction de l’École de dessin et de modelage d’Ixelles, faubourg de Bruxelles.

Sources particulières.

BOULANGER (François-Joseph- Louis), peintre belge, né à Gand le 9 août 1819. Élève d’Édouard De Vigne, Boulanger, de même que sou frère Jules-Joseph, se livra d'une manière spéciale à la peinture des vues de sa ville natale et se fit dans ce genre une assez grande notoriété. Ses œuvres ont figuré aux expositions belges jusqu’en 1874, où le Salon de Gand exhiba les vues de la ville délaissées par l'artiste. François Boulanger perdit la raison et mourut dans la maison d’aliénés, à Gand, le 2 novembre 1873.

, Sources particulières.

BOULANGER (Jules-Joseph), peintre de genre et de portraits belge, né à Gand le 17 juin 1822, élève de J. Geirnaert et de l’Académie de Gand. Il s’établit vers 1855 à Bruxelles. Il débuta au Salon de Gand de 1844 par un tableau de genre : Enfants donnant à manger à des lapins, et depuis cette é]roque partici])a régulièrement aux expositions belges. Le Musée de Gand possède de lui un Intérieur avec figures.

Sources particulières.

BOULENGER (H ippolyte-Emmanuel), peintre, né à lournai le 3 décendrre 1837, mort à Bruxelles le 4 juillet 1874, fils d’un officier belge et d’une mère française. Boulenger perdit de bonne heure son père et passa une partie de son enfance à Paris. Il y reçut ses jtremières leçons de dessin. Venu à Bruxelles avec sa mère vers 1853, il 5' fréquenta les cours de l’Académie des Beaux-Arts et de l’École de peinture dirigée p:ir Navez, sans se signaler (kaucune sorte. La mort de sa nrère plongea le jeune artiste dans un dénue-

ment absolu, et fut également pour lui un stimulant au travail. Sa grande adresse de pinceau, qui ne paraissait devoir annoncer un peintre de figures de grand style, se tourna vers le paysage, à l'époque où ce genre sortant des ornières traditionnelles donnait le pas aux effets de nature sur les perfections de la forme. Une fois engagé dans cette voie, les progrès du jeune artiste furent très rapides. Ses débuts remontent à 1865. Fixé à Tervueren, non loin de Bruxelles, il prit l’habitude d’envoyer de là, aux divers Salons belges, des œuvres que l’originalité d’eftét jointe à une conception toujours heureuse et élégante, fit bientôt distinguer des connaisseurs. Boulenger, qui se plaisait à dire qu’il était élève de l’Ecole de Tervueren, devint presque un chef d’école. En 1872, son talent était arrivé à l’apogée. Cette année-là il remportait au Salon de Bruxelles la médaille d’or. En 1873, il exposa à Paris, et Bürger le mentionnait avec éloge dans un de ses salons. Malheureusement, si le jeune artiste avait pu oublier ses années de misère, sa constitution, bien que robuste, en conservait le souvenir. Une maladie de la moelle épinière vint arrêter les travaux de l’artiste et l’emporta dans la tombe le 4 juillet 1874, âgé de moins de 37 ans.

Le passage de Boulenger a laissé des traces ineffaçables dans l’ecole belge. Ses œuvres atteignent des prix considérables et figurent dans les collections les plus distinguées de la Belgique : le Musée de Bruxelles possède \ Allée des vieux charmes (1871); une Vue de Dînant^ œuvre grandiose (1870); une Matinée d’autonme (1873).

Ce qui distingue les œuvres de Boulenger, c’est le goût délicat dans l’arrangement et l’entente fort ingénieuse des effets. C’est le plus remarquable paysagiste belge des temps modernes.

Boulenger a gravé quatre planches à l’eau-forte pour V Uylenspiegel de Charles De Coster. Son portrait a paru dans U Art, de Paris, 1875, tome II, page 279.

Sources particulières.

BOURCE (Henri-Jacques), peintre belge, né à Anvers le 2 décembre 1826, mort dans la même ville en 1899. Il reçut les premières leçons de dessin et de peinture à l’Académie d’Anvers, pendant les années 1845 à 1850, sous la direction de G. Wappers, mais fut surtout l’élève de I. D3'ckmans. Il fut également, en 1856-1857, à Paris, l’élève d’Ary Scheffer. Bource a peint l’histoire, le portrait, le pa}"sage, mais surtout les scènes de la vie des pêcheurs, où il a trouvé des épisodes poétiques rendus avec un talent remarquable et qui, d’ailleurs, lui a créé beaucoup de succès. Dès l’année 1849, le nom de Bource apparaît dans le catalogue d’exposition. Cette année meme, il exposa à .Anvers un Portrait. En 1851, il se fit remarquer à Bruxelles par un Retour des vendanges. En 1854, il exposait La Fille de Jephté et ses compagnes. Les Adieu.x de Marie- Antoinette à sa famille au Temple (1857) valut à l’auteur la médaille d’or à La Ha5'e, et le tableau fut acquis par la grande-duchesse Marie de Russie. La Veuve du pêcheur ( 1860) fut médaillé à Rotterdam. Un sujet de même nature, daté de 1865, est au

Musée de Gand. Soirée d’été an bord de la mer (1862) valut à son auteur la médaille d’or à Bruxelles. Ce tableau est au Musée de La Haye. Le Naufrage (1866), médaille d’or à Amsterdam. Le Berceau vide (1867), Musée de Liège. La Fatale nouvelle (1868), Musée de Bruxelles. Cette même année, l’artiste était nommé chevalier de l’Ordre de Léopold. Cerises mitres (1874), Musée de Gand. Ruinées (1875), grande médaille d’or, avec diplôme d’honneur, du roi des Pays-Bas. Le Retour (1878), Musée d’Anvers. Bource fut promu, en 1880, au grade d’officier de l’Ordre de Léopold.

Sources particulières.

BOURÉ (Félix-Antoine), statuaire belge, né à Bruxelles le 18 juillet 1831, mort dans la même ville le 8 avril 1883. Frère cadet de Paul Bouré, il suivit les cours de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles et de celle de Florence. Les oeuvres de ce statuaire, peu abondantes, ont presque toutes un caractère décoratif. Une statue de la Liberté de l’ Association ornait, avant l’incendie de 1882, le vestibule du Palais de la Chambre des Représentants à Bruxelles. Elle était de 1863. Les portes de la grande enceinte d’Anvers sont ornées de lions de bronze dus au ciseau de Bouré. Ce fut lui également qui sculpta eu 1871 les lions, fort remarquables, des pilastres du Palais des Académies à Bruxelles.

L’œuvre capitale de Félix Bouré est le gigantesque lion élevé au barrage de la Gileppe, non loin de Verviers. C’est presque une montagne façonnée eu lion, car il a là 350 mètres cubes de pierre taillée. Lé lion a i3"'50 de haut. Ce travail occupa l’artiste pendant un grand nombre d’années et lui valut la croix d’ollicier de l’Ordre de Léopold à sou achèvement en 1879. Ce fut sa dernière œuvre.

L'Art. Paris, 1878. — Sources particulières.

BOURÉ (Paul-Joseph), sculpteur et peintre belge, né à Bruxelles le 2 juillet 1823, mort dans la même ville le 17 décembre 1848. 11 était destiné par ses parents à la profession de pâtissier, mais la vocation du jeune homme l’emporta sur les projets de sa famille, d’ailleurs fortunée. Elève de G. (deefs, puis de E. Simonis, à Bruxelles, Paul Bouré se rendit en Italie en 1841 et séjourna surtout à Florence où il avait des parents. Élève de Santarelli et de l’École des Beaux-Arts, il remporta les prix de ligure d’après nature et de bas-relief. En 1844, il revint en Belgique et exposa avec un grand succès, en 1845, un Jeune Faune couché et un Amour. On vit également, en 1845, un Proniéthée enchaîné, l’œuvre capitale de l’auteur et (pii, coulée en bronze, est au Musée de Bruxelles. A l’exposition de 1848, iùuil Bouré envova un Sauvage srtrfris far un serpent, qui appartient également à l’Etat belge, et un Enfant jouant au.x billes, œuvres qui lui valurent la médaille d’or et une commande du (douvernement. Il mourut, toutefois, avant la ün de l’année. Bouré, ]iendant les derniers mois de sa vie, s’était adonné à la peinture. L’église d’Olloy (province de Namur), où s’étaient passées les années de son enfance, possède de lui un Christ A une Vierge.

Pour la façade de l’Hôtel de ville de Bruxelles, il exécuta les statues de Philippe le Bon, de Charles le Téméraire, de Marie de Bourgogne, de Maximilien d’Autriche, de Philippe le Beau, de Charles-Ouint, de Marguerite d’Autriche et de Philippe IL

Biographie nationale de Belgique. — Van Soust de Borkenfeldt, Notice sur P. Bottré (avec portrait). Bruxelles, 1849.

BOURLA (P ierre Bruno), architecte belge, né à Paris le 19 décembre 1783, mort à Anvers le 31 décembre 1866. Il était lils d’un architecte né à Tournai, et reçut de lui ses premières leçons. Il suivit ensuite les cours de Percier. Tombé à la conscription, Bouiia suivit les armées françaises en Allemagne, en Portugal et en Espagne. Il assista comme sons-officier à la bataille de Salamanque (12 juillet 1812); fut fait prisonnier par les Anglais et passa dix-huit mois eu captivité sur les pontons. Lorsque Bourla revint chez ses parents en France, il y trouva sa boîte à compas qu’un généreux Anglais avait rachetée et renvoyée à sa famille. Ce fut de cette boîte, qui l’avait suivi dans toutes ses campagnes, qu’il se servit jusqu’à la fin de ses jours. A dater de 1816, Bourla se fixa en Belgique. Il y travailla d’abord au château de Tervueren, offert par la nation au prince d’Orauge. Eu 1817, il fut laïu'éat du concours d’architecture ouvert par la Société des Beaux-Arts de Gand; en 1818, à Bruxelles; en 1819, à Anvers, où il fit un plan d’hôpital avec mille lits. La même année, il était nommé professeur d’architecture à l’Académie d’Anvers et architecte de la ville. Ce fut lui qui eut l’idee de combler les canaux qui traversaient un grand nombre de rues et construisit les premiers quais de l’Escaut. Il construisit le Jardin botanique, une partie de l’Hôpital, le Théâtre royal, approuvé en 1827 et ouvert eu 1834. Les Etats provinciaux lui firent, à cette occasion, frapper une médaille d’or. Ce fut lui encore qui construisit le Musée d’Anvers et le local de l’Exposition, l’Arsenal de guerre, l’Entrepôt, de nombreuses écoles. Bourla ne conserva ses fonctions de professeur à l’Académie d’Anvers que jusqu’en 1824: il \ renonça par suite de son ignorance du flamand. Il reste architecte de la ville jusqu’en 1862, c’est-à-dire pendant quarante-trois ans, et l’on peut dire que son influence fut énorme en ce qui concerne les transformations, l’assainissement, l’embellissement de la ville. Bourla fut successivement honoré des titres de membre de l’Académie de Belgique, de la Commission des Monuments, de l’Association des Architectes britanniques, de l’Académie d’Amsterdam. Il était Officier de l’Ordre de Léopold et reçut de l’empereur d’Autriche une bague en diamants en échange des plans de l’Escaut (|ui lui furent commandés par l’empereur. Son portrait a été donné dans le Vlaawsche School ( 1868).

Vlaamsche School, 1868. — Immerzeel, Levens en Werken.

BOURLARD (Antoine-Joseph), peintre d’histoire et de portraits, né à Mons le 30 juin 1826, mort dans la même ville le 24 août 1899. Elève de l’Académie de sa ville natale, où il reçut les leçons de Van Ysendyck, Bourlard alla ensuite poursuivre ses études à Paris et en Italie où son séjour

fut de dix-huit années. Rentré dans son pays, Bourlard se vit appelé, en 1871, à la direction de l’Académie de Mons, fonction qu’il occupa jusqu’à sa mort. Cet artiste, dont les débuts remontent à 1842 (Exposition de Mons), est représenté au Musée de Mons par un tableau. Les Anges déchus, datant de 1852, et par Y Aratrô, daté de 1876. En 1867, il exposa à Paris Diane chasseresse, œuvre acquise par le comte de Flandre. Plusieurs de ses portraits ont été remarqués aux expositions, notamment à Bruxelles en 1878 et à Anvers en 1885. U Illustrazione italiana, de Rome, du novembre 1875, a publié, d’après lui, une gravure du Combat de taureaux, composition des plus remarquables et iustement louée par le journal italien. On cite encore de Bourlard ; Le Pérugin à Florejice, La Mort de Cléopâtre, Le Christ en Croix, La Descente de Croix et divers portraits; à l’Hôtel de ville de Mons, celui du roi Léopold et le sien même.

Léopold de Villers. — Le passé artistique de Mons, 1886.

BOURSON (Georges-Paul-Amédée), fils du directeur du Moniteur belge, peintre belge, né à Bruxelles le 28 septembre 1833. Elève de l'Académie de Bruxelles et de l’Ecole de peinture dirigée par Navez, il fréquenta aussi un atelier d’élèves où il reçut les conseils de Slingeneyer. Bourson, qui habitait Bruxelles, peignit surtout le portrait. Il fit, à dater de 1851, les portraits de plusieurs notabilités françaises réfugiées en Belgique, et parmi lesquelles on peut citer P. -J. Proudhon, Madier de Montjau, Bancel, Victor. Considérant. Il a peint' egalement un portrait du bourgmestre Anspach, de Bruxelles, de l’évéque Malou, etc. Plusieurs de ces portraits, consciencieusement exécutés, ont été mentionnés avec éloge par la presse à l’époque de leur apparition. Il est mort à Etterbeek (Bruxelles) le 17 juillet 1905, après avoir dirigé l’Ecole des arts du dessin de Saint-Iosse-ten-Noode.

Sources particulières.

BOUT (Pierre), peintre de figures, de paysages et graveur à l’eau-forte, né à Bruxelles, baptisé le 5 décembre 1658, inscrit à la Gilde des peintres en 1071, marié en 1695. baptiser une fille en 1702, et meurt à Bruxelles le 28 janvier 1719, les funérailles se faisant le 29 janvier au cimetière de Sainte-(judule. On possède peu de renseignements sur la carrière artistique du maitre. D’après l’acceptation commune, il n’aurait point quitté sa ville natale, bien que divers auteurs le fassent seiouruer à Paris, et que parmi ses ]iaysages, on rencontre des ruines et des vues de la campagne romaine (Galerie Lichtenstein). Bout apparaît surtout dans les musées comme collaborateur des ])aysagistes bruxellois de son temps : A. -J. Baudewyns et lacques d’Artois. Nous le trouvons en cette qualité au Louvre, au Belvédère à Vienne, à Bruxelles et à Anvers, où sa signature accompagne la date de 1686 sur une Foire de village. Il y a lieu de supposer que Bout livra aussi des cartons aux fabricants de tapisseries de Bruxelles. Edelinck a gravé son portrait (Rob. Dum., 157). Les eaux-fortes de Bout sont décrites par Bartsch au tome IV des Peintres graveurs, page 401. Elles sont remarquables

et ont été éditées par Martin Van den Enden le jeune. A. -F. Bargas, Weisbard et Daudet ont laissé diverses planches d’après le maître, entre autres des Foires de village. Heineken prétend, dans le Dictionnaire des Artistes, que J. Van der Vinne a gravé, d’après Bout, des vues des environs de Harlem. C’est une erreur.

Catalogue du Musée d’Anvers. — Biographie natiojiale. — Bartsch. — Wurzbach. — Niederlandschcs Ku7ist/cr Le.viko>i. — Recherches particulières dans les archives.

BOUTS (Albert), peintre, second des lils de Thieriy ( Dierick Bouts), né probablement à Louvain vers 1460, mort dans la même ville en 1549. A l’époque de la mort de son père, en 1475, il n’avait pas atteint sa majorité. Il se maria en 1481 à Marie Cores, puis en 1491 à Elisabeth de Nausn^nlere. Vlolanus, chroniqueur de Louvain, rapporte qu’il exécuta plusieurs œuvres pour les églises de la ville. Il parle, notamment, d’un triptyque de V Assojnption de la Vierge, exécuté pour l’église Notre-Dame, où le peintre s’était représenté ainsi que sa seconde femme. Cette peinture a été identifiée par M. E. Van Even avec une œuvre appartenant au Musée de Bruxelles, n° 534 du catalogue. La même galerie assigne au peintre un Saint Jérôme et une composition de plusieurs hgures. Le Christ chez Simon le pharisien, répétant une très belle création de la collection de M. Thiem de San Remo (Frédéric Muséum), où est agenouillé, non loin de la table du repas, un moine prémontré, dans lequel certains critiques ont cru voir plutôt la main de son père (Dierick Bouts). Ce tableau fut à l’Exposition de Bruges en 1902. Albert Bouts conserve la plupart des types de son père, mais procède avec une moindre conscience. C’est d’ailleurs un maître dîstingué, tant au point de vue de l’invention qu’à celui du groupement, ainsi que de l’expression et du coloris. Bien qu’il ne suive pas aveuglément les modèles de son père, ni ses changements, ni ses innovations ne donnent une plus grande valeur artistique à ses œuvres. Il semble aussi avoir été inspiré par Hugo Van der Goes. Malgré tout, il forme encore une apparition remarquable parmi les avant-coureurs de l’Ecole néerlandaise. Un grand nombre d’autres œuvres lui sont attribuées encore, avec plus ou moins de vraisemblance, dans les Galeries d’Anvers, Gênes, Madère, Munich, Nuremberg, ainsi que dans des collections privées, comme les deux volets réunis : Moïse devant le buisson ardent et Gédéon, chez Charles Crews à Londres; dans la collection Kaufmann à Berlin, deux volets avec des Saints, et Saint Hieronvmus en pénitence, comme dans la Galerie de Bruxelles, et dans la Galerie Glitza à Hambourg, un triptyque.

Van Even, 1 htery Bouts. — Alphonse Wauters, Biographie nationale. — Hulin, De l’identité de certains maîtres anony?ncs. — Ma.x Kriedlaiulei'. — Tchudi.

BOUTS (Drenick), « Dirck van Haarlem », d’après Van Mander, un des plus grands peintres de l’école primitive néerlandaise, né à Harlem vers 1400, selon plusieurs auteurs, et plus probablement vers 1420, mort à Louvain le 6 mai 1475. Marié deux fois, la première en 1447 à Catherine Van den Brug-

gen, dite « Mettem Gelde », la seconde au mois de janvier 1473, ^ veuve Elisabeth Van Voshem ; on est forcément amené à reculer la date de sa naissance et préférer 1420 à 1400. Quoi qu’il en soit, il était fixé à Louvain dès l’année 1445 et 3' obtint en 1468 le titre de peintre de la ville.

De ses années d’apprentissage, rien n’est su; son nom même n’a été établi qu’à une époque récente, a}"ant été longtemps confondu avec celui de Stuerbont, peintre lonvaniste, son contemporain. Guicciardini cite à la fois Théodore de Harlem et Théodore de Louvain, la première qualification appartenant sans doute an père, la seconde au fils, car Bouts eut deux fils, Albert et Théodore, peintres tons deux.

La carrière du maitre est entourée de beaucoup d’incertitude. La plus ancienne de ses œuvres qui soit mentionnée est un tript}- que de trois bustes : Le Chrisl, Saint Pierre et Saint Paul, œuvre datée de 1462, et que Van Mander vit à Le3’de chez J. -G. Bu}dewech, et qui portait cette inscription en langue latine : « En l’an de grâce 1462, Dirck, né à Haarlem, m’a peint à Louvain; puisse-t-il jouir du repos éternel ».

A la National Galler}q à Londres, un portrait, longtemps attribué à Memling, daté de 1462 et assigné à Bouts par Crowe et Cavalcaselle, serait le portrait du peintre ]^ar lui-même. La ressemblance ir’est pas évidente entre ce portrait et le personnage introduit par le peintre dans la Cène de l’église Saint-Pierre à Louvain et que l’on croit être sa propre effigie. La Cène en question fut commandée pour l’autel du Saint-Sacrement et fut pa3"ée en 1468. Contrat et quittance sont conservés dans les archives de l’église Saint-Pierre à Louvain. Elle avait pour volets des panneaux aujourd’hui dédoublés et dont deux sont à la Pinacothèque de Munich : Abraham et Melchisédech et La JSIanne ; les deux autres, au Kaiser Frederich Muséum à Berlin ; Elie dans le désert et La Pâque. Dans la Cène, encore dans l’église Saint-Pierre, on a cm reconnaître un portrait de Dierick dans le personnage debout à droite, ainsi que les portraits des fils du maître (Dierick le jeune et Albert) dans les deux jeunes gens qui regardent par une fenêtre. II ne peut moins être question ici de portraits de fondateurs, puisque le tableau devait être ]>avé jiar une souscription. Dans son ensemble, ce retable a]')partient aux chefs-d’œuvre de la jieinture ancienne. Dans le tableau central. Bouts a de])lo3'é un art de gnnipement, une connaissance du développement de l’es]iace et de la (lerspective, une force et une sincérité de l’animation, un scrn])ule dans la reproduction des matériaux, comme il ne s’en rencontrent ]ias dans soii temps avec cette intensité. En 1464 déjà, la ville de Louvain avait fait à Bouts la commande d’un tri])t}"que : Le Martyre de saint Erasme, tript3’quc encore irossédé jxir l’église Saint-Pierre. En 1468 suivit la commande d’un vaste Jugement dernier, œuvre qui occupa l’artiste deux années entières et dont la trace est aujourd’hui perdue. Le ]'>eintre recevait de la munici])alité la commande de quatre panneaux de La Justice, dont deux seulement étaient achevés en 1475, l’époque de sa mort. Van der Goes lut chargé de les évaluer en 1480. hin 1827, la ville de Louvain les vendit au roi des Par's-Bas, La galerie de ce prince a3'ant été mise en vente en 1850, les

peintures devinrent la propriété du marchand Nieuvenhuys qui les céda en i86i à l’Etat belge. Elles figurent aujourd’hui au Musée de Bruxelles. Très impressionnants par le sujet et par l’exécution, ces panneaux représentent deux épisodes de la justice de l’empereur Othon III : La Sentence inique rendue par le prince et son Expiation, c’est-à-dire le supplice de l’impératrice même sur le bûcher pour avoir faussement accusé un gentilhomme que l'empereur avait fait mettre à mort. Les figures sont de grandeur naturelle et de la plus frappante expression. Parmi les œuvres les plus importantes du maître figure le triptyque du Martyre de saint Ilippolyte, à Saint- Sauveur à Bruges, œuvre dont les volets représentent les portraits des donateurs, Hippolvte de Berthoz et Marguerite (Elisabeth?) de Keverrvvck. Ces deux magnifiques images ont été considérées comme caractérisant plutôt la manière Hugues Van der Goes que celle de Bouts. On serait donc amené à croire que le peintre étant mort avant l’achèvement de son œuvre, celle-ci aurait été terminée par Van der Goes, lequel, nous l’avons vu, eut pour mission d’évaluer, pour le magistrat de Louvain, la partie terminée de la commande du grand retable de la Justice d’Othon. Parmi les spectateurs, notoirement, plusieurs portraits.

Dans ces tableaux de tribunaux, deux seulement étaient achevés à la mort de Bouts. La première peinture fut restaurée en 1543, mais depuis n’est plus mentionnée et a disparu. Le testament de Dierk Bouts a été retrouvé et publié. Il est du 17 avril 1475. Le peintre instituait ses deux fils légataires de ses œuvres d’art. Ses deux filles entrèrent en religion. Un portrait de Bouts figure dans le recueil de Lampsonius : Pictorum aliquot celebriam Germaniœ, etc. Cet ouvrage vit le jour en 1572.

D’après l’opinion de Karl Justi, généralement adoptée, on compte parmi les chefs-d’œuvre de la main de Bouts, trois tableaux d’un ancien triptyque de la chapelle Réale dans la cathédrale de Grenade où sont représentés : au centre La Descente de Croix, à gauche La Crucifixion et à droite La Résurrection du Christ. La conception et l’exécution caractéristiques de Bouts se trouvent ensuite dans une Mise au Tombeau du Christ à la National Gallery, à Londres, là encore attribuée à Roger Van der Weyden, puis dans V Affliction de la Mort du Christ, au Louvre, également sous le nom de Roger au catalogue, et dans les volets d’un autel dont les parties sont : l’Emprisonnement et la Résurrection, et deux grisailles qui se trouvent dans la Pinacothèque de Munich, dans le Musée germanique à Nuremberg et dans la Maison gothique à Woiiitz. A ces œuvres, garanties par des documents ou reconnaissables à ne pas s’y tromper, viennent s’ajouter encore plusieurs autres qui le touchent également de très près et dont l’authenticité est à présent principalement reconnue par les recherches. C’est d’abord une œuvre précoce, à fixer déjà en 1540. La Madone et l’Enfant Jésus peints par saint Luc, chez lord Penrhyn (Penrhyn Castle), déterminé par Friedlànder. Le C hrist dans la Maison de Simon , de la collection Thiem, actuellement au Musée Frédéric à Berlin, déterminé par Friedlànder. Madone avec l'Enfant Jésus, saint Pierre et saint Paul ; La Chute aux Enfers, au Louvre. Moïse

devant le Buisson ardent, de l’ancienne collection Kann à Paris. Portrait d’homme, de la collection Oppenheim à Cologne. La Source de la Vie, à Lille, palais des Peaux-Arts. \]'OQ Mado7ie à mi-corps avec V Enfant, récemment transféré de la collection Salting à la National Galleiy à Londres, eti une Madone avec l’Enfant, deux figures au Bargello à Florence. Toute une suite de traits isolés se clôturent par une impression générale proportionnelle et précise du caractère de l’ensemble de son art. Forme, composition, espace, coloris et animation trouvent chez lui une expression si personnelle, que ses œuvres, aisément reconnaissables, se détachent des autres dans le trésor conservé des anciennes peintures des Pays-Bas. Il laisse à désirer dans la conformation exactement anatomique des personnages. Sous les longues et précieuses draperies se cache plus d’une faute corporelle, et beaucoup de figures éveillent l’impression de la raideur et se meuvent embarrassées, sans essor, avec précaution, mais gagnent de nouveau par le jeu des mains délicates, pleines d’expression et par des têtes fortes, individuelles, travaillées dans la perfection. Dans la composition, tant de ses scènes d’intérieur que des scènes dans des paysages, Bouts montre des progrès déterminés vis-à-vis de ses grands contemporains flamands : les Van Eyck et les Roger Van der Weyden, parce qu’il réunit plus naturellement les figures et l’espace. Sa considération de la présentation de l’espace devient notoirement évidente dans l’étude de l’approfondissement de la perspective dans le tableau de La Cène, à Louvain. Dans la peinture du paysage aussi. Bouts a cédé le pas à une représentation moins naturelle de l’ancienne école. Sa plus grande gloire cependant consiste dans son coloris. A la place des couleurs claires et crues des maîtres flamands, il est le premier qui exprime les nuances finement et harmonieusement. Aucun de ses contemporains et de la génération suivante l’a seulement atteint. Un charme spécial et la valeur de sa facture, qui cependant se montre seulement lors d’une étude approfondie, consiste dans le charme et le sérieux de ses figures. Il avait en partie à peindre les éclats de la passion, la cruauté et le sang, mais c’est précisément là où se montre la limite de son réalisme : avec toute la clarté naïve, il tend à modérer le fait de l’horrible et de le paralyser par le beau et le tendre. Dans tous les cas, même en représentant ie plus cruel martyre, il poursuit l’idéal d’une œuvre artistique et une image captivante d’un événement.

Déjà sa dignité de peintre de la ville, une visite du Conseil dans son atelier, les nombreuses commandes et sa richesse mentionnée dans son testament donnent une idée de la grande réputation du maître à Louvain. Cependant bien au delà doivent avoir exercé l’influence, son exemple et son école. D'intimes relations avec Albert Üuwater et Huges V^an der Goes sont probables et ]iartiellement prouvées, mais il est hors de doute que Hans Memling, Gérard David, Geertoyen , Vau Sint-Jan et Quentin Metsys (ce dernier peut-être son élève) ont été inspirés par Bouts en ce qui concerne la conce]rtiou plus intime du naturel. Ses fils Dierick le jeune et Albert, auront été ses élèves et successeurs. On trouve aussi l’influence de Bouts, à Cologne, chez le peintre dit « le maître de la Vie de Marie », ainsi nommé d’après sa

principale œuvre conservée dans la vieille Pinacothèque de Munich (sept tableaux et un dans la National Gallery de Londres). Principalement dans ses premiers tableaux, La Crucifixion, dans le Musée de Cologne, et celui de l’autel de l’église Saint-Martin à Linz représentant les Sept Joies de Marie, il montre qu’il appartient à l’école de Dierick Bouts sans pourtant pouvoir l’atteindre, ni dans la profondeur des couleurs, ni dans le naturel des figures et du paysage, ni dans la perspective. Comme cette œuvre de Linz porte la date de 1463, il doit déjà avoir été un maître renommé à Cologne en 1460, avoir terminé son apprentissage chez Bouts vers 1450, et avoir participé à une période de la vie de Bouts, dont manquent d’autres renseignements.

Cependant l’hypothèse relative au soi-disant élève de Dierick <■; le maître de la perle du Brabant », comme créateur du triptyque d’autel (de la famille Snoy à Malines), dans la Pinacothèque de Munich (n°® 107-109), n’est pins tenable. Cette œuvre capitale montre, au milieu, dans V Adoration des Rois, et sur les volets. Saint Jean et Saint Christophe, l’art de maître Dierick dans l’apogée de sou épanouissement. Le fait que par un trop fort nettoyage (probablement déjà chez les précédents possesseurs, les frères Boisserée), les cassures ont été effacées et par conséquent ont fait place à des transitions trop dures, ne sont rien en comparaison avec les traits pleins de vigueur et de caractère et peuvent diflicilement admettre un doute sur la maîtrise de Bouts lui-même.

Cari Van Mander, par Henri Hymans. — Alphonse Wauters, Notre première école de peinture. Bouts et ses fils, 1863. — Van Rven, Thicry Bouts dit Tierry de Harlem. — Six lettres de Wauters, Louvain, 1864, et \’ Ancieiine école de peùiture de Louvain, 1870. — Justi, Miscell, I. — Weale. — Friedlander. — Hymans, E.xposition des primitifs flamands. Bruges, 1902. — Gazette des beaux-arts. — Karl Woll.

BOUTS (D ierick-Thierry) le jeune, peintre, fils aîné du précédent Dierick Bouts, né probablement vers 1448, marié en 1476, mort à Louvain le 2 mai 1491. Aucune œuvre de sa main n’a pu jusqu’à ce jour être identifiée.

Van Even. — Alphonse Wauters.

BOUTS (Jean), peintre, né à Louvain, fils de Thierry Bouts le jeune et de Marguerite Van Berlaer. On le désigne comme Pictor v inaginnm, dans un document du 10 juillet 1505. Il épousa à Louvain, en 1501, une cousine de la veuve de Thierry Bouts le vieux, Elisabeth Van Vossem. Jean Bouts alla ensuite se fixer à Malines (Neefts) et s’y trouvait au mois de juin 1516. 11 mourut avant le 24 juillet 1531. On ne possède aucune de ses œ-uvres.

Van Even. — Biographie nationale.

BOUVIER (AKhur) (le catalogue du Musée moderne de Bruxelles dit à tort Alexandre), peintre, né à Bruxelles en 1837, fut un des fervents du mouvement naturiste instauré par Hip. Bouleuger et qui s’intitula 1' « Ecole de Tervueren ». Appartenant à une famille aisée, il aborda l’art presque en amateur pour s’y adonner ensuite comme professionnel avec un succès

signalé. Ses débuts se firent au Salon de Bruxelles de 1866. Le Bois des Capucins à Terviieren, où se traduit l’influence d’Hip. Boulenger, exposant la même année ; Le Bois du Roi à Tervueren , et Fin d’ Automne. Bientôt après, il s’engageait dans la voie où il devait moissonner ses succès, assurer sa réputation. Dès l’année 1869, au Salon de Bruxelles, quatre marines ; Crépuscule, Tempête, Le Matin et Coup de Vent, représentent l’artiste. Le Crépuscule est acquis par le roi. Cette oeuvre pourtant ne parut pas à l’exposition de la Galerie royale (octobre-novembre 1909). Bouvier a été absent à peu d’expositions belges, et ses succès y furent continus. Médaille d’or au Salon de 1878 pour le Retour des Pêcheurs et L’Escaut en Hollande. Il flgurait à l’Exposition historique de 1880 avec diverses productions, parmi lesquelles : Mer houleuse, de la collection Lequime. La carrière de l’artiste se poursuivit avec des succès ininterrompus. Une Eclaircie, œuvre datée de 1880, prit place au Musée de l'État, au sortir de l’Exposition. L’artiste est représenté dans la Galerie par une seconde peinture léguée au Musée en 1891. Un très beau tableau, L Approche de la Tempête, figure au Musée de Liège. Chevalier de l’Ordre de Léopold, la même année, il a pris part aux expositions jusqu’en 1903, du moins n’avons-nous pas relevé son nom postérieurement à cette date. Le style de Bouvier se caractérise par l’ampleur et la luminosité. Heureux dans le choix des motifs, il intéresse par la profondeur de l’atmosphère et le mouvement bien observé des flots. Si d’autres ont apporté plus de style à ce genre d’interprétations, il n’en occupe pas moins une place honorable parmi ses contemporains de la suite de Clays.

Sources particulières.

BOUVY (Firmin), peintre de genre belge, né à Deynze (Elandre orientale) le 9 avril 1822. Élève de Henri Dillens et de l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers, Bouvy se fixa dans cette dernière ville et participa régulièrement aux expositions belges, par des tableaux de genre disposés avec goût et traités d’un pinceau large et facile. Une Kermesse Jlamande au siècle, exposée en 1843 à Anvers, fut son début. Ses progrès furent rapides, et un GU Blas partant pour l’ Uuiversiié de Salamanque, ex]iosé à Bruxelles en 1848, obtint du succès. 11 avait précédemment tiré divers sujets de Don Quichotte, notamment une scène où le chevalier de la Manche se dispute avec le curé et le barbier (1846) (gravé par X Art Journal).

Les créations humoristiques, bien que l’auteur leur dut une certaine réputation, furent cause qu’il renonça à la jieinture lorsque, vers 1855, la photogiaqfliie entra dans sa période de gramle faveur. Bouvy fut alors engagé dans une im]ioi tante maison de Bruxelles pour colorier des portraits et des scènes photographiées, et jrassa successivement de Bruxelles à Paris (1859), de Paris en Espagne, à Giliraltar, revint dans sa ])atrie, s’embarqua ensuite pour l’Australie, passa de là dans l’Amérique du Sud et alla finalement mourir dans l’aisance, mais oublié, à San-Erancisco en 1881.

■Sources [)arliculieres.

BOVIE (Jean-Félix-Lambert), peintre de paysages et graveur à l’eauforte, né à Bruxelles le 17 septembre 1812, mort dans cette même ville le 6 iuillet 1880. Élève d’Eugène Verboeckhoveu et de Koekkock, il prit part aux expositions à dater de 1833, avec des vues ordinairement prises dans les Ardennes, traitées largement et dans des colorations grises rappelant celles de Verboeckhoveu. Depuis une vingtaine d’années, Bovie, qui était dans une position de fortune indépendante, avait cessé de peindre à l’époque de sa mort. Il avait cultivé la poésie avec succès. Un volume de ses œuvres fut publié par les soins d’une réunion d’amis en 1864, sous le titre de Chansoi/s de Victor Bovie, avec portrait de l’auteur et planches.

Bovie a également laissé deux planches à l’eau-forte, dont l’une, signée de son nom et datée de 1841, parut dans la revue de Nord-Star .

Immerzeel. — Sources particulières.

BRAEKELEER (Ferdinand-Norbert-Adrien DE), peintre de genre, neveu et élève de Ferdinand, né à Anvers le i" mars 1818. Mort à Anvers en 1904. Destiné au commerce par ses parents, le second Ferdinand qui prit comme peintre le prénom d’Adrien, ne commença son apprentissage artistique que relativement tard, et sur les conseils de son parent Henri Leys, qui, sans être son maitre, exerça sur lui une iniluence pins évidente que celle de son oncle. Ses scènes sont presque toutes empruntées au XVIF siècle et rappellent par leur coloration et leur procédé la première manière de Leys. Ayant étudié d’abord la peinture d’animaux, Adrien De Braekeleer s’adonna ensuite à la peinture de genre et introduisit dans ses compositions des chevaux et des chiens. Il peint aussi des haltes de soldats devant des hôtelleries, des voyageurs, des kermesses, etc., correctement dessinés et peints avec finesse. Il s’est également assayé avec succès à la sculpture. Ses débuts datent de 1844, époque à laquelle il envo)"a à l’Exposition de Gand, un Bénédicité. On rencontre des peintures d’Adrien de Braekeleer au Musée moderne d’Anvers, Le Maréchal ferrant au Musée de Philadelphie et dans un grand nombre de collections belges et étrangères. Il fut le héros, en 1868, d’un événement dont V Illustration de Paris fournit un dessin. Un tigre échappé du Jardin Zoologique d’Anvers, après avoir tué plusieurs personnes sur son passage, fut tué à coups de fusil par Adrien De Braekeleer, en pleine ville d'Anvers. Le peintre fut récompensé, à cette occasion, de la médaille ])Our actes de courage et de dévouement.

Sources particulières.

BRAEKELEER (Ferdinand DE), peintre et graveur à l’eau-forte belge, né à Anvers le 12 février 1792, décédé dans la même ville, non pas en 1839 comme on le lit dans Van den Evnden et Van der Willigen et dans Seubert, mais le 16 mai 1883. Il fut élève de l’Académie d’Anvers et de Mathieu Van Brée, lauréat de l’Académie en 1809 et 1811, remporta le prix de peinture d’histoire au Salon d’Anvers de 1813 avec Énée sauvant Anchise du siège de Troie, fut présent à la rentrée des tableaux enlevés par les

Français et fît un dessin de cet épisode, et le premier lauréat du concours de Rome en 1817 avec Tobie rendant la vue à so7i père, tableau qui est encore à l’Académie d’Anvers. En 1821, Van Brée rejoignit son élève à Rome. Dans cette ville, De Braekeleer exécuta plusieurs œuvres exposées dans les Pays- Bas : Esaii réclarnant son droit d’amesse, la Madeleine, le Meurtre d’ Abel et WMQ Samte Famille, qui est aujourd’hui à l’église Saint-Jacques d’Anvers.

Rentré en Belgique en 1823, De Braekeleer s’adonna plus spécialement à la peinture de genre. Toutefois, il livre encore quelques pages historiques : Le dévoue^nent des magistrats d' Anvers en 15^6 ; La Prmcesse d’Espinoy au siège de Tournai; La Furie espagnole à Anvers, grand tableau placé aujourd’hui au Musée d’Anvers. Ses tableaux de genre lui valurent toutefois de plus grands succès. Il suivait de préférence la manière des vieux flamands et sa vogue fut immense. Les amateurs et les marchands se disputèrent ses œuvres; les élèves affluèrent dans son atelier. Ce fut lui qui forma Leys, Jacob Jacobs, Eug. De Block, Aloïs Hunin, Louis Somers, Matthyssens, Molyn et un très grand nombre d’autres qui ont laissé un nom. Deux tableaux commandés par le Gouvernement belge : Le ('omte de Mi-Carême et Le Jubilé de cmquante ans de mariage parurent au Salon de Bruxelles en 1839 et eurent un immense succès, autant en Belgique qu’à Paris. L’auteur fut nommé Chevalier de l’Ordre de Léopold. Membre du Conseil communald’Anvers à partir de 1836, De Braekeleer présida la Commission pour l’érection de la statue de Rubens à Anvers. Ce fut lui également qui présida la Commission pour la restauration des deux grands tableaux de Rubens : LJ Érection et La Descente de Croix. A la mort de Van Brée, il y eut en sa faveur un mouvement décidé pour la direction de l’Académie d’Anvers. Ce fut Wappers qui fut nommé.

De Braekeleer travailla jusqu’à son dernier jour, bien qu’il eût franchi l’âge de 90 ans. Ses dernières années furent très cruelles. Il eut le malheur de perdre l’aîné de ses fils, peintre de valeur, et la grande fortune qu’il avait amassée par son travail fut anéantie par des entreprises malheureuses d’un autre de ses fils. Le plus jeune de ses enfants, Henri De Braekeleer, est devenu un des peintres les plus distingués de la Belgique, comme élève de Leys, son oncle, par le mariage de De Braekeleer avec la sœur de cet illustre maître. A l’époque de sa mort. De Braekeleer était conservateur du Musée d’Anvers qu’il avait vu fonder. Il était membre de l’Académie de Belgique.

Les œuvres du peintre anversois sont fort abondantes. On les rencontre dans les musées belges. Anvers : Le Maüre d’école (1854) et le portrait du maître, ])eint ]iar lui-même, outre plusieurs autres pages; à Bruxelles, à Gand, à l’LIôtel de ville d’Anvers, chez le roi des Belges, aux Musées de Berlin et H.unbourg, aux Galeries Schônborn, Gortschakotf, etc. Certaines œuvres ont atteint dans les ventes des prix extrêmement élevés. Malheureusement, le peintre eut le tort de survivre à la vogue de ses années de jeunesse et il était fort éclipsé par des artistes plus jeunes de l’école belge. Ce fut toutefois une des personnalités marquantes de l’école belge de la première moitié du XIX'= siècle.

De Braekeleer était un habile graveur à l'eau-forte. Il a laissé des planches intéressantes signées souvent F. D. B.

Immerzeel, Levens t. I, p. 87. — Kramm, Vlacmschc School, 1864, p. 118.

— F. -J. Van den Branden, Geschiedenis der Ajitwcrpschc Schilder school, p. 188. — H. Hymans, Annuaire de l’ Académie royale de Belgique, 1885, p. 237 (avec portrait). — Hippert et Linnig, Le peintre-graveur hollayidais et belge du XIX^ siècle.

BRAEKELEER (Ferdinand-Jean-Henri DE) le jeune. Peintre belge de genre et de portraits, fils de Ferdinand le vieux, né à Anvers le 29 août 1828, mort dans la même ville le ii février 1857.

Elève de son père, Ferdinand De Braekeleer le jeune s’adonna, comme lui, à la peinture de genre dans laquelle, toutefois, il se ressent de la manière de Leys. Ses œuvres, que distingue un remarquable coloris, sont peu communes. Elles représentent des intérieurs dans le goût du XVID siècle. Le Musée d’Anvers possède de De Braekeleer le jeune un Intérieur d’atelier où se manifestent des qualités remarquables et qui promettaient à la Belgique un excellent peintre de genre. Les débuts du jeune De Braekeleer datent de 1846. Il peignit alors un Chaudronnier qui fut acquis par M. P. -J. Huybrechts, un des grands amateurs anversois de ce temps-là. En 1847, il peignit un Saint Dominique pour les Frères Cellites d’Anvers et plusieurs tableaux de genre, tous vendus : La Cuisinière, Un Cabaret, La Lecture, Les Bohémiens. En 1849, exposa à Anvers La Charité ; en 1852, La Toilette du soldat, acquise par le comte van den Steen de Jehay.

Ce fut la même année 1852 que Ferdinand De Braekeleer partait pour les États-Unis, emportant de nombreux tableaux belges qu’il exposa à New- York sous le nom de « Belgian Gallery ». Ses alïaires ne prospérèrent pas. Il reviut en 1855, le 31 juillet, déjà malade, et mourut le ii février 1857. De Braekeleer père fut aussi gravement atteint, par cette perte, dans ses intérêts que dans ses affections, et les dernières années du vieux maitre furent peu heureuses, financièrement parlant. Le nombre total des tableaux de Ferdinand De Braekeleer le jeune ne va pas au delà de vingt-cinq.

Sources particulières.

BRAEKELEER (H enri-Jean-Augustin DE), peintre-graveur, né à Anvers le 12 juin 1840, fils de Ferdinand le vieux, mort à Anvers le 20 juillet 1888, et l’un des peintres les plus marquants de la jeune école belge. Il fut l’élève de son oncle Henri Leys, après avoir reçu les premières leçons de son père. Laissant absolument à l’écart le souci du sujet et le côté humoristique des scènes qui avaient fait le succès de son père, il s’inspira surtout des anciens peintres hollandais. Par son admirable entente du clairobscur, par sa naïve et profonde observatioir de la réalité, il évoque le souvenir de Pieter de Hooch dont il a toute l’harmonie et la sincérité. Rarement il introduit dans ses intérieurs plus d’une ou deux figures, et ses sujets euxmêmes : Fabricant d'allumettes (1860), Atelier de cordonnier (1861), Le Tailleur (1863 ), Le Potier (1863), doivent tout leur charme à l’interprétation

précise du détail, à la justesse des effets, à la savante distribution de la lumière. Peu compris d’abord et même quelque peu ridiculisé, il dut ses succès initiaux aux éloges de certains critiques, tels que Paul Mantz qui. dans la Gazette des Beaux-Arts, fit ressortir la haute portée de ses travaux d’une si admirable sincérité. Son chemin fut donc lent à se faire parmi les amateurs, habitués à associer au nom de De Braekeleer le genre anecdotique. Le triomphe final précéda de bien peu la mort du pauvre maître, dont les dernières années furent assombries par un affaiblissement des facultés dont il ne sortit que pour mourir. Il se compare à merveille au peintre anglais Fred. Walker, enlevé jeune comme lui et dont certaines œuvres évoquent immédiatement son souvenir. Rien de plus démonstratif sous ce rapport qu’un Jardin légumier, au « Musée Victoria and Albert » à Londres.

Les Musées d’Anvers et de Bruxelles mettent puissamment en relief le génie du jeune artiste. A Bruxelles, c’est le Géographe, page admirable, de 1872, qui n’est composée que d’une seule figure, vue de dos, un vieillard, suivant sur la carte un chemin à parcourir; la Fileuse ; X Echoppe. A Anvers, c’est le Jardin d' horticulteur (1864); le Peintre retoucheur ; Y Imprimeur en taille-douce ; la Maison des pilotes (1878). Toutes productions où se révèle un sentiment profond de la poésie des choses et qui, malheureusement, ne fut apprécié, comme il méritait de l’être, qu’à une époque tardive de la vie de l’auteur.

Henri De Braekeleer obtint, au Salon de Bruxelles de 1872, la médaille d’or, également à l’Exposition internationale de Vienne en 1873; la grande médaille d’honneur à l’Exposition universelle d’Amsterdam en 1883. Créé Chevalier de l’Ordre de Léopold la même année, il fut, de la part de la ville d'Anvers, l’objet d’une manifestation; une médaille d’or fut frappée en son honneur et oftérte en souvenir à l’artiste. Le i" novembre 1891, fut placé, au Musée d’xLnvers, un buste en bronze de l’artiste, œuvre de J. Lambeaux. Bientôt après s’ouvrait au Cercle artistique et littéraire de Bruxelles, une exposition des œuvres du peintre si prématurément enlevé à l’art belge. Composée de cinquante tableaux, elle fut, peut-on dire, une apothéose.

« C’était, écrivait au lendemain de sa mort, un critique belge, c’était l’homme de ses tableaux, pourrait-on dire, simple aussi, presque rustre, timide à l’excès, avec des aj^parences de bourgeois pataud, parlant peu, vivant en lui-tnème, avec sa jtensée et son génie, qui s’ignorait. Lin jour, par suite de chagrins cuisants, son esprit fut fraitpé d’une sorte d’exaltation religieuse qui réagit sur sa santé et paralysa sa main pendant plusieurs années. Puis il revint à lui et se remit à ]ieindre... La maladie enfin le cloua, ]tour tout de bon, sur son lit de douleur qu’il n’a plus quitté ». Et, concluait l’autetir, « t)u ]teut dire, dès à présent, qtie De Braekeleer sera I tin des très rares, parmi les artistes belges de notre temps, — ■ trois ou quatre peut-être, — dont la postérité vénérera le nom et exaltera le talent ».

Henri De Braekeleer fut un graveur à l’eau-forte d’un très remarquable talent. Ses planches, au nombre de vingt-seiit, sont décrites dans le l^eintre-graveur holla>idais et belge au XIX'^ siècle, de Hippert et Linnig.

Ces estampes représentent pour la plupart des intérieurs et des vues urbaines. Quelques paysages pris sur les anciens remparts d’Anvers.

Henri De Braekeleer fut chargé quelquefois par Leys de recueillir pour lui des vues de monuments ou des intérieurs utilisés par le grand peintre pour ses fonds.

Souvenirs personnels. — Catalogue du Musée d’Anvers. — Catalogue du Musee moderne de Bruxelles. — Henri Hymans, Henri De Uraekelcer {Kunst und Kïmstlrr. Berlin, 1905, p. 907); Idem, Belgisckc Kunst des A'Z.Y" Jahrhtindcrt.

BRAEKELEER (Jacques DE), sculpteur belge, neveu de Ferdinand et frère d’Adrien De Braekeleer, né à Anvers le 30 mars 1823, mort à Anvers le 25 octobre 1906. D’abord destiné au commerce, il ne tarda pas cependant à se signaler comme un élève distingué de l’Académie et du sculpteur De Cuyper, et, à peine âgé de 18 ans, en 1841, il prenait part au concours ouvert par la Société des Beaux-x\rts de Gand, pour l’exécution d’un basrelief représentant la Naissance de Philippe d’ Artevelde. Le iei^me De Braekeleer y partagea le prix avec d’autres concurrents. Au Salon d’Anvers de 1843, il exposa une statue (XEsclave chrétienne. Bientôt après, il séjourna à Paris, où il fut l’élève de Duret, et, à son retour, en 1846, il exposa une statue de la Fragilité, qui lui valut un subside du Gouvernement, et qui fut acquis par un grand amateur de Bruxelles, M. Coùteaux. Depuis cette époque, les œuvres du statuaire ont été nombreuses et remarquées, autant pour leur étude soigneuse de la nature que pour la distinction de la forme. Outre un grand nombre de travaux pour des particuliers. De Braekeleer a créé des œuvres d’un caractère public, fort importantes. Dan.-^ le concours ouvert en 1865 pour un monument au peintre Joseph Lies, ce fut lui qui remporta le prix et, par suite, exécuta l'œuvre. En 1871, il sculptait, pour la ^ ille d’Anvers, la statue du compositeur Albert Grisar, Anversois, ]iour être placée au théâtre. En 1872, le Gouvernement de la République Argentine lui commanda la statue du président Alsina, qui orne aujourd’hui une place de Buenos- Ayres. Enfin, en 1881, De Braekeleer a livré la statue du peintre Quentin Mets5^s, placée à Anvers, non loin du Parc.

De Braekeleer a été nommé en 1886 professeur de sculpture à rAcadémie royale des Beaux-Arts à Anvers, fonctions qu’il a occupées jusqu’à la veille de sa mort.

Chronique des hcau.v-arts et de la littérature. Anvers, 1886, n» 9. — Sources particulières.

BRAEMT (Pierre), né à Gand le 15 juin 1796, mort à Bruxelles le 2 décembre 1864. Élève de l’Académie de Gand, fait, à 22 ans, une médaille botanique pour concours (d’abord orphèvre) : tête de déesse avec attributs de Gérés, Flore et Pomone; sur le revers, couronne d’épis, de fleurs et de fruits. Braemt séjourna à Paris. 11 avait des commandes du Gouvernement. La ville de Gand subvenait à ses dépenses.

Dès l’année 1817, il est membre de l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers; en 1822, d’Amsterdam, puis à Bruxelles. Membre de la Société des arts et

des lettres du Hainaut et de l’Académie d’archéologie d’Auvers. En 1845, il est nommé membre de l’xAcadémie de Belgique, lors de la constitution de la Classe des beaux-arts. Le même jour, il est décoré. Sa collection fut vendue au profit de la « Caisse centrale des Artistes ».

Graveur de la Monnaie royale de Bruxelles, il fit de nombreuses médailles, dont voici la liste :

En 1818. Médaille de la Société de Botanique de Gand.

— 1819. — pour la pose de la première pierre du Palais de l’Uni-

versité à Gand.

— 1820. — pour l’Exposition de l’Industrie à Gand, d’après le

dessin de David.

— 1821. — du Monument de Waterloo.

— 1^22. — de l’Institut royal des Beaux-Arts (de concours).

— 1823. — de l’inauguration du roi des Pays-Bas et de l’invention

de l’imprimerie à Harlem.

— 1824. — de l’institution de l’Ordre de Guillaume.

— 1825. — du mariage du prince Frédéric.

— 1827. — de l’inauguration du canal de Gand à Terneuzen.

— 1828-1829. Billets de banque nouveaux eu 1843, 1846, 1851 et 1853,

1,000 francs.

— 1830. Médaille du Palais de l’Industrie à Bruxelles.

— 1830. — de la visite de Guillaume F'' à Gand en 1829.

— 1831-1832. Monnaies de Belgique.

— 1834. Médaille des chemins de fer.

— 1842. — de Gallait (Abdication de Charles V).

— 1847. — du « vlaamsche deutsche zang ».

— 1856. — du 25® anniversaire du règne de Léopold Fv

1858. — du 50® anniversaire de la Société des Beaux-Arts de

Gand.

— 1861. — de Charles de Brouckère.

— 1861. Pièces de nickel.

Elève de l’Académie de Bruxelles et de Verhulst, il touche une pension du roi Guillaume. Elève de Bario pour la sculpture et de Galle pour la gravure en médailles.

Aniiiiaire de l' Académie royale de Belgique (avec portrait).

BRAEY (Michel DE), architecte, né à Anvers le 5 juillet 1865, et fixé dans cette ville. Elève de l’Académie royale des Beaux-x\rts et de l’architecte J. Baeckelmans, il ]irit part en 1887 au grand concours d’architecture et y remporta le second ]uix. La même année, il fut lauréat du concours Godecharle, et put ainsi poursuivre ses études à l’étranger. Ih'ofesseur à l’École industrielle (1897), il a créé à Anvers un nombre considérable de demeures ])rivées et doté sa ville natale de quelques édifices publics : l’église anglicane; un commissariat de police. Il a doté la commune de Wyneghem, aux environs d’xA.nvers, de sa nouvelle maison communale et d’un hôpital.

En général, c’est dans le style du XVIIE siècle que sont traitées les principales conceptions de l’architecte anversois.

Notes personnelles.

BREDAEL (Guillaume VAN), peintre à Anvers, reçu eu 1638 comme apprenti à la Gilde de Saint-Luc. A la Galerie de Hermannstadt se trouvent deux tableaux de grande envergure représentant des marchés romains et signés : « G. Van Breda F », en italique des Pays-Bas. Th. Vau Frimmel présume qu’ils émanent de l’artiste ci-dessus, le genre de peinture ne pouvant non plus les faire attribuer à Jean Van Bredael.

Les Liggercn, t. Il, p. 96. — Th. Van Frimmel, Klcine Galeries Stud.

BREDAEL, aussi BREDA (Pierre VAN) le vieux, peintre de paysages et de hgures, né à Anvers en 1629, élève de David Reykaert, troisième du nom, en 1640. B vo^^agea ensuite hors de son pays et séjourna notamment en Espagne; il fut toutefois de retour à Anvers en 1648 et s’y maria la même année. Son inscription comme franc-maître de la Gilde de Saint-Luc ne date cependant que de 1651. Bredael ne mourut qu’en 1719. Ses trois fils, Jean- Pierre, Georges et Alexandre, furent tous peintres. Même sous leur propre pinceau, ces artistes écrivent parfois le nom de la famille «Van Breda». Ifierre est souvent confondu avec ses fils même, Jean-Pierre, son petit-fils, ce qui s’explique autant par l’analogie de manière que par les dates des tableaux du père et des fils. Les tableaux de la Galerie du Belvédère, signés J. -P. Van Bredael, sont du petit-fils, que le catalogue confond avec J.-l^. Van Bredael le vieux. Il est très présumable que P. Van Bredael visita l’Italie, car la plupart de ses tableaux sont des, sites de cette contrée; ce sont le plus ordinairement des vues de marchés peuplés de nombreuses figurines. On le trouve aux Musées de Bruges, de Lille, également à Nantes et à Breslau. Le tableau de Breslau est signé J. -P. Van Bredael, f. 1727. Il y en a deux dans la Galerie Lichtenstein. Le peintre s’y montre un habile continuateur de Jean Breughel, comme le dit Descamps, mais aussi un observateur consciencieux de la nature. Son portrait, gravé par Laurens, est de De Bie.

J. Van den Branden. — Max Rooses. — J.-B. Descamps.

BREDAEL (Jean-Pierre VAN), dit le vieux, peintre de figures et de p^aysages, fils aîné de Pierre Van Bredael, naquit à Anvers le 23 avril 1654. Élève de son père, il compléta son éducation eu Italie, et ne se trouve inscrit à la Gilde de Saint-Luc d’Anvers qu’en 1680. Il faisait aussi le commerce de tableaux et le restaurateur. Il séjourna quelque temps à Londres pour son commerce, et M. Jal (Dictionnaire critique et biographique de l’ histoire) le trouve inscrit comme marchand de tableaux à Paris, sous la date du 19 juillet 1719. Sa femme était alors décédée. En 1689, il avait été doyen de la Gilde de Saint-Luc. Nous ignorons combien de temps J. -P. Van Bredael fut absent du pays. Une chose est certaine, c’est qu’il y vint mourir en 1745 et

fut enterré à Notre-Dame d’Anvers. Les œuvres de Jean-Pierre Van Bredael, souvent confondues avec celles de son homonyme et neveu, le fils de son frère Georges, sont rares. Les Musées de Turin et de Stockholm en signalent. On trouve la signature de Peeter Van Bredael sur le tableau de Stockholm. Ce sont des vues de places publiques en Italie. Quant au tableau du Musée de Breslau, signé également J. -P. Van Bredael, tout porte à croire qu’il émane de Jean-Pierre, deuxième de ce nom.

F. -J. Van den Branden. — Jal, Dictionnaire , etc. — Biographie nationale de Belgique.

BREDAEL (Georges VAN), fils de Pierre Van Bredael le vieux, naquit à Anvers le janvier i66i. Il était élève de son père et devint franc-maître à la Gilde de Saint-Luc le i®'' janvier 1684. Il avait épousé, en 1681, Jeanne- Marie, la fille d’Abraham Van Diepenbecke. On ne connaît aucune de ses œuvres. Vau den Branden a trouvé la mention d’une vue du Siège de Vienne, existant à Anvers au XVIIP siècle, mais cette peinture est actuellement perdue. La date de la mort de Georges Van Bredael n’a pu être précisée, mais il avait cessé de vivre en 1706, époque où son fils Jean-Pierre partait pour l’Allemagne.

F. -J. Van den Branden. — Siret, Diction?iaire des peintres.

BREDAEL (Jean-Pierre) le jeune, fils de Georges Van Bredael, le deuxième des fils de Pierre le vieux, peintre de batailles, de chasses, de paysages et de vues de villes, naquit à Anvers en 1683. Il fut élève de son père, et bientôt après la mort de celui-ci partit pour l’Allemagne. En 1706, il travaillait à Prague et avec graud succès, car ses œuvres se rencontre,, t presque exclusivenrent dans les galeries princières de l’Autriche. Il fut un temps au service du prince Eugène de Savoie, et après être retourné à Anvers en 1720, année de son inscription à la Gilde de Saint-Luc, il fut appelé à Vienne par l’empereur Léopold et mourut dans la capitale de l’Empire en 1735. En janvier 1736, son frère Joseph Van Bredael donne procuration à T'rançois Stampart, peintre de l’Empereur, pour prendre possession de la maison de son frère défunt, J. -P. Van Bredael. Le doute n’est donc point ])ossible sur l’identité de ce dernier. Les œuvres de J. -P. Van Bredael le jeune se rencontrent pres<pie exclusivement en Autriche. Le Belvédère, à Vienne, en possède jusqu’à huit, parmi lesquelles les Batailles de Peterwardein et de Belgrade. Ce sont en majeure partie de petits tableaux, d’ailleurs remarqual)les par une touche spirituelle de faire. D’autres appartiennent au prince de Lichtenstein et au Musée de l'Académie des Beaux-Arts. Dans son pa}’S, Bredael n’a laissé aucune trace. Le Musée de Breslau possède également une (encre de lui avec la date 1727.

V’an den Branden, Galerie du Belvédère.

BREDAEL (Joseph VAN), peintre de pa5^sages et de champs de batailles, second fils de (jeorges Van Bredael, na(piit à Anvers le 14 août 1688. Comme son cousin Jean-Erançois, il passa un contrat avec le marchand de

tableaux Jacques De Wit, à l’effet de lui copier, pendant quatre ans, des tableaux de Breughel de Velours et de Philippe Wauwermaus. Tandis que son cousin devait toucher, pour ces travaux, lo, 12 et 14 ducats, lui n’en devait recevoir que 6, 8 et 10. L’engagement dura plusieurs années (1736), à l’expiration desquelles Joseph se rendit à Paris, où il fut peintre du duc d’Orléans. 11 fut reçu membre de l’Académie française et mouiiut dans son domicile du quai de la Ménagerie en 1739. Le Louvre possède de lui un Camp de Cavalerie, et le Musée d’Amsterdam une Vue d’nn village au bord de la mer.

J. Van den Branden.

BREDAEL (Alexandre VAN), troisième fils de Pierre Van Bredael le vieux, peintre de figures et de monuments, naquit à Anvers le i'^'' avril 1663. Reçu franc-maître de la Gilde de Saint-Luc en 1685, il peignit, la même année, un tableau représentant la Place de Meir à Anvers, avec l’autel érigé pour célébrer le centenaire de la prise de la ville par le prince de IMrme. Au Musée de Lille, il y a une autre œuvre du même genre avec une procession. La ville d’Anvers possède de lui une peinture datée de 1696, représentant le défilé de Y Ommeganck, le cortège municipal annuel, sur la Grand’ Place. Ces œuvres dénotent une peinture facile. Alexandre Van Bredael mourut à Anvers en 1720.

Van den Branden, Gcachicdenis Jcr Antwcrpsche Schilderschool.

BREDAEL (Jean-François) le vieux, fils aîné d’Alexandre Van Bredael, peintre d’histoire sacrée et profane, de batailles, de foires, de chasses, naquit à Anvers le !*■' avril 1686. Elève de son père, il se forma ensuite par l’étude de la copie des œuvres de Breughel de Velours et de Wauwermans, de la collection de Jacques De Wit, d’Anvers, qui le prit à son service pour quatre ans, exclusivement pour copier ses tableaux, et il paraît que le jeune Bredael fit preuve de tant de perfection dans ses copies, qu’on avait peine à les distinguer des originaux.

A l’expiration de ses quatre années d'engagement, Bredael accompagne Rysbraek, le sculpteur, en Angleterre, où il jouit de la protection de la Cour et de l’aristocratie, et se fit par son talent une position considérable. Marié en 1723 à Catherine De Ryck, qui appartenait à une famille flamande établie à Londres, il revint à Anvers en 1725, se fit inscrire à la Gilde de Saint-Luc, et bientôt après, en 1726, y occupa les fonctions de doyen, qu’il exerce encore en 1733, 1734 et 1735. Ses œuvres étaient d’ailleurs recherclrées, non seulement à Anvers, mais en Hollande et en Allemagne, et lorsque I^ouis XV vint à Anvers en 1746, il fit appeler le peintre et lui acheta quatre tableaux : Le Christ prêchant an bord de la mer, T.e Christ faisant des miracles, ainsi que des paysages. On voyait dans ces tableaux des multitudes de figures dans le goût des créations de Breughel de Velours. La plupart des seigneurs de la suite du roi favorisèrent également Bredael de leurs coin-

mandes, au point que l’artiste, qui ne s’était pas attendu à pareille aubaine, en fit une grave maladie et faillit mourir. Il ne mourut toutefois que le 19 février 1750, laissant un fils, Jean-François, deuxième du nom, né à Anvers en 1729, également peintre, mais dont les œuvres sont restées inconnues.

J. -B. Descamps, qui paraît avoir beaucoup connu J. -F. Van Bredael, fait de ses œuvres un éloge qui ne s’est pas entièrement confirmé. Il dit que c’est lui qui a le plus approché de Breughel de Velours et- de Wauwermans. « Sa réputation, bien établie, augmentera toujours », ajoute-t-il. On ne cite plus maintenant qu’un petit nombre d’œuvres de Jean-François Van Bredael, notamment à la Galerie de Dresde et à celle de Schwerin, ces dernières non signées toutefois.

.T. -B. Descamps, des peintres flamands et hollatidais, t. IV, p. 240. — F. -J. Van den Branden, Geschiedenis des Antwerpsche Schildcrschool, — F. Schlie, Beschcihendes Vcrzeichnis der Wcrke Altérer Meister in der Grosshcizogliche7i Get)tà!de Gallerir zii Schwerin. — Ch. Blanc, Histoire des peintres de toutes les écoles (art. Paul Mantz).

BRÉE (Mathieu-Ignace VAN), peintre d’histoire et de portraits, graveur et lithographe belge, né à Anvers le 22 février 1773, fut d’abord élève de l’Académie de sa ville natale, où il remporta le premier prix du cours supérieur en 1794, ensuite de P. -J. Van Regemorter, enfin, à Paris, élève de Vincent. Eu 1797, il remportait à Paris le deuxième grand prix de Rome avec un tableau de la Mort de Caton d’Utique. Il séjourna à Paris jusqu’en 1804, année où il fut nommé premier professeur à l’Académie d’Anvers, dont il ne devint directeur qu’en 1827, à la mort de Guillaume Herreyns. Il conserva ses fonctions jusqu’à sa mort.

Van Brée prit une part considérable au mouvement artistique belge, aussi bien sous le gouvernement français — où il jouit de la protection de l’impératrice Joséphine — que sous le gouvernement des Pays-Bas, qui lui valut le titre de peintre ordinaire du prince d’Orange, plus tard Guillaume II. Professeur aussi zélé que savant, il fit paraître une série considérable de modèles de dessin encore employés à l’Académie d’Anvers et dans les établissements du même genre d’autres villes.

Après avoir achevé cette publication ini]wrtante( 1821 ), Van Brée entreprit le voyage d’Italie où se trouvait alors son élève De Braekeleer, lauréat du concours de Rome de 1821. Reçu avec de grands honneurs, le peintre fut admis à faire le portrait de Pie VGI, encore conservé au Vatican, et reçut des mains mêmes du Saint-Père la croix de l’Épéron d’or, ce même ordre qui avait décoré le Titien. Van Brée mourut à Anvers le 15 décembre 1839, après avoir occupé les fonctions de conseiller munici]ial. Sa statue, œuvre de J. -B De Cuyper, fut érigée en 1852 dans le vestibule du Musée.

Tes débuts de Van Brée comme peintre appartiennent à un temps où la Belgique, province française, dépouillée de ses chefs-d’œuvre par le vainqueur, marquait à ])eine dans les arts. Van Brée eut également les défauts inhérents à l’epoque de rénovation qui suivit la chute de l’Empire. Il eut le

bonheur d’assister au retour des œuvres enlevées par les Français. Eu France même, il avait obtenu du succès et travaillé pour l’impératrice Joséphine, qu’il avait intéressée à l’organisation, en Belgique, d’une académie de dessin, où les enfants pauvres étaient choisis dans les écoles selon leurs aptitudes. Napoléon avait commandé à Van Brée, pour le palais d’Anvers, deux vastes toiles, dont l’exposition fit sensation à Amsterdam : Les Jeunes Athéniens dévoués au Minotaure et Regulus. Les peintures ne furent jamais placées, et nous ignorons ce qu’elles sont devenues. I.es esquisses sont au Musée de Bruxelles. Le roi Guillaume Fq dont Van Brée peignit le portrait (Musée et Hôtel de ville de Bruxelles), commanda au peintre un grand tableau pour l’Hôtel de ville de Gand, Guillaume d'Orange intercédant auprès des magistrats de Gand la grâce des évêques de Bruges et d’Ypres, tableau immense, exposé à Gand en i8i8. Van Brée lui-même exécuta en lithographie la tête, de grandeur naturelle, du Taciturne. En 1817, le roi des Pays-Bas avait fait placer à l’Hôtel de ville de Leyde le Dévouement de V ander WorJ, le bourgmestre en 1576, autre vaste tableau de Van Brée. A l’Hotel de ville de Bruxelles, on trouve de Vau Brée un portrait du roi Guillaunre F’'; à Versailles, la Visite de Napoléon et de Marie-Louise à A)ivers; enfin, au Musée d’Anvers, une grande page représentant la Mort de Rubens, œuvre extrêmement médiocre à tous les points de vue. Le Musée d’Amsterdam possède un portrait de Van Brée peint par lui-même. Celui d’Anvers, une autre effigie du peintre par son élève Vau Ysendyck. Si Van Brée n’a laissé, comme peintre, aucune œuvre de marque, on doit lui reconnaître, comme professeur, une importance considérable. Le nombre de ses élèves fut très grand, et ce ne fut pas pour lui un mince honneur d'avoir formé les Wappers, De Keyser, De Braekeleer, Van Ysendyck et Wiertz, pour ne parler que de ceux-là.

Van Brée a gravé à l’eau-forte un buste d’après Rembrandt (B. 256) et s’est fait connaître comme lithographe dès le début de cet art en Belgique.

Immerzeel, De Levcjis en Wcrien, etc. — Siret, Dictionnaire des peintres. — Catalogue du Musée d’Anvers. — Vlaamsche Sc/ioot.

BRÉE ( Philippe- Jacques VAN), peintre belge, frère cadet de Mathieu-]. Van Brée, naquit à Anvers le m'' janvier 17S6. Il fut d’abord élève de son père Andréas Van Brée, puis de son frère Mathieu, et s’en alla ensuite à Paris, continuer ses études sous Girodet, d’où il passa en Italie en 1816. Van Brée séjourna aussi en Allemagne et en Angleterre. Il eut son heure de célébrité, et les Musées de Bruxelles et d’Anvers possèdent de lui des œnivres qui, pour le temps où elles virent le jour, n’étaient pas sans valeur. Le tableau de Si.xte-Ouint gardant les pourceatix , malgré l’exagération des tonalités, a des qualités de style et de composition, et sa Grande Procession à Saint- Pierre de Rome, le jour de la Saint-Pierre, est l’œuvre d’un homme incontestablement habile. Il a moins de bien à dire du Rubens peignant dans son jardin, aussi au Musée de Bruxelles, et de V Abdication de Charles-Quint, au Musée d’Anvers. Van Brée obtint la médaille de vermeil au Salon de

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Bruxelles de 1833 et la médaille d’or en 1836. 11 était Chevalier de l’Ordre de Léopold. Il mourut à Saint-Josse-teir-Xoode, près de Bruxelles, où il avait pris sa résidence, le 16 février 1871. Il avait formé quelques élèves, dont L. Ricquier et G.-V. Genisson, le peintre d’intérieurs d’églises.

De Vlaainsche School. — Sources pariiculières.

BREYDEL (Charles), dit le Chevalier, peintre de batailles flamand, né à Anvers en 1678. Élève de Pierre Yckens et de Pierre Rysbrack, il travailla successivement à Francfort, Nuremberg et Cassel, où séjournait déjà son frère Frans. Plus tard, on le trouve à Amsterdam où il ht notamment de nombreuses copies pour le marchand Jacob De Vos. De retour à Anvers en 1703, il se fit inscrire en 1704 à la Gilde des peintres. Il y finit ses jours en 1733, après avoir séjourné quelques années à Bruxelles, à dater de 1723, et également à Gand, s’il faut en croire Descamps. Le même auteur ajoute que Breydel mourut à Gand en 1744, mais ce fait est formellement contredit par une annotation relevée par M. Vanden Branden dans les archives d’Anvers, et qui permet de fixer le décès du peintre en 1733.

Les œuvres du chevalier Breydel se rencontrent dans un grand nombre de musées. Elles dénotent une habileté incontestable avec un goût assez médiocre. On y constate l’influence de Rysbrack avec celle de Vander Meulen. La tonalité surtout nranque de distinction et dépare presque toujours l'adresse bieii flamande des procédés.

F.-.I. \'an den Branden, Gesrhiedoiis der A>itivcrpschc Schildcrschool. — J. -B. Descanips, Vie des peintres flamands et holla7idais. — Biographie Jiationale de Belgique.

BREYDEL (François), peintre de portraits, d’intérieurs et de paysages, irère de Charles Bre}nlel, naquit à Anvers en 1679 On ne connaît point son maître; Descamps suppose que ce fut Rysbrack. Les portraits de F. Breydel lui valurent d’abord quelques succès et le titre de peintre de la Cour électorale de Hesse-Cassel. Il ne se contenta pas d’ailleurs de ce seul genre, mais ])eignit aussi des mascarades dans des ])aysages et dans des iirtérieurs qui se rencontrent encore parfois sous sa signature, notamment dans la (dalerie de Dresde. Chose remarquable, le Musée de Cassel ne possède pas un seul échantillon de son talent. Ayant travaillé dans d’autres \illes de l’Allemagne, Frans Breydel passa en Angleterre, et Descamps assure ([u’il v était encore en 1724. Ses sujets de conversations y furent recherchés, ajoute l’auteur, mais on les rencontre peu dans les Galeries anglaises, d’où il est permis de conclure qu’ils ont été attribués à d’autres maîtres, h'rans Breydel vint mourir à Anvers en 1750, le 24 novembre. Descamjrs cite plusieurs de ses œuvres, représentant des tableaux de famille dans des ])avsagcs et également les ])ortraits de tous les confrères de la Gilde do Saint-Sébastien d’Anvers.

.I.-B. Descamps, Vie des peintres flamands et hollandais, t. IV, p. 206.

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BRUEGHEL (Pierre), aussi BREUGHEL | Brueghel étant la forme ancienne des mots flamands en eu : Cuelen pour Ceulen (Coin), etc.], dit le VIEUX, le DRÔLE, leBREUGHEL DES PAYSANS, peintre de sujets religieux et profanes de genre, également de paysages, et graveur, né à Breughel, près de Bréda, vers 1523. Il est le chef de la nombreuse lignée d’artistes qui ont illustré son nom, et Tun des représentants les plus géniaux de l’école flamande. Fixé de bonne heure à Anvers, il y fut l’élève de Pierre Coeck d’Alost, et admis franc-maître de la Gilde de Saint-Luc en 1551, c’est-à-dire après la mort de Coeck. (3n dit qu’il fut également l’élève de Jérôme Cock, le graveur-marchand, mais ce ne fut probablement qu’après son voyage en France et en Italie que débuta sa collaboration aux travaux du célèbre éditeur.

On n’a sur le séjour de Brueghel en Italie d’autres données certaines que les beaux Paysages alpestres et sa Vue de Messine, exécutés eir gravure et publiés par Jérôme Cock. Mariette vit dans la collection Crozat des dessins du maître datés de 1553 et marqués des mots Roniæ. Il ajoute que par le style ces œuvres étaient dignes du Titien et, en effet, nul maître n’a rendu avec plus de grandeur les sites de l’espèce.

Influencé par les œuvres de Jérôme Van Aeken (Jérôme Bosch), Breughey excella, comme lui, dans la représentation des diableries, des incantations, des apparitions monstrueuses, où sa féconde imagination excellait à enfanter des bizarreries sans nom.

Il avait d’ailleurs un sens véritable de la grandeur pittoresque, et son Triomphe de la Mort, au Musée de Madrid, est un chef-d’œmvre. Dans les scènes de la vie populaire et rustique, Brueghel est magistral. Bien qu’il fut de mœurs rangées et correctes, dit Van Mander, il se plaisait, en compagnie d’un négociant anversois, d’origine allemande, Hans Franckert, à fréquenter les fêtes, tirs à l’arc et noces au village, observant tout et atteignant par là ce degré de vérité qui donne un si grand charme à ses compositions. Le village de Hoboken, près d’Anvers, a une prédilection marquée dans le choix de ses motifs, et il en fait le théâtre de plusieurs de ses épisodes, tels que Le Massacre des Innocents, L’ Adoration des rois, La Fuite en Égypte, etc.

Brueghel, arrivé à l’âge mûr, et sans doute vers 1563, épousa la hile de son ancien maître, Marie Coeck, qu’il avait, comme enfant, fort souvent portée dans ses bras. Le nouveau couple alla alors se fixer à Bruxelles, selon le désir de la veuve de Coeck. Ce fut là aussi que mourut, en 1569, le grand peintre de genre, et qu’il fut inhumé dans l’église de Notre-Dame de la Chapelle, ou son épitaphe, renouvelée en 1676 par David Teniers, petit-fils par alliance de Pierre Brueghel, existe encore. On n’}" voit plus aujourd’hui que la copie du tableau de Rubens : Le Christ donnant les clefs à saint Pierre, dont l’original avait été peint expressément par le maître pour orner la tombe d’un artiste pour lequel il professait une grande admiration. Rubens, en effet, possédait dans sa galerie un nombre considérable de peintures de Brueghel, et il fit même graver sous sa direction un Combat de Paysans, par Lucas Vorsterman, qui dédia sa yilanche à Jean Brueghel, le

fîls de l’auteur de la peinture qui est aujourd’hui au Belvédère de Vienne. Le Christ de Rubens, vendu en 1765, appartient aujourd’hui à la galerie Potemkin, à Bruxelles. Il en existe une gravure par Pierre De Iode le vieux, dont la sœur était la femme de Jean Brueghel de Velours. La veuve de Pierre mourut en 1578.

Le peintre laissait en mourant deux fils : Pierre, connu dans l’histoire sous le nom de Brueghel d’Enfer, et Jean, connu comme Brueghel de Velours, dont il vient d’être question.

Rares dans les collections belges, les œuvres de Pierre Brueghel se rencontrent surtout dans les Musées d’Allemagne, et plus spécialement à Vienne, à Madrid, et également dans quelques Musées d’Italie, entre autres à Naples où l’on voit de lui deux créations éminentes, peintes à la détrempe ; L’ Aveugle qui conduit des aveugles (sujet renouvelé de Jérôme Bosch) et la Fraude du monde, dont il existe une gravure par Wiericx.

En général, les peintures de Brueghel ne s’étendent que sur un petit nombre d’années. Les dates inscrites sur ses tableaux vont de 1559 à 1568. Cette dernière date ligure sur un tableau de la Galerie de Darmstadt ; Des Paysans dansant autour d’un gibet sur lequel perche une pie. Ce tableau, dit Van Mander, était une allégorie sur la médisance, et avait été légué par Brueghel à sa femme. 11 détruisit beaucoup de dessins emblématiques avant de mourir, car la satire en était mordante, et le peintre eut peur qu’elle ne nuisît à sa femme. Lord Spencer possède un recueil de dessins de Pierre Brueghel que Dibdin qualifie de merveille.

Quel que soit le genre qu’il aborda, Brueghel révèle une supériorité très haute, autant par l’interprétation de ses sujets que par le mérite de leur exécution. Coloriste excellent, il excelle aussi à rendre l’attitude et l’expression de ses personnages, et ses tableaux sont, en réalité, des documents de premier ordre pour l’histoire de la vie du peuple au XV L' siècle. Il y a même ce détail que les paysans, conformément à l’ordonnance de Charles-Ouint, portent un costume arriéré d’un demi -siècle. Comme paysagiste et comme mariniste, le grand peintre procède avec un égal souci de la vérité. Ses bateaux sont des modèles de précision. Erans Huys en a gravé une suite remarquable.

Brueghel a gravé quelques pièces à l’eau-forte et on lui attribue également un bois : La Mascarade d’Ourson et de Valentin. Pierre Vander Heyden (a Alerica), Wiericx, Houdius et Erans Hiq's ont ifius spécialement reproduit ses dessins, publiés par J. Cock. C’est l’adresse du même éditeur qui ligure sur les Vue des Alpes, dont nous attribuons la gravure au maître personnellement. Il existe ])lusieurs portraits de Pierre Brueghel. Ou le trouve (le prolil dans le recueil de Lam])sonius : Pictorum aliquot Gernianiœ inferioris effigies, et B. Spranger peignit de lui une autre elligie qui fut gravée en 1606 par Egide Sadeler, avec un eircadrement de ligures allégoriques.

Van .Mander, Schildcrhocck , et traduction française avec notes de H. Hyinans. — F.-.l. Van den Branden, (icsckicdcnis der Aniwcrpschc Sclnldcrschool . — Max Rt)oses, Geschichlc der Malcrschule Aniiverpov^. — VVollinann et Woerniann, Gcschichlc der Mater ci.

BREUGHEL (Jean), dit de Velours, peintre flamand, second fils de Pierre le vieux (le drôle), naquit à Bruxelles en 1568 et mourut à Anvers le 13 janvier 1625. Agé seulement d’un an quand son père mourut, il dut sa première initiation dans l’art à sa grand’mère, la veuve de Pierre Coeck, Marie Verliulst, citée comme une miniaturiste d’un talent supérieur et, en réalité, si Jean Breughel porta le surnom de Brueghel de Velours, à cause, veut-on, du luxe de son accoutrement, sa peinture elle-même méritait ce surnom, comme le pense Heineken. Ses tableaux sont presque des miniatures. Ce fut Pierre Goetkint, à Anvers, qui compléta son éducation artistique. Plutôt marchand que peintre, ce second initiateur mourut en 1583, alors, par conséquent, que son élève n’avait que 15 ans. Breughel ne paraît pas avoir eu d’autre maître. Il était, du reste, fort jeune lorsqu’il partit pour l’Italie, en traversant l’Allemagne, s’arrêtant un certain temps à Cologne. Il était à Rome en 1593, comme le prouve une Vue du Colysée, datée de cette année, puis passa à Milan, où il travailla pour le cardinal Borromée, dont il garda la faveur pendant toute son existence et avec lequel il correspondit de 1605 à 1624.

Jean Breughel fut inscrit à la Gilde de Saint-Luc d’Anvers en 1597. Marié à Elisabeth, la fille du graveur-éditeur, Gérard De Jode ( 1599), il devint peu de temps après, bourgeois de la ville d’Anvers (1601) et do5mn de la Gilde, Le vaste talent du maître lui amena non seulement une grande fortune, mais des honneurs exceptionnels. Comme. Rubens, il reçut le titre de peintre des archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs des Pa}"s-Bas, avec tous les privilèges et exemptions attachés à ce titre, et fut honoré d’une chaîne d’or avec une médaille aux effigies de Leurs Altesses. Quand naquit le dernier de ses enfants, en 1623, le cardinal Borromée fut le parrain et l’Infante Isabelle la marraine. Intimement lié avec Rubens, il fut appelé à diverses reprises à être le collaborateur de ce maître illustre, et l’on voit à la Pinacothèque de Munich, comme au Louvre, une Madone entourée de Jleurs, due à la collaboration des deux artistes. Egalement au Musée de La Haye Adam et Eve au Paradis terrestre, une véritable perle, avec les petites figures peintes par Rubens, dans le plus délicieux des paysages de Jean Breughel. Van Baelen et Rottenhamer se prévalurent plus d’une fois, aussi, du concours du merveilleux artiste, expert, on peut le dire, dans tous les genres, et dont les oeuvres sont souvent de véritables joyaux.

Jean Breughel, s’il peignit tous les genres, y excella. Moins dégagé que son père de certaines conventions d’école, il n’en fut pas moins un des exécutants les plus parfaits que nous offre l’école flamande, et, dans ses fleurs comme dans ses paysages, dont les plus attachants sont des bords de rivières que sillonnent des bateaux et dont les bords sont peuplés de ligures et de fabriques, il suit la nature avec une incontestable hdélité. La nombreuse série de ses créations que l’ont voit à la bibliothèque Ambrosienne de Milan, et qu’il peignit pour le cardinal Frédéric Birrromée, constitue un des plus magnifiques ensembles que l’on puisse voir. La suite des Éléments, souvent répétée d’ailleurs, comme les Cinq Sens, lui fournissent l’occasion de donner

la preuve de l’incomparable délicatesse de son pinceau dans des accessoires sans nombre et des fonds délicieux. Les Musées du Louvre, la Pinacothèque de Munich, la Galerie du Prado à Madrid, le Belvédère à Vienne, le Musée de l’Ermitage, la Galerie du roi des Belges, la collection ro5"ale d’Angleterre nous font voir des spécimens de ce genre que l’on ne se lasse point d’admirer. Breughel excella aussi dans la peinture des oiseaux et des insectes, et prêta souvent son talent à d’autres artistes pour les œuvres de l’espèce. Il fut incontestablement influencé par Rubens, comme le fut ])ar exemple Teniers, qui , après sa mort, épousa l’une de ses filles. Comme peintre de fleurs, son influence s’exerça surtout sur Daniel Seghers, le jésuite anversois, lequel cependant n’atteignit jamais la haute saveur de ses créations.

1. Breughel, marié deux fois, fut père de dix enfants. Ses filles épousèrent lérôme Van Kessel, le peintre d’oiseaux et de fleurs, l.-B. Borrekens, le graveur, et David Teniers IL

Ses fils Jean et Ambroise furent des peintres à leur tour très méritants. Lorsqu’il mourut à peine âoé de 57 ans, trois de ses enfants, un fils et deux filles, succombèrent en même temps que lui, aux atteintes de l’épidémie qui régnait alors à Anvers. Le sculpteur Robert De Noie sculpta son monument, qui disparut avec l’ancienne église Saint-Georges d'Anvers, ainsi que le portrait, peint par Rubens, qui le surmontait. Son effigie a été gravée à l’eau-forte par Van Dyck, qui la peignit également (Pinacothèque de Munich).

Beaucoup de gravures furent exécutées d’après les œuvres de Jean Brueghel, surtout par W. Hollar, les Sadeler, Crispin de Passe et Nicolas De Bruyn. En Erance, Le Bas et ses élèves firent des planches capitales d’après ses créations. Très recherchées au XVII E siècle et pavées des prix élevés, elles ue se présentent aujourd’hui que rarement, les principales étant immobilisées dans les collections publiques.

C.Van Mander, Sckilderboek. — Catalogue du Musée d'.Vnvers. — Van den Branden, Gcschicdcnis dcr Antwerjjsche Schildcrschool. — Ruoses, Gcschicdenis der Antwerpsche Schildcrschool . — Seubert, AUgenicine Kunstlcr/cxiko?! . — Waagen. Hnndbuch. — Crivelli, Giovanni Briieghcl, Piltor fiammingo, o suc Icttcrc e quadretti csistenti pressa V Amhrosiana. Milano, (868. — Deutsche biographie, II I, 403.

BREUGHEL (Ambroise), peintre de fleurs et de pavsages flamand, fils de Jean Breughel de Velours et de sa seconde femme Catherine Van Marienburg, na([uit à Anvers le 10 août 1617. Elève de son frère Jean Breughel le jeune et de Llenri Vau Balen, il lut reçu franc-maître de la Gilde de Saint-Luc, comme fils de maitre, eu 1645 seulement. Le fait de cette réception tardive - le ])eintre avait 28 ans — prouve qu’il avait séjourné d’abord à l’étranger. Le fait est d’autant ])lus probable qu’il existe un testament d’Ambroise, fait eu septembre 1639, ce (pu parait indi(iuer des intentions de voyage, probalilement exécutées. Ou(h qu’il en soit, Breughel, qui se maria à Anvers en 1649, lut successivement doven de la Gilde de Saint- Luc en 1653 et en 1671. Il mourut en 1675, le 9 février.

Les tableaux de fleurs d’Ambroise Breugliel sont des plus remarquables par leur délicatesse, bien qu’ils soient de grandeur naturelle. Médiocrement habile sous le rapport de l’arrangement; ce qui le préoccupe surtout, c’est le fini du détail, et l’on peut dire que, sous ce rapport, il est extraordinaire. Les insectes, les papillons qui voltigent sur les fleurs, pourraient servir d’étude à un entomologiste. Les tableaux d’Ambroise Breughel ne sont pas communs. Le Musée de Bruxelles en possède un fort bel échantillon. L’église Saint- Jacques, à Anvers, possède de lui une guirlande de fleurs entourant la Vierge et l’enfant Jésus.

Catalo'gue du Musée d’Anvers ( Rubens-Breughel ). — F. -J. Van den Branden, Gcschiedcnis der Antwerpschc Schildcrschool. — Max. Rouses, Geschicdcjiis dcr Antwerpsche Schiidcrschool.

BREUGHEL (Abraham), fils de Jean Breughel le jeune, peintre de sujets religieux et de fleurs, né à Anvers en 1631. 11 se rendit de bonne heure à Rome, où il reçut dans la Gilde le surnom de Rhvngraaf. Fréquemment confondu avec Ambroise, également peintre de fleurs, il n’apparait avec certitude que dans un petit nombre de galeries, notamment à Turin, où Ton trouve de lui une Sainte Famille avec des anges, entourés d’une guirlande de fleurs. A Cassel, on lui attribue deux tableaux du même genre, des fleurs entourant des grisailles avec des amours. La date de sa mort est très inégalement rapportée. Nous adoptons comme la plus probable l'année 1690. Mariette eut l’occasion de voir son inscription parmi les membres de l’Académie de Saint- Luc à ITome, sous la date du 3 août 1670. On le nomme, dans cet acte. Abraham Brugola. Heiuecken prétend que Abraham Breughel a gravé une planche sur bois. Cette pièce ne nous est point connue. Fiorillo donne à Abraham Breughel un»lils Gaspard, élève de son père et le continuateur de son genre. Nous ne saurions préciser le fait, manquant pour cela de matériaux.

F. -J. Van den Branden, Gcschiedenis dcr Antwerpschc Schildcrschool. — Biographie yiationale de Belgique. — Siret, Dictionnaire des peintres. — Füssli, Siipplém. — Mariette. - Abecedario.

BREUGHEL (Jean), second du nom, fils de Jean Breughel de Velours et d’Isabelle I3e Iode, peintre de paysages, de fleurs et d’animaux, né à Anvers le 13 septembre 1601. Elève de son père, il se mit en route pour l’Italie, en compagnie d’Antoine Van Dyck, et visita successivement les principales villes, s’arrêtant surtout à Gènes, chez son cousin Louis De Wael, à Turin et à Milan où, notamment, il fut hébergé par le cardinal Borromée, l’ami et le protecteur de son père. Revenu à Anvers en 1625, en compagnie de Pierre (joetkint, l’éditeur anversois (Bonenfant), établi à Paris, il ne tarda pas à épouser la fille d’Abraham Janssens, le peintre, la nièce de Goetkint. Franc-maitre de la Gilde de Saint-Luc en 1625, il en fut le doyen en 1629. Sa vogue fut très grande et, de même que son père, avec les œuvres duquel ses travaux ont été fréquemment confondus, il eut pour collaborateurs

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les premiers peintres de son temps : Rubens, Diepenbeke, Van Thulden, Van Balen. Jérôme Van Kessel, son beau-frère Josse De Momper, etc. Il trouva des protecteurs dans le duc de Savoie et dans l'archiduc Léopold- Guillaume, gouverneur des Pays-Bas. Jean Breughel laissa un journal dans lequel sont consignés la plupart des faits de sa carrière et auquel sont empruntés les présents renseignements publiés par M. T. Van Lerius dans le catalogue du Musée d'Anvers. La date de la mort de Jean Breughel le jeune n’est point connue. D’après M. Vau Lerius, il vivait encore en 1677. Van den Branden le trouve mentionné pour la dernière fois en 1678, date à laquelle il eut une violente altercation à la Gilde d’Anvers, avec un ancien doyen Pierre Van Breckevelt qui lui creva un œil.

Jean Breughel le jeune eut onze enfants dont cinq hls peintres : Jean- Pierre, Abraham, Pliilippe, Ferdinand et Jean-Baptiste.

Les tableaux de Jean Breughel ne se distinguent réellement de ceux de son père que par leurs dates. Tels sont par exemple les paysages de Dresde, dates de 1642, L’ Adoration des Mages, de la Galerie de Munich, La Vierge et l’Enfajit Jésus, au Belvédère à Vienne. La confusion des œuvres du père avec celles du hls est d’autant plus facile que l’on a la preuve que l’un et l’autre traitèrent les mêmes sujets. C’est ainsi que Jean le jeune reçut, en 1634, une somme de 300 florins pour avoir peint les Cmq Sens, un des sujets aflectionnés par son père.

Catalogue du Musée d’Anvers. — F. -J. Van den Branden, Geschiedenis der Aiit-

• werpschc Schilderschool. — Biographie 7iationale de Belgique. — Max. Rooses. Biographie 7iationale de Belgique.

BREUGHEL (Jean-Baptiste), peintre flamand, hls de Jean Breughel, deuxième du nom et petit-hls de Breughel de Velours, naquit à Anvers en 1647. Il accompagna son frère Abraham en Italie, et séjourna à Rome où il reçut dans la « Bande » le surnom de « Meleagro ». Peut-être est-ce lui qui reçut le surnom de « Breughel le Napolitain » que beaucoup d’auteurs attribuent à Abraham. Van Gool affirme que ce fut lui, en ajoutant qu’il vécut principalement à Naples Le même auteur ajoute qu’il croit avoir vu de lui, dans les Pays-Bas, des fleurs et des fruits d’Italie, fort remarquables. Le Musée de Turin possède un tableau représefttant Un plat de figues avec du pain, attribué à Jean-Baptiste Breughel. On ignore la date de la mort de cet artiste, cpii ne paraît pas être jamais revenu dans son pays natal.

,1. \’an Gool, Üe niemve Scliouhurg der Ncdcrlandschc Schilders, etc., t. II, p. 464. - F.-.I. Van den Bianden, Geschiedenis der Antwcrpsche Schilderschool . — Biographie nationale de Belgique.

BREUGHEL (Jean-Pierre), ])eintre flamand, né à Anvers le 29 août 11)28. II était fils de Jean Breughel le jeune, et suivit le genre de son père, se distinguant surtout comme peintre de fleurs. Reçu franc-maître de la Gilde de Saint-Luc, à Anvers, en 1646, il alla ensuite habiter Liège où il mourut; on ignore en quelle année.

F.-.l. \'an den lUanden. Geschiedenis der Antioerpsche Schilderschool.

BREUGHEL (Pierre). Van Mander cite parmi les tableaux de Pierre Breughel (t. P', p. 303), Une Folle Marguerite en train de se monter pour l’enfer , en ajoutant : « je crois que ce tableau se trouve au palais de l’empereur ». Le nouveau catalogue du Musée du Belvédère, tome II, écoles des Pays-Bas, publié en 1884, fait connaître, sous le n° 753, une œuvre nouvellement exposée sous le nom de Pierre Breughel le jeune et qui n’est autre que la création désignée par Van Mander. C’est, en réalité, une Tentation de saint Antoine. Une femme monstrueuse y offre à boire au pieux anachorète, et, dans le ciel, une sorcière nue, montée sur un poisson volant, soutient à coups de balai un combat contre tout un ensemble de figures fantastiques dissimulées derrière un vaste entonnoir. Ce tableau provient, d’après le catalogue, du cabinet de l’empereur Rodolphe.

BREUGHEL (Philippe), peintre flamand, fils de Jean Breughel le jeune, né à Anvers en 1635, franc-maître de la Gilde de Saînt-Luc en 1655. Le 23 octobre 1657, son père l’envoya à Paris chez son oncle, le célèbre graveur Jean N’aldor, qui faisait aussi le commerce. Il devait rester trois ans au service de Valdor pour y exécuter des travaux de peinture. Il partait, accompagné d’un frère, Ambroise, lequel devait rester quinze ans chez Valdor pour y apprendre le commerce. En 1662. il est de nouveau à Anvers comme « Constschilder nach Weisbar ».

F. -J. Van den Branden, Geschiedoiis der Antuurpsche Schildcrschool .

BREUGHEL (J ean- Baptiste), peintre, né à Anvers en 1647, fils de Jean-Baptiste le jeune, cité dans « Rône Schilderbent Meleager ». Peut-être est-il aussi celui qui porte le sobriquet de Neapoltasser, que beaucmip ajoutent à Abraham Breughel. Ses œuvres signalées ne sont pas connues.

Van den Branden. — Biographie 7iatici7uilc.

BRI AS (Charles), peintre belge, né à Malines(Mechelen) le 22 avril 1798, mort à Bruxelles le 28 novembre 1884. Elève de l’Académie de sa ville natale, lauréat en 1818, Brias avait exposé dès l’année précédente, à Garni, un portrait en miniature du général Chassé, à cheval, au moment où il force la garde française à se replier à Waterloo. Bientôt après, il se rendit à Paris pour 5- poursuivre ses études et, à son retour ( 1822), se fixa à Bruxelles, d’où il envoya ses œuvres à diverses expositions. Après avoir exposé à Gand, en 1823, une vue d’après nature de X Entrée d’une Maisofi à Paris, il remporta le prix de la peinture de genre, à Bruxelles, en 1824, pour un tableau représentant \m Marchand de Volailles endormi auquel deux gamins enlèvent un coq qu’ils remplacent par un chat. Cette œuvre fut louée comme originale et acquise par un amateur d’Amsterdam. Un tableau de la collection Van den Bergen, vendu 720 florins à Bruxelles en 1858, est au Musee Fodor, à Amsterdam. Peintre ordinaire, Brias se lit une réputation par le fini extraordinaire de ses tableaux. En 1841, il remporta même la médaille à Bruxelles, puis, en 1844, obtint la Croix de l’Ordre de Léopold. Il fut, eu 1830,

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un vaillant patriote, et exposa sa vie dans plus d’un combat contre les Hollandais. Il fut décoré de la Croix de Fer eu 1833.

Brias a gravé à l’eau-forte son propre portrait, en 1846, signé : Ch. Brias. Il a fait aussi une planche représentant Un Vieux Pécheur, signée : C. B. Comme lithographe, on a de lui un portrait du pape Léon XII. Brias, qui était riche, laissa en mourant sa fortune aux pauvres de Bruxelles et de iMalines.

Sources particulières.

BRICE (Ignace), peintre et dessinateur belge, dont Xagler fait l’éloge. 11 était le iils d’Antoine Brice et naquit à Bruxelles le 2 avril 1795. Élève de l’Académie de Bruxelles et de son père Ignace Brice, il fut un des fondateurs de la Société des Beaux-Arts de Bruxelles et prit part à ses premières expositions. Il peignit le genre et le portrait, et continua le cours de dessin ouvert par son ]tère. On rencontre le nom d’Ignace Brice dans les catalogues des expositions de Bruxelles, Anvers, (dand et Amsterdam, de 1821 à 1828. Portrait ( Bruxelles 1821); Jeune Religieuse (Gand 1826) ; La Cuisinière et le Marchand de volailles (Bruxelles 1827), aujourd’hui au Musée d’Amsterdam; Marchand de fruits (Anvers 1828). Brice était un dessinateur de talent, comme le prouve son portrait lithographié de Thérèse Langhendries, supérieure de l’hôpital de Bruxelles, morte en décembre 1823. Cette œuvre offre d’une manière si frappante l’esprit d’observation que l’on retrouve dans les créations de Madou, qu’elle fait croire à l’intervention de ce dernier. Ignace Brice est mort à Saint-Iosse-ten-Noode (Bruxelles), le 10 août 1866.

Nagler. — Sources parliculières.

BRIL (Mathieu), peintre llamand, né à Anvers ou à Bréda en 1548, d'après son é])itaphe à Santa Maria dell’ Anima à Rome; en 1550, d’après Van Mander, qui lui donne 34 ans à l’époque de sa mort, arrivée en 1584. Les Bril étaient originaires de Bréda, et Van Goor (Beschryving van Breda) fait même mention d’un Mathieu Bril, ])eintre de fruits. A Anvers, par contre, en 1570, nous trouvons inscrits à la Gilde de Saint-Luc un lacques et un Hans Bril, admis comme hls de maitres.

Mathieu Bril se rendit jeune en Italie et acquit à Rome une vogue considérable sous le ]iontilicat de Grégoire XIII. 11 décora de ses paysages la Sala Ducale en com]ragnie de lean Soens, de Bois-le-Duc, et la Sala di Consistorio (Les Quatre Saisons), aidé de son frère Paul Bril, qui le rejoignit à Rome et v fut son élève. La jeunesse de Mathieu ne l’empêcha donc point de se faire une grande ré])utation et d’avoir frayé la voie a toute une série de liaysagistes, insjhrés du Titien.

Les tableaux de Mathieu Bril, peints sur cuivre, sont rares. On les rencontre au Louvre, à Dresde, à Brunswick. Ils ne sont point signés et on les distingue diflicilement de ceux de J’aul Bril.

Hondius a iniblié, d’airrès Mathieu Bril, une im]iortante série de planches gravées par S. Frisius, sous le titre de Tofografliia variarum Regionum.

Outre ces vingt-neuf pièces publiées à La Ha}^e en 1614, Raphaël Sadeler a reproduit des paysages de Mathieu Bril, qui nous permettent de constater que les prédilections llamandes prenaient le dessus chez ce peintre, des influences italiennes. Ce fut toutefois un habile metteur en scène, et les sites quelque peu surchargés qui le séduisent, ne manquent pas de grandeur pittoresque,

• C. Van Mander, SchilJcrbocck. — Rertolotli, Artisti Bclgi ed Olandisi a Koma. —

Biographie tiatianale de Belgique.

BRIL (Paul), peintre de pa5^sages à fresque, à l’huile, enlumineur, graveur à l’eau-forte, frère du précédent, né à Anvers ou Bréda (ville d’où sa famille était originaire) en 1554, d’après son épitaphe à Santa Maria deir Anima, en 1556 selon Van Mander, qui lui donne 48 ans en 1604. Bril n’est pas mentionné aux archives de la Gilde anversoise de Saint-Luc. S’il ne vit point le jour à Anvers, — son testament parle de la maison paternelle à Bréda, — il }’■ était venu de bonne heure et eut pour maître Damien Ortelmans, peintre obscur à la détrempe. Paul gagna sa vie jusqu’à sa quatorzième année à peindre des tablettes de clavecins, séjourna ensuite à Bréda, retourna à Anvers et, à l’insu de sa famille, partit pour LAmn et ensuite pour Rome, où il rejoignit son frère dont il fut d’abord l’élève, ensuite le collaborateur, enfin le continuateur. Mathieu et Paul Bril firent de compagnie les grandes peintures commandées par Grégoire XIII, et Paul les acheva après la mort de son aîné. Favorisé par Sixte-Ouint et par Clément VIII, il fui appelé à l’honneur de décorer le Vatican de nombreuses peintures. L’immense pa5’'sage de la salle Clémentine, où est figurée la Légende de saint Clément, est de Paul Bril. Cette fresque a 68 pieds de long. Elle date de 1602. Paul Bril acheva les peintures de son thère à la salle Ducale et lit de nombreuses œuvres individuelles dans la galerie des Loges, dans la' galerie Géographique, dans la Bibliothèque, etc. A Sainte-Marie Majeure, à Santa Maria in Valicella, à la Scala Santa, au Palais Vlattai, dans la villa Rossiglieri, dans la villa Ludovisi et dans bien d’autres lieux se rencontrent tantôt des fresques, tantôt des peintures à l’huile, attestant la vogue du peintre. Il en arriva à ne prendre le pinceau que pour un minimum de cent ducats. Che.z les Théatins du Monte Cavallo, il avait peint des pa)^sages pour \ Histoire de saint Bernard, dont Balthasar Peruzzi avait peint les figures. A la villa Ludovisi, il collabora avec le Guerchin.

Paul Bril subit grandement l’influence du Titien et de Carrache. Ce dernier peignit meme des figures dans un pa5^sage de Bril (Louvre). II est évident que la nature des sites du maître se ressent du Titien, et jiourtant, pas plus que Mathieu, Paul ne s’identifia avec la nature italienne au point de dépouiller son caractère de P'iamand. Ses paysages et ses marines se ressentent toujours des conceptions mises à la mode par les Patenier et les Blés, et reprises par d’autres avec plus ou moins de succès. La ligne est grande et belle, imposante. Les marines de Bril ont un souffle poétique incontestable, et certains de ses paysages ont même été confondus, assure Waagen, avec

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des œuvres de Claude Lorrain. Ce dernier fut d’ailleurs influencé par Bril, qui fut le maître de A. Tassi, le maître de Claude.

Paul Bril ne fut pas seulement peintre habile, il fut également un miniaturiste de premier ordre, comme le prouvent certaines de ses peintures dans ce genre .existant à la vieille résidence de Munich.

On possède également de lui d’excellentes eaux-fortes tracées d’une pointe à la fois savante et légère.

Bril mourut à Rome le 7 octobre 1626, et fut inhumé à Santa Maria deir Anima. Son testament, qui est du 24 septembre, fait connaître sa femme, Ottavia Barra; ses fils Cyriaque et Luca Rutilio, sa fille Faustina. Il resuite de cette pièce publiée par M. Bertolotti, que Luca Rutilio était prisonnier chez les infldèles.

Les œuvres de Paul Bril ont de tout temps été rares dans les Pays-Bas. Rubens en iiossédait une : L' Histoire de Psyché, et Van Mander cite, avec grande admiration, une Vue du Campo Vaccino, appartenant à Henry Van Os, et qui est maintenant au Louvre. Le Louvre, du reste, possède huit peintures de Bril, et il y eu a un nombre considérable au Palais de Fontainebleau. Dans presque tous les Palais de Rome, dans presque tous les Musées d’Italie, à Madrid, en Allemagne (il y a neuf tableaux à Dresde), à Munich, à Schwerin, à Berlin (quatre tableaux), à Amsterdam, à Saint-Pétersbourg, à Hampton Court, etc., se rencontrent des œuvres méritoires du maître. Les élèves principaux de Bril sont P. Van Nieulandt, B. Lauwers, Agostine Tapi.

Baglione, Baldmncci. — Malvanà, Pittori Bo/ogncsi. — Van Mander. - Bertolotti, Ariisli Olandisi e Bclgi a Roma. — E. Fetis, Les artistes belges à l'étranger — Ch. Blanc, Histoire des peintres (Ecole flamande). — Biographie nationale de Belgique.

BROECK (Crispin VAN DEN), peintre et dessinateur flamand, né à Malines en 1524. Van Mander le comprend parmi les élèves de Frans Floris. Il fut admis franc-maître de la Gilde de Saint-Luc d’Anvers en 1555, mais continua, semble-t-il, d'habiter sa ville natale jusqu’en 1558. En effet, dans un contrat passe le 27 juillet 1558 entre Van den Broeck et Hubert Goltz (ius), ce dernier loue sa maison, sise à Anvers, avec les meubles qui s’y trouvent, à C. Van den Broeck, habitant Vlalines, pour un terme de deux ans, à dater de la Saint-Bavon (i" octobre) 1558. En 1559, Van den Broeck sollicite et obtient, à Anvers, le droit de bourgeoisie. Le Musée de Bruxelles possède de sa main un Jugement dernier, de moyenne grandeur, daté de 1560. Le même sujet se répète dans deux créations des Musées d'Arras et d’Anvers, cette dernière datée de 1571 Barbara Van den Broeck, plus tard femme de C. Van Gueborn, tille du peintre, en ht une gravure. Üuoique très influencé par Frans Floris, Van rien Broeck est cependant un peintre habile et un compositeur de beaucoup de talent, deux qualités que V^an Mander loue particulièrement en lui. 11 al)onde en gravures d’après ses dessins, et il lut l’un des collaborateurs les plus actifs de l’imprimerie Plantinienne. Dès Tannée 1566, il lit pour la célèbre imprimerie anversoise, des premiers dessins. En 1571

suivirent ses planches pour les Humanœ Saliitis Monumenta, d’Arias Montanus, et les comptes de Plantin prouvent qu’il prit également part à la grande Bible latine en 1583. Ce fut lui qui dessina les frontispices de la Description des Pays-Bas, de Lodovico Guicciadini (1581), et l’on peut surtout mentionner sa grande et importante composition relative au sac d’Anvers par les Espagnols (1576), gravée par Adrien Collaert.

Les peintures de Crispin Van den Broeck sont rares. Une xidoration des Mages à Vienne, une Sainte Famille à Madrid, un Calvaire au Musée des Hospices d’Anvers, sont, avec le Jugement mentionné plus haut, les

créations les plus notables du maître. On lui attribue, sans preuve toutefois, le portrait de Plantin, de 1578, conservé au Musée Plantin à Anvers. Nous savons, par Van Mander, qu’il acheva les peintures inachevées de F. Floris.

Il y avait jadis à l’Hôtel de ville d’Anvers un tableau de Crispin Van den Broeck, commandé en 1582, au prix de 500 livres. On ignore ce qu’est devenue cette œuvre dont le sujet n’est pas indiqué.

Van Mander déclare que Van den Broeck est mort en Hollande sans qu’il sache la date de son décès. Les enfants du peintre habitaient la Hollande, et lui-même séjourna un certain temps à Middelbourg en 1584, mais il paraît être mort à Anvers avant le 6 février 1591, date à laquelle sa veuve est mentionnée dans un acte authentique. En revanche Plantin, parlant de lui dans une lettre de 1587, dit que sa fille Isabelle a épousé le peintre Jean De Vos (père du célèbre Corneille De Vos), et que la famille est partie pour la Hollande, ce qui s’explique, sans doute, par la situation troublée du pays. Pour se faire une juste idée du talent de Van den Broeck, c’est surtout l’œuvre des frères Wiericx qu’il faut parcourir.

Les estampes d’après ses dessins sont signées Crispinus, Crispine, mais ne sont jamais, comme gravure, l’œuvre personnelle du peintre.

F.-.T. Van den Branden, Geschiedenis der Ant~æcrpschc Schüdcrschool. — Van Mander, Sdnldcrboeck , et traduction française de H. Hymans. — Max Rooses, Plantin et l’imprimerie P lantinicmic. — Jame Weale, Le Beffroi, t. III, p. 254. — L. Alvin, Catalogne raiso?iné de l'œuvre des frères Wiericx.

BROECK (Élias VAN DEN), peintre de fleurs flamand, né à Anvers vers 1653, et âgé par conséquent d’une vingtaine d’années en 1673, lorsqu’il fut admis franc-maître de la Gilde de Saint-Luc. C’était un peintre extrêmement soigneux et délicat dans l’exécution de ses motifs. Il ne paraît pas avoir eu tout d’abord un très grand succès, car il s’engagea vis-à-vis d’un marchand à travailler exclusivement pour lui, au taux de 150 florins par an. Et ceci arriva en 1674, l’année qui suivit la maîtrise.

La grande délicatesse des détails nuisit à la réputation du peintre que l'on accusa de ne point peindre ses papillons, mais de les coller vivants sur ses panneaux. Il alla alors se fixer à Amsterdam, où il mourut en 1708, et fut inhumé le 6 février. Sa femme Maria Lenaerts lui survécut de deux mois à peine.

Les tableaux de Van den Broeck, du moins ceux qui figurent sous son nom.

sont rares. Les Musées d’Amsterdam, de Rotterdam, le Belvédère à Vienne, la Galerie du prince de Liechtenstein, enfin la Galerie de Schwerin possèdent des échantillons de son talent.

F. -J. Van den Branden, Geschiedenis der A?itwej-psche Schilderschool. — A.-D. De Vries, Biographische Aanteeheningen hetreffende Amstcrdamsclu Schi/dcrs, etc., p. 15.

BROEDERLAM (Melchior) [BROEDERLAI N], peintre flamand, né à Ypres, où ce nom est fréquemment rencontré vers 1350. Mentionné d’abord en 1382-1383 comme peintre de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, il était revêtu du titre de « vaiiet de chambre » de ce prince (1385), avec une pension annuelle de 200 francs. La nature des travaux qu’il fut appelé à exécuter, est assez diverse, car il peignit à l’huile des bannières sur soie, des sièges, des carrosses également (1389 et 1391), des devises pour le château de Hesdin, résidence de son maitre. On connaît heureusement de Broederlam des travaux d’une importance plus considérable, notamment des retables pour lesquels il fut associé au sculpteur Jacques de Baerse, de Termonde (1392), et dont deux existent encore au Musée de Dijon, après avoir appartenu à la Chartreuse de cette ville bourguignonne. Ces tableaux devaient être considérés comme ayant une grande valeur, attendu qu’on les paya 800 francs (1398 et 1399), sur l’estimation de Josse Van Halle, orfèvre, de Claux (Nicolas), de Sluter, le célèbre sculpteur du puits de Moïse à Dijon, de Jean Malonel, de Jean Van Haacht et de Guillaume de Beaumez, tous célèbres.

Jusqu’en 14x0, il est question de Melchior dans les comptes de la ville d’Ypres, car, à cette époque, la municipalité le chargea de donner les nxodèles d’un lys, d’un lion et d’une rose d’ax'gent, destiixés à être donnés en prix aux concours organisés par le magisti'at pour la célébi'ation du « Tuindag », la grande fête locale. On pi'ésume que Broederlam n’aui'a pas survécu à l’année 1410. car il n’est plus question de lui à partir de cette année dans les archives locales. On a la preuve (ju’il habitait Ypres, car le duc de Bourgogne lui accorda, en 1394, une somnxe de 60 francs « pour les réparations d’une maison située à Ypres » et lui appartenant.

Biographixpiement, c’est tout ce que l’on a pu l'ecueillir jusqu’à ce jour sur ce contemporain d-es Frères Van Eyck, dont la statue ixiaintenant orne la façade des Halles d’Ypres.

(juant aux peixitures (pu ixous renseignent sur sa valeur, elles constituent un composé où la sculpture l’emporte sur elles en importance. I.a pai'tie du travail réservée à Jacques de Baerse nous montre la Décollatioti de saint Jcan-liaj>tisle , un Martvfc de saint indéternxiné, la Tentation de saint Anluine, Y Adoration des Mages, le Cnicificnienl et la Déposition de ta Croix. C’est à l’cxtériem' de ces sculptures qu’a])]xaraissent les peintures de Broederlam. Files reixrésentent Ya Saluialion angélique, \a Visitation ,\a Présentation au 'T( lujdc et la l'uite en Egypte.

Ces créations, dont le stvle cadre à peine avec la distinctioix (]ui déjà se révèle dans les œuvres des frères Van lè3mk, sont pourtant exécutées avec un

soin remarquable et, pour les parties les mieux conservées, ont un éclat de coloris que pourrait expliquer l’emploi de la peinture à l'huile. Il résulte, eu elfet, d’un compte de 1397, que Broederlam se servait, comme nous l’avons dit, de ce procédé pour la décoration de ses bannières. Dans la Visitation, un pa5^sage fleuri sert d’arrière-plan, et si maladroit que soit le terrain où passe la sainte Famille pour la Fuite en Egypte, même, ici, il y a des intentions qui dénotent un progrès. Les fonds d'or remplacent le ciel. Les types sont loin de se faire remarquer par leur distinction, et Fôrster voit dans Broederlam l’ancêtre des Breughel et des Teniers.

Nous faisons oberver que nombre de miniaturistes flamands de la même epoqne se signalent par un réalisme pareil.

Waagen, Handbitch. — Biographie nationale de Belgique, t. III, p. 78. — Crowe et Cavalenseelle (edit. Springer). — Fôrster, Dcnkmale, X. — Alph. Vanden Peereboom, Ypriana, t. I, II et V (1878-1881). — De Laborde, Les Ducs de Bourgogne. Introduction, i.xxiii ; t. I, p. 575. — Woermann, Geschichte der Malcrei, t. I, p. 407.

BROEDERLAM (Ryck | RichardJ), peintre flamand, peut-être le fils de Melchior, vivait et travaillait à Ypres au XV'= siècle. Les travaux, comme ceux de son homou5mie, sont souvent assez humbles, bien qu’on le qualifie de « portratnrewerkere ». Il était même, en 1447, sonneur de cloches de la ville, et touchait, de ce chef, 44 livres parisis. En 1459, il peignit des vitraux pour les Halles d’Ypres; en 1450, fit des peintures décoratives pour le local dit le « Besant », dépendant de la ville. En 1460, on le charge de restaurer les portraits des comtes et comtesses de Flandre, peints à la Halle-aux- Draps. Comme peintre de la ville, il fut chargé de dessiner les costumes des arbalétriers, archers et antres agents salariés de la ville qui, annuellement, au mois de juillet, à la veille de la fête communale, recevaient de nouvelles robes. Malheureusement, il n’y a aucune oeuvre de Ryck Broederlam pour attester sa valeur artistique.

A. Van den Peereboom, Ypriana, t. I, II et V.

B RO E RM AN (Eugène), peintre et dessinatetir, né à Bruxelles eu 1860. Fut élève de l’Académie des Beaux-Arts et de l’atelier de son directeur, Jean Portaels. Lauréat en 18S1 du concours Godecharle, au Salon de Bruxelles, où il avait exposé Le Pauvre Lazare, il vovagea durant trois années aux frais de l’État. Ses œuvres, empreintes d’un grand style, apparurent dans les Salons suivants : Dévouement filial (Cléobis et Biton, 1883) ; Ave Maria, souvenir d’Italie (id.); Après la lutte (1887); Oliva (Musée de Bruxelles, 1887); Le Dimanche matin à la Grand’ Place de Bruxelles (dessin); Dante, figure en pied (1888) [morceau empreint d’un grand caractère]. Vinrent alors des portraits, entre autres celui de M. Paul Janson, un parlementaire très en vue, interprété d’une manière absolument remarquable. A}’-ant fait figurer avec succès dans les expositions d’autres effigies, l’artiste consacra plusieurs années à un ensemble de portraits dessinés des hommes marquants de la Belgique dans les sciences, les arts, la politique. Une salle

fut consacrée à cette collection au Musée de l’État, où elle resta exposée quelque temps après avoir été exposée dans diverses villes de province et à Paris. On en lit alors, sous le titre Célébrités nationales, un volume de cinquante-cinq planches accompagnées d’un texte historique (Anvers, Dero frères, éditeurs, 1893). Les originaux ont, depuis, disparu du Musée. (L’auteur fut décoré de l’Ordre de Léopold. ) Broerman ayant fait un séjour dans le midi de la France, en rapporta une série d’études peintes et qu’il exposa à Paris et en Belgique : Les Alvcamps à Arles ; Le Cloître de Saint-Trophime, etc., dédiées à F. Mistral, le grand poète français. En 1903 fut exécuté un grand portrait allégorique du ministre d’État belge le baron Lambermont. Ce carton, objet d’une souscription publique, est déposé au Musée d’Anvers. A diverses reprises, l’État belge eut recours au talent de l’artiste pour l’exécution des projets d’affiches et surtout de diplômes accompagnant des médailles conférées à l’industrie, au travail, au courage et au dévouement. Le nom de Broerman s’est identifié avec l’œuvre de « l’Art public » ou de « l’Art de la Rue ». Successivement à Bruxelles, à Liège, à Paris, ont été tenus, avec le concours zélé de l’artiste, des congrès dont les résolutions tendent à combattre le mauvais goût dans les manifestations d’art public. Broerman s’est fait aussi le promoteur de la décoration, par la peinture et la sculpture, de certaines façades. Le succès n’a répondu que partiellement à son effort. A l’Hôtel de ville de Saint-Gilles, près Bruxelles, Broerman a décoré de ses peintures la salle du Conseil. Ce sont des allégories dont les personnages, vêtus de costumes modernes, mettent en relief \e^ institutions nationales. Au Salon de Bruxelles de 1910, on a vu de l’artiste une grande toile intitulée V Ave Maria des pêcheurs. Broerman a fait, en 1904, un remarquable portrait de lui-méme, reproduit par la photolithograpbie.

Sources particulières.

BROERS (Gaspard jjasparj), peintre de batailles flamand, né à Anvers en 1682. Mis en apprentissage en 1695 chez J. -B. Van der Meiren, il devint franc-maître de la Gilde de Saint-Luc èn 1703 B mourut à Anvers en 1716. Ou trouve de lui une grande toile (2'"37 sur i"’63), La Bataille d'Eeckeren (1703), au Musée Plantin à Anvers, et deux tableaux de plus petite dimension dans la Galerie de Dresde.

F. -J. Van den Hranden, Geschiedcnii Jcr Anizvcrpsclic Schildcrschool . — Max Rooses, (Jeschicdcnis dcr AntwcrpscJic Schildaschool . — Le même, Catalooiic du Musée Phiniin.

BROERS (François), franc-maître de la « Lucas Gilde » à Anvers en 1665-1666.

Les Liggeren. — Van Lerius et Kumbouts.

BRON (Philibert-Joseph), jteintre et dessinateur belge, né a Mons (Hainaut) le 23 novemltre 1791, mort à Sebaerbeek (Bruxelles) le 9 septembre 1870. Bron fut élève de l’Académie de sa ville natale et lui fit quelque honneur, bien que artiste secondaire. 11 prit part à beaucou]') d’expositions de son

pays natal comme peintre d’histoire, de genre et de pa}'sage. En 1830, il exposa nn Clair de lune, un Grec vainqueur d’un Musulman . Son tableau, Une brouille entre amants, exposé à Mous en 1843, remarqué. L’église Sainte-Élisabeth, à Mous, possède de Bron un tableau du Jeune Tobie et l’Ange. Bron s’adonna à la lithographie lors de l’apparition de cet art. B lithographia spécialement des portraits. Nous pouvons -citer ceux de Parmentier , l’inventeur de la pomme de terre, et de Vauquelin, le chimiste. On lui doit aussi des vues de Mous.

L’artiste s’était iixé depuis longtemps à Bruxelles à l’époque de sa mort.

De Villers, Le passé artistique de Mans. — Sources particulières.

B RU CK (Armand), peintre de genre, né à Ypres le 5 février 1804, mort le 13 mars 1871. 11 5^ a de lui au Musée de Dartigen un Intérieur de' l’éMise Saint-Martin .

A. Van den Peereboom, Ypriana. — Iminerzeel, p. 94.

BROU (Charles DE), peintre et graveur belge, né à Bruxelles le 23 mars 1811, mort dans la même ville le 13 iuillet 1877. Élève de l’Académie de sa ville natale et de Paelinck, De Brou se consacra spécialement à la peinture de genre. Il lit figurer des tableaux et des dessins à diverses expositions, à dater de 1827 jusqu’au moment où, vers 1845, accident lui ht une blessure à la colonne vertébrale qui le contraignit à une immobilité absolue.

Recueilli par le duc d’Arenberg, aux enfants duquel il avait donné des leçons, il demeura étendu l’espace de vingt ans. Ce fut pendant cette période qu’il exécuta une série de gravures d’après les miniatures des plus précieux manuscrits de la Bibliothèque de Bourgogne, planches insérées dans le catalogue de cette annexe de la Bibliothèque ro5"ale de Bruxelles. Ces planches sont supérieurement exécutées au trait.

Familiarisé par Paelinck avec les gravures anciennes, De Brou s’attacha de plus en plus à l’étude de l’iconographie et se lit dans cette In'anche une véritable réputation. Lorsque, en 1865, il fut en état de se relever de sa longue indisposition, il joua un rôle important dans son pa}"s comme membre des diverses coriimissions artistiques. Il était, en outre, conservateur des collections de la sérénissime maison d’Arenberg. Ce fut là qu’il mourut.

Sources particulières.

BRUCK (Pierre-Amand DE), peintre belge, né à Ypres le 5 février 1804, mort le 12 mars 1871. Élève de l’Académie de sa ville natale. De Bruck poursuivit ses études à Paris sous la direction de Ch. Lefèvre et de Bouton. Dès l’année 1832, nous trouvons ses œuvres aux expositions : Ruines d’un couvent; Edouard d’ Angleterre errant dans les montagnes d’Ecosse (Gand, 1832); Le Confessionnal ; Laboratoire d’un chimiste (1S3:;). La ville d’Ypres possède de lui un Intérieur de l’église Saint-Martin . Èn Bruck exécuta pour les fêtes de la ville un diorama du siège d’Ypres

par les Anglais et, au mois d'aoùt 1854, composa un char du cortège organisé pour le jubilé de Notre-Dame de Tuin.

A. \ an den Peereboom, Ypriana. — Catalogue du Musée de la ville d’Yprcs. — Iminerzeel, De Levens en Werhen, etc.

BRULLE (Albert DE) ou VAN DEN BRULLE, sculpteur en bois, né à Anvers vers 1570, si, comme l’assurent ses biographes, il exécuta, à l’âge de 25 ans, en 1595-1599, les quarante-huit stalles du chœur de San Giorgio Maggiore à Venise. Ces stalles représentent la vie de saint Benoît et firent à leur auteur une grande célébrité, bien que, comme le dit Selvatico, elles ne brillent pas par leur bon goût. On ne possède aucun autre renseignement sur Albert De Brulle.

Biographie nationale de Belgique. — Moschini, Guida di }'enczia. — Selvatico, Sitlla Archittetura e la Scultura. Venezia, 1847. — Seubert, Lexikon.

BR U LS (Louis-Joseph), peintre belge, d’histoire, de genre et de portraits, né à Ubach (Prusse rhénane) le 15 avril 1803, naturalisé Hollandais en 1823, puis Belge après la révolution de 1830, mort à Ronre le 19 décembre 1S82. Elève de l’Académie d’Anvers et de Guillaume Herre^ms de 1820 à 1826, Bruis se fixa ensuite à Liège et à Maestricht, puis, à dater de 1837, à Rome, où son séjour lut pour ainsi dire constant jusqu’à l’époque de sa mort. B a laissé dans son pavs des œuvres nombreuses, plus particulièrement à ivlaestricht, où se rencontrent de lui un grand nombre de portraits. L’église Saint-Mathieu , de la même ville, possède de lui un Chemin de la Croix. Un autre Chemin de la Croix se trouve à l’église de Kerckrade, dans le Limbourg hollandais, avec une Sainte Vierge de la main de Bruis. Dans l’église d’Ulnich, on voit une Jherge et un Saint Joseph. En 1848, Bruis peignit un important tableau , Les Croisés à Vetiise, son œuvre la plus importante, aujourd’hui dans un château aux environs de Liège. Cette œaivre figura avec succès à l’Exposition d’Anvers de 1849. Le Comte de Flandre, à Bruxelles, possédé de l’artiste un tableau, La Décoration de V autel de la Vierge. Bruis peignit d’après nature le portrait du ]>ape Pie IX (comte de IMeeus, à Bruxelles). Ses œuvres se signalent })ar une grande finesse de coloris et beaucou]) de soin dans l’exécaition. Bruis était président du Comité de l’église Saint-.lulien des Belges à Rome 11 fut iiommé Chevalier de l’Ordre de Léo])old le 15 décembre 1862.

Sources pai ticuliéres.

BRUSSEL (Paul-Théodore VAN), peintre de Heurs hollandais de grand mérite, né le lO janvier 17S4 ii Zuid-Polsbroek, près de Schoomhoven, oti s(ju ])ère était pasteur protestant. Elève d'Augustini, de V. Van der Vinne et de H , Mever, à Harlem, il se fil une re])utation considérable, surtout pour la décoration des panneaux de cheminées selon la mode du temps. Ses (cuvres sont encore rec lierchées en Hollande, et l’on en cite plusieurs qui ont atteint dans les ventes de hauts jnix. Van Brussel, qui s’était fixé à Amster-

dam, y périt par accident en se noyant le 17 mars 1795. Ses tableaux sont peu communs.

Van den Evnden en Van der Willigen, Gcschicdenis dcr Vadcrtandsche Schildcrkunsf, t. Il, p. 403, — Immerzeel, Lcvcns en Werlicn.

BRUSSEL (Herman VAN), peintre de paysages et surtout graveur à reau-lorte, né à Harlem le 8 octobre 1763, mort à Utrecht le 23 février 1815. Elève de J. -B. Brandhoff et de C. Henning, il s’appliqua avec un soin particulier à l’étude du paysage et des vues de ville, et livra surtout un nombre considérable de dessins à l’encre de Chine, plus fréquemment rencontrés dans les collections que ses tableaux. Van Brussel se fît en Hollande une réputation comme peintre de décorations théâtrales et travailla, en cette qualité, pour la scène d’Amsterdam, pour le château royal du Loo, sous le roi Louis, ainsi que pour les sociétés dramatiques KimsÜiefde à Harlem et à Utrecht. Sa principale notoriété, toutefois, repose sur d’excellents paysages à l’eauforte, œuvres dans lesquelles l’artiste se montre un digne descendant des anciens Hollandais. Le choix de ses motifs est excellent, sa touche large et brillante et l’effet de ses groupes d’arbres souvent magistral. Van Brussel a gravé aussi quelques portraits. Il se servait d’un monogramme reproduit dans Nagler Monogr., t. H, n°« 721 et 1621. On trouve à cette dernière place une liste de ses œmvres.

Son portrait a été gravé par Bagelaar d’après W. Hendriks. On trouve dans \ Algemeen Konst en Letterbode, du 17 mars 1815, un poème à son honneur.

Van den Eynde en Van der Willigen, Geschiede7iis der Vadcrlandsche Schilderkimst. — Nagler, Lexikon, t. II, p. 177. — Idem, Monogr., t. Il, p. 682.

BRUYCKER (Jules DE), peintre aquarelliste et graveur, né à Gand le 22 mars 1870, élève du peintre gantois Tytgadt et de l’Académie des Arts de sa ville natale. 11 ne parvint à l’art que tardivement, mais ses premières productions ont été immédiatement accompagnées de succès. Il fit son domaine de petites scènes du peuple observées de très près et avec un humour bien flamand. En 1902, il exposa une Scène du marché du Vendredi qui nous montre les revendeurs érigeant leurs échoppes. Ce tableau fut acquis par l’Etat pour le Musée de Bruxelles. L’artiste nous conduit dans les mêmes domaines dans ses Balayeurs de rues, Marché à Gand (1904), Paysans (1905), Scène de la rue, Marché Saint- Jacques, Foire annuelle à Damnie (1907), Marché à Gand ( 1907). Toutes ces œuvres sont en possession privée à Gand. Le Musée de Gand possède une quantité de gravures de De BruyCker qui sont du même domaine et du même esprit plein d’humour.

Durendal, rçoô, H. 5 (voir A. Dutry, Art moderne, 1907). — Renseignements personnels.

BRUYCKER (F rançois-Antoine DE), ]ieintre belge contemporain, né à Gand le 18 novembre 1816. Après avoir remporté des succès à l’Académie de sa ville natale, il se rendit à Anvers (1837) et y devint l’élève de

Ferdinand De Braekeleer. De Bniycker suivit le genre de son maître et remporta des succès à de nombreuses expositions de son pays et même à l’étranger. Ses principaux succès furent remportés aux Expositions de Bruxelles 1851, 1854 et 1857. A la première, Y Attente fit sensation. Dès l’année 1845, il avait remporté la médaille au Salon de Bruxelles avec ses tableaux La Dentellière, Jetines files jouant à la main chaude et En as-tu souvenance? De Bruycker a un tableau dans la Galerie royale de Wurtemberg et à la Stuttgart Galerie.

Piret. — Immerzeel. — Sources personnelles.

BRU Y N (Abraham DE), graveur et éditeur flamand, né à Anvers en 1540, mort à Cologne (i) en 1587. Son nom apparaît pour la première fois sur une série de petites frises avec sujets de chasse, dans le goût de Virgile Solis, pièces datées de 1565 et 1566. De 1588 est daté un sujet de l’Apocalypse où, à la tête des légions célestes, chevauche le Père éternel accompagné de saint Jean. Le graveur se signale ici comme doué d’une technique tout à fait remarquable, au milieu des graveurs flamands de son époque. En 1570, De Brinm était fixé à Bréda, ville où Christophe Plantin lui adressait la commande de diverses planches pour Humanœ salutis monumeixta d’ Arias Montanus. Les dessinateurs de ces planches sont Peter Van der Borcht et Crispin De Passe. En 1577, nous trouvons le maître à Cologne. Gaspard Rutz ( Rutus) édite alors de lui un recueil : Omnium poene Gentium imagines, en quarante-sept planches, document des plus précieux pour l’histoire du costume. Le séjour de De Bru^m à Cologne paraît s’être prolongé jusqu’en 1578, date que nous trouvons inscrite sur le beau recueil : Imperii ac sacerdoti ornatus, qu’il dédie à l’électeur Gebard Truchsess; le texte était d'un prêtre gantois, Adrien Damman. Le graveur, cependant, était de retour à Anvers en 1580 et y faisait inscrire à la Gilde de Saint- Luc un élève, peutêtre son fils, Adriaen De Bruyn. Au cours de l’année suivante, l’éditeur loost De Bosscber donne en soixante planches, titre compris, une nouvelle édition des Imagines Gentium peculiaris vestitus. Dans une supplique adressée la même année à l’archiduc Mathias, De Bruyn se plaint de l’usurpation de son privilège par Gaspard Rutz. De Bosscher publiait ensuite une série de dixhuit planches de costumes des dignitaires ecclésiastiques et des ordres monastiques : Exhibemus hoc libello Romani Pontifcis, episcoporum, monachorum aliorumq. sacerdotum imagines. Antv. j Augusti 15S1. Jusqu’en 1584, le nom de De Bruvn apparaît sur des estampes excellentes d’ornements mélangés de sujets m}- thologiqiies. Conjointement avec Frans Huys, il met au jour les portraits en pied de divers jiersonnagcs royaux et autres de son temps : Phili])pe II, ses épouses Marie d’Angleterre, Elisabeth de Valois et Anne d’Autriche; Charles IX et la reine Isabelle d’Autriche sa femme; Elisabeth d’.Vngleterre; le duc d’Albe, etc., planches petit in-tolio, de la plus grande l'areté, éditées à Anvers ])ai‘ Hans Lieirinck. Nous connaissons également de lui une suite de petites estanqies représentant, a cheval, des habitants d’.Xnvcrs et notamment des membres de la Hanse teutonique. En 1875, a paru ii Bruxelles, chez l’éditeui- Van Trigt, une reproduction, en fac-

Iiq

similé de l’édition de 1581 , des Costumes civils et militaires des peuples, réduite à trente-trois planches, avec un texte par Aug. Schoy.

Sources personnelles

BRUYN (Nicolas DE), graveur et dessinateur anversois, tils d’Abraham De Bruyn. La date de naissance de cet artiste est assez arbitrairement fixée à 1571, notamment par le catalogue des graveurs d'Anvers de F. Verachter. Heineken parle d’une suite d’orfèvreries publiée à Amsterdam en 1584; nous n’avons pas vu cette suite non citée par C. Le Blanc et que Guilmard déclare, de son côté (Répertoire des Maîtres ornemanistes), ne pas connaître.

Nicolas De Bruyn est admis franc-maître à la Gilde d’Anvers en 1601. A cette époque, il avait déjà publié de nombreuses et délicates estampes, à dater de 1594, et ce fait, rapproché de la circonstance qu’Abraham De Bruyn habitait Bréda en 1570, nous porte à douter quelque peu de l’origine anversoise du maître. A Anvers, Nicolas De Bruyn grava plusieurs dessins de Martin De Vos, entre autres une série de compositions de la Création du monde et de la Chute de l’homme. A cette époque de sa carrière, le maître se rattachait à l’école de Philippe Galle. 11 ne tarda pas sans doute à partir pour Amsterdam, car ce sont surtout des œuvres de Vinckeboom et d’Égide De Coniucxloo qu’il prend pour modèles, et déjà VA ge d’or, d’après Bloemaert, est daté de 1604. De 1601, date la Fête champêtre, d’après Vinckeboom. Les noms d’éditeurs Van Beusecom et A. Van Londerseel que nous rencontrons sur les planches de De Bruyn, ont une certaine importance, car le graveur avait pris pour femmes la tille de Jean et la sœur d’Apacreas Vau Londerseel, et il donna sa fille en mariage à F. Van Beusecom. Il s’était donc absolument acclimaté en Idol lande à l’époque de sa mort. Comme il reste de lui des œuvres datées jusqu’en 1651, la date de sa mort, fixée par certains auteurs à 1635, doit être de beaucoup reculée.

Ch. Le Blanc cite jusqu’à deux cent trente-cinq planches de N. De Bru5m. Ces œuvres varient de manière. Certaines d’entre elles conhnent à l’école de Goltzius, taudis que d’autres sont d’une extrême sécheresse et ont la prétention d’imiter le style de Lucas de Leyde.

Dans l’ensemble, pourtant, Nicolas De Bru5m est une des grandes personnalités de la gravure néerlandaise, et nous lui devons certains ensembles de tout premier ordre, surtout des pa}"sages d’après Vinckeboom et Conincxloo, tout à fait remarquables par leur harmonie. 11 est curieux de constater que Boetius a Bolswert grave précisément dans l’esprit de ses créations des œuvres de Vinckeboom, et nous assignerions volontiers une même origine aux deux artistes.

Heineken, Dictionnaire des artistes, III. — Biographie nationale de Belgique. — Ch. Le Blanc, Manuel de l' amateur d' estampes. — Nagler, Monogr., t. IV.

BRUYN (Théodore DE), peintre flamand de figures et de paysages, ne à Arrvers, selon Nagler, qui ne nous dit point à quelle source il puise ce renseignement, non plus que la date de naissance du peintre qu’il fixe à 1726,

ni le nom du maître qu’il lui donne J. Engelbrecht. Nos renseignements, puisés dans les registres de la bourgeoisie d’Anvers, disent que Théodore De Bruyn naquit .à Amsterdam et fut. admis bourgeois d’Anvers le i6 juillet 1759; Les registres de la Gilde de Saint-Luc nous le montrent admis à la Gilde, comme élève de Nicolas Van den Bergh, le 19 décembre 1753, et comme maître le 6 septembre 1758. Le 10 avril 1760, il reçoit pour élève Abraham Van der Voort et fonctionne comme doyen en 1765-1766. De Bnmr alla-t-il ensuite travailler à Paris, comme le dit Nagler? Nous l’ignorons, comme d’ailleurs les circonstances de l’existence de ce peintre très effacé et appartenant à une des époques les moins brillantes de l’école llamande. Il décore l’Hôpital de Greenwich. Il meurt à Londres en 1804.

Nagler, Kunstler Lcxiho7i. — Rombouts et Van Lerius, Les Liggeren et autres archives de la Gilde anversjise de Saint-Luc.

BRUYNE (Chrétien DE), peintre flamand de Malines qui travaillait pour la ville en 1560-1561. Les travaux dont il était chargé étaient des peintures de bannières pour la procession et des restaurations de tableaux. Il reçut 48 livres de Flandre en 1560 pour restaurer ceux des palais du Grand Conseil de Malines.

En 1571-1572, il fut le collaborateur de Raphaël Coxie pour un tableau destiné à la salle des Do5"ens (De Keuge). En 1576, lors du jubilé, il dessina et peignit sur cent quarante-six demi-feuilles de papier les armoiries du pape et celles de la ville pour annoncer la solennité dans les autres villes. Bernard Van de Putte, graveur sur bois à Malines, grava ensuite ces arnroiries. ,

E. Neeffs, Histoire de la, peinture et de la sculpture à Malines, t. ], p. 282. — Pinchart, Archives des arts, t. II, p. 162.

BRUYNS (Anne-Françoise DE), peintresse flamande, dont le lieu de naissance n’est point retrouvé mais qui était sans doute de Bruxelles, car elle était nièce de Jacques Ph-anequart, le célèbre architecte bruxellois : Le portrait de ce maître, gravé par Hollar d’après A. -P'. Bru)ms, ou lit : « Anna P'rancisca De Bruyns, cogiiata ac discipula sua annos nata 17 depictus anno 1622 ». Cette planche, gravée en 1648, n’est pas la seule qui nous renseigne sur Anne De Bru5ms, car son propre portrait lut gravé également par Hollar d'après une peinture où elle est désignée comme âgée de 24 ans en 1629. Ou la qualilie de Eximia in pingendi arte et l’inscription ajoute qu’elle fut la femme d’Isaac Bullart, l’auteur bien connu de V Académie des Sciences et des Arts. Campo Weyennan nous apprend que Pù'ancquart présente sa nièce à l’Infante Isabelle et que celle-ci fut tant charmée du talent de A. -P". De Bnivns, qu’elle lui fit faire une série des quinze mystères du rosaire pour en faire cadeau au pape. En 1629, Bullart s’établit à Arras où sa lemme l’accompagna. Nous ignorons la date de la mort de cette dernière.

Hiogra phic nationale. — ParUie}'. — dollar. — Campo Weyerman.

BU KEN (Jan VAN), peintre de figures et de natures mortes, né à Anvers le lo mars 1635, admis franc-maître à la Gilde de Saint-Luc en 16-58, sous le nom de Jan Van Beucken. Après un séjour de courte durée en Italie, il revint se fixer dans sa ville natale et y mourut le 6 février 1694. Jean- Baptiste Van Beveren fut son élève en 1690.

On trouve de Jan Van Buken, au Musée de Stockholm, un Marché où ï on vend^ des légumes, et dans la Galerie de Schwerin, un tableau de Nature morte, œuvres signées l’une et l’autre.

F. -J. Van den Branden, Geschicdenis der Antvaerpschc Schilderschool.

BURTY (Philippe), graveur et critique d’art, né le ii février 1830 à Paris, mort le 3 juin 1890 à IMrays (département du Lot-et-Garonne). Élève deGay Péquégnot, ami d’enfance de Ch. Meiyon, F. Braquemond et d’autres prosélytes de la gravure originale moderne française, pour qui il s’occupa de critique et comme collectionneur. Imi-même a dessiné et gravé en dilettante et d’une manière libre, impressionnante, à côté de son propre ex libris, un âne avec la devise : « Je médite », ainsi que de quelques vignettes et croquis de tableaux, entre autres une quantité d’objets d’art japonais de sa collection privée. A la liste de Bétaldi de ces gravures japonaises de Burt}^ il y a lieu encore d’en ajouter une autre de la collection de gravures sur cuivre. Meyer, dans la Halle des Arts de Brème, représentant un Savant japonais agenouillé devant ses livres. Le Blanc (Manuel, 1552) cite un dessinateur et graveur sur cuivre, Parisien du même nom (sans prénom), qui publia de 1849 à 1851 des scènes de 1’ « Assemblée nationale législative » et de la « France législative .».

H. Béraldi, Les graveurs du XIX<^ siècle, (886, t. IV, p. 39.

BUSCHMANN (Gustave [François-Gustave |), peintre et graveur belge, né à Anvers le 26 janvier 1818, mort dans la même ville le 14 juin 1852. Il reçut ses premières leçons de sa mère et fut ensuite élève de Van Regemorter, de F. De Braekeleer et de l’Académie d'Anvers. Gustave Buschmann appartient à la période romantique de l’école belge, et ses œuvres, exposées successivemeirt en Belgique, en Allemagne et en Hollande, à dater de 1839, 5^ obtinrent assez de succès. Il tira ses sujets du vicaire de Wakefield (1843), des romans de Walter Scott, etc. Il peignit également quelques sujets religieux, et les églises de Saint-Nicolas et de Sinay, en Flandre, conservent de ses œuvres. Gustave Buschmann a aussi gravé quelques planches à l’eauforte.

Biographie natùmale de Belgique. — Siret, Dictionnaire des peintres. — Hippei't et Linnig, Le Peintre-graveur hollandais et belge.

BUSCHMANN (Joseph-Ernest), frère du précédent, né à Sept- Fontaines (Luxembourg) en 1814, mort à Garni en 1853. Plus spécialement littérateur et imprimeur à Anvers, Ernest Buschmann a gravé quelques

planches à l’eau-forte. Elles sont décrites dans le Peintre-graveur hollandais et belge de Hippert et Linnig.

Biographie tiationale de Belgique. — Siret, Dictioniiaire des pcmtres. — Hippert et Linnig.

BUSSCHE (Joseph-Emmanuel VAN DEN), peintre, né à Anvers le 25 décembre 1837, mort à Boitsfort, près de Bruxelles, le 15 août 1908. Élève de l’Académie de sa ville natale, alors dirigée par X. De Keyser, \'an den Bussche remporta le prix de Rome en 1.863 3-vec le Christ da?is le prétoire, et bientôt après envoyait à Bruxelles et à Anvers une toile immense, Le Dernier des Romains, <g}XQ\<g}\Q chose comme V Orgie romaine de Couture. L’artiste y faisait preuve d’imagination, mais de moins de style. Wiertz paraissait l’avoir inspiré, et toute sa vie il professa une grande admiration pour ce peintre. Professeur du cours de perspective à l’Académie d’Anvers (1872), ensuite à l’Institut supérieur des Beaux-Arts (1886), l’artiste s’était fixé dans la capitale vers i88o. Mêlé à la vogue des panoramas et des dioramas, il trouva dans ce genre de travaux l’occasion d’adapter son pinceau facile à plusieurs de ces éphémères productions. Chargé par le Gouvernement belge de décorer la Poste aux lettres de Bruxelles (1896), il fit défiler sous les yeux du public l’histoire de la circulation des lettres à travers les âges, en finissant par une apothéose des pionniers de l’œuvre congolaise : Le Retour du major Dhanis à Anvers et Sa Réception par le délégué du Roi. Van den Bussche était Chevalier de l’Ordre de Léopold. Line exposition de ses œuvres eut lieu au Cercle artistique de Bruxelles en 1909. L’artiste y apparaissait comme un représentant décidé de la tendance romantique.

BUYSTER (Philippe DE), sculpteur, né à Anvers en 1595, mort à Paris le 6 mars 1688, entra en 1606 en apprentissage chez Gilles Van Papenhoven à Airvers, et se rendit très ieime à Paris, où il acquit son diplôme de maître en 1622 et dix ans plus tard le titre de sculpteur ordinaire du roi avec logement aux Tuileries. En 1651, il devint membre de l’Académie et prit part aux plus importants travaux de sculpture qui ont été exécutés au cours de sa longue carrière. Son chef-d’œuvre, la tombe du cardinal La Rochefoucauld (sarcophage), en marbre noir, avec la statue du prélat agenouillé, en marbre, blanc, dans l’église abbatiale Sainte-Geneviève, fut détruit en 1793. On a toutefois conservé entre autres la statue tombale tle l’évêque Rueil dans la catliédrale d’Angers, deux autres statues tombales dans la cathédrale de Bourges, la statue en marbre de Marguerite de Crèvecœmr (| 1629), précédemment dans l’église Saint-Germain-l'Auxerrois, actuellement au Louvre, et plusieurs autres statues décoratives au château de Versailles. Il a également jrris part â l’ornementation statuaire des jardins de Versailles et fournit entre autres deux satyres et deux nymphes, qui nous ont été conservés par des gra\'ures de Lcpauti e et Chauvau (dans la chalcographie du Louvre).

Liggercn, I. — Mariette, Ahcccdm io. — Jal, Dict. crit. — Fî. l'élis, Les artistes belges à rètrauger. — Biographie nationale de Belgique. — Itellier .Vuvray, Dictionnaire général. — Nouvelles ai'cliives de l’art français ( 1892). — Gazette des beaux-arts { 1899). — I.anie, Dictionnaire des sculpteurs. — (Tiinse, L,es cltefs-d'auii're des Musées de France 'Scul[)t ), 1904. — Cal. de Berlin, Ornaijicnts staininc, 1894.

BUYTEWECH (Willem), peintre et graveur hollandais, surnommé « Geestige Willem », né à Rotterdam vers 1590. Cette date résulte de l’inscription du mariage du peintre, sous la date du 10 novembre 1613, aux registres des mariages de la ville de Harlem. Jusqu’en 1615, on trouve W. Buytewech domicilié dans cette dernière ville. D’après Vanden Eynden et Van der Willigen, il habitait Amsterdam en 1640. Bryan Stanley donne cette date pour celle de sa mort. Renouvier le fait travailler jusqu’en 1645. Jusqu’à ce jour, l’inscription n’a pas été relevée dans les registi'es des paroisses d’Amsterdam. Tout ce que l’on sait encore de BiuTewech, c’est qu’il fut le maître de H.-M. Zorg, seule mention que Honbrakeu fait de lui.

C’était un artiste fort distingué, excellent et spirituel graveur à l’eauforte et le compositeur de quelques pièces de tout premier ordre gravées dans la perfection par Ésaïe et Jean Van de Velde, G. Van Scheyndel et \'an Ivittensteyn. Les suites des Quatre Éléments de Van de Velde sont des œuvres du plus haut intérêt. Les œuvres personnelles de Buytewech sont des plus rares. Van der Kellen déclare ne pouvoir citer de lui que la seule peinture représentant un Ermite de la collection Bonte à Magdebourg, encore la mentionne-t-il d’après Pasthey. Les dessins du maître figurent dans les collections Verstolk et Weigel.

Comme graveur, Buytewech maniait lestement la pointe, et si ses sujets religieux, Bethsabée, Saint Simon, etc., manquent totalement de distinction, en revanche, ses sujets de genre, ses costumes et ses paysages méritent les plus grands éloges. lœ maître se comptait particulièrement dans l’expression du trait et se montre fort sobre dans l’indication des ombres. Il fait songer aux planches de P. Soutmau, avec plus de verve. Renouvier croit que Buytewech fut le maître de à'an de Velde et de àdsscher et donne de justes eloges à son talent. En 1623, C. Kittenste)m grava eu cinq planches le char triomphal de Guillaume le Taciturne d’après BujTewech. C’est une composition fort intéressante. On doit éviter de confondre Buvtewech avec W. Basse et W. Baur, qui tons deux manièrent adroitement l’eau-forte. \Tn der Kellen a donné une liste étendue des estampes de Buytewech (Peintre-graveur hollandais et flamand). A notre avis, il manque à cette nomenclature un Saint André, debout, qui paraît appartenir à une suite des Apôtres à laquelle sans doute appartient également \e Saint Simon (V. d. K. 4).

Van den Eynden en Van der Willigen, t'icschiedcnis der Vadcrlandschc Schilderkun^t . — Van der Willigen, Les artistes de ïlarlcui. — J. -P. Van der Kellen, Le Peintregraveur hollandais et flamand . — Renouvier, Types et manières des maîtres-graveurs. — Deutsche biographie.

CAP (Constant-Aimé-Marie), peintre de genre à Anvers, né à Saint- Xicolas (Flandre orientale) en 1842, élève de l’Académie royale d’Anvers. S’adonne au genre anecdotique, surtout aux sujets humoristiques. Il leur doit son succès principal : Rencontres piquantes en chemin de fer et dans les salons, petits épisodes bourgeois, parfois ])ittoresques; Le Souvenir des Fêtes nationales de 1880; Un Salo/i des fenêtres duquel une société élégante-

acclame le passage de la Famille ravale en voiture^ est au Musée d’Anvers. Médaille d’or au Salon d’Anvers de 1879; Cap est Chevalier de l’Ordre de Léopold depuis 1881. La même année, La Saint-Nicolas, exposée au Salon de Bruxelles, fut achetée par le roi. En 1885, Jan Claas (Guignol da?is un salon). Cap a fait encore une série de vues du vieil Anvers, des intérieurs pittoresques de maisons disparues, la maison Plantin, etc. Ces œuvres transmettront à la postérité la ph^^sionomie de notre temps sous une forme assez attrayante. Cap a remporté la médaille à l’Exposition du Palais de Cristal de Sydenham en 1873-1874.

Sources particulières.

CAPRONNIER (François), peintre verrier, né à Chantilly (France) en 1789, mort à Bruxelles (Schaerbeek) en 1853. D'abord peintre à la manufacture de Sèvres, il vint en Belgique, se tixant à Bruxelles vers 1820, et fut attaché à la grande fabrique de porcelaine fondée par F. Faber. Très habile peintre de fleurs et d’oiseaux, il ne tarda pas à se signaler par les perfectionnemeirts apportes à la peinture sur verre. Un arrêté royal du 16 décembre .1828 lui accordait un brevet d’invention pour cette branche spéciale. En 1830, il faisait figurer à l’Exposition nationale divers vitraux de sa composition, notamment les Adieu.x du prince d’ Orange au comte d’Egmont, tableau cuit d’après l’ancien système. Chargé en 1834 de la restauration des vitraux de l’église Sainte-Gudule à Bruxelles, il ne tardait pas à associer à ses travaux son fils Jean-Baptiste (voir ci-après). En 1835, une médaille d’argent lui était attribuée à l’exposition pour des vitraux, dont deux médaillons de la Passion. « Les connaisseurs, dit le rapport du juiy, ont trouvé dans ces produits un mérite réel de peinture. Tout le monde a pu apprécier la vivacité et la pureté des couleurs que l’auteur a su fixer dans le verre, au moyen d’un procédé pour lequel il a obtenu, eu 1828, un brevet d’invention. M. Capronnier s’était déjà acquis des titres d’estime publique par le talent avec lequel il a restauré les vitraux de Sainte-Gudule ». Une œuvre signée de sa main apjiartieut à la Bibliothèque ro}’ale de Bruxelles. Elle représente les armoiries de Bourgogne et décore une salle de la Bibliothèque dite « de Bourgogne ».

CAPRONNIER (Jean-Baptiste), peintre verrier, fils et élève du précédent, né à Paris le janvier 1814, mort à Schaerbeek (Bruxelles) le 31 juillet 1891. Dès l’année 1836, le jeune Jean-Baptiste collaborait à la restauration des vitraux de la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule à Bruxelles, œuvre confiée à sou père. Bientôt après il ]u'enait la direction de l’etablissement fondé par celui-ci. En 1839, à l’Exposition de Bruxelles, Kgurait de lui un vitrail, l^a Prophétie de Siméon, lequel valut à son auteur les félicitations de la Commission directrice « pour ses efforts persévérants et heureux pour retrouver et mettre en pratique les procédés qui, autrefois, ont valu au pays de si admirables vitraux ». Ea peinture sur verre prit, à dater de cette époque, un reinaix[uable essor en Belgique, et Capronnier y

eut une part considérable. La grande faveur du moyen âge à ce moment allait de pair avec l’efflorescence du romantisme, et les vitraux furent au premier rang des éléments décoratifs des châteaux et des maisons seigneuriales. Les commandes affluèrent donc chez Capronnier. Successivement il se vit chargé de la restauration des vitraux des églises Saint-Jacques à Liège et de Sainte-Catherine à Hoogstraeten, réputés parmi les plus beaux du pa)'s. Suivirent alors en nombre incalculable les vitraux destinés aux édilîces du pays et de l’étranger. En 1848 fut placée, au fond de la chapelle du Saint- Sacrement à Sainte-Gudule à Bruxelles, une verrière de i3™25 de haut sur 4“45 de large. Elle représente \ Adoration dit. saint sacrement, et tant par l’harmonie et la richesse des couleurs que par le grand style de la ligne, c’est un morceau de premier ordre, nrême dans le voisinage des splendides vitraux anciens décorant la chapelle. Ces verrières, on ne l'ignore point, sont un des éléments de la splendeur du noble édifice. Outre la restauration de tous les vitraux anciens de la collégiale, Capronnier créa pour Sainte-Gudule toutes les verrières des bas-côtés dans le style du XV L siècle et, derrière le choeur, quatre vitraux légendaires dans celui du XIIL siècle.

Avec une abondance égale, la cathédrale de Tournai reçut de la main de Capronnier une somptueuse parure de vitraux. Un grand volume sur les vitraux de Tournai fut publié par Capronnier, coniointement avec Emile Lérty. A Anvers, l’église Saint-Jacques avec un immense vitrail de la Proclamation du Dogme de l’ Immaculée Conception , les églises Saint-Michel et Saint-Nicolas à Gand, de Notre-Dame à Namur, la chapelle du Saint-Sang à Bruges, reçurent de Capronnier des travaux destinés à étendre la réputation de leur auteur bien au delà des frontières de son .pavs. Plus de deux cents vitraux sortirent des ateliers de Bruxelles pour aller décorer les grands édifices d’Angleterre : Hôtel de ville d’York, églises de Doncaster, de Long J^reston, de Howden, de Saint-Albans, de Stalvbridge, d’Eccles, de Itynle, de l’île de Wight, de Great Crosby, près Liverpool, de Todmorden (Lancashire), de Cattingham, de I8olton, etc. En Allemagne, Notre-Dame de Trêves jmssède quatorze vitraux de Capronnier; on en voit d’autres de sa main à Dulmen, à Calcar, a Grevenrath, à Kevelaer, à Munster (église Saint- I.aurent). En Hollande, l’église des Saints-l^ierre-et-Panl de Bois-le-Duc a, pour sa part, trente et un vitraux de Cu.pronnier. D’autres décorent des églises à Amsterdam, à Eindhoven, etc. Inutile d’ajouter que leur auteur remporta, dans les expositions, toute la série des médailles. Il obtint en outre les croix de Chevalier et d’Officier de l’Ordre de Léopold.

A sa notoriété comme peintre, Capronnier joignait une réputation parmi les naturalistes. Sa collection de lépidoptères attestait une compétence entomologique considérable. La mort de l’artiste fut le signal de la dispersion de ses nombreux cartons. Le catalogue de la vente (1892) comprend près de 3,500 numéros. Capronnier avait eu le grand avantage de pouvoir recourir à de forts sérieux auxiliaires pour l’exécution de ses cartons. Charles De Groux, Constantin Meunier, Ernest Kathelin, gendre du peintre, en fournirent un nombre considérable, et le style de ces artistes ne fut pas sans se ressentir de

la collaboration. F. -J. Navez fut l’auteur des cartons des vitraux de la chapelle absidale de Saiute-Gudule. Il n’est point douteux que plusieurs autres artistes durent être associés aux travaux du fécond peintre verrier bruxellois; nous ignorons leurs noms. Après la mort de Capronuier, son portrait fut publié par le Patriote illustré (i6 août 1891).

Sources personnelles.

CARABIN (Jacques-François), peintre, né à Amsterdam en 1834, élève de l’Académie de Do}^!' et de V. Bing. Naturalisé Belge en 1880, et lixé à Bruxelles. Habile peintre de vues de villes, Carabin est l’auteur d’agréables représentations de monuments d’Allemagne ( Rottenburg), de France et surtout d’Italie, motifs présentés avec goût et d’un coloris chatoyant. On a vu des œuvres de cet artiste dans un grand nombre de Salons belges et étrangers. Le Musée de Prague possède de lui une Vue de Poggiodomo fort agréable. A l’Hôtel de ville de Bruxelles figurent, dans les salons, plusieurs vues de quartiers, aujourd’hui disparus de la capitale, traitées avec talent du pittoresque. Carabin a remporté des médailles dans nombre d’expositions, et notamment à Londres (Sydenham, 1873-1874). Ses vues de Padoue, de Vicence, de Vérone, exposées en 1881, 1882 et 1892, lui valurent un succès mérité.

Sources personnelles.

CARDON (Antoine-Alexandre-Joseph), peintre, mieux connu comme graveur, né à Bruxelles en 1739, mort dans la même ville en 1822. Son maître, Hyacinthe de La Pegna, peintre à Bruxelles de l’impératrice Marie- Thérèse, l’emmena à Vienne, où il put se signaler, et, devenu pensionnaire im])érial, il put visiter l’Italie. Après s’étre adonné quelque temps à la peinture, il se voua ensuite exclusivement à la gravure. On a de lui quatre grandes vues panoramiques de Naples, exécutées eu 1764 sur les dessins de J. Aracci, estampes intéressantes, mais d’un burin sec et dur. Dès l’année suivante, il collaborait au grand ouvrage d’Haucarville sur les antiquités étrusques, grecques et romaines, de la collection dè sir William Hamilton. De retour à Bruxelles, il devint juofesseur à l’Académie de dessin et de ]ieinture, fonction qu’il garda jusqu’à sa mort. Son nom figure au bas de plusieurs gravures d’après des tableaux de la Galerie du duc d’Arenberg et, notamment, une grande estampe d’après la Signature du Co?ttrat de mariage (à cette gravure se rajiporte sans doute la requête de 1771, publiée par Pinchart et d’après laquelle le graveur, cpii était aussi marchand, sollicitait une souscription), aussi le Bain rustique. D’après Rubens, il grava le paysage intitule ]die d'une Campagne de Flandre. (3n peut envisager comme son principal travail la grande planche représentant la Pète donnée dans le Parc de Sclioone?iberg , à Laekcn, par Leurs Altesses Royales les Gouverneurs Gcnérau.x des Pavs-Bas {jMarie-Cliristine et Albert de Sa.xe-Teschen) (tu.x cinq sernuns de la ville de Bruxelles, le 2 août dédiée à Leurs

Altesses rovales. Cardon est encore l’auteur d’un certain nombre de portraits;

ses meilleures œuvres : le prince royal Georges d’Angleterre (plus tard Georges IV), Joseph II, d'après Herreyns, le chevalier Verhulst, collectionneur d'œuvres d’art, le général van der Meersch, le prince de Ligne, l'archiduc Charles, le musicien Vitzthumb. On lui attribue aussi un portrait, anonyme, du comte de Cobentzl, ministre autrichien dans les Pa5-s-Bas, le protecteur de l’artiste. En 1822, le roi Guillaume conféra au graveur le titre de membre de l'Institut royal des Pays-Bas.

CARDON (Antoine), « Anthony » en Angleterre, graveur, fils du précédent, né à Bruxelles en 1772, mort à Londres en 1813. Élève de son père et de l’Académie de sa ville natale, il remporta des succès qui l'engagèrent à chercher en Angleterre un complément d’éducation. A Londres, dès l’année 1794, la « Royal Academy » lui décernait la médaille d’or. Dès cette année, il collaborait avec Schiavormetti, Vendramini et Thomas Gaugain, à la suite toujours recherchés des Cries of London, d’après Wheatl}". 11 s’était donc assimilé dès le début les procédés anglais. Sa grande planche, d’après J. Stothard, Le Mariage de Catherine de France et de Llenry V d’Angleterre, morceau gravé en manière noire, assit sa réputation. Au pointillé furent exécutées les reproductions des tableaux de Singleton : L' Assaut de Seri?igapatam A La Reddition des fis de Tipoo Sahib. Vinrent ensuite X'a Bataille d’ Alexandrie et le Combat de Maida en Portugal (i8oij, d’après Loutherbourg. Un bon nombre de planches, d’après Rubens, gravées par Ant. Cardon, reproduisant des œuvres du maître, existent en Angleterre. La principale est Le Christ et la Femme adultère, d’après la toile de la collection Etape, plus tard dans celle de sir William Miles, passée depuis au Musée de Bruxelles. D’autres, de moindre importance, appartiennent aux diverses séries de l’œuvre gravée du grand peintre flamand. Cardon s’est surtout distingué dans le portrait où surtout il s’identifie avec les artistes britanniques. A citer les portraits du général sir John Stuart, d’après Wood, du marquis de Buckingham, de Lord Southampton, d'après Fitzroy, de George III, d’Alexandre I^de Russie, de sir William Sidney Smith, d’Alexandre Sinclair Gordon, capitaine des volontaires de Londres, d’après A.-W. Devis, aussi de l’abbé De Lille, d’après J.- L. Monnier. En somme, Ant. Cardon se créa une situation au premier rang des graveurs anglais de son époque. Il semble que l’excès de travail fut cause de sa mort prématurée.

CARLIER (Jean-Guillaume), né à Liège le 3 juin 1638, mort dans la même ville le avril 1675. Il fut élève de Bertholet Flémalle dont il adopta le genre, considérablement aussi sa manière. Dès l’année 1666, il avait décoré la voûte de l’église Saint-Denis d’une vaste peintiu'e représentant le Martyre de saint Denis. Cette œuvre fut endommagée lors de son enlèvement, en 1794, par les commissaires de la République française. Elle ne fut donc pas emportée à Paris, comme plusieurs autres œuvres du maître et notamment un Saint Joseph adorant l’enfant Jésus, acWellement au Musée de Mayence. L’esquisse du Martvre de saint Denis appartient au Musée de

Bruxelles; la grande peinture a été remplacée par une copie de Lovinfosse. Marié en 1669 à Marie- Agnès De Tignée, Chaiiier suivit son maître l’année suivante à Paris, l’assistant dans ses travaux et travaillant lui-même pour Louis XIV. Revenu à Liège, il y eut une situation considérable. Plusieurs églises et collections particulières possèdent de ses œuvres. A la cathédrale Saint- Paul ligure une grande toile du Baptême du Christ, conçue dans un st5de très italien, bien que le peintre ne franchit pas les Alpes. Aux Hospices civils à Liège un Crucifiement , aux Carmes une Sainte Marie- Madeleine de Pazzi , au Musée un Saint Jean-Baptiste et le portrait du peintre, œuvre très remarquable, où se montre l’influence de Gérard Douffet. Un bel ensemble de la Famille du bourgmestre Guillaume de Stembiers aux pieds du Christ, fait partie de la collection de Theux de Montjardin.

.T. Helbig, La peinture au pays de Liège, 1903. — V. Hulst, Revue de Liège, 1837. — Journal des beaux-arts, 1879. — Nagler, Kunstlcrlex . — Fétis, Catalogue du Musée de Bruxelles. — Immerzeel, Levens 01 Wcrkeii, 1842. — Wurzbach.

CA PLIER (Vincent- Léonard), peintre belge, né à Liège le ii janvier 1674, mort dans la même ville le 6 février 1745. Fils et élève de Jean- Guillaume Carlier q ;i travailla pendant vingt ans dans le Louvre à Paris, et plus tard à Liège où il flt des tableaux d'églises, entre autres le Martyre de saint Christophe, à la Bibliothèque de l’Université à Liège. Wurzbach écrit : « probablement en grande partie un tableau de son père ».

Siret. — Hellebig. — Wurzbach.

CARLIER (Modeste), peintre d’histoire et de portraits, né à Wasmuel (H.unaut) en 1820, décédé à Ixelles (Bruxelles) en 1878. Sixième enfant d’un ouvrier mineur, débutant lui-même par le travail du charbonnage, il ne tarda pas cependant à donner des preuves d'une vocation artistique, et, grâce â la libéralité du directeur du charbonnage, à pouvoir suivre les cours de l’Académie de Mous, pour ensuite se rendre à I^aris, où, élève de l’Ecole des Beaux-Arts et de l’atelier de Picots, il fut à même de se préparer au concours de Rome. Le grand prix lui lut attribué en 1850. L’épreuve, Le Combat des lloraces et des Curiaces, se conserve à l’Académie d’Anvers. Il jiasse ensuite cinq ans en Italie. C’est là (pie fut créé le grand tableau. Locuste essayant des poiso/is sur un esclave flMusée de Bruxelles, 1853). hixé ensuite a Paris, Carlier y produisit ses principales œuvres : Sainte Barbe apparaissant aux mineurs (1860), église de Quaregnon; Baudouin distribuatil des armes aux bourgeois de Mons (1869), Hôtel de ville de Mous. Rentré en Belgique ajircs la chute de rhlnqiirc, Carlier alla prendre résidence à Bruxelles, où, en 1878, il Unit ses jours, emporté ]iar une ajioplexic. Outre quelques œuvres allégoricpies : 1m Pologne (Musée de Mons), on conuaît de lui des portraits et des tableaux de genre : Jeune Lille à la chèvre. Paysanne dormant au bois, Naïade, Baigneuse, La Courtisane aux souris blanches, La Femme

dtL bûcheron, Une Nymphe, ces deux dernières exposées à l’Exposition universelle de Vienne en 1873.

H. Voituron, Modeste Carlier. Mons, 1907. — Lemonnier, L’ Ecole belge de peinture. — Gazette des beaux-arts, t. VI, p. 240.

CARPAY (Joseph), peintre, né à Liège en 1822, mort dans la même ville en 1892. Décorateur habile, il s'est signalé surtout par des ensembles allégoriques : plafonds et panneaux dans des intérieurs somptueux; salles de concerts, de bals, de théâtres. Le théâtre de Liège a de lui un plafond réputé. De même, il décora la grande salle à manger de l’hôtel de Llandre à Bruxelles. Le Musée de Liège a de lui une toile intitulée ; Un Ange de plus mi ciel. Cette œuvre, datée de 1851, se ressent, comme composition et comme style, des productions de Wiertz.

De Carpa}^ aussi, un tableau représentant quatre épisodes de l’hi?toire de Liège (1866).

Sources personnelles.

CARPENTERO (Jean-Charles), peintre de paysages et d’animaux, né à Anvers eu 1784, mort dans la même ville en 1823. Elève de Van den Bosch et de Mathieu-Ignace Van Brée. Ses tableaux traités finement dans la manière de B. -P. Ommeganck, ont été fréquennrrent confondus avec ceux de cet artiste. C’est de Jean-Charles Carpeutero que Gustave Wappers, le fameux chef de l’école romantique belge, reçut les rudiments de sou art.

CARPENTERO ( Henri-Joseph-Gommaire ) , fils du précédeut, peintre de genre, né à Anvers en 1820, mort à Schaerbeek (Bruxelles) le 25 mai 1874. Elève de Ferd. De Braekeleer et de Nicaise De Ke5\ser. Il est l’auteur de petites productions représentant des scènes de la vie familière : intérieurs rustiques et paysages, agrémentés de figures, le tout traité dans l’esprit de l’école anversoise de 1840-1850.

Sources personnelles. —

CARPENTIER (Évariste), peintre, né à Cnerne, près Courtrai (Flandre occidentale), en 1845. Est connu par des œuvres créées successivement en Flandre, à Paris, où le peintre fit un long séjour; dans le Brabant, où il s’était fixé à La Hulpe, dans le voisinage de Bruxelles; enfin à Liège, où il dirige l’Académie des Beaux-Arts. Carpentier a été fidèle aux expositions belges, et les musées du pays possèdent de ses œuvres. A Anvers, c’est un Épisode de la guerre de la Vendée ; à Bruxelles, une page très intéressante : Les Étrangères (1887), créée à Paris comme la précédente; enfin, à Liège, La Vente de navets, morceau excellent. C’est à dater de son retour de Paris que l’artiste abandonna le genre historique et anecdotique pour s’adonner au genre rustique où il a rencontré des succès mérités. Liège surtout a exercé une heureuse influence sur son art. Paysagiste distingué, il

trouve dans les beaux points de vue des environs de l’antique cité, comme dans les points de vue de la ville même, l’occasion de pages infiniment attachantes. La plwsionomie du peuple a trouvé également en lui un interprète expressif et attachant. Aquarelliste habile, Carpentier a figuré par deux dessins très bien venus, à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1910. 11 est Chevalier de l’Ordre de Léopold et a été médaillé dans diverses expositions.

Sources personnelles.

CAROLUS (Louis-Antoine), peintre et graveur, né à Anvers en 1814. Fut élève de L-J. Eeckhout, ensuite de Ferdinand De Braekeleer, alla suivre à Paris, de 1831 à 1834, l’enseignement de Poittevm. Durant une année, il habita La Haye, enfin prit résidence à Anvers, où il mourut le 12 avril 1865. Carolus se consacra d’abord au genre dit « historique », c’est-à-dire aux sujets familiers évoquant, par le costume et les accessoires, les siècles révolus. Plus tard il se voua exclusivement au genre Louis XV Ses productions eurent un succès considérable dans les classes bourgeoises : Molière et sa gouvernante, L’Attente, La Musique, Visite chez te peintre de fleurs Huvsum, La Présentation, et d’autres. Antoine Carolus a laissé quelques eaux-fortes agréablement traitées. Ou peut citer : Paysan assis (dans le genre de C. Begas), Savant dans son cabinet d’étude. Paysage norvégien. Docteur Faust, Scène dt auberge.

Heller, A7idressen Handb.f. Kuperferst Sammcler , 1870. — l’h. Hippert et Linnig — Muller. — Kramm.

CATTOIR (Simon), graveur, né à Uccle, près de Bruxelles, le juillet 1711, mort à Bruxelles le 20 mai 1781. Artiste assez médiocre, il a laissé pour œuvre principale l’élévation du catafalque érigé, à Sainte-Gudule à Bruxelles, pour les obsèques de l’impératrice Elisabeth-Christine, épouse de Charles VI, d’après les dessins de Gaëtan-Mathieu Pisoni, lequel fait dédicace de la planche à Charles de Lorraine le 11 mai 1751. Comme graveur-géographe, Cattoir a signé une carte des environs de Bruxelles, datée de 1746.

Sch(;y, Journal des heuu.x-arts, iS8o.

CAUKERCKEN (Corneille VAN), graveur ( et peintre ?), né à Anvers en 1626, mort à Bruges en 1680. Nous sommes sans inàtrmation sur ses années d’apprentissage. Son admission à la Gilde de Saint-Luc, à Anvers, n’eut lieu qu’en 1660; l’artiste était alors âgé de 34 ans, et la franchise lui était accordée sans indication relative à sa présence dans l’atelier d’un maitre. Caukercken fut nu graveur à la fois habile et doué d’une conception heureuse de l’effet pittoresque. Il occu]ie donc une place honorable à la suite des graveurs réjuités de Rubens et de Van Dyck. Quelques grandes estampes, exécutées d’après ces maîtres et éditées à une épo(pie où ils ne présidaient jilus à la traduction de leurs œm res par le burin, sont dignes d’étre louées. Rappelons Le Marlvrc de saint Liévin et La Charité romaine, d’après

Rnbeus; Le Christ mort sur les genoux de la Vierge^ La Descente du Saint- Esprit sur les Apôtres, La Charité, d’après Van I)5xk; enfin, d’après le même maître, Le Christ et les Apôtres, quatorze figures en buste. Toutes ces œuvres sont dignes de l’attention des connaisseurs. Caukercken travailla d’ailleurs sous Jean Meyssens, dont Van Dyck nous a laissé le portrait, et Abraham Van Diepenbeke, élève de Rubens, Les noms de ces artistes, comme éditeurs, api)araissent sur certains de ces travaux. On rencontre, dans le Gulden Cabinet, de Corneille De Bie (1661), plusieurs portraits d’artistes : Tobie Verhaecht, Pierre Sna3mrs, etc., gravés par Caukercken. Ces planches avaient paru dès l’année 1649 dans le volume très rare de Meyssens : Images de divers hommes d’esprit sublime, etc., et ne passèrent ainsi que plus tard dans le Gulden Cabinet. Le nom du graveur se rencontre sur de nombreux frontispices de livres, dont plusieurs dessinés par Diepenbeke. On lui doit en outre des portraits intéressants : Charles II d’ Angleterre, àoiA. Werzel Hollar grava les accessoires (Hollar travailla aussi pour Meyssens); Charles Van den Bosch, évêque de Gand; François du Taing, baron de Jamaïque (Immerzeel et ses continuateurs disent à tort : de Taino, baron de Jamayo); également le portrait de Henri de Vicq, ambassadeur des archiducs Albert et Isabelle à la Cour de France, peinture de Rubens au Louvre Divers portraits de Caukercken passèrent dans la Biblioteca Belgica de Foppens. Il semble résnlter de la liste des noms de peintres de la Gilde artistique de Bruges que Caukercken mourut dans cette ville en i68o. L’obituaire lui donne le titre de peintre.

CAUSE (H en ri), graveur, né à Anvers le 23 novembre 1648, mort dans la meme ville en 1698. Elève de Richard Collin, inscrit comme tel à la Gilde de Saint-Luc, il lut surtout emplo)A par les libraires, dont il illustra les livres de planches assez habiles, mais de médiocre portée artistique. Ses anciennes vues d’Anvers ne manquent pas d’intérêt. On prétend qu’il travailla en Allemagne et en Hollande, sur la foi de certaines gravures insérées dans des ouvrages hollandais, ou de portraits de personnages allemands. Cela ne signifie nullement que l’artiste fut en rapports directs avec les hommes représentés. Son double portrait des frères Dewit (1676), celui d’Arnold Van Overbeke, vo3’'ageur aux Indes néerlandaises (1680), les portraits de Georges-Guillaume de Brunswick, de Maximilien-Henri, archevêque de Cologne et d’ailleurs, prince-évêque de Liège, pas plus que l’effigie de Charles II d’Espagne, d’après Quellin, ont dû nécessairement voir le jour eu Belgique. De même la représentation du catafalque de Léopold d’Autriche. Les plus ordinaires productions de notre artiste, sont des images de sainteté, dont à ce moment la librairie anversoise était prodigue.

CAUSE (Lambert-Henri), fils du précédent et son élève en 1687; il fut reçu franc-maitre à Anvers en 1698. Ses estampes révèlent un tempérament artistique supérieur à celui de son père. Toutefois il en fut réduit à des

travaux de médiocre portée. Les élèves qir’il fit recevoir par la Gilde de Saint-Luc n’ont point percé. Nous ignorons la date de sa mort.

Nagler. Ku7istlcrlcx, 1835. — Kramm. — Le Blanc. — Rombouts et Van Lerius, Les Liggcrcji, t. 11. — 'an Mander (édit. H\'mans, t. II).

CAUSSE (Erasmus), peintre, né à Courtrai (Cortryk) en Flandre le 26 janvier 1660, mort dans la même ville le 23 décembre 1738. Elève en 1685, à Anvers, de Pierre Ykens, il prit eir 1687 le chemin de l’Italie par la France, le Piémont, la Lombardie. A Paris, il connut Ch. Le Brun, A. -F. \'an der Menlen, Adr. Van der Cabel. A Milan, il ht un arrêt assez prolongé et, enhn, arriva à Rome en 1689. Son séjour dans la ville éternelle fut de six ans. A la hn de ce long terme, il se rendit à Naples, et par Florence, Wnise, le Tyrol, Vienne, où il arriva en 1695 et resta trois ans, il regagna les Pays-Bas. Surtout portraitiste, il eut l’occasion de peindre à Vienne ])lusieurs princesses et dames de la Cour. Il visita Prague, Nuremberg, Francfort et Mayence, descendit le Rhin pour gagner la Hollande. Causse a laissé le récit de son voyage décennal sous le titre : Thienjaerige Reyse door Brabant, Vlaenderne en Vranckrvk, etc. Ce texte appartenant à une famille de Bruges, n’a jamais été imprimé. Il en existe deux copies, assez défectueuses, par l’auteur même. Le mauuscrit original, enrichi de beaucoup de dessins, appartenait à un particulier de Bruges. C’est à la bibliothèque de la N'ille de Courtrai que sont les deux autres. De retour dans son pays. Causse se maria. Il laissa une nonrbreuse fanrille. En 1698, d’après un document d’archirm, une somme lui fut allouée pour avoir peint le portrait de Ùlaxirnilien-Enrmanuel de Bavière, gouverneur des Paj's-Bas. Cette œuvre, comme toutes les autres de l’artiste, semble aujourd’hui ]ierdue.

Rdron de Bethune, Erasitim Causse. — Kojiinkiijke Vlaamschc Academie, 1905.

CAUTAERTS (F rançois), peintre de genre, né à Bruxelles en 1810, mort dans la même ville en 1881. On voit de lui, au Musée de Bruges, un tableau. Le Fuinenr, exposé à Bruxelles en 1836. Au Musée de Leipzig, Soldat chantant, don du peintre ( 1840). Voici, avec la date de leur exposition, d'autres <.cu\ res du même auteur : ISIilton dictant à sa fille le Pai adls perdu (1836), Vésale offre à Charles-Oninl son Trailé d’anatomie (r842), Iai Marchande de comestibles En désirez-vousf Une Châtelaine

( 1851). Au moment de sa mort, il avait, depuis louterrrps, cessé de jieindre.

Sources personnelles de l’auteur.

!.. .\lvin, Compte tendu du Salon d’e.vposilion de Bru.vcltcs, ICS36.

CAVAEL (Jacob), aussi « Cava » ou « Cana », peintre à Ypres aux XIV'-' et X V*" siècles. Giovani Alcherio, de Milan, se rendit à Paris en 1399 pour en 1 amener des artistes français charges de concourir à l’achèvement et à l’oruementatiou du Dème. 11 enrôla aussi un jieintre llamand, Jaetpres Cava et deux de scs élèves. Cavael, dont il s’agit ici, fut emplo)A fréquemment ]iar la ville d’Ypres et fut nttmmé sou ]reintre, en titre, le 24 février 1399-1400.

En 1397 et 1398, il lit des travaux pour les Halles, travaux de décoration ayant un caractère plutôt industriel : dorures, etc.; mais en 1397 également, Cavael avait peint « à l’huile » un Saint Christophe, près du grand escalier de la Halle. En 1401, il est mentionné comme défunt.

Dehaisne, Histoire Je t’ Art en Flandre, 1886. — Alph. Wauters, Bulletin de T Académie royale de Belgique, 18S3. — Annales de la Société d’ émulation de Bruges.

CÉLOS (Julien), peintre et graveur à l’eau-forte, né à Anvers le 30 septembre 1884, élève de l’Institut des Beaux-Arts et du professeur Erans Courtens. Peint surtout le paysage et les vues de coins pittoresques des villes llamaudes et hollandaises. Voici les principales œuvres de cet artiste dont les procédés et les effets font songer à ceux de Baertsoen : Le Vieux Porche ( 1905), La Cathédrale {iqo'è), Vestiges (1910), La Retraite {igio). Aquafortiste habile, il a créé quelques planches, dont plusieurs ont été éditées par Caspers à Berlin : Vieux Coins, Petit Port, En ville morte (Gesellschaft für Vervielfaltigende Kunst, Vdenne), Hiver à Bruges (Dietrich, Bruxelles), Ruelle en Zélande (id.).

Sources personnelles.

CE LS (Albert-F ), peintre -dessinateur, arrière-neveu de Corneille (qui suit), né à Bruxelles en 1883. Elève des Académies de Bruxelles et de Glasgow (sous son compatriote J. Delville), puis à Paris de Jacques-E. Blanche. Surtout portraitiste. Membre associé de la Société royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Cels a fait iigurer aux expositions de celle-ci des portraits de petit format également conçus et touchés avec esprit.

Notes personnelles.

CELS (Corneille), peintre d’histoire et de portraits, né à Lierre (province d’Anvers) en 1778, mort à Bruxelles en 1859. Issu d’une famille de commerçants aisés, il put, sans obstacle, ordonner 'sa vie d’artiste. D'abord élève du sculpteur Pompe et du peintre P. -J. Denis, il fut ensuite (1795 à 1800 ) à Bruxelles le disciple d’André Lens, peintre alors en vogue. A 22 ans, il se rendait à Paris et, durant une année, reçut les leçons de Suvée, artiste brugeois que l’on connut directeur de l’École française de Rome. Cels passa ensuite sept ans en Italie, où naquirent ses toiles les plus importantes. Dn Cincinnatus , créé à Rome et exposé au Salon de Gand en 1803, y obtint la médaille d’or. De même dans la ville éternelle, il créa la Visitation , en très grandes figures, qu’on voit à l’église des Augustins à Anvers; la Descente de Croix, décorant le maître-autel de l’église Saint-Paul, dans la même ville. Exposée à Rome, au Panthéon, en 1807, cette vaste toile valut à son auteur le titre de membre-professeur de l’Académie de Saint-Luc. Rentré au pays natal, le jeune peintre s’établissait à Anvers où résidaient ses parents. C’est laque, en 1809, il ^leignit entre autres la Décollation de saint Jeati , pour l’église Saint-Gommaire (Gomarus) k Lierre, et, en 181 r, le Martyre de sainte Barhe. pour l’église Saint-Sauveur, cathédrale de Bruges. La chute de

l’Empire ayant fait de La Haye la capitale du royaume des Pays-Bas, Cels alla se fixer dans cette ville. Il y eut, comme portraitiste, une vogue considérable. Outre le portrait du roi Guillaume, il retraça les traits de la princesse d’Orange, douairière de Guillaume V, de la duchesse de Brunswick. Il peignit encore les ministres et le comte de Hogendorp, le grand homme d’Etat qui fut, en quelque sorte, le créateur de la Constitution du ro5"aume des Pa5"s-Bas. Ce portrait est au Musée de Rotterdam. Appelé en 1820 à la direction de l’Acadépiie de Tournai, Cels se consacra durant sept ans au professorat. Parmi ses élèves figura le jeune Gallait, alors à ses débuts. C’est à Tournai que fut peint, pour l'église catholique de La Haye, le tableau du Christ montrant ses plaies à saint Thomas. Après avoir pris sa retraite en 1827, Cels se fixa à Tournai, où il mourut. En 1842, il peignit pour le palais archiépiscopal de Malines, le portrait du cardinal Sterckx, primat de la Belgique II en existe une gravure par Erin Corr. Au Musée d’Amsterdam, figure une œuvre de Cels : Une Jeune Suissesse, œuvre datée de 1821. Membre des Académies d’Amsterdam et d’Anvers, le peintre était, en outre, correspondant de l’Institut des Paj^s-Bas. Il fut, eu 1813, un des fondateurs de la Société d’Encouragement des Beaux-Arts d’Anvers. On possède de lui un portrait du fameux peintre d’animaux B. -P. Ommeganck.

CELS (Emmanuel-Antoine-Joseph), fils de Corneille Cels, architecte, né à Tournai en 1821, mort à Saint- Josse-ten-Noode ( Bruxelles) le 24 avril 1894. Les travaux de. cet artiste, qui fut l’élève et le collaborateur de T. -J. Suvs, consistent surtout en restaurations d’églises et de chapelles conventuelles.

CELS (Jean- Michel), peintre paysagiste, fils de Corneille Cels, né à La Hâve en 1819, mort à Bruxelles en 1881.

Il fut plutôt amateur qu’artiste.

CÉRIEZ (Théodore), peintre de genre, né à Poperinghe (Flandre occidentale) en 1832, mort à Après en septembre 1904. Il fit ses études à l’Académie d’Ypres et les continua à Anvers, puis à Paris sous Fauvelet. Il dirigea ])endant un grand nomlrre d’années l’Académie d’Ypres. Cériez fut un peintre de sujets élégants de l’époque Louis XV, dans le goût de Fauvelet. Du reste, bon coloriste, il donnait à ses œuvres un tour agréable. 11 est représenté au Musée d’Ypres. Ses meilleures peintures sont : Les Cuisiniers, La Lecture sous Louis XV, Les Amateurs de gravures. Chez l’ Antiquaire, doutes ces œuvres, exiiosées en Belgique, valurent à leur auteur un sérieux succès.

Sin t, t^ictionnairc des fyeiiilrcs, 1S83. — Chronique des A/ds, 1904. — Journal des heaux-nris, \ S78- 1 883.

CHAI N EUX (Désiré), dessinateur et archéologue, né à Saint-Josse-ten- Xoode (Bruxelles) en 1851. Fut élève à l'Ecole des .-Vits de sa commune natale, passa ensuite de longues années dans les emplois publics, sans cesser d’ailleurs de s’adresser aux arts. S'étant trouvé à Paris en relations avec le

poète Jean Richepin, il dessina les costumes de son drame : La Martyre, évocation du monde romain, ce qui fut, à la Comédie-Française, un succès retentissant et fit attacher le dessinateur belge à la grande scène parisienne à titre définitif. Chaineux est aussi l’auteur d’un mémoire intitulé : Le Costume préhellé7iiqne, inspiré des découvertes de Schliemann. L’Institut de France, auquel ce mémoire fut présenté, en fit un grand éloge.

Sources personnelles.

CHARLES (Claire-Thérèse d’ANCRÉ), peintresse, née à Malines, morte dans la même ville le octobre 1703. Elle était issue de la famille du peintre de fleur, Jean-Philippe Van Thielen,et avait peint une Sainte Famille qui décorait son tombeau dans l’ancienne église Saint-Pierre. La trace de cette peinture est aujourd’hui perdue.

CHARLIER (Guilla urne), sculpteur belge, né à Ixelles (Bruxelles) le 2 août 1854. Fréquenta l’école de dessin et de modelage de Molenbeek- Saint-Jean (Bruxelles), puis l’Académie royale de cette dernière ville, travailla sous Guillaume Geefs et (3. De Groots, et fréquenta deux ans l’atelier de Cavelier à Paris (1880-1882). De retour en Belgique, prit part au concours de Rome comme élève de Van der Sta]i]')en, et remporta le grand prix, avec un bas-relief : Les Envoyés du Sé/iat romain devant Cinna (1882). Les œuvres de cet artiste sont nombreuses : Daplinis (1884), Le Semeur de mal (1886), La Prière (Musée de Bruxelles, 1887), L’ Aïeule ( 1887), L’ Inquiétude maternelle (1888), Le Pécheur (1888). En 1889, créa pour la ville de Tournai, la statue du peintre Gallait, inaugurée en 1891. Ce monument de bronze représente le peintre en costume d’atelier, tenant la palette et le pinceau à la main. Cbarlier s’est consacré presque entièrement à la sculpture habillée. Au Pécheur, firent suite : Le Départ pour la pèche (1892), La Misère, groupe de marbre (1894), Pécheurs hâlant leur (bas-relief)

(1895). Vint ensuite, en 1903, le monument elevé à Tournai, au ministie d’Etat Jules Bara, avec les figures allégoriques de V Histoire et de la Justice. Dans l’entre-temps, il avait fait de nombreux bustes, notamment celui du peintre Henri De Braekeleer au cimetière de Kiel à Anvers (1894). On voit, enfin, de Cbarlier, au Jardin botanique de Bruxelles, un groupe de bronze; Le Chêne, Misère (groupe de marbre) (1897), Sortie de l’église, La Croi.x (bronze) (1898), Sollicitude (1899), Douleur maternelle (1900), Souvenir (bronze) (1901), Pilote (1903), Porteur d'eau palermitain (marbre et bronze) (1903), Souvenir (saint Louis) (1904), Les H (groupe) ( 1907), inspiré des Bourgeois de Calais, semble-t-il. Aveugle (1908).

CHARLERIE (Hippolyte DE LA), peintre et dessinateur belge, né à Mous en 1827, mort à Paris en 1867. Élève de l’Académie de Bruxelles et de r « Atelier de Saint-Luc ». Il fit des paysages, des animaux, des tableaux avec figures et aussi des portraits. Vers 1860, de la Charlerie se rendit à Paris, où il dessina des projets de gravures sur bois pour plusieurs éditeurs.

Son chef-d’œuvre dans ce domaine est l’illustration de : Le Parthénon de l’Histoire d’ Arinengaiid, 1862. De ses tableaux, se trouve une Tête de vieillard au Musée moderne de Bruxelles. A l’Exposition rétrospective de 1905, se trouvaient trois tableaux (Charlerie, propriété privée) : Lévriers, Intérieur d’écurie. Etang de Rouge-Cloître.

Catalogue des Musées modernes de Bruxelles et Exposition rétrospective de l’Art belge, 1905.

CHARETTE, dit CHARETTE DU VAL (François), peintre de fleurs, à l’huile et à Taquarelle, né à Bruxelles en 1807, mort dans la même ville en 1895. Peintre méticuleux, il eut une vogue considérable comme professeur de dames et de demoiselles et prit une part régulière aux expositions de la Société belge des Aquarellistes dont il avait été l’un des fondateurs.

Sources personnelles.

CIERKENS (Jean), peintre belge, né à Bruges en mai 1819, mort à Rome le 3 juillet i 853. Fils de parents peu fortunés, il débuta comme ouvrier peintre, devint élève de l’Académie des Beaux-Arts, puis de De Weirt, excellent professeur de dessin, et fit assez de progrès pour remporter le premier prix de la classe d’Antique en 1827 et, en 1839, de peinture d’après nature. 11 fut alors envojA à l’Académie d’Anvers et, revenu à Bruges, y devint professeur à l’Académie. Envo^A en Italie comme pensionnaire du Gouvernement, il finit sa carrière à Rome en 1853, âgé, par conséquent, de 34 ans. L’Académie royale d’Anvers conserve de Cierkens d’excellentes etudes d’après nature.

CLAES (Constant-GuMIaume), peintre belge, né à Tongres le 4 avril 1826, décédé à Hasselt le 10 février 1905, Fut élève à l’Académie d’Anvers et de Nie. De Iveyser. Se signala surtout comme peintre de genre. Avant l'orage, La Visite du Docteur , Travail, Récompense , La Fête du Maître d’école , Le Bon Curé. Ce dernier tableau, exposé en 1866, eut beaucoup de succès et fut litbngra})bie en grand format par T. \’oncken. Au cours des dernières années de sa vie, Claes décora de ses peintures une chapelle de l’église Notre-Dame à Tongres. Ces scènes religieuses, d’une coloration faible, mais agréable, se distinguent par une ligne élégante et distinguée. Claes avait beaucoup voyagé, uotamment en Allemagne et en Espagne.

CLAESSENS (Lambert-Antoine), peintre de i)a3'sages et graveur au burin, né à Anvers le 21 novembre 1763, mort à Rueil, près l’aris, en 1834. Elève à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers, il se voua d’abord à l’étude du ])a)"sage, pour s'adonner ensuite à l’art de la gravure, qu’il alla étudier à Lnndres sous Bartolozzi. Fixé ensuite à Amsterdam, il y exécuta, en 1797, une grande estampe d’ajirès la Ronde de nuit, œuvre passablement médiocre, mais intéressante comme donnant les ])arties détachées de la toile latéralement. Antérieurement, il avait participé au grand ouvrage de A. -B. de Quer-

tenmont, les portraits des membres des États de Brabant, en 1790. Ayant épousé la veuve du miniaturiste français Pelletier, il alla se fixer à Paris où s’écoula le reste de sa carrière. Il contribua, pour une bonne part, au grand ouvrage sur le Musée Français, prenant pour thème les toiles du Louvre. C’est là notamment que figurent sa grande reproduction de la Descente de Croix de Rubens et la Femme hydropique d’après (fiérard Dou, son chefd’œuvre. Wurzbach donne une liste de trente-neuf gravures du burin de Claessens. On doit ajouter à cette liste les pièces suivantes : Vue de la Citadelle d' Anvers , Amante inconstanle , d’après Coclers, Catherine II chez Potemkine, d’après Kuyper, Une Illumination, d’après le même, et les portraits suivants d’après Quertenmont : Le Marquis du Chasteler , Corneille-Lacques-Joseph Mens, Godefroid Ilermans , prélat, N.- J. Maras, H. -A. Verrasselt, E.-C. Dejonghe, A.-J.-J. Van Wamel A Joseph Garnier. Claessens est, pour son temps, un graveur coloriste fort estimable et possédant un talent fort varié.

CLARYS (Alexandre), peintre et dessinateur, né à Bruxelles le 23 juillet 1857, élève de l’Académie de sa ville natale. S’est surtout adonné à la représentation des chevaux et des chiens, et s’y est signalé d’une manière avantageuse. Cdutre de nombreux portraits de chevaux primés dans les concours, il a dessiné aussi des affiches pour ces concours et pour les courses de chevaux, a collaboré aux journaux de sport, le tout avec beaucoup d’élégance. On a vu de Clarys, des panneaux décoratifs aux Expositions de Liège (1905) et de Bruxelles ( 1910). Il a peint aussi le cheval favori du roi des Belges (Albert L''), Montjoie. Le Musée de Mous possède de cet artiste un lot de juments lancées au trot, peinture fort intéressante.

CLAUDE (Deruet), peintre (15S8-1660). Doué de certaines qualités qui pouvaient en faire un artiste recommandable, il sacrifia à la manière et ne sut pas s’élever aux sommités de l’art. Travaillant avec un maître aussi vaniteux que médiocre, il resta imprégné du mauvais goût de sou époque, et ne sut jamais discerner le vrai du faux. Sa peinture fut toute de convention. Il ne sut être vrai ni dans ses compositions, ni dans son dessin, ni dans sa couleur. Ce reproche, qu’on peut faire à tant d’autres peintres qui ont laissé des noms illustres, n’exclut pas toutefois certaines qualités qui lui sont propres.

'trouvées après décès.

CLAYS (Paul-Jean), peintre de marines. et aquarelliste, né à Bruges le 27 novembre 1819, mort à Bruxelles le 9 février 1900. Attiré de bonne heure par le spectacle de la mer voisine, il donna des gages de son avenir artistique. A Paris où l’envoya sa famille, il fréquenta l’atelier d’Horace Vernet et davantage celui de Théod. Gudin. De retour dans son pays, il ne tardait pas à se produire dans le genre de son choix, gardant de son éducation plus de netteté que de poésie. A Anvers eu 1839, à Bruxelles en 1840, il exposait

ses premiers tableaux, sans beaucoup se signaler à l’attention. Le roi des Belges eut de lui un tableau représentant Y Arrivée à Ostende de la reine Victoria en i8^^, peinture de médiocre portée; de même au Musée de Bruges, le Port de F erragendo ('1846). En 1861, influencé par la nouvelle école française, il élargit sa manière et même, on le vit reprendre certaines de ses œuvres antérieures pour les repeindre dans son nouveau style. Il en fut ainsi d’un Naufrage sur les côtes des îles Shetland, appartenant au Musée de Bruxelles. A dater de ce moment, ses succès furent continus, tant comme peintre que comme aquarelliste. Clays s’est particulièrement distingué comme traducteur des eaux intérieures, celles de son pays et celles de Hollande, et par des etfets de soleil plus que par des temps gris. L'Exposition universelle de Paris en 1867 et celle de 1878 furent pour lui l’occasion de très grands succès. Ses œuvres se rencontrent dans quantité de musées d’Europe et des Etats-Unis. Le Musée de Bruxelles a de lui trois pages importantes : la Rade dYOstende (1851); Accalmie {1863); la Rade d’ Anvers (1869). Le roi des Belges, outre deux tableaux, possède de l’artiste une superbe aquarelle datée de 1866; la National Gallery de Londres : deux Vues d’eaux intérieures de Hollande ; le Musée métropolitain de New-York : Affranchissement de l’Escaut à Anvers (1880); le Musée d’Anvers : Environs de Dordrecht, temps orageux; Accalmie sur l’Escaut (1880); Marine ; Y Escaut ( 1887), au Musée de Liège; Mer du Nord (1891 ), à la Pinacothèque de Munich. Clavs était Commandeur de l’Ordre de Léopold et membre de l’Académie de Belgique, Officier de la Légion d’Honneur, Commandeur de l’Ordre du Mérité de Saint-Michel de Bavière, de Charles III d’Espagne, etc.

Edm. -Louis de Taeye, Artistes belges contemporains (avec portrait photographié). — L. Sol vay, Notice sur Paul-Jean Clays {Annuaire de l’Académie royale de Belgique, 1906) (avec portrait). — Henri Hymans, Belgische Kunst in AYA'" Jarhunderts (Leipzig, Seemann).

CLOSSON (Gilles-Joseph-François), peintre, né à Liège en 1796, mort dans la même ville en 1852. Ses paysages, très minutieusement traités, représentent des vues d'Italie, principalement de Rome et des environs. Le Musée de Liège possède de lui une œuvre de ce genre datée de 1828. C’est un travail de peu de caractère.

Trouvées après décès.

CLUYSENAAR (Jean-Pierre), architecte belge, né à Campen (Pays- Bas) le 28 mars i8ti, m<Drt à Bruxelles le 16 lévrier 1880. Il a\'ait 6 ans quand son père, ingénieur au service. du Gouvernement, lut placé en Belgique. Le ieune homme devint en 1826 élève de T. -J. Suys, le plus laineux architecte belge d’alors et passa dix années sous sa direction. Cluysenaar se lit à son tour une grande réputation par des châteaux et des hôtels privés de la Belgique et ailleurs. La plus connue de ses œuvres est le laineux Passage Sainl-Ilubert à Bruxelles, avec théâtre, etc., et qui lut le point de départ des galeries analogues de l’étranger, notamment à Milan, où il inspira la galerie Victor-Emmanuel. Un ouvrage lut consacré à cet ensemble. La

Société des Galeries Saint-Hubert, fondée en 1845 par MM. Cluysenaar, Demot, etc., fit frapper une médaille par le graveur Hart, où se voit la façade et le plan des galeries, d’après une gravure de l’architecte, la seule qu’il ait jamais faite. La pose de la première pierre eut lieu le 20 juin 1847. La même année, Cluysenaar dressa les plans d’un local pour les archives, pour les collections de l’Etat, à ériger sur les bas-fonds de la rue Royale, en même temps que pour une église destinée à terminer cette rue. Cette dernière fut effectivement exécutée, mais pas sur les plans de Cluysenaar. Vers la même époque fut édifié le local de la Société royale de la Grande Harmonie à Bruxelles et qui fut l’occasion de la médaille gravée par Hart à l’effigie du maître le 7 septembre 1841-1842. Le local fut achevé en un an et érigé sur les terrains de l’ancien Hôpital Saint-Jean. Le Marché de la Madeleine, dans la rue de ce nom, date de la même époque. Cluysenaar fut l’introducteur en Belgique de l’architecture rustique, dont les stations et maisons de garde de la ligne de chemin de fer de Dendre et Waes fournit surtout l’occasion. Des volumes spéciaux furent consacrés par lui à ces œuvres : Maisons de campagne et Châteaux; Stations et Maisons de garde. Également à la fête du Marché de la Madeleine, par laquelle fut inauguré ce nouvel édifice. La création à Bruxelles de la place du Congrès procura à l’habile architecte la construction du monumental escalier reliant la rue Royale à la place du Marché-du-Parc. Dans le cours des années 50, Cluysenaar, dont la réputation s’était étendue en Allemagne, fut chargé de l’exécution du « Rurhaus » et du Théâtre de Hombourg. Il prit une part considérable aux arcs de triomphe, fontaines monumentales, etc., érigés à l’occasion des fêtes du 25® anniversaire du règne de Léopold 1“ en 1856. Il est l’auteur du Conservatoire de Bruxelles. Les constructions de Cluysenaar sont en général dans le style classique, tempéré plus tard par les inlluences modernes, surtout pour l’architecture domestique. En matière d’architecture religieuse, ou lui doit l’église de fer d’Argenteuil (Brabant) et l’église en style roman érigée à Rochefort (Namur) en 1871, également la cathédrale de Monaco. Clu5^senaar a fourni quelques élèves, Trapeniers, Van Ysendyck en sont les plus notoires. Son portrait par Gallait, son ami, appartient au Musée communal de Bruxelles. Son buste est du sculpteur A. Van Braeckevelt. Il fut décoré de son pays et de divers autres.

Cluysenaar était vice-président de la Commission royale des Monuments, vice-président du Conseil supérieur d’hygiène publique, membre du Corps académique d'Anvers, membre honoraire de l’Association roA^ale des architectes britanniques, de l’Académie des Beaux-Arts d’Amsterdam.

Sources particulières.

CLUYSENAAR (Alfred-Jean-André), peintre belge, né à Bruxelles le 24 septembre 1837, décédé à Saint-Gilles (faubourg de Bruxelles) le 23 novembre 1902. Etait le fils de l’architecte J. -P. Cluysenaar et se forma à l’Académie des Beaux-Arts de sa ville natale et à Paris sous Léon Cogniet. Il peignit à Paris les panneaux décoratifs, un grand plafond pour les salons du « Kurhaus » à Hombourg, édifié par son père. Alfred Cluysenaar voyagea

ensuite en Allemagne et en Hollande et fit un long séjour en Italie, particulièrement à Rome où il commence la grande toile des Cavaliers de l’Apocalypse, exposée avec uu succès considérable tant à Bruxelles en 1867 qu’à Paris l’année suivante. Fixé à Bruxelles, Alfred Cluysenaar se fit connaître comme un superbe portraitiste avec des œuvres dont surtout un portrait de son fils enfant, intitulé Une Vocation, une des œuvres marquantes du Salon de 1875. Cette œuvre, qui est aujourd’hui au Musée de Bruxelles, a été gravée par A. Danse. Du même maître la Galerie possède un Canossa, exposé à l’Exposition universelle de Paris en 1878, puis à Berlin, enfin à Bruxelles en 1880. L'œuvre valut à son auteur la croix d’Officier de la Légion d'honneur. Cluysenaar avait été chargé de décorer le grand escalier de l’Université de Gand, où cinq fresques retracent les grandes phases de l’humanisme. Devenu professeur de peinture décorative à l’Institut supérieur des Beaux-Arts à Anvers, l’artiste se voua surtout à l’enseignement. Il créa vers la même époque le panorama de la bataille de Wôrth pour le Jardin zoologique d’Anvers. Cette œnivre a cessé d’exister depuis plusieurs années. Il fit des portraits pour les membres de l’Université de Bruxelles, des magistrats, de très beaux portraits de son père, du sculpteur De Groot, du général baron Goethals, aide de camp de Léopold II, etc. Alfred Cluysenaar était au moment de sa mort, directeur de l’École de dessin et de modelage de Saint- Gilles (Bruxelles). Il était membre de l’Académie de Belgique, de la Commission royale des Monuments, de la Commission des Musées des Arts décoratifs, professeur à l’Institut supérieur des Beaux-Arts d’Anvers. Officier de l’Ordre de Léopold, Chevalier de la Légion d’honneur. Son buste a été fait par Guillaume De Groot et par M'*^ S}dvie Vanderkindere. Il lorma de bous artistes. Le comte Jacques de Lalaing est son élève.

CLUYSENAAR (André), fils du précèdent, né à Bruxelles en 1872, s’est fait connaître comme portraitiste, suivant la manière de son père, et a remporté quelques succès dans la même branche. Il avait débuté dans la carrière artistique comme sculpteur par un Sai)it Sébastien (fi.

COCK (Hieronymus), peintre, graveur, éditeur, marchand de tableaux, né à Anvers vers 1507, mort dans la même ville en d un peintre

obscur, Jean Wellens, dit Cock, doyen de la Gilde de Saint-Luc d Anvers en 1520, il apparait dans les registres de la corporation en 1546. Il avait déjà, à cette époque, fait un séjour eu Italie. \ asari le connut à Rome et consacre ]ilusieuvs jiages de sa liiographie de Marc-Antoine à 1 énuméiation de ses œuvres. A la vérité, ces jilanches n’émanent pas toutes du buiin de Cock, mais la mention elogieuse qu’elles trouvent sous la plume de Vasaii, atteste la faveur rapidement acquise en Italie par les planches d origine llamande.

Inconnu comme peintre, Jéronre de Cock se signale comme un altiste de

( ' ) lia peint le Porhaii du Roi Albert de Belgique vieil, ml les ruines d' Y près (1916).

très haute valeur dans les planches où ii se fait connaître comme graveur et qu’il est facile d’identifier, méiue en l’absence du mot sculf>sit ; ces planches étant traitées exclusivement à l'eau-forte. Varice varionim regionein typographiœ ad nmbrationes in publicum pictoruin usiim à liieronvmo Cock deliueatœ in ces incisœ et edi tce. Veelerlij or dinantien van lantschappen , etc., 1558, in-folio oblong. Il y a particulièrement une suite de ruines romaines d’un fini magistral. Ce recueil vit le jour en 1551, mais contient plusieurs pièces datées de 1550. Avant cette dernière date, nous n’avons rencontré aucune pièce où apparaisse la signature de Jérôme Cock accompagnée d’un millésime.

En revanche, il est des estampes faites pour démontrer que bien des années après avoir fondé son établissement chalcographique, il continua personnellement de manier le burin.

Plus on pénètre dans le détail de son entreprise, plus il demeure évident que la sûreté de son goût, jointe à ses vastes connaissances, inliua de la façon la plus heureuse sur tout le mouvement artistique de son temps aux Pays-Bas.

Malheureusement une dispersion rapide du fonds de Jérôme Cock nous prive d’informations sur le vaillant éditeur, mort sans laisser de postérité.

Sa veuve, Volquera Dirix, poursuivit un moment les affaires, mais ses planches passèrent aux mains de Théodore et de Jean Galle, de Carel Collaert, de Jean Meyssen, à Anvers, et de Paul de La ITouve, à Paris. Sa boutique était enseignée Aux quatre vents, près de la Bourse (en français). Sur une des planches des Scenographiœ, d’après Vredeman de Vriese, on voit Jérôme à la porte de sa boutique et, dans le fond, sa femme au comptoir.

Jérôme Cock a pul)lié des œuvres des meilleurs maîtres lîamands de son époque : Lambert Lombard, JAans J-ifioris et ses frères Corneille et Jean, Martin Hermskerk; puis des chefs-d’œuvre de l’école italienne : Jvaphaël, Michel-Ange, le Bronzino ; ensuite les plus originales compositions de Jérôme Bos, de J^ierre Breughel le vieux et ses beaux- paysages ; les architectures de Vredeman De \‘riese; les thermes de Dioclétien de Sébastien Van Oyen (d’Oja) (1558); les ]dctoires et \d. Pompe funèbre de Charles-Quint, puis des ornements magnifiques d’après le J^'lorentin Benoit Battini, suite extrêmement rare; enfin, pour le burin de Georges Ghisi, de Mantoue, il lit graver à xA.nvers Y Ecole d'Athènes et la Dispute du saint sacrement, les premières interprétations par le burin de ces productions fameuses. Ces ])ièces sont datées de 1550 et de 1552. Jên 1551, il grave la Cè)ie, d’après J.,ambert I>ombard; en 1553, la Nativité, d’après Bronzino; en 1555, Le Jugemenl de Paris, d’après Bertano; en 1561, Le Songe de Raphaël. Et c’est donc aussi ii Anvers que fut publiée par Cock, cette autre planche de Ghisi, d’après J^uca J^euni : La Calomnie d' Apelle. Jérènne Cock avait entrepris, avec la collaboration de Hieronvmus Wierix, une série des portraits des peintres des J’a}"s-Bas, que sa veuve fit paraître après sa mort, sous le titre : Pictoruin aliquat celebrium Germanuv inferioris ejfigiris una cum doctiss. Dom. Lampsoniis hujus artis peritissimi elogiis. Antv. sub intersigno quatuor ventorum, 1572. 23 pages, petit in-folio.

Hieronymus Cock est, en somme, une grande ligure de l’histoire de l’Art aux Pays-Bas, et son influence a été considérable au point de vue de la dift'usion du goût. Ce fut lui qui publia les belles architectures de Vredeman, De Vriese et des Floris, que tout le monde connaît aujourd’hui, mais qui furent totalement délaissés il y a une couple de siècles, mais dont Jérôme Cock nous a conservé tout à fait l’expression et le style. Son portrait figure en tête du recueil de Lampsonius et sans doute en peinture par Floris, au Musée de Madrid.

COCK (Matthias), peintre, frère du précédent, né à Anvers vers 1509, mort dans la même ville avant 1548, car à cette date sa femme est déclarée veuve. C'était un paysagiste réputé, tant à l’huile qu’à la détrempe, et avait, paraît-il, fait un assez long séiour à Rome. Ses œuvres sont aujourd’hui introuvables. Van Mander lui attribue une grande influence dans l’évolution du paysage dans les Pays-Bas, à son époque. 11 est inscrit à la Gilde de Saint- Luc d’Anvers en 1540 et eut pour élève Jacques Grimmer. Son frère Jérôme aurait gravé d’après lui, à l’eau-forte, la série de douze paysages avec sujets bibliques. Variœ varoriuin regionum typographiœ adiimbrationes in publicnm pictoruui usuin, etc-., 1558, in-folio oblong. Son portrait dans le recueil de Lampsonius de 1572.

COEBERGHER, aussi COBERGHER et KOEBERGHER (Wen-

ceslas), peintre, architecte, ingénieur, numismate, graveur, né à Anvers vers 1561, mort à Bruxelles en 1634. En grande partie contemporain de i-lubens, avec lequel son art est sans analogie. Élève de Martin De Vos en 1573, il subit surtout l’influence de ce représentant de l’école romaniste dont lui-même, d’ailleurs, fut un membre considéré. Après Anvers, ce fut à Paris, à Rome et à Naples, de 1583 à 1604, que se poursuivirent ses études. Non moins qu’à la peinture, il s’initia à la connaissance de l’architecture et des antiquités. A l'fome, en 1598, il concourut à la décoration de la Valicella, où Rubens devait travailler aussi quelques années plus tard. A Naples, où il épousa la fille d’un de ses compatriotes, Jean I^'ranck ou « Francs», il poursuivit ses études et, revenu à Rome, déjà veuf, y contracta un nouveau mariage avec une fille de 16 ans, issue de parents flamands, lui-même était âge de 40 ans. Déjà sa réputation comme architecte et ingénieur avait gagné les ikiys-Bas. Dès l’aimée lôoo, on voit les archiducs Albert et Isabelle faire entamer tles démarches ].)ar leur ambassadeur à Rome, J^hilippe de la Morteau, pour l’entrée à leur service d’un maître dont le concours leur importait également comme architecte et comme ingénieur. Il semblait, d’après le rajiport de l’ambassadeur, que déjà, en Italie, Coebergher s’etait signalé dans ces branches. I^a négociation, toutefois, n’aboutit qu’en 1605, date de la nomination du ])cintre en cpialité d'architecte et d’ingénieur. Sa résidence, à dater de ce moment, fut ;i Bruxelles, avec un gage annuel de 1,500 livres. Sa tâche ne serait jioint minime. Les archiducs étaient grands bâtisseurs; le nombre d’églises et de chapelles ((u’ils firent élever dans la limite de leurs états, est

évalué, par les auteurs du temps, à plusieurs centaines. Leur palais de Bruxelles, leur château de Tervueren, réclamaient aussi l’intervention d’un architecte et hydraulicien. C’est ainsi que, comme Salomon de Caus, ils eurent recours à Coebergher pour les fontaines du parc de Bruxelles et de Tervueren. L’influence de ce dernier, comme architecte, fut très considérable, et si ses constructions sont auiourd’hui fort rares, il fut certainement l’un des promoteurs du style hybride italo-flamand qui régna presque sans partage dans l’architecture religieuse flamande au cours du XVIT siècle. L’église la plus connue de Coebergher est le fameux sanctuaire de la vierge de Montaigu, un des nombreux postiches de Saint-Pierre de Rome, et dont le coût fut de plus de i million. Commencé en 1609, l’édifice ne fut terminé qu’en 1621. Comme peintre, Coebergher l’emporte snr Martin De Vos, et s’il n’est pas possible de souscrire aux éloges outrés que lui attribuent les auteurs du XVIIL siècle, il n’est que juste de tenir en sérieuse estime les pages assez rares de son pinceau. Le Samt Sébastien qu’il peignit à Rome pour les archers d’Anvers et qui appartient au Musée de Nancy, est une oeuvre froidement classique, sans doute, mais fort distinguée. L’œuvre, en arrivant à Anvers, y provoqua une grande admiration et sans doute quelque envie, car un confrère jaloux, mais resté inconnu, en découpa deux têtes de femmes. Il fallut renvoyer la peinture à son auteur pour la réparation. Elle en porte les traces, comme nous l’avons pu constater.

Le Christ au tombeau, peint en 1605 pour l’église Saint-Géry de Bruxelles, et appartenant au Musee de la même ville, n’est point non plus une œuvre ordinaire, malgré sa froideur faisant songer au Poussin et, comme coloris, à Ingres. La draperie de la Vierge, d’un bleu éclatant, aurait coûté 1,400 livres d’outre-mer. La même année, il peignit pour l’église Saint-Jacques, à Anvers, un tableau représentant : L’ Empereur Constantui en adoration devant la vraie croix que lui présente sa mère. Ici encore l’artiste se signale comme un peintre fort sérieux et dont il est permis de regretter que les œuvres offertes à notre étude ne soient pas plus nombreuses.

Outre son activité artistique, Coebergher attacha son nom â l’institution des Vlonts-de-Piété, établissements publics de prêts sur gages sans intérêt, et dont il lut nommé, par les archiducs, intendant général (i6i8). De même, il procéda à l’assèchement des Moeres, zone marécageuse de la Flandre occidentale, et à d’autres travaux d’irrigation, dont l’eftét fut bienfaisant pour la salubrité publique.

Comme antiquaire, Coebergher paraît avoir occupé une situation considérable. Peiresc le visita durant son séjour à Bruxelles en 1606, et rapporte que le « peintre excellent de Leurs Altesses Ro^^ales » projetait de mettre au jour quatre volumes concernant ce qu’il y avait de plus curieux dans le domaine de l’antiquité : architecture, peinture, iconographie des dieux, enlin la numismatique romaine. Ces ouvrages ne furent pas tous publiés. De Murr mentionne la Tractatus de pictura antiqua, Mantoue 1591, avec ce soustitre : « Il flgino, overo del flne délia pittura, dialogo del P. don Gregorio Cammanino, canonico Lateranese, nel quale si mostra quai sia l’imitatore

piu perfetto, o il Pittore, o il Poeta ». Deux autres volumes, restés manuscrits, appartiennent à la Bibliothèque de Bruxelles : Medaglie de Cobergher desigfiate a Mano ; l’autre : De Wensel Cobergher fi am in go, pittor ^ observatione de Medallie antiche de Julio César sino a Gallieno. Ce dernier serait une copie de main italienne. Il porte la date de 1598.

Coebergher est l’auteur d’une gravure au burin datée de 1586 et portant les initiales : W. C. I. E. F. Simplement exécutée au trait, cette estampe représente la Vierge assise, vue de profil, dans une chambre, a)"ant sur ses genoux l’enfant Jésus tenant un oiseau attaché à un lil. Au fond, une porte. L’aspect de l’œuvre ultra-classique ferait croire à un travail moderne de 1830.

Coebergher transmit à ses tils le titre de seigneur de Saint-Antoine et de Groenlandt, de conseiller et premier architecte de Sa Majesté et de Leurs Altesses Sérénissimes. Vau Dyck nous a laissé son portrait, gravé par L. Vorsterman. Le pehitre est donné comme préfet général des Monts-de-Piété et comme « peintre de l’archiduc ».

Peiresc et Coebergher , par .T. Van den (iheyn, S. J. Anvers, 1905, et les autres titres.

COELEMANS (Jacobus), graveur flamand, né à Anvers le 23 août 1654 (pas 1670), mort à Aix en Provence, d’après Mariette le 3 juin 1731, d’après Parrocel le ii février 1732, d’après d’autres en 1735. Il fut inscrit dans la « Lucas Gilde » à Anvers en 1672-1673 comme élève de Frédéric, de J. Bonttats, et doit (d’après Mariette) avoir étudié aussi chez Vermeulen. Fn 1680, il devint membre de la Société des Jeunes Compagnons à Anvers. Eu 1690, il se rendit à Aix en Provence, où il passa le reste de sa vie. li ht de nombreuses reproductions en gravure. Son chef-d’œuvre est le Recueil des plus beaux tableaux du Cabinet de Messire Jean-Baptiste Boyer, seigneur d’Aguilles, Aix lyoç (2 1744), dont cent dix-huit feuilles gravées en

grande partie par lui, tandis que les autres furent gravées par Sébastien Barras. Un inventaire de ses œuvres par Heller Andresen. Coelemans a gravé son pro])re portrait d’a]mès C. Bouys. Il se trouve dans quelques exem- ])laires de la « General Gallerie Werks ».

Les Liggercn. — Kombouts et Van Lerius, JL — Mariette. — Heinecken, Dictionnaire des Artistes. — Imnieiv.eel. — Cheiievières de Pointel, Recherches sur quelques peintres de Provence. — Le Liane. — Linni», etc.

COENE (Henri [Jean-Henri] DE), peintre de genre, né à Nederbrakel ( h'hmdre) en 1798,111014 à Bruxelles le 25 avril 1866. Pendant son séjour à Bruxelles, il fut élève de David et un de ses meilleurs élèves. Il devint célébré comme iicintre de scènes de famille, obtint une chaire de prolesseur a l’Académie de Bruxelles et forma un grand nombre d’élèves. Ses œaivres connues sont ; Le Wnidrtdi et Continent tu ignores le sacrement de mariage f D’autres ouvrages de lui sont au Musée d’Amsterdam ( Rijck’s Muséum, 11° 704; ; Nouvelles du marché (i'62y}\ à Bruxelles, au Musée moderne, 11° 92 :

La Dentellière et d’autres. La plupart des œuvres de Coeue ont été multipliées par la lithographie.

Raczynski, Die yieuc dculsche Kunst, 1841. — Immerzeel. — Singer, Kunstlerlcx — Chronique des arts, 1866.

COENE (Constantin-Fidèle), peintre et dessinateur belge, né à Vilvorde (Brabant) en décembre 1780, mort à Bruxelles le 20 août 1841. D’abord élève de F. Faber, il vint en 1800 à Amsterdam, chez Barbiers, et retourna en 1802 à Bruxelles. Il s’5^ perfectionna à l’Académie et devint professeur en 1820. Il obtint son principal succès en 1808 au Salon de Gand avec le tableau : Rubens recevant l’accolade de Chevalier de Charles L’' (actuellement au Musée de Gand). En 1815, il peignit la Bataille de Waterloo, qui fut achetée par le prince de Galles, depuis roi Georges IV. Le domaine principal de Coene fut cependant le genre familial, par exemple : Une famille devant la porte de sortie (au Musée de Harlem). Au R}'ck’s Muséum, à Amsterdam, se trouve de lui une vue de Bruxelles : La Porte de Hal (1827). Coene a aussi fait des eaux-fortes, des gravures et lithographies. Eau-forte : Le Repos (de Coen, 1800). Lithographie : une série de dessins de Costumes des environs de Bruxelles, Guillaume P’’ jure de venger la mort du comte de Horn. (de K. Sand), Meurtre de Kotzebue, etc.

Immerzeel, Levons en Wcrkcn. Amsterdam, 1849. — C.-H. Balkema. Biographie des peintres flamands et hollandais. Gand, 1844. — Hippert et Linnig.

COENE (Jean-Henri), Henri DE COENE, peintre de genre belge, né à Nederbrakel (en Flandre) en 1798, mort à Bruxelles en i866. Elève de David pendant le séjour du peintre à Bruxelles, il fut ensuite disciple de Jos. Paelinck, un des meilleurs artistes formés à l’école du maître français. Henri De Coene, cependant, se fit connaître surtout comme peintre de sujets familiers, relevés d’une pointe d’humour. Sa réputation gagne même la France, où on le surnomme « le spirituel peintre belge ». Son œnivre la mieux comme est le Vendredi, où des paysans enfreignent la loi du jeune, quand le curé du village entre! Une autre composition : Comment tu ignores le sacrement de mariage? Paroles adressées par le curé au paysan qui vient, avec sa servante, lui demander de publier ses bans. Ces œuvres et d’autres eurent les honneurs de la lithographie. De Coene devint professeur à l’Académie de Bruxelles et eut un atelier d’élèves très suivi. Il était Chevalier des Ordres de Léopold et de la Légion d’honneur. Sa touche méticuleuse lui valut surtout des sujets bourgeois.

Henri De Coene (1833) • du Po/it-A^euf à Paris, sour'cnir de la Révolution de juillet (la statue de Henri IV tenant un drapeau tricolore). — Cabinet du secrétaire généralau Département des finances à Bruxelles (1891).

CO L LA E RT (Marie), par son mariage Madame Henrotin, née à Bruxelles le 6 décembre 1842. D’une famille distinguée, elle fut jeune en

contact avec de nombreux artistes, et séjournant à la campagne une partie de l’année, se vit, comme d’instinct, entraînée à en traduire le charme, avec l’indépendance de vision d’une véritable artiste. Les conseils d’Alfred Verwée et ceux d’Arthur Stevens, le frère de Joseph et d’Alfred, la maintinrent dans les voies de franchise et d’individualité. Ses débuts datent de 1863. La Vache blanche en prairie^ Le Tondeur de moiitons (1864), La Fille de ferme (1865), Paysan ramenant un cochon, La Vache grise (1866), Printemps (1867), Le Fournil, effet de givre (1869), disent assez nettement ses tendances réalistes. Ce dernier tableau devint la propriété du roi des Belges. Désormais admise parmi les personnalités marquantes de son école, l’artiste connut de fort enviables succès. Médaille au Salon de Paris (1878), croix de Chevalier de l’Orrlre de Léopold (1880), elle vit ses œuvres admises dans les iNIusées de Bruxelles : Un Verger en Flandre, et d’Anvers : Entrée d’une ferme-château en Brabant (1894); enfin elle vit s’ouvrir devant elle les plus riches galeries : Van Praet, Crabbe, Gambart, Petit. Demeurée fidèle à sa conception primitive de la nature, M™"-' Collart procède d’un pinceau précis, ferme et consciencieux, cherchant plutôt le style que l’éclat de la couleur. On peut dire qu’elle tient le milieu entre Verwée et Hippol. Boulanger. Son coloris un peu terne, donne à ses œuvres, rarement de grandeur plus que moyenne, l’eltet de tableaux anciens, à quoi concourt aussi leur accent de vérité, se traduisant par la ligne très probe des couleurs.

L'Art hdgc au AVA^ siècle, par Henri Hymans. Leipzig, 1906, p. 148.

COLLÜM (Richard), dessinateur et graveur flamand, né à Luxembourg e]i 1627, mort à Bruxelles en 1697. Il doit avoir été en Italie, où il a connu Sandrart (1650-1651). Il fut maître à Anvers en 1660-1661, 1662-1663, 1665-1666 et 1668-1669. Il mentionna des élèves. Le 5 septembre 1678, Charles II d’Espagne le nomma graveur de la Cour. Le 29 mai 16S7, il ht don d’une gravure à la ville de Bruxelles : portrait du gouverneur, marquis de Gastanaga (inconnu). De ses nombreuses gravures, nous citons les suivantes : portrait de l’archevêque irlandais Olivier Plunkes (mort en 1681), signé ; 1\. Collin, C.-R., Sculpsit, Bruxelles; portraits de Murillo (1682), Sandrart, Xic. Omaziu ino, du gouverneur F. de Moura y Cortereal (d’après Duchâtel), ainsi que jilusieurs portraits dans le Gulden Cabinet de De Bie. 11 grava aussi quelques feuilles, d’ajnès Rubens, par exemple : Estlier devant Assuérus. Nouvelles illustrations pour l’Académie allemande de Staudrart, ensuite la ])lus grande partie des septante et une plaques dans Sculptura velcris admiranda, de Standrard (Nuremberg, 1680), et les Illustra, des feuilles de titres de nombreux livres parus à .Anvers du temps de Collin. On crjuserve dans la collection Albertine à ^henne, un portrait de Collin qui doit avoir appartenu ;i Standrart ; il existe aussi une gravure, portrait de (’ollin, de la main de P. Clomvet.

Rnmliouls e( V:in Leiius, Les I^igga en . — Ilubcruml Rosi, IIa)iJbuch , 1802. —

I mniei zccl . — Le l’.lanc. — Pinchait. — Lmile ’lasset, — Wurzbach.

COGET (Antoine), non COCHET, ni COUCHET (Joseph- Antoine), graveur, ne à Anvers (?) le 28 mars 1630, mort en 1678. Nous n’avons sur ce maître que sa signature au bas de ses estampes. D’après Rubens : Le Christ au Jardin des Olives : « Jésus positus genibus, etc. » Catalogue ( Voorhelm Schneevoogt, n° 238, p. 39); Le Temps qui couronne le Travail et punit l'Oisiveté : « Tempus »(V. H., n° 80, p. 146); portrait du pape Marcel II, d’après Pierre de Iode (Theatrum Pontipicum)-, portrait de David Beck (Gulden Cabinet de De Bie); Jeux d’enfants, d’après Jean Papels, trente et une pièces; Crepundia moralisata.

Verachter et Terbruggen, Histoire de la gravure à Anvers, 1874-1875.

Trouvé après décès.

COOMANS (Pierre-Olivier=Joseph), peintre, graveur et lithographe, né à Bruxelles en 1816, mort à Boulogne-sur-Seine en 1890. Fut élève de VauHanselaere et de N. Dekeyser. A créé de très grandes peintures : Ossian et Malviua (1836); Saint Pierre, plus grand que nature (4836); Le Déluge, dans le goût de John Martin ('1839); Prise de Jérusalem (1841) (au roi des Belges). Plus tard, il s’est adonné à un genre de compositions tirées des scènes familières de l’antiquité, dans la manière d’Hamon, le peintre français. Ces œuvres, reproduites en gravure, acquirent une certaine popularité. En 1836, Coomans a illustré d’eaux-fortes V Histoire de Belgique, de son frère Joseph. Il y a cinquante-deux planches, parmi lesquelles quelques portraits, dont celui de Rubens.

Trouvé après décès.

COOSEMANS (Joseph-Théodore), peintre paysagiste, né à Bruxelles en 1828, décédé à Schaerbeek ( Bruxelles) le 24 septembre 1904. 11 entra tard dans la carrière artistique, avarnt exercé à Tervueren (village brabançon) divers emplois et, hnalement, dirigé une entreprise de messageries sur Bruxelles, ivntraîné par l’exemple des nombreux artistes que chaque année ramenait au milieu pittoresque où il avait sa résidence, il ne tardait pas à devenir, à la suite de Hippolyte Boulanger, Alfred Verwée et quelques autres, un des membres en vue de l’école dite de « Tervueren », groupe impressionniste qui contribua puissamment à la rénovation du paysage eu Belgique. Les premières œuvres de Coosemans datent de 1864. Successivement à Paris, à Fontainebleau, à Barbizon, il aflirma sa personualité et connut d’honorables succès. De retour en Belgique (1876), il se lixa d’abord à Louvain, dont les environs pittoresques fournirent à son pinceau d’heureux points de vue, mais ce fut surtout à Genck, dans la Campine limbourgeoise, que se forma son st5de. Coosemans est un peintre vigoureux, techniquement très maître de son pinceau, excellent dans le choix des motifs. Sa vogue fut donc sérieuse et ses œnivres trouvèrent leur place dans les galeries royales comme dans tous les musées de la Belgique : Bruxelles, Anvers, Gand, Liège, Louvain, Termonde, etc. Appelé en 1887 aux fonctions de professeur

de paysage à l'Institut supérieur des Beaux-Arts, il exerçait à Anvers un professorat suivi et fécond.

Frappé d’apoplexie en 1893, il continua néanmoins ses cours jusqu’à la fin de sa vie. Au mois de novembre 1905, une exposition générale de l’œuvre de l’artiste eut lieu à Bruxelles par les soins du Cercle artistique et littéraire. Elle comprenait plus de deux cents œuvres. Un portrait du peintre figure eu tête du catalogue. Coosemans était Officier de l’Ordre de Léopold.

De Taeye, Les artistes belges contemporains (avec portrait). — Exposition de Joseph- Théodore Coosematis (préface de Ch. Tardieu), 1905.

CORR (Fanny-lsabelie-Marie-Françoise), peiutresse, née à Bruxelles en 1814, morte dans la même ville en 1883. Élève de F. -J. Navez, elle se signala comme peintre d’histoire, de genre et de portraits, dans un genre féminin très prononcé. Elle remporta des succès que cette manière édulcorée devait lui valoir auprès de la société élégante. Tous ses sujets représentent des femmes et des jeunes filles. Son œuvre la plus connue est la Châtelaine de Crèvecæur (1836), illustrant une légende des bords de la Meuse. Ce fut en cette année qu’elle épousa le statuaire Guillaume Geefs et donna cet exemple d’amour conjugal d’expirer le même jour que son époux. Comme aquafortiste, elle a gravé en 1841 une pièce : La Diseuse de bonne aventure (De Waerzegster), estampe insérée dans la revue De Noordstar .

Trouvé après décès.

CORR (É rin), graveur, né à Bruxelles le mai 1805, mort à Paris en septembre 1862. Issu de parents irlandais réfugiés en Belgique en 1798 à la suite d’un mouvement contre l’Angleterre, Érin Corr fit ses études classiques au collège irlandais de Paris et, de retour dans son pa^’s natal, y fut l’élève de De Meulemeester, graveur brugeois, professeur à l’Académie d’Anvers. A Paris, il travailla sous Wedgwood et sous Fôrster et fit sous lui de grands progrès. Rentré en Belgique en 1830, il prit part à la révolution, et, en 1832, De Meulemeester s’étant retiré, devint son successeur. A l’Académie d’Anvers, sans être un artiste de premier rang, il fut un excellent professeur et tonna des élèves distingués dont J. Bal, Verswyvel, Micbiels. Il a gravé la Statue du général Belliard, d’après Geefs; le Monument de la place des Martyrs a Bruxelles, d’après le même; le Monument de Madame Malibr an, d’après le même; la Statue de Rubens, d’après le même; le Portrait du roi Léopold P>’, d’après Wappers (médaille à Paris en 1843); le Portrait de la reine Louise, d’après Ary Sheffer; de X Archevêque Sterckx, d’après Cels; le Christ en Croix, d’après Van Dyck (Musée d’Anvers); la Descente de Croix, d’après Rubens (très grand in-folio); X Erection de la Croix, d’après le même. Cette œuvre, inachevée à la mort du maître, fut plus tard terminée par Joseph Franck. C’est en allant la faire imprimer à Paris que le graveur trouva la mort. Le nombre total des œuvres de Coor s’élève à vingt-cinq. Voir leur nomenclature dans X Antiuaire de V Académie royale de Belgique (le 1865, page 152. Nous avons cité les principales.

Immerzeel, 1842. — Kranim, 1864. — Bulletin de l' Académie royale des beaux-arts de Belgique, 1865-1869. — Erin Corr.

CRÉPI N (Louis-Joseph-Désiré), sculpteur et peintre, né à Fives (France) le 24 février 1828, mort à Etterbeek (Bruxelles) le 17 juillet 1887. Venu jeune en Belgique, il fut élève de l’Académie de Bruxelles et s’y adonna à la sculpture. Vers 1860, il s’essaya à la peinture du paysage, non sans succès. Ses œuvres, d’une belle coloration, représentent des vues des environs de Bruxelles, parfois des aspects d’anciens quartiers maritimes, aujourd’hui disparus, et dont la naïveté n’est pas exempte de charme. Ces peintures rappellent les œuvres de E. Boudin. Elles tirent oublier le sculpteur. On en vit plusieurs à l’Exposition rétrospective de Bruxelles de 1905 : Vue de Hal, Canal à Bruxelles^ Le Canal au Marly.

Sources personnelles.

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