ÉGLISE SAINT-JACQUES, A ANVERS
Dans la chapelle de Samt-Roch sont plusieurs tableaux dont les sujets représentent la vie de Samt Roch peints par Jea7i Hemmeling dit-on.
Il y en a douze sur une architecture; au milieu d’une colonne se trouve la date de 1517 et sur le pied est comme gravé dans la pierre A L D c G.
Dans un des tableaux où le saint distribue des aumônes, une femme a son enfant qui repose sur sa tête, comme dans le tableau de Charles le Bon.
B A LJ G N 1 E T (Charles). Le gracieux peintre dont la mort est venue si soudainement enlever à l’école belge un représentant des plus sympathiques, appartenait, moins par son âge que par la nature et la précocité de ses travaux, à une génération presque disparue.
Lui-même se plaisait à raconter que, plus d’une fois, il avait vu ses tableaux attribués à un second Baugniet, fils du dessinateur dont la réputation, déjà lointaine, avait conquis à ce fils non existant une première notoriété! (Baugniet n’a pas eu d’enfants.)
De fait, bien qu’il se fût, il y a de cela un demi-siècle, essayé une seule fois au maniement du pinceau, Baugniet le dessinateur ne trahissait avec Baugniet le peintre d’autre communauté d’origine que l’expérience d’une longue pratique mise tout entière au service du second par le premier.
L’étude de la forme, du geste, de l’expression, renouvelée avec celle du clair-obscur, en des milliers de portraits, comment douter de son importance pour aplanir la voie vers les succès picturaux? Baugniet, dont les études s’étaient faites chez Paelinck, datait comme artiste de 1833. B avait alors 20 ans, et ses coups d’essai furent presque des coups de maître.
Sa galerie de portraits des membres de la Chambre des Représentants, commencée en 1835, dénote déjà une sûreté d’opération qu’il devait à peine surpasser par la suite.
Dès l’année 1840, en même temps que Wappers recevait le titre de peintre, Guillaume Geefs, celui de sculpteur du Roi, Baugniet se voyait honoré — à 26 ans — du titre de dessinateur du Roi, et les portraits qu’il fit de notre premier souverain sont encore les images les plus populaires du fondateur de la dynastie. Tirés d’ailleurs à un nombre immense d’exemplaires, ils servirent de types à des gravures exécutées notamment en Angleterre par des burins célèbres.
La Reine, nos princes, et ceux de la maison de Saxe, furent également retracés par le crayon de l’artiste. Le Roi actuel n’avait pas plus de 5 ans que, déjà, l’habile dessinateur donnait au pays l’image de l’héritier du trône.
Bien que par toute l’Europe la lithographie fût alors en pleine vogue, la réputation de Baugniet n’avait point tardé à se répandre au loin. Son recueil des Portraits d’artistes contemporains : peintres, sculpteurs, musiciens, commencé dès l’année 1836, et dont il avait réuni les éléments en France, en Belgique, en Hollande, suffit à expliquer le fait. En 1841 vint la suite, non moins appréciée, des Musiciens belges.
Si de quelque façon ces œuvres nous reportent vers l’époque romantique, c’est plus encore par les modèles que par le peintre. Baugniet fut toujours aux
antipodes de la fantaisie qui caractérise certaines planches, d’ailleurs charmantes, de l’école française d’alors et qui trouvent en Dévéria leur type le plus accompli. Habile à trouver l’attitude la mieux appropriée au rang et à la physionomie de son modèle, par instinct, autant que par éducation, il savait se renfermer dans les limites naturellement assignées à son œuvre par le respect de la vérité.
Nous nous trompons fort, ou ce fut une des causes principales du succès réservé à ses œuvres, lorsque, bientôt, il vint se produire sur un des plus vastes théâtres du monde et y jouer un rôle que la modération de ses goûts lui avait peut-être à peine fait entrevoir.
Précédé d’une haute notoriété et recommandé par le roi Léopold, il arrivait à Londres en 1843 presque d’emblée, s’y trouvait le portraitiste à la mode. Le prince Albert fut au nombre de ses premiers modèles et c’est en foule que se succédèrent chez lui les personnages marquants.
Grâce à la collection donnée jadis par le fécond dessinateur au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque ro}^ale, on peut reconstituer cette période exceptionnellement active et brillante de sa carrière. En thèse générale, il est permis de dire que toutes les notoriétés de la politique, de la religion, des sciences, des lettres posèrent devant Baugniet. Point d’artiste de passage, point de guerrier illustre, point de jouissance déchue, point de femme célèbre par sa beauté, ou aspirant à l’être, point de phénomène qui ne vint demander au crayon de l’artiste une part de notoriété.
Octave Delpierre, dans une lettre au Messager des Sciences de 1844, parle de la vogue de Baugniet et met sous les yeux du lecteur des vers d’Alfred Forrester, mieux connu sous le pseudonyme de Crowquill, où l’humoristique écrivain compare notre compatriote à Deucalion, donnant la vie aux pierres.
Les années s’écoulèrent ainsi, ajoutant au renom du dessinateur, dont les apparitions en Belgique et en France venaient, en quelque sorte, régulièrement grossir l’œuvre de portraits impatiemment attendus.
Ce fut pendant un de ses passages à Bruxelles, en 1856, que, presque par hasard, Baugniet donna naissance â son premier tableau. L’heure était peu propice à la lithographie, La photographie empiétait de plus en plus sur son domaine, et le public, dans ses illusions qu’il n’a point tout à fait abandonnées, allait jusqu’à croire que la forme de ressemblance qu’il pouvait attendre d’elle, constituait un progrès.
Elles sont fort curieuses â étudier, les dernières planches de Baugniet, considérées au point de vue de cette inlluence. Brillantes d’effet, comme toujours, elles trahissent, par des oppositions plus vives que de besoin et par l’accentuation du détail, une sorte d’ambition à lutter avec l’objectif.
Les premières peintures du maître avaient trouvé une faveur très suffisante pour l’encourager. Le prince de Galles fut au nombre de ses premiers patrons; bref, le crayon, abandonné un moment par fantaisie, le fut bientôt pour toujours.
Au surplus, comme le disait l’imprimeur de Londres dont l’artiste avait
quinze années durant alimenté les presses, ce ne fut point Baugniet qui abandonna la lithographie, mais la lithographie qui lui fut infidèle.
La peinture lui réservait d’amples compensations, d’autant plus qu’il sut, avec une rare entente, mesurer précisément sou genre à l’étendue de ses moyens. Baugniet, en prenant le pinceau, n’eut garde de se faire portraitiste. Il entendait bien désormais laisser le champ libre à sa fantaisie, et le genre qu’il adopta pouvait suffir à prouver les ressources de son talent de même que l’accueil que l’on fit à ses peintures ne pouvait laisser aucun doute sur son aptitude à réaliser le programme qu’il s’était tracé. Devenu l’un des représentants notables du genre gracieux, revêtant en tout le nouvel homme, Baugniet s’en fut prendre résidence à Paris où il devait le mieux trouver à portée les élégances mondaines si largement réclamées par les sujets de son choix. Bien qu’il n’y ait pas moins de précision dans ses peintures que dans ses dessins, l’on en vient à se demander comment Baugniet, a5^ant toujours vu et compris les colorations, avait pu se résoudre pendant vingt années à en faire abstraction et s’il faut lui appliquer ce mot d’un peintre ancien, qu’il avait tout retenu pour le rendre au moment favorable.
Quoi qu’il en soit, bien qu’il ne prodiguât point ses œuvres et savait à merveille que, pour les faire durables, il fallait qu’elles fussent consciencieusement élaborées, Baugniet fut un peintre fécond et le nombre des toiles qu’il produisit pendant les trente années de sa vie doit être extrêmement considérable.
En 1870, pendant la guerre, il passa quelques mois en Belgique, et lorsqu’il reprit le chemin de la France, malgré le charme du séjour qu’il allait retrouver à Sèvres, ce ne fut pas sans un serrement de cœ*ur qu’il s’éloigna du pays. D’année en année le souvenir des choses lointaines s’emparait plus puissamment de son être et lorsque, enfin, à peine remis d’une grave indisposition, il nous quitta pendant l’hiver de 1885, ce fut en disant « à bientôt ». Il comptait sur l’air natal pour achever sa guérison. Au printemps ses préparatifs étaient faits; le jour même du retour était fixé, mais si, comme l’espérait notre ami, sa dépouille repose en Belgique, il n’y revint point vivant. Le 5 juillet il s’éteignait à Sèvres, après quelques jours de souftrance.
Né en 1814, il venait d’accomplir sa soixante-douxième année.
L’absence n’avait, en aucune sorte, affaibli les liens affectueux qui unissaient le peintre à ses compatriotes. Le charme de sou esprit, la bonté de son cœur, la variété de ses connaissances rendaient son commerce des plus agréables et l’on peut dire de lui, sans qu’aucune banalité s’attache à l’expression, qu’il ne comptait que des amis.
Envisagé comme dessinateur, sa place est des plus considérables, autant à cause du mérite de ses productions que par l’intérêt qui s’attache à des œuvres où revit tout une époque de l’histoire nationale. Comme peintre, enfin, Baugniet a dignement porté à l’étranger le nom belge. Très recherchées des marchands, ses toiles se sont rapidement répandues dans le monde entier et, il y a peu de mois encore, la maison Goupil confiait, pour les graver, deux tableaux de notre compatriote au célèbre graveur Variu. Au Salon
d’Anvers de 1885, l’un des premiers achats de la Commission fut le Cendrillon de Baugniet et il sera à peine besoin de rappeler qu’une œuvre considérable de l’artiste figure au Musée de l’État belge.
Journal des Beaux-Arts, 28® année, Bruxelles, 31 juillet 1886.
En 1596, Raphaël COXCIE, de Malines, et Gisbert van Veen reçoivent 333 livres « assovoir 254 livres 10 sols audict Raphaël Coxcie, si comme les 240 livres pour quatre pinctures qu’il avait faict à l’ordonnance de Sa Majesté (Philippe II), des représentations de la personne d’icelle, de feues ses bonnes compaignes dames Isabella et filles de France et d’Austrice, et sa fille dame Isabella-Claria-Eugenia, l’infante d’Espaigne; item 5 livres pour livrer les toiles des dicts painctures, et 4 livres 10 sols pour la casse de bois pour transporterjicelles painctures et les restans 78 livres audict Gisterct van Veen, pour avoir pourtraict la personne de mondit Seigneur le Cardinal (l’archiduc Albert) en sa grandeur, compris 3 livres dicte monnoie pour la castode de fer blancq, avec le baston sur lequel ladicte paincture estoit enrobée et encloze en icelle custode, lesquelles painctures avoieut esté envoyées en la ville de Namur à Messire Joost Henrich van Witzleben, visconte de Uppergeim, du Conseil du duc Frédéricq-Guillaume de Saxe, administrateur de l’Électorat, pour les y présenter de la part de Sa Majesté ».
Archives du Nord, B. 2758, t. V, p. 353 (2« col.) et 354 (ir® col). — Alfred Finot, Annales du Comité flanïand de France, t. XIX, 1891, pp. 203-204.
Deux ans plus tard les mêmes peintres obtiennent 142 livres pour peindre les reines Marie de Portugal et Marie Tudor, également pour Frédéric- Guillaume de Saxe.
Ibid., p. 204.
K. D. KAUNINCK (Chrétien DE CON I NCK) (’). — M. Hymans a signalé dernièrement dans la Chrotiique des Arts, numéro du 28 février 1903, une toile du Musée de Cologne représentant des Chasseurs forçant tin cerf, signée K. D. Keuninck, cette signature a été lue sur un tableau de M. Brockhaus, à Leipzig; un autre tableau, L’Ancre et Tobie, du Musée de Fribourg, la porte aussi; enfin un Incendie de Troye, que possède notre Musée de Courtrai, offre encore ce nom.
La découverte de ce nom a fait couler aussitôt pas mal d’encre.
(') Voir DE Kauninck dans le volume 111, p. 768.
K. D. Kauninck serait en réalité Crestian ou Kristian de Coninck, qui figure dans les Liggeren dé la Gilde Saint- Luc avec cette mention ; « Schilder van Cortryk » ; le changement de C en K n’est pas rare.
Les Liggereii. — De même nous trouvons par exemple le nom du peintre anversois de Coster qui est souvent écrit dans les documents : Ceuster. On ne pourrait donc douter que K. D. Kenninck et Kerstien (Chrétien) De Koninck soient la même personne.
Chrétien de Koninck, natif de Courtrai, fut reçu franc-maître de la Gilde de Saint-Luc d’Anvers en 1580, époque à laquelle travaille à Anvers le paysagiste Hans Bol, dont l’évidence paraît si évidente dans les petits paysages des Musées de Gand et de Cologne. Les Liggeren mentionnent notre Chrétien en 1585-1586, en 1589, en 1599 et en 1629-1630, et nous disent que sa femme mourut en 1632 ou 1633.
La galerie impériale de Vienne possède (11° 903) un assez grand paysage d’un faire plus large. On y remarque de fortes ressemblances avec les œuvres de Paul Bril et de Josse Momper d’Anvers. On ne saurait dire si ce tableau est du fils, qui s’y révélerait comme paysagiste de talent.
Chronique des Arts, 1903, p. 96.
Gustave Gluck.
SLODTZ (Antoine-Sébastien), sculpteur anversois, dessinateur de la Chambre et du Cabinet du Roi, mourut au vieux Louvre, le mercredi 26 décembre 1754, à 8 heures du soir.
Le plus célèbre des Slodtz, René-Michel, à qui ses camarades donnèrent le nom de Michel-Ange. Il étudia sérieusement à Rome en 1747 et se prépara à venir lutter à Paris avec les hommes de talent qui ii’y étaient pas rares. L’Académie des Arcades le reçut le 5 décembre 1743. 11 avait 38 ans. Le roi de France lui donna (20 juillet 1755) une pension de 600 livres, portée à 800 le 25 août 1762. Le 31 décembre 1758, il eut le brevet de dessinateur de la Chambre et du Cabinet.