‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 102 sur 524 · COMBIEN DE CONTRACTANTS · texte numérisé non relu

COMBIEN DE CONTRACTANTS

Entre combien de personnes ce contrat doitil subsister .î-la'dois? En d'autres termes, doiton tolérer la polygamie. La polygamie est simple ou double. La simple est ou pmygyniey multiplicité d'épouses, ou polyandrie y multiplicité d’emoux.

La polygynie est-elle utile ou nuisible ? Tout ce qu'on a jamais pu dire en sa faveur se rapporte à certains cas particuliers , à certaines circonstances passagères, lorsqu’un homme, par les maladies de sa femme, serait privé des douceurs du mariage, ou lorsque, par sa profession, il serait obligé de diviser son temps entre deux demeures, comme un patron de vaisseau, etc.

Qu’un tel arrangement fût quelquefois convenable à l'homme, cela se peut; mais il ne le serait jamais aux femmes. Pour chaque homme favorisé, il y aurait toujours deux femmes dont les intérêts seraient sacrifies.

1* L'effet d'une telle licence serait d’aggraver riné-galitc des conditions. La supériorité de richesses n'a dfjà que trop d’ascendant, et cette institution lui en donnerait davantage. Tel riche, traitant avec une fille sans fortune, se prévaudrait de sa position pour se ménager le droit deluidoniicrune rivale. Chacune de ses femmes SC trouverait réduite à la moitié d’un époux, tandis qu’elle aurait pu faire le bonheur de tel homme qui, en conséquence de cet arrangement inique, est privé d’une compagne.

a* Que devienorait la paix des familles? Les jalousies des épouses rivales se propageraient parmi leurs enfants. Ils formeraient deux partis opposés, deux petites armées, ayant chacune à leur tète une protectrice également puissante,

au moins par ses droits; (piclle scène de contentions! (luel achamemeiu! quelle animosité! De raffaibiissement des nœuds fraternels résulterait un affaiblissement pareil dans le respect filial. Chaque fils verrait dans son père le protecteur de son ennemi. Tous scs actes de hoiité ou de sévérité, interprétés par des préventions opposées, seraient atûribués à des sentiments injustes de faveur ou de haine. L'éducation de la jeunesse serait ruinée au milieu de ces passions hostiles, sous un système de faveur ou d’oppression qui corromprait les uns par la rigueur et les autres par l’indulgence. Dans les mœurs orientales, la polygamie subsiste avec la paix; mais l’esclavage prévient la discorde : uu abus en pallie un autre ; tout est tranquille sous le même joug.

Il en résulterait pour le mari un accroisscment d’autorité. Quel empressement à le satisfaire! Quel plaisir de devancer sa rivale dans un acte qui doit plaire à l’époux! Serait-ce un mal ou un bien?Ceux qui par une basse opinion des femmes s’imaginent qu'elles ne sauraient être trop souini.scs, doivent trouver la p^lygy** nie admirable. Ceux qui pensent que l’ascendant de ce sexe est favorable à radoucissement des mœurs, qu'il augmente tous les plaisirs de la société, que l’autorité douce et persuasive des femmes est salutaire dans la famille, doivent trouver celte institution très-mauvaise.

Il n'est pas besoin du discuter sérieusement la polyandrie ni la polygamie double. On aurait même trop dit sur le premier point, s'il n’était bon de montrer les vérital)|es bases sur lescpicllcs les mœurs sont assises.

l>i: MARl.UiF.

SKCTION VII

AVKC gtELU:s FOU.>Ur.lTK'^?

Ia:s formalités de ce contrat doivent se larv porter à deux oItjetA : i* OmsUtcr le fait du consentement libre des deux parties et d(> la lé{*itiinité de leur union, NoliHer et coiista> ter la célébration du maria^’e pour ravenir. Il faut de plus exposer aux deux parties cuntrac> tantes les droits <pi’elles vont aetpufrir, elles «ddif^alions dont elles vont se charger d’après la bd.

La plupart des petipie-s ont mis une grande solennité à cet acte, et il n'est pas douteux que des cérémonies qui frappent i imagination ne servent à imprimer dans l'cspril la force et la dignité <lu contrat.

En Écosse, la loi, beaucoup trop facile, n'exige aucune formalité. Il suffit, pour rendre un mariage valide, d'une déclaraLion récipro- <]ue de rhütnmc et de la femme , en présence U un témoin. Aussi est-ce sur la frontière d'Ecosse, dans un village nommé Ortitui-Gn'en, que les mineurs d’Angleterre, impatients du

joug, vont s'émanciper par un hymen impromptu.

En instituant ces formes, il faut évili^ deux dangers : l* Celui de le» rendre assez cmharrassautes pour empêcher un mariage lorsqu'il ne manque ni liberté de conscatemeut, iit connaissance de cause, a* Celui de donner aux personnes qui doivent concourir à ces formalités le pouvtdr d’abuser de ce droit, et de s’en servir à quelque mauvaise fin.

Dans pltiMCurs pays, il faut s'ennuyer longtemps dans le vestibule du temple avant d’arriver à l’autel. Sous le ticre de Jxancésy on porte les chaînes de cet engagement sans en avoir les avanta{;es. A quoi sert ce hors-d’muvre, qu'à multiplier les embarras et à tendre des pièges? I4.' code Frédéric e.st bien charge à cet égard de contraintes inutiles. Le droit angolais, au contraire, a embrassé, |>our cette fuis, le parti de la simplicité et de la clarté. On sait à quoi s’eu teuir. Ou est marié ou 011 ue Test pas.

PRINCIPES

Dü CODE PENAL.

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