‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 110 sur 524 · DU MAL DU PREMIER ORDRE · texte numérisé non relu

DU MAL DU PREMIER ORDRE

On peut évaluer le mal du premier ordre résultant d'un délit, d’après les rè(rlcs suivantes ;

I. Ia.‘mald'undélitcomplexe sera plus ^and fpie celui de chacun des délits simples dans lesquels il peut se résoudre. (Voy. Délits cornplexes f ch. 3. )

Un parjure dont TefFet serait de faire punir un innocent produirait plus de mal qu'un parjure qui ferait absoudre un accusé coupable du même délit. Dans le premier cas , c'est un délit privé combiné avec le délit public. Dans le second cas, c'est le délit public tout seul.

3. Le mal d’un délit demi-public ou public, uise propa(*e, sera nfut {p*aiid que celui d’un élit privé de même dénomination. — Il y a plus de mal à porter la peste dans tout un continent que dans telle petite île peu habitée et peu fréquentée.—Cest cette tendance à se propager qui fait l’énormité particulière de l’ineendic et de Tinundalion.

.3. Le mal d’un délit demi-public, on public, qui , au lieu de se multiplier , ne fait que sc répartir, sera moins grand que celui d'un délit

f>rivé de meme dénomination. — Ainsi, qnc u trésor d'une province soie volé, le mal du

f premier ordre sera moins grand que celui d’un arcin égalfaitàun individu. En voici la preuve. Veut-on faire cesser le mal que le particulier lésé a souffert, il n'y a qu’à lui accorder aux fniisdn public un dédommagement équivalent à sa perle ; mais voilà les choses ramem'cs au même point que si le vol , au lieu d’être fait à Pierre ou à Paul, avait été fait au public en droiture *.

Les délits contre la propriété sont les seuls susceptibles de rette répartition ; or, le mal qui en résulte est d’autant moindre qu'il se distribue sur un plus grand nombre, cl sur des individus plus riches.

4. Le mal total d’un délit est plus grand s’il en résulte un mal conséquentid portant sur le

• Quoique dans créas le nul du premier ordre sn>( m'tlus r.riind, il n’en est de m^nic du nul du srN.'fmJ ordiv. Mji.s

meme individu. — Si par less^.itcs d’un emprisonnement ou d’une blessure, vous avez niaiH|ué une {4ace , un mariage , une affaire lucrative , il est clair que ces pertes sont uuc addition à la masse du mal primitif.

5. XjC mal total d'un délit est plus grand s'il en résulte un mal dérivatif portant sur autrui. — Si , par les suites d'un tort qu'on vous a fait , votre femme ou vos enfants viennent a manquer du nécessaire, voilà une autre addition incontestable à la masse du mal primitif.

Outre ces règles, qui servent dans tous les cas à évaluer le mal du premier ordre , il faut tenir compte des aggravations, c'est-à-dire des circonstances particulières qui augmentent ce mal. On en verra une table complète. Voici les principales.

Le mal du délit au^pnenté par une portion extraordinaire de «Imileur physique qui u’esC pas de l’essence du délit. Surcroît de doulew physique.

I.e mal du délit augmenté par une circonstance qui au mal essentiel ajoute l’accessoire de la terreur. Surcmit de terreur.

Le mal du délit augmente par quelque c\r~ constanceextraordinaire d'ignominie. ÂurcToit (f opprobre.

Le mal du délit augmenté par la nature irré|>arable du dommage. Donnnuge irrvpurablc.

Le mal du délit augmenté j>ar une rintonstance qui indique de la part de l’individu lés4* un degré de sensibilité extraordinaire. .^011/francc aggravée.

Cca règles sont absolument nécessaires. H faut savoir évaluer le mal du premier ordre, parce qu’en raison de sa valeur aj»parente ou réelle, i’al.innc sera plus uti moins {paiide. mal du second ordre n'e.st que le reticl ilu mat du premier onlre qui se peint <lans Tima^pnalion de cbaeiin. Mais il y a d’autres circonstances qui nioddicnt l'alannc.

critr nbici ration trouvera bientôt m |«l.»rc.

DE LA MArVAISE FOI.

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