‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 198 sur 524 · lmpi»stures religieuses · texte numérisé non relu

lmpi»stures religieuses

Instructions sur les crimes commis à la faveur des superstitions sur le pouvoir et ta malice des agents spirituels. Ces crimes ne sont que trop nombreux ; mais c'est peu de chose en comparaison des persécutions légales qui ont pris naissance dans ces mêmes erreurs. Â peine y a-t-il une nation chrétienne qui n'ait à se reprocher de sanglantes tragédies occasionnées par cette croyance dans le sortilège. Les histoires de la première classe fourniraient un sujet très-instructif pour des homélies qu'on pourrait lire dans les égli.ses; mais pour celles de la seconde , il n’est pas besoin deleur donner une triste publicité. Les suffrages de tant de juges respectal)les et intègres qui ont été misérablement les dupes de cette superstition seraient plus propres à confirmer le peuple dans son erreur qu'à le guérir. 11 serait à souhaiter qu’on pût se déban-asser de la sorcière d’Rndor. Je ne sais pas les maux que cette Canidie juive a

Su faire dans la Palestine, mais elle en a causé 'affreux dans toute l'Europe. Les plus sages théologiens ont fait de grandes objections contre cette histoire , prise dans son sens littéral et vulgaire *.

Les statuts anglais ont été les premiers qni aient eu riionueur de rejeter expressément du code pénal le prétendu crime de sortilège. Dans le code Thérèse, quoique rédigé en^ *77^ y *1 joue un rôle considérable.

Axt. vu. Publier les prix des marchandises contre f extorsion mercantile.

Si l'exaction d'un {»rix exorbitant ne peut pas êti'c convenablement traitée comme un délit et soumise à une peine, on peut du moins l'en-

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FACILITEn LA CONNAISSANCE

visa^rer comme un mal qu'il serait avanta{*eux de supprimer, si on le pouvait faire sans encou* rir de plus ^ands maux. Les peines directes n’ctant point admissibles, il faut se servir de moyens indirects. Heureusement c'est une espcce de délit dont le mal est diminue, bien loin d’etre au{pnenté, par le (p-and noml>re des dé<> linquants. Que peut faire la loi? augmenter ce nombre autant que possible. Tn tel article se vend-il très-cher, le proKt qu'on y fait est-il exorbitant, répandez cette information, les vendeurs vont accourir de toutes parts, et par le seul effet du concours le prix va baisser.

On peut ranger l'usure sous le chef de l’extorsion en matière de commerce. Prêter de l'ar* qent, c’est vendre de l’argent présent contre de 1 argent futur, dont le temps du paiement peut être déterminé ou indéterminé, dépendant de certains événements on non, la somme remboursable toute â-la-fuis nu par parties, etc. Défendez l usure : en rendant la transaction se* crête , vous augmentez le prix.

Art. VUI. Publication des droits des offices.

Il y a presque partout des droits annexés anx sers'ices des bureaux des gom*emements : ces droits sont une partie de la paie des employés. Comme un artisan vend sa main-d'eruvre, un officier public s’cnd son travail le plus cher possible. I.a coDcuirence, la facilité d’aller à un autre marché, retient cette disposition dans scs justes limites pour le travail ordinaire; mais par re'tablissemcnl d’un bureau, tonte concurrence est 6téc ; le droit de vendre celte espèce particulière de travail devient un monopole entre les mains de l’employé. Laissez le prix à la discrétion du vendeur, et il n’aura bientôt d’autres limites nue celles qui sont prescrites par les besoins de rachetenr. I.cs droits des bureaux doivent donc être déterminés exactement par la loi. Aiiireincnt, les extorsions qui peuvent avoir lieu doivent être moins imputées à la ra-

Iiacité de l’employé qu’à la négligence du légisateur.

Art. W. Publication des comptes où la nation est hitéressée.

Quand des comptes sont rendusdansun temps limité, devant un nombre limité d'auditeurs, et des auditeurs peut-être choisis ou influencés par le comptable Ini-inême, et que personne ensuiten'esl appelé à les contrôler, les plus grandes erreurs peuvent passer sans être apei'cues ou .sans être relevées. Mais quand les comptes sont publiés, il ne peut manquer ni de témoins, ni de commentateurs, ni déjugés.

Chaque item est examiné. Cet article était-il nécessaire? Naissait-il du besoin, ou l’a-t-on fait naître pour avoir un prétexte de dépense ? Le public n’csl-il pas servi plus chèrement que

les particuliers? N'a-t-on point donné de préférence à un entrepreneur aux dépens de rëtat? N’a-t-on point fait d avantage secret à un favori ? Ne lui a-l-on rien accordé sur de faux prétextes? N'a-t-on point eu recours à des manœuvres pour écarter des concurrents ?N’y a-t-il rien de caché dansées comptes ? Il y a cent questions à suggérer de la même espèce, sur lesquelles il est impossible de s’assurer des éclaircissements complets si on ne met pas la comptabilité sous les yeux du public. Dans un comité particulier, les uns peuvent manquer d’intégrité, les autres de connaissance: un es^ritlent dans ses operations passe sur ce qu’il n entend point , de peur de montrer son inaptitude : un esprit vif ne s’assujettit point aux détails; chacun laisse aux autres la fatigue de l’examen. Mais tout ce qui manque à un corps peu nombreux se trouvera dans l’assemblage du public: dans cette masse hétérogène et discordante, les

f>lus mauvais principes mèneront au but comme es meilleurs :Venvie, la liainc, la malice, feront la tirbe de l’esprit public; et même ces passions, parce quelles sont plus actives et plus persévérantes, scruteront mieux toutes les parties, et feront une vérification plus scrupuleuse. — Ainsi ceux qui n'ont point d’autre frein que le respect humain seront retenus dans le devoir

{lar l'orgueil de l'intcgrité ou par la crainte de a honte.

Kn cherchant des exceptions, je n'en puis trouver que deux ; l’une par rapport aux dépenses de cette publication , l’autre par rapport à la nature des .services qui doivent rester secrets. — Il serait inutile de publier les comptes d’une petite paroisse , parce que l’accès des livres est h la portée de tous ceux qui ont intérêt à les examiner, — et il ne faut pas songer à publier l'emploi des sommes destinées au service secret, s«»us peine de perdre toutes les informations que vous pouvez obtenir sur les desseins de vos ennemis.

Art. X. Etablissement des étalons de qxuxntité. — Poids et mesures.

Les poids indiquent la quantité de la matière ; les mesures , la quantité de l’espace. licur utilité est 1** de satisfaire chaque individu snr la quantité de la chose dont U a besoin ; a* de terminer les disputes; 3° de prévenir les fraudes.

Ktablir runiformité dans le même état a été l’objet de bien des souverains. Trouver une mesure commune et universelle pour tous les peuples a été l’objet des rcclicrches de plusieurs philosophes, et, en dernier lieu, dugouvemement français. Seivjce vraiment lionorable, car qu’y a-t-il de plus rare et de plus grand que de voir un gouvernement travailler à tine des bases essentielles de l’union du genre humain! L’uniformité des poids et mesures, sous le

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