‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 201 sur 524 · FACILITEH LES MOTENS DE RECONNAITRE ET DE SETROTTVER LES INDIVIDUS · texte numérisé non relu

FACILITEH LES MOTENS DE RECONNAITRE ET DE SETROTTVER LES INDIVIDUS

La plupart des délits ne se commettent que ar la ^ande espérance qu’ont les délinquants e rester inconnus. Tout ce qui au(pnente la facilité de reconnaître les hommes et de les retrouver ajoute à la sûreté générale.

C*est une des raisons pour lesquelles on a bien peu à craindre de la part de ceux qui ont une demeure fixe, une propriété, une famille. Le danger vient de ceux qui, par leur indigence ou leur indépendance de tous ces liens, peuvent aisément dérober leur marche à Tœil de la justice.

Les tables de population dans lesquelles on inscrit la demeure, l'âge, le sexe, la profession, le mariage ou le célibat des individus, sont les premiers matériaux d'une bonnepolice.

Il convient que le magistrat puisse demander compte à toute personne suspecte de^s moyens de vivre, et consigner en lieu de sûreté ceux (pii ne peuvent montrer ni revenu ni industrie.

11 y a deux choses à observer sur cet objet, c’est que la police ne doit pas être minutieuse et inquiète au point d’exposer les sujets à se trouver en faute ou à être vexés en leur imposant des règles difficiles et nombreuses. Des

5 récautions necessaires à certaines époques de aoger ou de trouble ne doivent pas être prolongées dans un temps calme, comme le régime de la maladie ne doit pas être suivi dans un état de santé. La seconde observation c’est qu’il faut prendre garde à ne pas choquer l'esprit national. Tel peuple ne pourrait pas sup-

Sorter la police de tel autre. Dans la capitale U Japon chacun est oblige de porter son nom sur son habit. Cette mesure peut paraître utile, indifférente ou tyrannique, selon la tournure de.s préjugés publics.

Les (labits caractéristiques ont un rapport

è ce but. Ceux (pii distinguent le sexe sont un moyen de police aussi doux (pic salutaire. Ceux (pii servent à signaler les militaires, les gens de mer, le clergé, ont plus d’un objet, mais le principal est la suboruiiiation. Dans lesuniversiU's anglaises les élèves ont un costume particulier qui ne les gêne (pie quand ils ont envie de sortir des règles prescrites. Dans les écoles de charité on fait porter aux écoliers une robe uniforme, et même une plaque numérotée.

Il est fâcheux cpie les noms propres des individus soient sur un pied si irrégulier. Ces dritinctions, inventées dans l’enfance des socu^ tés pour subvenir aux besoins d’un hameau, ne remplissent cpi’imparfaitcment leur objet dans une grande nation. Il y a bien des incaiivénieiits attachés h celte confusion nominale. Le plus grand de tous c'est que l'indice qui ne porte que sur un nom e.st vague, le soupçon est ballotté entre une muUitiiJe de personnes, et le danger de l'innocence peut devenir la ressource du crime.

On pourrait procéder à une nomenclature nouvelle, de manière que dans tonte une nation chagne individu aurait un nom propre qui ne serait porté cpiepar lui seul. Dans l’état actutd, les embarras du changement surpasseraient peut-être scs avantages ; malt il serait bon de prévenir ce désordre dans une colonie naissante

Cest un usage assez commun parmi les marins anglais que d’imprimer leur nom de famille et leur nom de baptême sur le poignet, en caractères bien tracés et indcbn>ilcs. On le fait pour être reconnu en cas de naufrage.

S'il était possible que cette prati(pic devint universelle, ce serait un nouveau ressort pouila morale, une nouvelle force pour le.slois,

• Voici une idée du plan général. La dcoominaiian entière pourrait contenir ica parties luivantes ; i* Lu seul nom oc foiniUe, esientici pour identifier le* races; s* Un seul nom de baptême on prénominal; 3» Le lien et Lo énlc

de U naissance. Celle dénominAtinn composée serait r^'tcc en erilicT dans tontes iea afTaires lr|;ale«. La nuntère de Tabrégcr pour l'usage onliiiairc di*)>ciid du génie des langnrs.

ai6 ACGMENTEn POUR LES DÉLIKQUANTS LA DIFFICULTÉ DE L^ÉVASION.

une pn^caution presque infaillible contre une nmltitude de délits, surtout contre toute es|HU’e de fraude où l'un a l>esoin pour réussir d'un certain dej^c de confiance. Qui étcs-vous? à qui ai-je affaire? La réponse à cette question importante ne serait plus susceptible de prévarication.

Ce moyen, par son éner{»ic meme, deviendrait favorable à la liberté personnelle, en permettant à la procédure de se relâcher de sa ri- (Tueur. L'emprUunnement, qui n'a pour objet que de s'assurer des individus, deviendrait plus rare quand on les tiendrait pour ainsi dire par une cnainc invisible.

Je vois des objections plausibles. Dans le cours de la révolution française, combien de personnes n'ont du leur salut qu'à un déguise-

ment qu'une empreinte de cette nature aurait rendu impossible! L’opinion publique, dans son état actuel, oppose un obstacle insurmontable à cette institution, mais l'opinion pourrait changer si on y employait beaucoup de patience, beaucoup d'adresse, et si l'on commençait par de grands exemples. Que ce fût l'usage d’imprimer des caractères sur le front des grands, on associerait à ces marques une idée de puissance et d'honneur. Les femmes, dans les Ües de la mer du Sud , se soumettent à une opération douloureuse pour tracer sur leur peau des figures auxquelles un attache nue idée de beauté. L'empreinte se fait avec une mtdtitndc de pointes qui déchirent le tissu, et des poudres colorées qu'on fait pénétrer à force de frictions.

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