‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 212 sur 524 · EMPLOI DU MOBILE DE LA RELIGIOX · texte numérisé non relu

EMPLOI DU MOBILE DE LA RELIGIOX

ouvertement pour favoriser cette direction sa- d'ailleurs iaraison humaine, toujoursflottantc, lutnire, il manquerait .«on but. C’est la liberté toujotirs soumise à des variations, ne peut pas de l'exanicn qui a corrifjé les erreurs des siècles s’enj^afjer pour le futur. Puis-je m’assurer que d’i(pioranre, et ramené la reli{|ion vers son v<> ma persuasion d’aujourd'hui sera la uiénicdans ritabic objet. La librrti' de l’examen achèvera de dix ans?Tuus ces serments sont un monopole répiirer et de la concilier avec Tutilité publique, qu'oii a donné aux hommes peu srrupiifciix Ce n’est point ii;i le lieu d'examiner tous les contre ceux (|ui ont la plus (grande sensibilité senices que larelip,ion peut rendre, soitcomme de conscience.

consolation dans les maux inséparables de l'hu- Les serments s'avilissent quand on les affecte inanité, soit comme ensci(;nement moral plus à des puérilités, qAaudon les emploie dans des adapté à la classe la plus nombreuse de la so- occasions où ils seront violes par une sorte de cicté, soit enfin comme moyen d'exciter la bien- convention universelle, et encore plus <juaud faisancc et de produire des actes utiles de on le.s exi(^e pour des cas où la justice et l’hudé^'ouoment qu'on n'obtiendrait peut-être pas manité font une excuse et presque un mérite des motifs purement humains. de leur violation.

Le principal usa{yc de la religion, dans la lé- L’esprit humain, qui résiste toujours à la tygislalinn civile et pénale, est de donner un non- rannie, aperçoit confusément que Dieu, par ses veau degré de force au serment, une base déplus perfections memes, ne saurait ratifier des lois à la confiance. injustes ou frivoles. En effet, l’homme, en im-

Le serment renferme deux liens différents, posant un serment, vomirait prendre une aule religieux et le moral : l'un obligatoire pour torité sur Dieu même : l’homme ordonne une tons, l'antre pour ceux qui ont une certaine peine, et c'est au juge suprême à l’exécuter, façon de penser. Le même formulaire qui prt>- Niez cette supposition, la force religieuse du fesse d'exposer un homme, en cas de parjure, serment s’é^-anouit.

aux peines religieuses, l'expose dans le même 11 est bien étonnant qu'en Angleterre, chez cas aux peines légales et au mépris des hommes, une nation d'ailleurs prudente et religieuse, on Le lien religieux est la partie saillante; mais la ait presque miné ce grand mobile par l'usage plus grande p.*irtic de ta force du serment de- trivial et indécent qu’on en fait, pend du lien moral. L'influence du premier est Pour montrer à quel point l’habitude peut partielle, celle du second est universelle. Ce se- dépraver les opinions morales, sous certains rait donc une grande imprudence que de sc rapports, je citerai un passage, extrait de lord sersir de l’un et de négliger l’autre. Kaims,jiige de la cour nos sessions, en Ecosse,

11 est des cas où le serment est de la plus dans un ouvrage sur l'éducation grande force : ce sont ceux où il opère de con- «Les serments de douane sont à présent cert avec l’opinion publiniie, où il a l'appui >• comptés pour rien. Ce n’est pas (jue le monde de lu sanction populaire. Il est d'autres cas où » devienne plus immoral, nmis c est que péril n'en a point : ce sont ceux où l'opiniou pu- » sonne n’y attache plus aucune importance. l>cs bliqnc agit en sens miitraire ou seulement » droits sur les vins cle France sont les mêmes ne le seconde pas. Tels sont les sennents des » en Écosse qu’en Angleterre. Mais comme nous douanes, et ceux qu'on exige des élèves dans ■ ne sommes pas assez riches pour les payer, la certaines universités. • permission tacite de payer pour les vins de

Il est de l'intérêt du législateur, non moins > France le droit fixé pour les vins d'Espagne , fjne d’un chef militaire, deconnailre le vérilalile *• s’est trouvée plus avantageuse an revenu que état des forces qui sont à sa disposition. Eviter ■ la rigueur de la loi. Il faut pourtant prêter le de jeter les yeux sur la partie faible, parce que ■ serment que ces vins üe France sont des vins l’aspect de celte partie faible donne peu de sa- ■ «l’Espagne, afin de payer le droit en cunsétisfaction, ce serait pusillanimité. Mais si l’on » qiiencc. De tels serments, dans leur origine, a vu à découvert la faiblesse du lien religieux » étaient criminels, parce qu'ils étaient une dans le serment , c’est la faute des professeurs • fraude contre le public, mais aujourd'hui que mêmes de la religion. L'alnis qu’ils en ont fait » le serment n’est plus qu’une affaire de forme, en le prodiguant sans mesure a dévoilé le peu ■ et n'implique ni foi duniu'eni fui reçue, c'est d’efficace qu'il a par lui-même, séparé de la ■ une simple m.'inière de parler comme les i‘(imsanction de rhonnciir. » pliments de civilité banale : Votre très-humhle

La puissance du serment s’ .affaiblit nécessai- » icrviteur, etc. Et dans le fait nous voyons des remeut «juand on le fait porter sur des croyan- • marchands quivivent de cesserments, et auxces, .sur des opinions. Pourquoi? parce qu’il « quels on se confie sans scrupule dans les afest impossible de reconnaître le parjure, et que » fa>es les plus importantes. •

• Il fflui prfnflre fjanic à or p«* rnroaraj’fr cri r&prit rt en Italie, qui créent «ne eUw nontbrei»*e ilr «irndr fondaliniiK et d'autiKUte», qui ne résulte que trop des diant*. et <u>iit rqiiivnteiits st une loi par Uiim'lle nn tuct- Dolioot du elirintiaiiikinc *rul|;aire. On multiplie Ira paît- Irait rindu<trie à i'aiiiemlr en faveur de la {Niresse. trei cnrnrr plu» qu'on ne Ira M)til.i|(r. Ce «onllc» enuvents * Lootc hint$ on eJucation. dev moines et leurs ditttîbuitotn journalière», eu l'Upa{;uc

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338 USAGES QUW PEUT TlAEB DU POUVOIR DE L^lNSTRUCTIOX.

Qui croirait que c’e«t U le lanf^aive d’un mo* farce? — La reliirion est^elle donc le dernier raliste et d'un ju{;e? Les quakers ont ëlerë la des objets, et si on la méprise à ce point, simple parole à la di^piité du serment ; — un faut-il la payer si cher? — Quel absurdité que mamstrat dé^p'ade le serment à la simple for- de salarier un cler{]'é à un prix immense pour mule d’une cérémonie ; — le serment n’implique prêcher la foi du serment, et d'avoir des ni la foi donnée ni la foi reçue. Pourquoi donc le jn^^es et deslc(pslateurs qui se fout un jeu de la prêter? — pourquoi l'exi{'er? — à quoi sert celte détruire!

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