‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 237 sur 524 · TRA?(8PLAKTATI0N DES LOIS · texte numérisé non relu

TRA?(8PLAKTATI0N DES LOIS

Demander simplement à lui faire visite , cVst lin affront : en parler, c’est nne impolitesse. Voilà ilcs p^enres d'offenses qui n’exUtent pas pour les Kiiropécns.

1^8 différenros de castes dans l’Indostan fournissent un fonds considérable d’atténuations et d’aggravations aux différentes classes de délits.

Si un paria touche une personne d’nnc tribu siipérienre, il la déshonore : l’homme touche tire son snbre et tue le malheureux sur la place . Cet homicide^ commis sans remords , est aussi légitime dans les Indes que s'il avait lieu pour la défense de soi-même.

Un préjuge si fort, tout injuste, tout féroce <|ti*il est, exigerait de la part du législateur une f^randc condescendance. Il faut de l’art pour 1 adoucir ou lecomhattre;mais il vaudrait mieux lui céder tout-à-fait que de se compromettre inutilement et d'exposer les meilleures lois à <levenir odieuses.

5. Délits demi-publics» Différentes contrées sont sujettes à différentes calamités, selon la position, le climat, la nature des produits, les moyens de défense, etc. Delà résulte nécessairemenlunc grande variété dans les lois de police.

Dans les pays qui renferment les levains delà peste, et dans cctix qui sont exposés à cette eontampon , il est des précautions nécessaires auxquelles correspondent des délits purement locaux. sera un délit, par exemple, de passer crune ville dans l’autre, d’aborder dans un port, de sortir d’un vaisseau avant le temps prescrit, de désembartpieniii ballot de marchandises, etc.

Grande-Bretagne, avec son gouvernement actuel, son étendue, scs ports nombreux , son commerce, ne pourrait pas être exposée au fléau de la famine par le monopole et les combinaisons desassociations mercantiles. Mais on ne devrait pas s’appuyer de l’exemple de l’Anglclerro quand U s’ .agirait d'une ilc moins étendue , moins fertile, peu commerçante, et soumise à uii régime différent, (^tte famine du Bengale, qui , en *769, fit périr plusieurs millions d'hommes, nous croyons pour l’honneur de riiiimanité qu'elle n’eut d’antre cause que rinclémcncc des saisons et l’imprudence involontaire du gouvernement, qui avait changé sans précaution , sans mesure, tout le système do l’administration; mais il n’est que trop certain qnc les hommes en place auraient pu amener le même fléau à la suite de leurs combinaisons pour s'enrichir par la rareté et la cherté des denrées.

Dans les pays maritimes où les côtes sont basses et composées d'un terrain mou et sablonneux, croissent souvent différentes sortes de plantes, surtout de l’espèce des roseaux, qui par le nombre et rentrclacement de leurs racines rendent le sol plus tenace et plus capable

de résister an mouvem^t des eaux. IjCS lois <le plusieurs peuples européens ont défendu la destruction de ces plantes, qui forment nne digne naturelle : il est bien clair qne de telles lois seraient superflues dans des situations différentes.

Dans les provinces de Flandre et de Hollande , l’extrcmc vigilance, nécessaire pour se garantir des incursions de la mer, a nccasioné plusieurs règlements dont on n’aurait pas besoin dans une position plus élevée.

Dans les villes où la froideur du climat exige que les maisons soient épaisses , et où la cherté au terrain fait qu'on les bâtit à plusieurs étages, le danger des écroulements nécessite des précautions légales, qui n'ont pas lieu dans ces contrées bridantes où une maison ordinaire n'est presque qu'un large parasol.

Dans un climat cbautl, des eaux stagnantes seraient malsaines ; cet objet demandera des règlements qui ne seraient pas nécessaûres dans unere'gioii tempérée.

La Sicile et d’antres parties de l'Italie souffrent beaucoup par la chaleur excessive du sirocco. Quelques provinces de l’Orient sont affectées de la même manière par le samiel, et même plusieurs voyageurs disent que le premier souffle de ce vent est souvent fatal à ceux (|ui le respirent. Ainsi dans ces contrées, si un bois, un coteau, une muraille, mettent à couvert un voisinage contre ce terrible fléau, la destruction de ces sortes d’abris peut cire prévenue par des peines qui seraient sans motif dans d’antres climats.

Un puits est d’une valeur inestimable dans les déserts de T Arabie. Enfermer ou faire perdre les eaux d’une seule source, ce serait exposer des milliers d'hommes à périr de soif, et rendre peut-être impraticable la communication d’un district avec un autre.

Ce serait presque un aussi grand mal de détruire , dans les solitudes de la Sibérie , le petit nombre d’hôtelleries qui sont préparées aux voyageurs. Il doit donc y avoir une police relative à cet objet, qui n’exige aucune précaution dans les pays peuplés.

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