CHEZ DIFFERENTS PEUPLES
3uaD(] on a sous les feux les divers tableaux oot j*ai parlé > que d un travail de manœuvre pour approprier ce code britannique aux circonstances au Bengale *.
1. Injwrts corporelles simples. Elles sont peu susceptibles de inodilications par la difFcrencc des lieux. Ces délits seront les mêmes à Londres et à Calcutta. La sensibilité physique , quoique différente pour le degré, est la même en nature par toute la terre. Cependant une blessure dans un pays chaud et malsain peut avoir des conséquences plus dangereuses que dans un pays salubre et froid. — Dépouiller une personne de ses habits en Sibérie ou dans rindoscan, ce ne serait pas le même délit : ce peut n'étre qu’un jeu dans le climat brûlant, et un homicide dans le climat glacé.
a. Injures corporelles irréparables. On aurait à examiner, sous ce chef, si l’on doit jamais tolérer l’émasculation. Cet usage serait moins déraisonnable dans un pays où les eunuques sont réputés nécessaires à la garde de la fidélité conjugale, que dans ceux où ils ne servent qu’à l’amusement des amateurs de musique.
3. Emprisonnement imurieuar. Bannissement injurieux. Les effets de ces antes diffèrent lieaucoup selon les climats, les mœurs, la religion.
Plusieurs centaines de prisonniers anglais, renfermés |>our une seule nuit dans un étroit cachot à Calcutta , après avoir souffert des tourments inouïs, par la chaleur étouffante et la privation d’air, périrent presque tous dans ce court intervalle.
Peut-être que le même nombre de personnes renfermées pendant une nuit d'hiver dans une prison de Sibérie , auraient pu y rester le même temps sans souffrir aucun inconvénient remarquable.
V emprisonnement infligé à un gentou pourrait, dans certaines circonstances, entraîner pour lui 1a séparation d'avec sa caste , malheur plus affreux pour lui que la mort. Le bannissement aunit\e même effet, s’il l’empêchait de se livrer aux purificalions rituelles de sa loi. L’un et l’autre du ces moyens coercitifs pourraient blesser sa conscience, et seraient d’iinc tout autre gravité pour lui que pour un Européen.
En ^sant une éclielle de la sensibilité reli- (peuse, vous trouverez au sommet le gentou , — plus bas le mahométan , — au-dessous le juif, — le chrétien grec , — le caüioliquc ro-
* Voilà une admirable utilité du catalogue des cireonttamees qui inJlMent sur ta MonleM|uiea en aTait
£rit pluiieura en coniitlcrution, dans le but d'approprier ;s lois des difTéreats pav* differents besoins de leurs babitanti : plaçant, il est vrai, en première ligne les circoastaucea <^ae j'ai nommées du uxarut ordre, parce qu'cUca n'agissent ouc par le aie//j'um de ces autres clr* coiutaoces rpie j'ai ncsignées à cause de rrla comme étant du premier orrtre. Avant Montesquieu, eilton chargé un Européen de faire des lois pour une contrée lointaine, il
main , — tous exposés à souffrir par des causes semblables, selon leurs notions des devoirs religieux : le mahométan , s'il est privé de ses ablutions légales , ou forcé à une dicte contraire à son jeûne ; le juif, s’il est contraint de manger des viandes immondes ou de violer le sabbat; le grec et le catholique, s’ils sont obligés de rompre leur carême ou privés d’entendre la messe; et même un protestant dévot peut souffrir en quelque degré, s'il ne peut participer à certaines époques à la communion spirituelle. Autant de circonstances qui demandent des égards particuliers dans le choix des peines qu’on leur inflige.
4. Injures mentales simples. Tel spectacle, tel discours , offensant au plus haut degré pour les habitants d’une contrée, serait indifférent à céux d'nue autre. Les sectateurs de cbatjuc religion , et principalement le vulgaire, sont exposés .î avoir peur de quelques agents invisibles : agents dont les noms et les attributs sont d'une grande diversité, et dont la puissance est attachée aux syllabes mêmes de leur nom.
L'ame d’un gentou peut être rero^ilie d’une teiTcur inexprimable àla seule idée d'une visite de Beshush, tandis qu'un chrétien ignorant craint les sorciers , les diables , les saints , les revenants, les vampires.
Les prekrautions à prendre, pour empêcher les imposteurs dejeter dans Icsames des terreurs religieuses, doivent varier selon la nature des opiuions. A Ixindrcs, un enferme les prophètes qui ont des révélations sur la fin du monde , et l’on a peu de fous de cette nature quand on sc borne à les traiter doucement comme tels.
Les superstitieux de tontes les sectes ressentent comme une injure très-vive la plus légère marque de mépris pour les objets de leur vénération. Cette sensibilité religieuse, d’autant plus facile à blesser qu’elle porte sur des objets moins connus, est particulièrement le siège des passions irascibles. I.»cs chrétiens sc représentent une des personnes de la Trinité sous la forme d’une colombe, image qui ne devait inspirer que la douceur; mais pendant des siècles ils ont condamné au supplice du feu ceux qui ne croyaient pas à cette culoml>e.
11 y a bien d'antres délits de celle classe purement lu<;aux.
Parmi les geiitous et les mahnmélans d’im rang élevé, (]u'un hointnc passe dans l’appartement d’une femme mariée, cela sufKi pour co«isliluerauxyeuxdu mari une injure irrëinissiblc.
n'en eftt pa« été embarra**ê : prenant, selon «on liiin eir ou «OD état , lu DiUle ou ira Puiutii-iei pour régi'' unique, ü aurait trouvé lû tout ce qu'il t lieit hait, »an> a'iiiquiétrr des tnorurs eide la religion Je lu cniitrce qu'il avait « servir. Depuis Montesquieu , il faut k un lépi»lutc«r un peu plus de travail el de documents: il faut qu'il eonnuisM; le peuple, les usages, les préjuges, la reUglon, le l’Iiiiuit , et bien d'nulres choses, avant que de ie mfler de lui donner des luis.
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