JS’A'torsion
La nature des gouvernements occasionne une grande variété dans la définition de ce délit. Il faut de plus grandes précautions pour protéger le sujet dans un pays conquis, ou sous un pouvoir absolu, que parmi les citoyens d'un état libre. D’un autre côté, une république conquérante sera plus dure envers les pays conquis qu'une monarchie. L*n monarque peut être rapace, mais il est intéressé à contenir les exactions de .«es officiers. Dans les républiques, dans le sénat de Home, )>ar exemple, il y avait un accord tacite de prévarication entre tous ceux qui partageaient le pouvoir.
11 e.st des religions qui exposent leurs sectateurs à des vexations pécuniaires. Celle desgentous et des inahuniélans est particulièrement sujette à cet abus. Aucune, il est vrai, n'a jainai.s approché à cet égard du clergé callmliqiie. Il a été sur le point, en prêchant la pauvreté, de devenir le propriétaire universel. Le protestant n'a rien à payer, ni pour ablution, ni pour absolution, ni pour se sauver du purgatoire. La fiscalité religieuse demande des précautions particulières.
1 1. Délits contre la condition.
11 sera nécessaire, en transplantant les lois d'un jiays dans un autre, d’ubscrver si les personnes qu elles concernent sont dans la même condition réelle aussi bien que nominale.
La condition matrimoniale n’est pas la meme en réalité dans les pays mahoinétans que dtins les pays chrétiens. Ici une femme contracte avec Sun époux à-peu-près sur un principe d'égablé. Là le mariage lui imprime un caractère de servitude. Ici la femme s'aUeiul à être libre. Là, au moins, dans les classes opulentes, elle est toute réparée à un étal de clôture. Leur ôter la liercé en Europe, ce serait les soumettre à un joug odieux. Vouloir la leur rendre en Asie, cc serait détruire le bonheur des époux. Chez dou»
i Voyuf,t en Gainée.
4 Lit. Tl, cliap. i.
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ao8 DES EGARDS DUS
lapolygtmte coonste à avoir plus d'une femme, et ches eux à en avoir plus de quatre, sans compter les concubines. Chex nous, le mariaçe est à vie ; chex eux , on permet une espèce ae martaçe inférieur à temps limité.
Une femme, après la mort de son mari, ne rentre pas dans sa liberté comme parmi nous; dans llndostan, le plus proche héritier du font devient le tuteur de la veuve , et sans avoir les privilé^s de Tépoux, il succède à son autorité comme (^lier. Ainsi elle demeure toujours victime d'une fidélité dont elle ne peut plus recevoir le prix.
On voit en Espace, dans Fautorité des maris , une teinture des moeurs asiatiques qui vient de la conquête des Maures, et qui subsiste même depuis que leur relqpon et leur domina-
tion ont été détruites. En Russie, des mœurs ori(pnairement asiatiques s'effacent (^due!le«ment par l'imitation des Européens.
Les exemples que jeviens dedonner suffisent pour montrer de quelle manière on doit appliquer les principes , avec quelle attention il faut procéder pour raéna{*er tous les sentiments reçus , et pour approprier les lois aux circonstances imjiérienses et souvent immuaUes du peuple qu'on vent gouverner,
J Aurais à parler encore des délits publics; mais c'est un objet trop compliqué, et qui dépend , à beaucoup d'égards, du code constitutionnel. I^es délits contre la souveraineté, par exemple, varient nécessairement selon que la forme du gouvernement est monarchique ou républicaine.