DU DÉBAT LIBRE ET DD DÉBAT STRICT
pas sa présentation immétliate, il arrive quolcjucfois qu'on écoute (le lon{;s discours qui ne sont suivis d'aucune motion. C'est là un exemple de ces lois dont on entend parler avec tant d’élof^es, de ces lois qui seraient si bonnes, si avantaj^euses, pourvu seulement qu’on voulût les observer.
Dans ta pratirpie an{*l.*iise, l’usage est de donner avis à rassemblée de l’objet d'une motion plus ou moins à l’avance, selon le deçté d’importance qu’on lui suppose. Mais on se borne n une indication (générale , on ne l’annonce point tout entière, ni rédij'éc par écrit. M'csMso pas l.i un défaut? Ne s’est-on pas arrête à moitié chemin? Certes, les memes raisons qui vous font demander qu'une motion soit annoncée d’avance , doivent vous faire désirer aussi qu’elle soit présentée en entier. N’est-il pas ridicule de dire à une assemblée de législateurs : « Den vinez, conjecturez, ima^viitezcc que sera celte ■ motion, dont je ne vous donne que le titre; > -—et de tenir leur curiosité en suspens, comme s'il s'a(pssait d’exciter un intérêt (bramaüque, ou de les entraîner par surprise?
Les termes de la motion n’étant pas connus d'avance, il n’est pas possible de préparer les amendements: aussi tout ce qui les concerne est une scène de précipitation. Comme ils sont proposés sans plan, ils sont combattus avec le même désavanta^'e : ils ne présentent trop souvent que des idées va^pies et incohérentes, des productions crues et indî(;csles. Mais le plus (p-and mal qui en résulte est celui qu’on ne peut ui voir ni apprécier, le mal iié{;atif, le mal de privation, c’est-à-dire la non existence des amen- «lements utiles qui .iiiraient pu être offerts, si on avait eu le loisir de la réflexion, par une connaissance préalable de la motion entière.
Nous avons fait un pas, la proposition est hie : son auteur doit être admis à parier le premier; il n’est pas à présumer qu’aucun autre
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puisse en prcsenterles motifs avec plus d’avanta0e que lui-même.
11 est évident que personne ne doit être entendu contre une proposition, avant que quelqu’un ait parlé pour. S’il n'y a point d’arjpiincnt à produire en sa faveur, la combattre est du temps perdu. Les ar{*umcnts pour doivent paraître les premiers, afin que les opposants aient un point fixe d’attaque, et ne s’égarent pas dans de vagues conjectures.
Il faudrait convenir d'un mot qui marquât la fin du discours,/ ai dit : ce mot final préviendrait cette espèce d’âpreté, celte impatience indécente qui se manifeste dans une assemblée oû ceux qui veulent parler épient toutes les pauses accidentelles de l’orateur, et n’atlcudent pas qu’il ait fini pour lui ôter la parole.
Si Voraleur parle debout, il marque U fin de son discours en s’asseyant, et le geste arrive plus sûrement aux yeux que le mot à l’oreille. Cette règle est donc plus nécessaire dans une assemblée où l’on parle assis que dans celle où l’on parle debout : mais die est utile partout, comme un moyen de prémunir l’orateur contre la crainte des iiitcmiplions, et de conduire le débat avec bienséance.
Celui qui a ta parole, dans une grande assemblée, doit être debout. Dans cette attitude, l’organe a plus de force, la vfjix est plus libre, plus variée; l’orateur exerce un plus grand ascendant sur ratidiencc; il s’aperçoit micuxde l’impressiou qu'il produit : mais on ne jicut pas en faire une règle absolue, attendu qu on ne saurait fixer les limites entre une grande et une petite assemblée. D’ailleurs, il y a des personnes âgées ou infirmes pour qui celte attitude .serait trop fatigante. Un officier blessé ne doit pas être privé du droit de parler pour sa patrie. Le lord Cha tham , faible et languissan t , était presque couché sur son siège, lorsqu'il Ht entendre les derniers éclats de sa mâle éloquence.