‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 364 sur 524 · DE LOUVERTURE DU DÉBAT · texte numérisé non relu

DE LOUVERTURE DU DÉBAT

Doit-on cxiÿcr qu'une proposition soit secondi^e?

Une motion n’est pas reçue dans la chambre des (‘oromuiics, à moins qu'elle ne suit appuyée par un autre que son auteur, c’est-à-(firc par un second qui y ajoute son aveu.

Ce règlement est supposé propre à prévenir des motions qui auraient consumé du temps sans aucun feuit. Avant d'en occuper l’assemblée, il faut sonder un ami. Si l'on ne peut trouver un seul approbateur, où est le mal que la motion suit abandonnée? quelle chance aurait rautcur de persuader la majorité, s'il n'a pu réussiruuprès d'aucun homme de son choix?

^Iai^ aussi ce moyeu a bien peu d’efficacité; il est nul contre des propositions départi ; nul contre un boitime qui, dans rassemblée, a un nini complaisant et facile ; nul contre deux fous ou deux sols déterminés à se soutenir l'un l’aulrc.

D'ailleurs, il n’est applicable qu’à des propositions originaires ; il ne Test pas à celles qui naissent dans le cours du débat, à des amen- «leincnis sur lesquels ou n'a le loisir de se concerter avec personne.

On peut olijccter contre cet usage qu’il tend à décourager ceux qui ont besoin d’un encouragement particulier, des personnes isolées, jalouses de leur indépendance , ne %*oulant point SC lier avec un parti. Qu’un liumme de celte trempe, après deux ou trois tentatives, ne trouve point de second, cela suflit pour le rebuter; et il ne faut pas conclure qu’une pro’posiliou soit

h'ivolc ou absurde, parce qu'au premier coup d’aùl elle est rejetée de cette manière. (Jombieii de motifs autres que le démérite du projet, ne cuvcnt-ils pas influer sur le refus des seconds ! ’un ne veut pas se mettre en avant, un autre n’aime pas un rôle subalterne, un troisième prévoit que la mesure {proposée n'aura pas de succès, un quatrième qu’elle peut lui faire des ennemis. IMusieurs peuvent refuser par des raisons étrangères au fond de la question.

Quand ce ne serait qu'une gène, si elle n’esl pas utile, elle est un mal.

La ebambre des pairs n'a point admis celte règle; cl il n’en est rtfsulté aucun inconvénient. Au reste, les raisons pour cl contre sont trèsfaibles.

La proposition étant admise y elle doit éti'C lue avant qu on pennette a son auteur de parler»

Si le sujet auquel le discours doit s’appliquer, n’est pas connu, le discours perd nécessairement une grande partie de son elfet. On ne peut juger de la force ou de la faiblesse des arguments qu’autant qu'on a clairement dans l’esprit Tobjet auquel ils se rapportent.

Point de règle plus efficace que celle-ci pour prévenir des discours inutiles. Si un membre qui n’a jioiut de prupositum à faire entreprend de parler, il.se trouve obligé, dès le premier moment, à en donner une raison justificative; et s’il n’en a point, il est réduit au silence.

Dans la chambre des communes, la règle est de ne parler que sur une motion admise, un pour eu introduire une; mais comme on iTcxige

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