‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 372 sur 524 · DES TROIS DÉBATS POUR LES PROJETS DE LOI · texte numérisé non relu

DES TROIS DÉBATS POUR LES PROJETS DE LOI

propre volonté pour se {gouverner par celle d’un autre, c’est un mal qu'il est impossible de prévenir; mais, du moins, il ne faut rien faire pour raiif^menler : et on l’auj'mente en établissant un ordre de parole d'après lequel les inférieurs sont forcés de connaître l’opinion de leurs supérieurs.

L’arran{*emciit libre laisse à la prrtbité une ressource de plus. Tel qui n'oserait pas combattre l'avisdéclaré d’un lionime puissant, ose* rait être libre dans les cas où il ii est pas censé le conn^ûtre.

6" Enfin , par rapport aux droits des individus, ecc ordre fixe est une véritable iné(«alité, dans un cas où r<*{*alicé est justice. Quel que soit l’avanla(«e de parler avant nu après tel individu, il n'y a point de raison pour le donner â l’un de prtTércncc à l'autre.

Je ne vois d’autre objection à ce plan que le dan{;cr des contestations entre cent qui se présentent simultanément pour demander la pande. Si le président déci<le, il peut montrer de la partialité. Si l'on en appelle à l'assemblée, quelle perte de temps! et d'ailleurs les membres en défaveur seront le plus souvent éconduits. La majorité même peut abuser de ce droit pour exclure la minorité de l'exercice de la parole.

Je réponds à cette olijection par l'exemple dn parlement britannique. Il n’y a point d'ordre de priorité. La manière de demander la parole, c’est de se lever de son siège au moment où celui qui parlait s’est assis. Dans un cas de doute entre plusieurs postulants, c’est au président à déciuer, c’est-à-dire provisoi-

rement; car, en dernier ressort, la decision appartient à la chambre.

l)an« le fait, la règle qui donne la parole an premier levé est souvent enfreinte. Le président trouve moyen de ne pas voir les mauvais orateurs, et tant que sa partialité s'accorde avec celle de l’assemblée, il n’y a point de réclamation. Mais les orateurs ifUtingués, quel (|ue soit leur parti, sont toujours sûrsd’étre entendus. Sans cette violation de la règle, on ne finirait rien. Où est rinconvénient de se refuser le plus qu’on peut à des harangues inst-

f>idcs ? Les marques d'humeur, l'impatience, e bruit , les conversations particulières, et d'autres modes de découragement, sont quelquefois nécessaires pour rebuter des parieurs im-

fiortims et npini.itre><. Mais il vaut encore mieux es prévenir par ce pouvoir nrl>itraire qu’exerce le président, sous raiitorilc de l’assemblc'e.

Quant à rexclnsioii d'un parti, c’est ce qui n’est jamais arrivé en Angleterre, et ce qui ne peut arriver dans aucune assemblée, sans une conspiration trop inique, trop honteuse pour exister, au moins sous le régime de la publicité. l'n discours éloquent et judicieux se fait écouter avec plaisir par ceux même dont il contrarie les vues. Une harangue inepte déplaît à tout le monde, mais surtout à ceux r^ti’elle prétend servir, car elle les discrédite. C’est en fait de parti qu’on peut dire :

Rica n'est plus éancemu qu'ao i^orvnt ami.

Ainsi la nature de la chose fournit au président des motifs qui régleront ce pouvoir discrétionnel d’après l’utilité générale de l'assemblée.

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