SOPHISMES DES ANTI-PENSEURS
Supposez en effet que la mesure en question soitlerio, qu’on puisse justement la qualifier de vistomiom?, ro»/i<i»es<jfMe,e/«‘»neri<^we, il faut epu! les iilees d’un liumme soient bien confuses et sou vocabulaire ctran(jcmeiU reü'cci, s’il ne peut faire entendre ce qu’il y trouve de mauvais qu’en lui ap[>li(|uant de# épithètes injurieuses qui ont si sotiveiit servi à jeter du blâme sur tout ce qui s’est élevé au-dessus des notions vul{*aircs.
La peur des théories a un fondement dans la raison.
Il y a une propension commune de la part de ceux qui adoptent une théorie, <\ la pousser trop loin, — c’est-à-dire à mettre eu avant telle proposition {»t'iiérale qui n’est vraie qu’apres qu’on en a tléduit certaines exceptions ; à la mettre, dis-je, en avant, sans é(rard à ces exceptions, cl j»ar conséquent à s’écarter pro- ]ioi'tionucilcmcnl ilc la vérité.
Ce penchant à abuser des théories a été la soui'ce d'une foule d’erreurs dans toutes les Kcienccs; mais quelle est la conclusion (|u’ou en peut justcuieut tirer ? Ce n’est pas de rejeter «’onmic fausses toutes les propositions ibéori- (jucs, mais c’est de ii’en aifinettre aucune, dans un cas parüctilier , sans avoir bien examiné s’il ii’y a point d'exception à faire dans la maxime générale pour la tenir dan# le# limite# de la vérité et de Tutilité.
La raison, riiitelli(]euce, les connaissances il'im individu souCexactemeiitpropurtioiincdles à rétemiuc et au nombre des propositions lurrales (|u’il a formée# #iir de liomies preuves : en d'autres lermes, l’eleiiduc de sa théorie est l'étendue de son savoir.
Conclun; d’un exemple défausse théorie que toutes les théorie# sont fausses, c'est conclure qu’on doit mal raisonner parce qti’oii raisonne, ou qu'on <h)it parier faux parce qu’on parle.
Ou dirait «prit existe im préjiqjé secret contre la pensée, (|u’clle n’est pas une eliost* tout-àfait innot'enicet (|u'on ose avouer. Nomlire de (jens ont une disposition à s’en défendre et à la reiiiur. • Je ne donne pas dan# les spérulan tions, je ne suis pas pour les théories. » Mais spéculation, théorie, cst-cc autre chose que pensée , ou du moins pensée un peu au-dessus de#
ficnsées commune.#? Peut-on abjurer la spécuation, la tbéoiic, sans abjurer la faculté de pcnser?Etcepcndanlsi ce n’est pas là ce qu’on veut dire , on ne dit absolument rien.
Il famlra doue, pour échapper à l'iniputation d'etre un ihéoristc , un liomuic daii«>ereux, renoncer à tout ce qui nous élève au-dessus de la classe inculte qui ne pen.se point.
• la; plan que vous proposez, je le rejette » parce que l'objet en est mauvais ; ou si l’objet
• Ainsi , «Uns son Tclcnujouf , Fénélon liiit une «description riurmiinte «tu bonheur «le l;i Bs-liipte, rnudif «ur l.i cornniunuulédes biens, c'esl-ù-slirc sur Ij [liiis nuisible dt* imiCrs In institutions. Üjus &i|cutc , il uict tout le roiniucrcc entre
« est bon, le.# moyens ne sont pas propres à « l'atteindre. «—Si c'est làt'C qne von# entt'ndez, ne pouvez-vous pas le dire? Celte manière d'objecter ne serait-elle pas plus utile, plu# franche, plus honnête, plus d’accord avec le bon sens , que ce vain reproche de spéculation et de théorie ?