OBSERVATIONS SCR LES CINQ SOPHISMES PRÉCÉDENTS
IjCs sophismes de rotte rinasc consistent tous (laits le même artihre : (du Jer la (piestion ; s*eii tenir à distance ; substiluer des termes f;é> nêraiix à des teianes particuliers ; des termes atnh^pis à des termes clairs ; éviter ce (pi’on peut appeler un euniliat en champ clos avec son auver^aire.
Dans les autres sophismes, rargnment c<t étranger à la (picstion ; mais il y toujours une espèce d’ar^pinieiit par lequel on cherche à produire une erreur. Dans les sophismes de cette classe, il n*y a point d'arniiraent. SufU verba et voceSf prcetereatfue nihit. Le raisonneur vous échappe u'unc manière plausible par un terme d'une si(piiHcatioii si étendue, (|u'elle embrasse le bien cl le mal , ce que vous approuvez cl ce que vous condamnez. Il sc refuse à toute distinction , ou il vous embarrasse par une distinction simidcc. C’est une sorte de ballon tn(‘tapliysi(pie par lequel il s'élève dans les nues; vous ne pouvez pas le forcer à descendre et à venir à raborda(|e.
Ce mode de combattre appartient é^ralcmcnt à des hommes habiles et à des sots. Mais il n’est point de sophisme moins dan;^ercux que celui'Ci entre les mains d'un homme sans talent. Telum imbeiie sine iciu. C'est pour la rhétorique un ample ma^^asin de lieux communs qui tournissent à un ^aiid orateur des draperies éclatantes, et à un mauvais parleur de vieilles nippes délabrées.
Le mode opposé à ce mode arn'en de contestation est celui qu’on appelle argumentation serrée.
Ce mode suppose que pour chaque objet dont il s’agit , un emploiera de préférence l'exjircssion la plus particulière que le sujet fournisse; la question sera présentée avec toute la clarté possible; et on en écartera soi(pieusenient tout ce qui ne lui appartient pas.
L’homme qui aspire à ce {*enrc de mérite, pénétré de cette verice fondamentale, qii’eti matière de lé^piHalion les idées exactes sont la seule base des bonnes mesures, eberebera d’abord à classer les divers objets selon leur na-
ture, et à les exprimer par une nomenclature correcte : unique moyen d'éviter la confusion et de distinguer ce qui appartient à chaque sujet.
Ainsi, par rapport aux délits, apres avoir détennini? leur caractère ci>inmun, leur déhnition (jénérale f actes nuisibles (f wte manière ou (f une attire au bien-être de la communauté ) , il cherchera les caractères particuliers de ces délits pour en faire des classes ; et, après avoir placé dans chaque classe tous ceux qui sont unis par des propriétés semblables, il verra clairement en quoi ils sc ressemblent, en quoi ils diffèrent, leur (^avitc comparative , le traitement qui leur convient, le mal qui en résulte et les remèdes qu'on peut y appliquer.
Il verra les délits sc diviser en ipiatrc (grandes classes : i* les délits privés, ceux qui affectent lin individu assi^able , et (pii produisent un mal immédiat et un mal d’alarme; a** les délits persotuiels ou envers soi-m(>mc ; 3” les délits demi-publics ou contre une portion particulière de la communanlé; 4* délits publics rpii, sans affecter aucun individu plus qu'un antre, nuisent à l’intérêt péiuTal.
Les délits prives se subdivisent en délits contre la personne, contre la réputation, contre la propriété, contre la condition
Je me borne à cet exemple; mais il suffit pour niontrenr comment une bonne classification et une bonne nomenclature qui en est la suite, sont absolument ni^essaires pour produire sur chaque objet une ai|pimeniation serrée. Jusque-là, on raisonne en l’air Avec des motsvn^es et des notions confuses.
Voyez, par exemple, de ns le code an{^is, comment les délits sont ^proupés ou plutôt jetés pèle-mèle sous des dénominations qui n’ensei(picnl rien ni sur leur nature ni sur leur gravité. IjCS trahisons, les félonies avec clergie, les prcpmumVe, les misdemeanours , — qu'apprennent ces noms? Celui de trahison (lonnc une faible lueur sur la nature de l’onFensc : mais les félonies et les pnemunire sont des énigmes , ou si CCS termes contiennent une indication , c’est
1 Vov. Tmilès (te té^iftaliûn, p«(;c x) <tc ce volume. Cla&iificauoo dcUu. AvanluGn de eette cUsufication.