‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 478 sur 524 · SOPHISME QUI TEND A CONFONDRE LES HOMMES ET LES MESURES · texte numérisé non relu

SOPHISME QUI TEND A CONFONDRE LES HOMMES ET LES MESURES

Lei plans ef attaque et de défense doivent porter sur les mesures , et non sur les hommes.

Cette rèqle, diatnctralemenc opposée à celle que suit l’esprit de parti, est fondée sur fieux raisons principnh^s ;

i” H est plus aisé de jti{*er dn mérite de telle ou telle mesure particulière, que de ju{;er du mérite de tel ou tel parti, soit celui des ministres, soit celui de l'opposition. Une mesure proposée est un objet fixe et connu. Un parti est un être d’imaqination auquel on prête aisément toutes les qualités qn’on veut.

a” I.C plan d’attaque qui porte, non sur les mesures, mais sur les hommes, suppose une habitude continuelle de prévarication et de fausseté.

D'après toutes les notions de morale (généralement reçues, il est contre la droiture, dans un membre fie l’opposition, de combattre une mesure ministérielle qui lui parait l>onnc, on de soutenir une mesure de son propre parti qui lui parait mauvaise. 11 ne peut ni parler ni voter contre son opinion, sans s’écarter des rc(*les de probité les plus incontestables.

Commeut s’y preud>on pour justifier ce système de mauvaise fui ?

I* On prétend qu’un parti est le seul moyen d'af*ir, a établir nue surveillance , de donner une marche constante et régulière , soit au ministère, soit l’opposition. — Ce qu’on prouve très-bien, c’est qn il résulte d'un parti plus de force et plus de persévérance pour atteindre à son but; mais on ne pi'ouve pas que ccUc force et cette pcrwh'érancc tounicnt au bien iniblie.

L’histoire des partis, soit dans les républiques, soit dans les états mixtes, serait une réponse bien forte à ces assertions.

a* Après avoir posé en principe qu’un parti est nt'fxssaire, on fait aist’mcnt une vertu de ce qu’on appelle fidélité a ce parti: en sorte (pi'uQ inflividu n’est plus jugé par sa conduite, par sa sincérité, par l'indépendance de son opinion, mais uniquement par sa constance à soutenir ceux avec lesquels il fait cause commune.

3* On affecte de regarder la véracité en politique, comme une morale de petit esprit, comme une preuve de simplicité M rance du monde : et la crainte qo^ilÉ^toiu les hommes de passer pour dupes , leur mit adopter, relativement à leur cuinlnite publique, des maxiôiea ([u’ils réprouvent dans toutes les actions ordinaires de la vie.

On serait un peu moins fier de cette fidélité à un parti, si on considérait de quoi ce sentiment se compose : rindifféreiice sur les moyens, la flépenflance dans les opinions, l'habitndc de parler contre sa pensée, l'emploi habituel du sophisme : voilà ce qu'il faut pour bien remplir le rôle de partisan. 11 n’exige aucune étude, aucune connaissance de l’homme en général , aucune de la législation : moins un a de principes généraux, plus on est propre à soutenir ce facile personnage.

Pour embrasser ce plan do guerre personnelle, on n'a qu’à suivre la pente de son intérêt particulier ou de scs passions. Tout ce qu'il faut tic raisonnement se borne à sc deinamicr : ai'jc à gagner ou à perdre en coinbaUant pour

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