USAGE DES
force et de hardiesse. Ils en imposent par un air de supérionCë. L'orateur semble se placer sur une éminence, et regarder de haut ses antagonistes. Il emploie tous les arguments ad su-
fitrrbiamy ad odiunty ad contempUany ab irato. l répand l’ironie et le sarcasme. Les termes de perffclion y iV excellence y de découverte y de gé^ nie y deviennent dans sa l>ouche des termes de reproche et de ridicule, qui ont une puissance magique pour tout réfuter. Vous croiriez qu’il a tout approfondi, tout embrassé dans une seule vue, et qu’il est revenu de toutes ces illusions, de toutes ces chimères de réformateurs. Mais avec cet air de défi et d’audace, il se garde bien de s’exposer au danger d’un combat réel; le dédain sert à couvrir sa faiblesse, et il donne à sa fuite l’apparence de la victoire.
Kntre ces sophismes, les premiers sont à l’usage de tout le monde. Les autres ne peuvent réussir qu’à l’aide d'une place éminente ou d’un talent distingué. Ln chétif orateur qui ose s’en servir, ne produit aucun effet et devient ridicule.
Où U Qu^pe a passé, le nooeberon demeure.
Dans un état despotique, ceux qui gouvernent n'ont à influer que sur l'entendement ou la volonté d'un seul. Par rapport au peuple, on ne lui donne pas de raisou.s, on lui intime des ordres.
Dans un état libre, il faut influer sur l’entendement ou la volonté d'un grand nombre, et de là, la nécessite des arguments vrais ou faux.
La corruption *, a dit Hume, est une preuve de la liberté. Les sophismes en sont une preuve du même genre.
Mais il ne faut pas tirer de là une objection contre les états libres , contre les assemblées politiques dont les débats ont de la publicité; car en pesant le bien et le mal, la balance est considérablement en faveur du bien. Cette lutte publique entre tous les intérêts aura une tendance à former des athlètes plus habiles et plus exercés, lies abus, il est vrai, seront défendus avec art, les institutions vicieuses seront présentées sous des aspects trompeurs ; mais en résultat , il y aura plus de têtes pensantes, plus de vigueur intellectuelle; le tribunal de l'upi-
• On entend ptu* corrtipUon l'emploi des moyens d'in-
fiOPUlSMES.
nion se compose à la longue déjugés plus éclairés ; et dans ce combat entre 1 erreur et la vérité, la victoire doit enfin demeurer du côté de ceux qui emploient des armes d'une meilleure trempe. Le progrès peut être lent, mais les avantages une fuis obtenus sont durables, parce que la nature de la constitution les met à Valiri du caprice. Ceci parait vrai , du moins par rapport à r Angleterre, et son histoire en fournit un grand nombre de preuves.
Disons ici un mot de la grande république américaine. Le congrès des Ltats-UnU est la. seule assemblée qui exerce les mêmes pouvoirs et avec la même publicité que le parlement Imtaunique. Où en sont-ils pour l’emploi des sophismes?
Il est certain que leurs fondateurs, en traversant rOcéan, se sont affranchis <le plusieurs abus qui sont restes dans la mère-patrie, et qui ne pouvaient .se transplanter dans un établissement colonial.
Un gouvernement naissant ne peut avoir que les emplois nécessaires. 11 n’y a point de place pour des prête-noms, point pour des surnuméraires , pour des dignités sans ofBce ou pour des offices nominaux, etc.
Par la même circonstance rénovatrice, U est un grand nombre de sophismes qui ne pouvaient pas émigrer avec les colons. Point de clameur générale contre l'innovation dans un pays où il fallait tout créer. Point de culte idolàtrique pour les ancêtres dans des colonies où les individus rassemblés de toutes les parties du monde, n’avaient pas d'ancclres communs. Point de superstitions générale.s fondées sur les traditions des temps d’ignorance. Point de préjugés d'autorité uan.s des états où il n’y a pas de succession de personnages puissants d'une réputation imposante. On poun*ait prolonger encore cette liste négative de causes d'erreur qui n'existent pas dans le congrès des États- Unis. Mais il en est sans doute d'autres qui leur sont particulières, tenant à leurs diverses constitutions, à leurs diverses religions, à des préventions nationales, à des oppositir>ns d'intérêt, ou à des exagérations républicaines. Il ne faudrait rien moins qu’une profonde étude de tout ce qui concerne ce faisceau de républiques, pour être en état déjuger quels sophismes doivent prédominer dans celte assemblée.
Ilucnce du goarernement sur les votes de l'asscmblvc.