MAITRE ET SERVITEUR
Quand on n’entre point dans la question de l'esclavage, il n’y a pas beaucoup à dire sur l'état de matire et ses états corrélatifs constitués par les diverses espèces de serviteurs. Tous ces états sont l'ouvrage des conventions. Cest aux parties intéressées à s'arranger comme il leur convient.
L’état de maître, auquel correspond l'état d'apprenti , est un état mixte. Le maître d'un apprenti est tout à-la*fois maître et tuteur : tuteur pour Part qu'il enseigne, maître pour le parti qu'il en tire.
L'ouvrage que fait l'apprenti, après l’époqnc où le produit de ton travail vaut plus que ce
qu'il a coûté pour dév’clopper son talent, est le salaire ou la récompense du maître pour les peines et les dépenses antérieures.
Ce salaire serait naturellcmentplus ou moins fort, selon la difficulté de l’art. Quelques-^un.s demanderaientseptjourspourétre appris; d’autres peut-être peuvent demander sept années. La concurrence entre chalands réglerait trèsbien le prix de ces services mutuels, comme de tous les autres objets commcrçables : et ici comme ailleurs, l’industrie trouverait sa juste récompense.
La plupart des gouvernements n’ont point adopté ce .système de liberté. Ils ont voulu met-
DE l’esclavage.
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tre clans les professions, ce qu'ils appellent de l'ordre, c'est-à-dire, substituer un arran^rcœent artificiel à un arran{*ement naturel, pour avoir le plaisir de régler ce qui se serait rénié de soimême. Comme ils se mêlaient d'une chose qu'ils n'entendaient point, ils sc sont le plus souvent conduits par une idée d'uniformité dans des ob>
J'ets d’une nature très-diflVrente. Par exemple, es ministres d’Élisabeth fixèrent le même terme d’apprentissa{|e, le terme de sept ans, pour les arts les plus simples comme pour les plus difficiles.
Celte manie ré{5Îementairc sc couvre d'un prétexte banal. On veut perfectiouiier les arts, on veut empêcher qu'il u’y ait de mauvais ouvriers, on veut assurer le crédit et l’honneur des manufactures nationales. Il sc présente pour
remplir ce but un moyen simple et naturel, c’est de permettre à chacun d’user de son propre jo(jement , de rejeter le mauvais , de choisir le bon, de mesurer scs préférences sur le mérite, et d'exciter ainsi l'émulation de tous les artistes, parla liberté du concours. Mais non : il faut supposer que le publie n'est point en état déjuger de rouvra{'e ; il duitlere('arder comme bon, dès que l’ouvrier a passé au travail un nombre déterminé d’années. Il ne faut donc plus demander d'un artisan s'il travaille bien, mais combien de temps a duré son apprentissa(>e. Car s’il faut revenir a ju{^r de l’ouvraf^e
tiar son mérite , autant vaut laisser à chacun la il>erté de travailler à ses périls et risques. Tel est inailre sans avoir été apprenti : tel autre ne sera qu'appreiici toute sa vie.