CONCLUSION
Toutes les tortures appelées bastonnades et fia-* gellations, comme toutes les espèces de mutilations et de flétrissures corporelles , sont dégradantdPet corruptrices de la nature humaine. Elles naquirent toutes de la sauvagerie, de l'esclavage et du despotisme ; elles servirent le fanatisme et la superstition ; elles devinrent d'autant plus fréquentes et plus cruelles , que l'esclavage fut plus commun , le gouvernement plus tyrannique, l'ignorance plus profonde , l'Évangile plus ignoré , la morale plus dépravée , et qu'en un mot la fraternité , l'égalité naturelle et civile furent plus contrariées par les mœurs et par les lois.
Ces tortures et d'autres barbaries analogues s'aboliront ou deviendront plus rares en tous pays, à mesure que s'étendront les lumières , que la bonne foi , la religion seront mieux observées , que s'aboliront la traite de l'esclavage , et qu'en un mot l'ordre «constitutionnel et représentatif, étouffé maintenant dans plusieurs parties de l'Europe, arrêté, suspendu ailleurs par les contre-lois, ou réduit à une vaine apparence par le double vote, la septenjialité , les fausses élections et la fausse liberté de la presse, achèvera pourtant de se développer enfin et de se consolider pour le plus grand
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bonheur des rois et des peuples. Cet ordre seul peut fonder les garanties réciproques et la paix du monde. Il se confond avec la justice même; car celle-ci n'est assurée à personne, si elle n'existe pas en faveur de tous par la force vivante des in-* stitutions politiques.
Nous avons fait de grands pas , en France , vers cet inestimable bien; il est tout entier compris en germe dans la charte royale , trop long-tems réduite en simulacre , mais que Ton doit se hâter ou d'exécuter pleinement avec franchise , ou de remplacer par une révision complète et munie de formes toutes spéciales, qui ferait ressusciter cette constitution en la, séparant des lois secondaires , et qui serait concertée entre le roi et les chambres.
Continuer cette marche immorale et rétrograde où nous ont entraînés les hommes du privilège et du jésuitisme , ce serait retourner aux vieilles crr reurs, susciter de nouveaux dangers, ramener en un mot les tyranniques maximes suivant lesquelles tous les humains , rois ou pontifes , grands ou petits , prêtres ou laïcs , hommes ou femmes , jeunes ou vieux, de tout rang, de toutes couleurs, seraient encore , pour le moins , bâtonnables et ballonnés, fouettables et fouettés honteusement, cruellement, pernicieusement, comme Tétaient nos pères, et comme le sont encore nos frères sur presque tout le globe.
Aux louangeurs du tems passé qui exalteraient
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grands malheurs. » Chap. 28, de l'Invariable Milieu.
ADDITION
Au chapitre III. La déception punie sévèrement , et sans privilège , chez les Kokans, Tartares sédentaires du milieu de l'Asie.
Ces Tartares sont parvenus à un certain degré de civilisation ; ils parlent deux langues polies , la leur propre et la langue turque, toutes deux avec une grande correction. Us ont des lois fort sévères et trop précipitamment exécutées. La justice du bâton s'y administre subitement et sans procédure écrite, comme elle a été établie à Naples en 1822, comme elle s'exerce au Caire, à Tunis, Alger, Maroc, Constantinople , etc. , et comme la flagellation dans les bagnes de France. Mais ce qui doit faire estimer ces Tartares , c'est leur stricte probité , c'est le soin qu'ils prennent de punir la tromperie, la déception par artifice, intrigue, fauxsemblant , vaine apparence. Quiconque d'entre eux est convaincu de fraude est à l'instant mis à nu , quel que soit son rang , fustigé dans toutes les rues et places, et contraint de se proclamer lui-même un fourbe. Voyez le Journal des Voyages > par M. Verneur, Paris, 1822, cahier 47% pages 309 et suiv.
ADDITION
Au chapitre VI tirée du droit impérial des Pandectes , loi 28, § 3 y De pcéhis , fragment où Ton ne sait pas ce qui est le plus admirable du style ou de la doctrine.
Solent quidam y qui vu/go se juvencs appeltant, in quibusdam cwitatibus turbulentis > se acclamationibus popularium accommodare : qui , si ampliàs nihil admiserint > nec antè sint à prœside admoniti , fustïbus ccesi dimittuntur, aut etiam spectaculis eis interdicitur ; quod si ùa correcti in eisdem deprehendantur, exilio punie ndi sunt : nonnunquàm capite plectendi, scilicet, cùm sœpiits seditiosè et turbulente se gesserint , et aliquoties adprehensi > tractati clementiùs, in eâdem temeritate propositi perseveraverint.
En certaines villes turbulentes, il se trouve des individus communément appelés les jeunes gens > qui se joignent aux acclamations de la multitude. S'ils n'ont rien fait de plus grave , -et s'ils n'ont pas déjà été repris (pour semblable délit), on les punit simplement par la bastonnade , ou bien on leur interdit l'entrée des spectacles. Corrigés de la sorte , s'ils recommencent, leur châtiment est l'exil. C'est quelquefois la mort, si , par exemple, ils ont con-
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tinué de se montrer ainsi séditieux et turbulens ; ou si , traités avec plus de clémence , ils ont persévéré dans le même désordre.
ADDITION
Au chapitre VII, pour expliquer comment on en vint en Portugal à la loi de don Pierre, de 1686, qui donna aux jéàuites le pouvoir temporel et politique dans le Paraguay.
En 1 686 , il y avait déjà près d'un siècle et demi que les jésuites étaient devenus confesseurs en titre des rois de Portugal , et que , pour leur complaire et mieux servir leur régime, le roi Jean III était devenu lui-même jésuite, qu'il avait fait les vœux ,, et qu'il devait être conséquemment dans les mains du général et du provincial , comme le bâton dans la main du vieillard. Mais ce régime, voulant sans doute gouverner au nom de l'auguste profts de robe courte, lui avait laissé le titre de roi. L'histoire «atteste qu'il avait obtenu à Rome la permission de conserver son trône ! Art de Vérifier les Dates y in-fol. , tome 1 , page 783 , col. 1 . Une fois constitués seigneurs spirituels , temporels et politiques du Paraguay, les jésuites n'eurent pas grande peine il changer ce pays en une monarchie jésuitique qui subsiste encore, et où ils sont depuis long-tems en possession de fouetter à voloaÉé.lwra
(yjn OEUVRES
sujets hommes et femmes, filles et garçons. Voyez à la fin de notre chapitre IX.
Le cardinal de Beausset avait oublié apparemment que Jean III et Louis XIV furent faits jésuites ; il avait oublié l'usurpation du Paraguay par les jésuites , et leurs célèbres conspirations contre les gouvernemens de FAsie et de l'Europe, lorsqu'il osa écrire que la création de leur ordre eut pour objet politique de protéger les gouvernemens ; Hist. de Fénélon, tom. I, pag. 16. D'après les faits certains qu'on vient de rappeler, cet objet politique et très-digne des plus profondes réflexions ne fut qu'un prétexte audacieux; ou bien dans cette révélation tardive mais admirable, surtout pour le tems où elle parut , protéger veut dire très-exactement espionner, corrompre, affaiblir, troubler, dominer, opprimer, renverser.
ADDITION
Au chapitre X. Grands pages Fouettés.
Plusieurs années avant que les jésuites eussent aucun collège , l'histoire apprend qu'à la cour de France, et chez les grands seigneurs qui se piquaient d'avoir des pages , il était de règle et d'usage de fouetter corrçctionnellement ces jeunes gentilshommes , même après qu'ils avaient atteint
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l'âge de l'adolescence , et qu'ils avaient combattu dans les armées. Si, par exemple, ils avaient tué un ennemi avec leur javelot, ils devaient, sous peine du fouet , rapporter ce javelot , afin de se tenir en état de le représenter. Voyez la JMographie Universelle des frères Michaud, article Mergejr.