‹ Œuvres de J. D. Lanjuinais (volume 4)Chapitre 33 sur 101 · LEÇON SEIZIÈME · texte numérisé non relu

LEÇON SEIZIÈME

Aegbmbvt. ne la prédestination des htomo , les mis pour être de la nature divine et réuni* après leur mort a l'esprit suprême , et les antres pour subir le sort des mauvais esprits, et être astreints de nouveau aux peines de la vie mortelle dans les régions inférieures '.

Celui qui naît destiné k s'unir k la divinité , est sans crainte ; il purifie son ame ; il s'appliqua sans relâche à la science de l'union à l'esprit suprême : il est libéral ; il dompte ses passions; il offre (â feit offrir) dep sacrifices ; il fait deq méditation» pieuses ; sa vie est austère ; il a de la drpiture et de la véracité; il s'abstient de nuir£(aux êtres animés); ilapour

1 Dans ce chapitre , il n'est pas question de la nature ou destinée intermédiaire, suivant laquelle beaucoup d'hommes vont pour un tems dans le ciel d'Indra avant de sehaîfeé dans l'état mortel.

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eux de la bienvei llance; il ne se livre pas k la colère ; il s'abstient de la calomnie et de la vengeance; il est doux , modeste , patient , pur, ferme et courageux.

Au contraire , celui qui naît destine à subir le sort des mauvais esprits {asourdfj on le reconnaît à son hypocrisie , à son orgueil ; il est insolent et colère , il insulte , et il vit dans l'ignorance. Le premier sera délivré , en mourant , de tous les maux attachés à la vie mortelle ; mais le second est des* tiné à renaître pour les souffrir. Consolè-toi , Arjouna , tu fus prédestiné , en naissant , pour être uni a la divinité.

Il y a donc ici-bas deux espèces d'êtres animés; les uns naissent avec la destinée divine , et les aur très avec la destinée des mauvais esprits. Je t'ai expliqué les vertus qui distinguent les premiers; voici le détail des principaux vices qui caractérisent les seconds.

Ceux-ci n'ont la science ni de la vie active , ni de la vie contemplative ; on ne trouve chez eut ni pureté (de vues) , ni vérité , ni règle de conduite. Ils disent que le monde n'a rien de réel , rien de stable ; qu'il est sans régulateur , sans commencé* ment et sans fin , et qu'un désir brutal et pftssiénhé en est la cause unique : fixés dans cette opinion , ces êtres , d'ailleurs inconstans et peu intelligens , se précipitent dans l'action et agissent pour le malheur du monde; livres à leurs désirs, ils courent follement après des chimères, et n'attendant rien

après la mort, ils vivent sans but, ils sont pleins de fourberie , d'orgueil , de témérité , et se plongent dans la débauche. Ils ne songent qu'à satisfaire leurs passions qui demeurent toujours insatiables. «Jouissons, se disent-ils à eux-mêmes, autant qu'il nous est possible ; » et , ce plan arrêté, ils s'enlacent dans les liens multipliés de l'espérance ; ils s'abandonnent h la cupidité , à la colère ; afin de jouir davantage, ils s'efforcent d'accumuler des richesses par toutes sortes d'iniquités. Us se disent : « Aujourd'hui j'ai pris ceci, demain j'aurai cet objet de mes désirs ; me voilà devenu le maître de cet avantage, je veux m'en procurer un autre. Voilà un ennemi que j'ai détruit, demain j'en ferai périr d'autres ; c'est moi qui suis le maître ; je suis plongé dans les délices, j'atteins en tout à la perfection ; je suis supérieur aux autres , je suis heureux , opulent, généreux; qui donc est semblable h moi? J'immolerai des victimes; je donnerai des repas splendides ; je ferai des présens. » Telles sont les pensées de ces malheureux dans l'excès de leur ignorance. Tourmentés par leurs vains projets , enveloppés dans les réseaux de la folie , esclaves de leurs coupables désirs , ils s'élancent dans les régions inférieures et impures ' . Présomptueux, riches, orgueilleux et téméraires, s'ils font un acte de culte , il n'est point conforme

1 Le nom de ces régions est Naraha, C'est là 'que règne Varna dieu des enfers.

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aux règles, tt n'est qu'hypocrisie; n'aimant qu'eux, ils s'abandonnent èi la fierté , h la cupidité > kh violence , à la colère, à la diffamation , ils me haïssent en eux-mêmes et dans les autres. Ces furieux , ces hommes atroces , ces abjectes créatures , ces malheureux , je les jette dans les liens d'une mortalité nouvelle (après leur mort) ; ils continuait k renaître en des matrices de mauvais esprits , et ces insensés ne revenant point à moi dans leurs renaissances multipliées, ils entrent toujours dans la voie des régions inférieures.

» L'enfer a trois portes par lesquelles ils se perdent , et dont il faut se détourner ; ce sont : la passion , la colère et l'avarice. En évitant ces trois issues ténébreuses , et recherchant sa (vraie ) félicité , l'on entre dans la voie des régions supérieures. Celui qui abandonne les préceptes des shâstras f pour vivre au gré de sa passion , n'arrive ni a la perfection ni au bonheur, et n'entre point dans la voie des régions supérieures; ainsi donc, Arjouna, règle, suivant les préceptes des shasinu, tes actions et tes omissions : sachant qu'ils te commandent l'action, mets ce commandement en pratique. »

1 On entend proprement par shdstra tout recueil dei écriture* sacrée» ; et comme chez le» Indon» , tout se rapporte à la religion , toute etpèee de livre porte le nom de shdttrm.

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DE J.-D. LANJU1NAIS. a,3

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