II. — Du jeu des petits soldats , latrunculorum
Nous en avons des notions assez claires h quelques égards dans des vers connus attribues a Ovide ou à Lucain, et que l'on croit du moins appartenir au siècle de ces deux poètes. M. Christies explique d'une manière neuve et satisfaisante 9 les plus difficiles de ces vers , et d'anciens passages analogues d'auteurs classiques.
Il n'y est pas question de l'usage des dés. Ces vers ne peuvent donc s'appliquer qu'au Petteïa, ou au jeu des petits soldats. Mais ils appartiennent plutôt à celui-ci , puisqu'il n'y est point parlé de la place centrale ou sacrée. Il paraît qu'elle ne parvint pas aux Romains, ou qu'ils la supprimèrent, w la
1 On reconnaît, d'après plusieurs textes de Plante , de Varron, etc. > et d'après les mots grecs Xxrpov, salaire , et iarp/viiv, servir, que le sens primitif da mot latin latro, est salarié, qni sert, qui est soldat; que latrocinium et latrocinari ont originairement signifié milice et militer, taire le service des armes. C'est ainsi que brigand ne désignait autrefois que celui qui fait partie d'une troupe, briga , d'une troupe armée , d'une brigade. De même cosaque a le double sens de latro et de brigand. (Note du savant Huet, rapportée* p. 1 59 du Mémoire de Camus , sur les grands et les petits voyages, ) Il n'est pas difficile de comprendre d'où viennent ces liaisons d'idées , ces extensions singulières da sens>
primitif des trois mots latro, brigand et cosaque.
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changèrent en une espèce de muraille ou de rempart qui séparait le territoire de chaque parti des combattans. Il y est fait allusion dans ce vers, comme si elle était figurée sur la table de jeu, de manière qu'il fallût la renverser pour faire irruption sur le sol ennemi : Clausaque dejecto populetur mœnia vallo.
Comme Ifts soldats grecs joilaient le Pettçïa, les soldats romains dans leur tems de loisir s'amusèrent au jeu latrunculorum également militaire, et dérivé du premier. Le second passa des Romains h toutes les parties de l'empire , et toute l'Europe le possède encore. Sauf quelques altérations, c'est notre jeu des dames, c'est-k-dire , selon M. Christies , du rempart ; car il dérive le mot dame au jeu des dames , de l'allemand î>amm , qui veut dire seulement levée ou rempart, ou dame au jeu des dames, tandis que dans cette même langue on appelle une femme de quelque rang que ce soit, grau.