CONCLUSION
UOupnek'hat renferme un système de philosophie très-digne d'attention; 1 ° par son iancâennAstc : il rtemonte k quatre mille ans ; a° par l'étendue- immense des pays où il est connu et pratiqué : il l'est depuis tes te&s anciens dans la Perse , l'Inde et le Thibet , la Chine et le Japon ; il est plus ou ntoîns répandu en Tartarie ; il a pénétre dans la Laponie, la Sibérie -, et dans beabcotop de pays voisins de cfeuk que Ton vient de nommer; en un mot» c'est le fond de la religion des Brahmanes et de celle des disciples de Bouddha.. Cette dernière est appelée, en Tartàrie et dans le Thibet, la religion des Lamas; dans la Chine, là religion de Fo; celle de Somoiiacodom dans le royaume de Siam , etc. En un mot, Y indianisme varié couvife de scsiueurs
DE J.-D fclrUUlNAIS. S&i
ténébreuse* ïiti feftpaèe ffënvirMl sej^t t&f H* ttéuëê , il s'étend sur presque toute Y Asie.
Ce Système, h pat* Fabus qu'on en fait, a tm caractère dé Sublimité ; auquel ritfiagfriatiôtt de» Gi-ecS ni celle des Rttnàki* n'oti* pu atteindre ' t iîiri sèfcl être j et cet être est un esprit éternel , et l'hàtome est fcfet esprit ; fet dépendait LYtftfre ootn* mun est maintenu dans les choses IWmajnés; tes rapports de la créaturt au Créateur, des êtres raisonïïables eritte eux ; la subordination des genres et des espèces, les anneaux de cette chaîne, Thanv monie qui les unit ; tout cet 'ensemble est conservé comme le système qui admet tout h4à-fois pluralité d'êtres et co-existence d'esprit et de corps <
L'Européen voit ici une pleine contradiction > et condamne Vanité indierttae sans vouloir approfondir le système ; le partisan des f^edas ou des Oupnek'hats n'y voit qta'utie contrariété apparente : il admet Y unité spirituelle et \& pluralité dés esprits et des corps , unité en soi dans la spéculation , clans la vérité a ; pluralité relativement h cette vie d'icibas , darfe la réalité , dans la pratique , mais avec
1 Parmi nos modernes Européens , Berkley et Arthur Collier ne voulaient reconnaître qne des esprits. Il y a loin encore de ce spiritualisme a celai des Brahmanes et des Bouddhistes, qui né veulent voir en tout qu'un seul esprit se modifiant soi-même. Quelques branches de philosophes kantistes ont devine , ont prêche de nos jours un spiritualisme qui ressemble un peu à celui des Vedas , et qu'on à sdv&rement défendu dans plusieurs t'tats d'Allemagne.
2 Voyez le Traité des Ex trente $ , ou Elcmens de la Science de ta Réalité , par M. Changera, liv. I, ch. 8,9, 10, 1 1 , i'a et i3. Par», 1767 , in-ii , 2 tommes.
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une tendance à l'infini vers l'unification j par la méditation; en domptant les sens, les passions ; en diminuant les besoins et les actes*; en faisant abnégation de soi-même et de sa propre existence individuelle, par une sorte de mort philosophique et religieuse , qui consiste à ne vouloir plus se sentir et se voir que dans l'immense océan de. l'être unique et spirituel. •
En deux mots, riz penser qu'à un être unique, agir ici-bas comme s'il y en avait effectivement plusieurs, le produisant et ceux qui seraient vraiment produits, celui dont tout émane et ceux qui sont émanés; se mettre bien dans L'esprit qu'il y a comme deux raisons, celle qui règle tout dans ce bas monde, et celle du monde supérieur.
L'une souvent parait , mais n'est pas vraiment opposée à l'autre.
Ce qui regarde la vérité en elle-même, l'essence des choses, les attributs du premier principe, la vraie nature de l'ame , se règle par la, seconde raison, ne peut être connu que par elle.
Ce que c'est pour nous que l'espace, le mouvement, le tems, la production ou l'émanation, la conservation ou la destruction , les qualités ou modalités y l'esprit , la matière , la liberté , le volontaire, la vérité par rapport h l'homme, les'axiomes, les lois , le bien et le mal , le mérite et le démérite, les récompenses et les punitions, les esprits tels qu'on les conçoit, les corps tels qu'on les voit, leur action réciproque, enfin tout ce qui appartient aux
êtres sublunaires dans leur existence sensible, tout cela est soumis à la première raison.
Ainsi, tout parait multiple et n'est réellement qu'un. L'ordre moral, religieux et politique ressortit à la première raison ; l'union ineffable avec Dieu appartient à la seconde. C'est en cette union que consiste le perfectionnement de l'universalité- des, êtres : par-là tout est réduit à l'unité ; tout , excepté Dieu , se réduit au néant.
C'est à-peu-près de cette manière que le traducteur, dans ses notes , explique et justifie le système indien ; il en développe toutes les parties , il les éclaircit par les rapprocbemens les plus curieux, mais toujours professant le plus ferme attachement k la religion chrétienne et au catholicisme , toujours les défendant, les soutenant par ses réflexions et ses recherches savantes.
Il faut bien distinguer l'ancienne religion brahmanique ou indoue selon les Vedas > ou selon les Oupnek'hats réputés la portion des Vedas la plus importante , d'avec la religion brahmanique et mdoue selon les PourâncLs l , les Itihdsas a et les Tantras 3, c'est a-dire selon les doctrines idolâtres les plus commodes et les plus grossières, selon les pratiques populaires les plus lucratives pour les
1 Les anciennes (histoires).
2 Itihdsas , récits amusons et fabuleux. Apparemment c'est le mahdbhdrata.
1 Les fils (conducteurs). Ce sont des dialogues entre Shwa et sa femme Dourgdy autrement Parvatt, Cdlt, Ommd, etc., approuves par Vichnou. On les appelle aussi A ganta. V. AsiaU Res., t. V, p. 54- IV. a3
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Brahmanes > les plus superstitieuses et souvent les plus obscènes; car les cultes licencieux , fort étrangers aux Vedas, sont universels parmi les natifs iudous réputés brahtaanistes.
Et dans la religion brahmanique selon les Vedas, il faut encore distinguer le jndnam ou la gnose y le gnosiicisme ' , la religion des savons , hommes ou femmes de quelque caste qu'ils puissent être , d'avec la religion des ignorons de toutes las classes.
La religion brahmanique des savans , la seule absolument nécessaire selon divers textes des OupnekhaiSy a dà produire le bouddhisme/ elle consiste dans le système de spiritualisme , de panthéisme, de méditation, de contemplation, de quiétiism* désintéressé et d'illuminisme , sujet de cette analyse ; elle seule procure le retour k Dieu , la transformation, l'absorption en Dieu, qui est tout, puisque la matière n'est rien. Ainsi le pur spnitnalisme est la philosophie comme la théologie de l'Inde , et d'une très-grande portion de l'Asie.
La religion des ignorons est toute espèce de colle cérémoniel prescrit , ou dans les Vtdas, ou dans les autres livres orthodoxes ; c'est donc la culte extérieur et cérémoniel de Brakrnâ, de f^icïïnou^ de Shiva, attributs divins personnifiés ; c'est aussi le culte de la nature matérielle, des élémens, du so-
1 Y. Ober die biblische g$osis , Ton D" Job. Horo. Ifcnwer, «4o£, in-8°, i vol.
i -'ï^^^-^gggw^
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leil y de la lune , et des autres corps célestes personnifiés ; c'est enfin le culte rendu aux ancêtres , c'est-à-dire à leurs âmes , qui furent incorporées > et qui sont dégagées du corps. Tous ces cultes *k~ teneurs sont réputés bons parles Oupnek'kais, mais en un sens borné; car tous sont également inefficaces pour le vrai salut; ils ne peuvent procurer qu'un bonheur secondaire et temporel, et sensuel ' dans l'atmosphère , dans la lune ou dans quelque autre corps céleste, et suivi de renaissances plus ou moins malheureuses sur la terre , qui est un enfer. Il y a des livres, comme le code de Mariou, autrement le Manama dharma shdstra, qui ont osé faire des Brahmanes et des Kchatriyas ou rajas, des dieux sur la terre ; il y a aussi des pourdnas et des tantras , qui ont établi le culte ou les cultes inf&mes du lingam et àeYyoni, emblèmes deShiva et de Câli y universellement répandus dans l'Inde ; mais on ne trouve rien de semblable dans les Oupnek'hats y les Vcdchnavas en ont horreur > quoique ces dépravations soient anciennes sur la terre , et qu'elles se soient introduites ou répandues chez beaucoup de nations. Les Oupnek'hats parlent de Rama et de Criclma, mais sans les considérer comme dieux ; mais on n'y trouve pas , comme dans le Pourdna Kâlika, les horribles sacrifices de sang humain ; on n'y aperçoit aucune
1 A$. Res. , t. I , p. 166.
» A*. Res. , t. Ht , p. 475 ; t. IX , 393.
trace de culte divin , direct ou symbolique , décerné a aucune partie quelconque , intérieure on extérieure d'aucun corps humain ; toutes ces corruptions étaient inconnues aux grands précédent y comme on dit dans l'Inde.
Je regrette de n'avoir pas expliqué les mots Veda ^t OupneJihat ; il faut donc finir par où je devais commencer. Le mot Veda, auquel tiennent le mot videre des» latins et ses nombreux dérivés , auquel tiennent aussi tant de familles de mots dans beaucoup de langues de l'Asie et de l'Europe , est une forme sanscrite du mot sanscrit vidyâ, science, loi. Le mot Oupnek'hat, est une forme persane du mot sanscrit oupanichad , qui désigne les textes du Veda concernant la nature de Dieu , la science du Créateur, et les moyens de se réunir à lui ; littéralement, c'est ce qui va à ou dans Brahma, le Créateur, contenant l'univers, qui s'y plonge, s'y absorbe; ce qui est l'essentiel de la religion. Si, dans le mot oupanichad y Ton prend la syllabe ni an sens négatif qu'elle a parfois dans les mots composés , alors ce mot signifierait littéralement , ce qui ne va pas à ou dans, et au sens logique, ce qu'il ne faut pas faire aller, sans discernement , ou ce qu'il faut tenir secret. Tel est le sens qu'ont adopte, au dix-septième siècle de notre ère, les Brahmanes , auteurs de la version persane. La première interprétation est de Sankara Atchârya, le plus estimé des commentateurs des Oupanichad; et la seconde interprétation , en supposant un secret
a cacher, ne s'accorde point avec la doctrine antique de PInde; ce qu'il y a de plus secret est enseigné dans le Mahâbhârc&a à Arjouna. Je ne trouve point le précepte du secret de la doctrine des Vedas y inculquée dansles Oupnek'hats mêmes. Selon le code de Menou , ch. vin, § 28, et cb. x, § 1 , il n'y a de dogme secret dans les Vedas que pour la caste des shoûdras ou serviteurs , et pour les hors-castes. J'ai déjà cité le tome I, p. 33, de YOupnek'hat, où l'on voit un hors-caste fait Brahmane par le Richi Gautama, et recevoir de lui la doctrine du Veda. J'ai cité la page 392 du même volume , où l'on voit qu'il est permis de faire connaître cette doctrine , généralement à ceux qui ont foi aux Vedas , qui les comprennent , qui en font les œuvres y qui cherchent Dieu. (Voy. le Bha~ gavad-Gîta en français.) D'après cela, il faut préférer la première explication du mot oupanichady laquelle rentre dans l'etymologie donnée par Wilson , en son vocabulaire sanscrit. Dans sa lettre déjà citée, M. de Volney a traduit oupanichadas ce qui est à côté, au-dessous des secrets. Mais s'il y avait ici des secrets , il est bien certain qu'ils seraient dansles Oupanichadas y qui, d'ail- Jeurs, ne peuvent être au-dessous du Veda, puisqu'ils en sont la partie la plus excellente et la plus relevée .
« R. A., VIII, 473 et 77a.
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NOTICE
sua l'ouvrage irtitulb ;
An inquiry ihto the ancient greek game , supposée to hâte been inoenled by Paimmedes antécédent to ihe siège qf Troy ; cQÎth reasonsfor believing the same to hâve been knownfrom remote antiquity in China and progresswely improvcd info the Chinese , Indian , Persian and European Chess. Alsa tooo dissertations : i° on the Athenian Skirophoria; 1° on the mysticat m tanin g qf the bough and umbreila , in the skùian rites, Londoti , 1801 , 4°-
C'est-à-dire , Recherches sur l'ancien jeu grec , dont on suppose que Palamède fut l'inventeur avant le siège de Troie ; raisons de croire que ce jeu Tut connu en Chine , dans l'antiquité , et qu'il est devenu , par des améliorations progressives , le jeu des échecs de la Chine, celui de l'Inde, de la, Perse et de l'Europe; avee deux dissertations , la première , sur les Scirophories des Athéniens , et la seconde , sur la signification mystique de la branche d'arbre et du parasol, dans les Scirophories. Londres, 1801, 1 vol. in-4° de xvi et 169 pages, avec 7 planches et plusieurs vignettes représentant des antiquités.
L'auteur de cet ouvrage est M. Christies, savant antiquaire anglais , qui va bientôt publier une autre dissertation du même genre , sur des vases étrusques , dans laquelle il entreprend dis prouver qu'il y a un rapport , une liaison très-probable en*
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tre la fêle des lanternes , chez les Chinois , et une illumination qui se faisait k Eleusis , ville de l'Àttîque.
Le titre du livre dont nous allons rendre compte annonce les trois sujets grecs que l'auteur y a traités , savoir : i ° le jeu des Grecs nommé Hzlrtfa ; ou jeu des cailloux , vu dans son origine , ses progrès et son dernier état de perfection ; 2° les fêtes Athéniennes, appelées Scirophories y 3° la branche d'arbre et le parasol portés dnfcs ces fêtes. Sur les Scirophories et sur le parasol , l'auteur présente des recherches , des explications , des conjectures aussi curieuses que nouvelles et intéressantes. Nous entrerons dans quelques détails sur le Petteïa qui est le sujet principal du livre.
On a beaucoup écrit sur les anciens jeux de combinaison; cependant, leur nature précise, leurs méthodes , leurs règles principales restent encore indéterminées, et faute de les connaître, on ne peut expliquer bien des passages des livres classiques.
L'auteur paraît avoir jeté beaucoup de lumières sur ce sujet qui devient plus important , considéré sous le point de vue des rapports qu'on peut découvrir entre les différens peuples , et comme tableau frappant de l'origine et des progrès de la civilisation.
Il trouve dans le simple jeu de Mérelle, le Tpt<fàov des Grecs ou jeu de la triple voie, l'ébauche du Petteïa , et dans le Petteïa, l'origine i ° du jeu W
tin appelé Ludus latruriculorum , le jeu des petits soldats, d'où est venu le jeu des Daines, 2° du jeu dit TliSXtç ou IlAtvd&v des Grecs, qui se jouait avec des dés , quoique ce fut aussi un jeu de combinaison, et qui a produit XAlveus des latins, et notre jeu de trie- trac. Enfin , il fait voir que le jeu des échecs n'est que le Petteïa perfectionné ' .
Un ancien scholiaste de Théocrite ', et le savant Meursius confondirent le Petteïa avec le Zarp&eov, ou les échecs dont parle Anne Comnène dans la Vie d Alexis Comnène son père. Thomas Hyde a relevé cette erreur 3 ; mais il n'a point expliqué la nature du Petteïa. Ce que nous dit sur ce sujet M. Christiçs, est entièrement neuf, et sa filiation savante du jeu des échecs , les recherches qu'il a fallu faire pour l'établir , pour comparer ensemble le Petteïa, les échecs et les autres jeux analogues, appartiennent exclusivement k cet auteur.
Il se trouvait contrarié dans sa marche par une autorité imposante.
Le célèbre William Jones , trop hardi quelquefois dans ses conjectures, et très-prévenu en faveur de l'Inde , dont il a si heureusement fait connaître au reste du inonde les livres et l'ancienne langue , a prétendu que le jeu des échecs ne s'est pas formé
1 Pi ti se us , dans son Lcxicon AntiquUatum Rom. , au mot lalntjt— cuit , dit , en passant , qne les échecs ne sont que les latrunculi perfectionnés; mais il n'a point donne de preuves de cette assertion.
aSur tdyl. I, t. 18.
3 Dans son traité de Ludis Orienlaiibus.
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peu-a-peu, ne s'est pas complété par des. changemens graduels , par des améliorations successives, mais qu'il fut inventé d'un seul jet, par un effort de quelque grand génie ' .
Cette idée peu philosophique méritait bien d'être examinée- L'invention subite d'un jeu si ingénieux et si profond, serait aussi inconcevable qu'un beau poème , composé uniquement des premières pensées de l'auteur, ou un magnifique tableau exécuté sans esquisse. Les fruits de la pensée veulent être mûris par le travail et la méditation. Toutes les vérités sont enchaînées ; nous passons succèsswement de l'une à F autre; et si le génie paraît s'élancer y c'est pour les vues ordinaires qui n'aperçoivent pas les liaisons a. Les plus célèbres inventeurs n'ont fait qu'ajouter, et le plus souvent fort peu , aux travaux de leurs devanciers ; c'est une vérité dont vous trouvez la preuve a chaque pas dans l'histoire des arts et des sciences.
La dissertation de M. Christies contre le paradoxe de M. Jones est partagée en dix chapitres ; voici l'analyse des plus intéressans.
Chapitre I. — Du Petteïa et de la Mérelle; si Paîamède a inventé le Petteïa.
A la tête de ce chapitre est une gravure qui représente un berger faisant paître son troupeau . Près
1 Dissertation sur le jeu indien des échecs , dans les Asiaùk Rescarches , vol. II, n° xv. ■.
2 Bailly, Lettres sur les Sciences , p. 191.
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de lui sont figurées les lignes d'un jeu de Mérelle , et au milieu du plan que forment ces lignes est dessiné un parc à brebis.
Voilà, suivant notre auteur, une première esquisse du Petteïa, du jeu des petits soldats , du jeu des dames , et même du trictrac et des échecs.
Le premier tira son nom de ircTrùç caillou ; c'était littéralement le jeu des cailloux , des petits cailloux.
Chaque joueur avait cinq cailloux qu'il faisait marcher sur>des lignes tracées , et qu'il devait conduire de manière k enfermer et k prendre ainsi les cailloux de son partenaire.
Au milieu du plan figuré sur lequel on jouait, c'est-à-dire , au centre de la table du jeu , était fcpà ypapirh, la ligne , ou plutôt le dessein grossier delà clôture sacrée, sur laquelle les modernes les plus érudits, Saumaise, Casaubon, et même Thomas Hyde n'ont riéti dit de satisfaisant.
M. Christies les réfute avec avantage, et d'après Julius Pollux, Polybe, Suidas, Athénée, Eustathe sur Homère , il établit son système et le rend sensible par des planches gravées.
La ligne ou clôture sacrée , n'était pas comme on l'a cru, une simple ligne droite par laquelle aboutissaient de chaque côté perpendiculairement les cinq lignes tracées devant chaque joueur; elle devait être plus courte que l'espace occupé par les dix lignes , sans quoi , étant inviolable , elle eût empêché les partenaires de se poursuivre récipro-
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quement. Elle devait être aussi plus qu'un point central, car il était possible d'y pflhctrer, puisqu'il était défendu de le faire.
Ainsi l'auteur la représente, comme est le carré central dans la Mérelle. Il montre comment par un changement très-léger, la table du jeu de Mérelle usité encore aujourd'hui chez les Arméniens , a dû produire la table du Petteïa.
Il conjecture que l'un et l'autre jeu furent inventés dans l'occident de l'Asie, et que des tribus d'origine scythique , pénétrant en Europe par le nord, y apportèrent le Petteïa.
Le nom oriental du carré central de la Mérelle est Zindan , qui signifie clôture pour les troupeaux , é table, bergerie. C'était dans l'origine la représentation de quelque chose de ce genre. Les pâtres orientaux s'amusant à jouer à la Mérelle , auront figuré dans ce jeu, l'abri, le lieu de sûreté où ils conservaient leurs botes ; et comme le Petteïa n'était que la Mérelle un peu altérée , on y laissa aussi la ttrgerie , en grec omàç. Dans la suite ce dernier mot reçut une acception nouvelle , il désigna l'enclos où l'on rangeait les images des dieux ; puis il signifia le temple même tepa. 11 est probable que réciproquement, la bergerie fut appelée ecpàv le sacré, et dans le jeu du Petteïa fcpà ypotfiphj ligne ou clôture , ou barrière sacrée , afin de la distinguer du temple même qui servait et sert encore chez les Asiatiques, à rendre une limite sacrée ou inviolable. (Voy. Code des lois des Gentoux , tr. franc. ,
p. i85.) A la fin de ce premier chapitre , 4'autetrt* examine les passées de Sophocle, d'Euripide et de Philostrate, sur lesquels on s'est fonde pour attribuer à Palamède l'invention du Petteïa; le résultat est que ces texte» ne prouvent point ce qu'on a voulu leur faire prouver.