‹ Œuvres de J. D. Lanjuinais (volume 4)Chapitre 82 sur 101 · IV · texte numérisé non relu

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ches littéraires sur les langues , l'histoire , les sciences , les arts et les immenses littératures de l'Asie , en même tems qu'il nous offre les moyens de soutenir des rapports commerciaux avec cette partie primitive dû genre hilmain.

Ce nouvel ouvrage est dédié à Y Académie de Calcutta. L'auteur Ta divisé en cinq chapitres, mais il avertit lui-même de le distinguer en trois parties.

La premièse se compose des définitions et des principes, tant du système général des sons parlés, que du système des lettres ou des signes destinés à figurer ces mêmes sons. Ici Ton trouve quelques notions nouvelles , et d'autres déjà répandues qui sont mieux éclpircies. Dans la seconde, l'auteur expose et souvent discute, avec une saine critique, toutes les énonciations vocales ou toniques usitées dans nos langues d'Europe ; elles se réduisent à dixjieuf où vingt voyelles et à trente deux consonnes, à-peu près comme dans les langues les plus riches de l'Asie, dans le sanscrit particulièrement, selon plusieurs de ses alphabets.

Les vingt-cinq ou vingt-six lettres de l'alphabet romain ne suffisent pas à peindre toutes les variations de la voix; mais cet alphabet a le précieux avantage de présenter les formes les plus simples , et d'être usité dans toute l'Europe , en Amérique et dans les colonies européennes de l'Asie. L'auteur propose de le rendre universel, en tirant du fond même de cet alphabet: si connu , d'autres signes

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simples nécessaires pour figurer les sons étrangers.

Dans la troisième partie, Fauteur donne un exemple pratique de sa théorie , en rappliquant à l'alphabet arabe, comme k l'un des plus compliqués de l'Asie, quoiqu'il n'ait pas le vice extrême des milliers de groupes en usage dans le sanscrit. Après avoir analysé l'alphabet arabe dans tous les procédés de sa formation , il le résout entièrement dans nos caractères d'Europe , et en d'autres également simples , qu'il déduit de ces mêmes caractères. Son travail peut s'appliquer au. turc, au persan, au syriaque , à l'hébreu , h l'éthiopien , etc. , même *$ sanscrit et à la langue chinoise.

On a donc ici un système unique de lettres sim* ples et de formes élégantes , au moyen duquel une multitude de langues ou de dialectes, les plus utiles, les moins connus et les plus difficiles , peuvent se lire, s'écrire, s'imprimer aisément et promptement, à l'usage des Européens , et bientôt des Asiatiques même.

Les curieux de la science étymologique trouveront dans cet ouvrage des vues savantes sur cet objet et plusieurs applications heureuses .

Si l'auteur y traite un peu lestement Pythagore, Platon et leurs disdples de visionnaires et de rêveurs hypocondriaques , il ne se montre pas mieux prévenu en faveur des productions littéraires de l'Asie. A son avis, « l'histoire li^y récite que des » fables ; la philosophie n'y professe que des so- » phismes ; la médecine , que des recettes ; la mé-

* tapbysique, que des absurdités; rhistoire natn- » relie, la chimie, les hautes mathématiques, y sont » k peine des noms. L'esprit d'un Européen ne » peut que se gâter et se rétrécir à cette école. » Tant d'assertions sévères contiennent sans doute un fond de vérité, mais il serait trop malaisé de les justifier d'exagération.

Les lecteurs habiles apprécieront la justesse de certaines critiques assez vives, adressées par M. de y*** k MM. de Sacy et Langlès, qui ont combattu son système. Nous trouvons difficile de n'être pas pénétré, comme l'auteur, de la grande importance de sa méthode, que nous avons suivie, et que nous conseillons pour le sanscrit, auquel se rapporte presque tout le matériel des langues européennes. On pensera qu'il est hardi de s'être appliqué k luimême (p. 212) ces vers d'Horace :

Exegi monumentum œre perennius; JVbn omnis moriar !

Mais beaucoup de ses lecteurs augureront probablement que , devant la postérité , cette prévision extraordinaire ne passera ni pour un excès de présomption , ni pour une fausse prophétie.

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