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DISCOURS
SDR L^IHPBniBUSE HBCB88ITB DB KBJBTBR LA »R0t<Mll1I01l ( Dl) MAR- QUIS BARTHBIJBHT.] TBNDAIfTB A HODIFIBR hk LOI 9B8 BLBCTIOVS.
PROUCNIcfi BB 9 MAÉS idig.
Messieurs ,
J\i promis des faits; je vais les prései^ter* Césl avec des /hits et non plus avec Parme seule du rais(»mement que je viens combattre encore l'attaque , trop véritablement perturbatrice ^ faite à la loi des élections , qui est notre seconde. Charte^ comme Ta dit un noble pair^
Après quatre ans de notes secrètes y notes diplomatiques, toujours criminelles et toujours impunies, après rintrigue d'Aix-la-Chapelle contre notre loi tutélaire y éprouvée deux ans par le plus grand calme et par d'honoraUes choix , après cette autre intrigue de la fin de décembre dernier^ qui avait le même but, et deivait ramener les malheurs dont le roi arrêta le cours par son ordonnance du 5 septembre 1816; H s'est formé un nouveau point nébuleux , présage d'uhe affreuse tempéle;
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et le nuage part de la chambre des pairs. Cette chambre est instituée pour calmer les orages politiques , pour conserver, pour ramener Tharmonie entre les pouvoirs , et c'est en son nom qu'on propose vaguement les innovations , les excitations les plus alarmantes , par cela même qu'elles sont le plus incertaines !
N'en doutons pas, c'est une grande faction, très-visible , hors de cette chambre , la faction des privilèges , des abus , des sinécures , des prodigalités, de l'oligarchie , c'est elle qui nous agite et nous arrête , pour tâcher d'abattre enfin laX^lharte, si long-temps minée, ou pour la rendre tout-à-fait illusoire , et en réduire les effets à d'hypocrites cérémonies ; voici le but que l'on se propose , voici les faits criminels et tout prochains qui ont préparé le désordre et ceux qui V ajccompa^gnent y et voici les maux qu'A a déjà faits ; voici les résultais plus ou moins malheureux qu'il doit entraîner, si la plus prompte intervention de l'autorité suprême ne vient ^ une troisième fois dans six mois, déconcerter les efforts de la cabale, de la ligue, et rasséréner l'horizon.
Je ne prétends accuser personne dans cette enceinte , si ce n'est d'imprudence et de faiblesse et de préjugés incurables^ Mais souffrez que je le dise : la liste seule des 60 et des 95 dont on parle , si elle existait , me dispenserait de tous détails ; il suffirait delà lire.
Le but prochain de la ligue est de renterser le
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ministère actuel, qm a le choix du roi et Topinion publique, et qui, par un ayantage nouveau, se distingue à-la-fois par le patriotisme et l'esprit d'union, par des sentimens homogènes, /
On veut le remplacer par les hommes les plus exaltés de la faction , pour ensuite, anéantir d'abord la loi des élections, qui a coûté deux années. de travail , et qui est si chère k l'immense majorité des Français ; on veut rétablir les deux degrés d'élection , si favorables à l'aristocratie, et ramener les élections partielles dans les petits chefs-lieux, abus si sagement prévenu par la loi actuelle.
En deux mots, c'est le grand drame de la révolution contre la Charte ; on veut I4 réduire à un vain simulacre ou la remplacer par les parlemens , s'il était possible ! Ne vient-on pas de réimprimer, depuis trois jours, la protestation du parlement de Paris , de 1 790 ; demain on va présenter, à notre admiration , la protestation du reste de l'ancienne chambre des pairs, présentée au roi , en 18 14 9 et qui n'a causé que trop de rumeurs.
Quant aux faits qui ont préparé l'attaque , s'il est vrai que tout soit en paix du côté des constitutionnels, tout fait craindre la guerre dans l'ouest de la part des ennemis déclarés ou secrets de la Charte. Il ont, dans les départemens de cette région , assemblées secrètes , armée secrète avec cocarde p^ticulière. (/ci, t orateur a été rappelé à r ordre. ) Cette armée qui existe par échelons , qui se montre dans les bois et sur les chemins , est sol-
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dée, inspectée, se rend à Tordre k certtnis jonrs, dans certains quartiers^ Son matériel est de |4u$ de 100,000 fusils anglais; des assemblées ^ecrètes^ en cette partie dû royaume , ont précédé de pltisieurs jonrs la projiositian qwi nous occupe.
Les &îts qui bnt accompagné et Suivi! cette ptoposition ne sont pas Moins remarquables. En deux départemens de l*o«est, les pliis populeux , il-àe poursuit deux procédures crittiindles relatives k ces armemens îBîcites; k rheuremême où je ^rle^ se continué une information qui doit être de plus de cinquante témoins.
Maintenant on pro{Aétise , par écrit imprimé , de nouveaux ministres , une marche rétrograde et une grande éclipse ( du ministère).
Vous côhnaissez la baisse dés Ibnds qui a suivi ; là stagnation dans les affaires de commerce et ^irtdustrîe, les éclats de Tindignation publique, les pétitions qui se succèdent; déjà, dans vos archives, il en est une revêtue de la signature de plus die trois mille citoyens.
Si là proposition n'est pas retirée , les résultats probables sont le rétablissement des pairs suspendus sans jtrgemètit en i8i5; <îe sera un retour à Tordre constitutionnel 5 mais ce retour, trop insuffisant, appelle des nominations de nouveaux pairs eh tel noiïd>ré , que la chai^re voie diminuer le^ caractères particrfiers qui doivent la distinguer. Elle est déjk tix)p nombreuse respectivement au petit nombrfe dé la diambre*^des députés. Cette der-
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nière chambre , il faudra la dissoudre et la couvoquer, peut-être, après l'avoir doublée.
Si on néglige ces moyens \ il faut changer le ministère et chercher, pour la troisième fois en cinq mois, des citoyens qui' veuillent consentir à Taccepter» r \ :» ' '. ;- ;• i
Alors , nouvelles élections selon le système oligarchique , rétablissement de la cBambre aux ca-^ tégoriesy ou d'une chambre semblable \ décadence entière du gouvernement représentatif; mesures d'exception qui paraîtront excusables : bientôt, mécontentement universel, réveil national, peutêtre guerre civile,, .guerre .élraBgèra; de toutes parts, dangers incalculables pour }a libertié, le trône et Tautel , la djmastîe , et particulièrement pour la pairie actuelle, peut-être pour toute pairie ! en un mot, despotisme absolu ou liberté, une troisième fois trop chèrement achetée . En définitive, si l'on veut nous compter, ce n'est pas dans cette enceinte, c'est au milieu de trente millions de Français qu'il faut établir les calculs. Il n'y a qu'un remède salutaire , c^t le retrait ou le rejet de la proposition.
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