CÊ&pns irnSMies tk J. Jela Ftmimmê^ p. 3ao
exLTiii NOTICE BIOGRAPHIQUE
L'amour de ces malheureux jetons était le reprocke banal que Tolontiersy en ce temps-lâ, on jetait à la t^ des académiciens. Mais la Fontaine, à T Académie, comme ailleurs, mootrait un désintéressement que Louis Racine a loué et d<mt il a dté cet exemple : « 11 entroit à TAcadémiey et la barre étant tirée au bas des noms, il ne devoit pas^ suivant l'usage, aYoir part aux jetons de cette séance. Les académiciens, qui Taimoient tous, dirent d'un commun accord qu'U falloit, en sa faveur, faire une exception à la règle : « Non, Messieurs, leor « dit-îl, cela ne seroit pas juste. Je suis venu trop tard, c'est « ma faute. » Ce qui fut d'autant mieux remarqué qu'un moment auparavant, un académicien extrêmement riche, et qui, logé au Louvre, n'avoit que la peine de descendre de son appartement pour venir à l'Académie, en avoit entr'ouvert la porte, et, ayant vu qu'il arrivoit trop lard,... étoit remonté chez lui *. » L'autre querelle académique ne devint pas un scandale comme celle qu'envenimèrent les factums de Furetière. Charles Perrault, qui la souleva, le 27 janvier 1687, par la lecture de son poème du Siècle de Louis le Grand dans une séance de l'Académie, était fort loin d'avoir les emportements du virulent abbé. Son manifeste contre l'antiquiû^, qui ne fut pas du goût des plus illustres de ses confrères, appartient à l'histoire de la guerre des anciens et des modernes. On a souvent raconté la colère de Boileau, les malices de l'ironie de Racine. Si la Fontaine laissa parler ses amis, il partageait leur sentiment, et ne tarda pas à témoigner qu'il se rangeait sous le même drapeau. Quelques jours après Torageuse séance, il écrivit sa belle épttre à Daniel Huet, un des académiciens défenseurs déclarés de l'antiquité, en lui envoyant un Quintilien traduit par Toscanella. Les souvenirs de Huet l'ont trompé sur la date du présent de son confrère * ; mais il a très-bien dit, dans ses Mémoires^ pour la défense de quelle cause avaient été écrits les charmants vers de la Fcmtaine. On pourrait traduire
MàmoiMS smr la wU de J, Mmeiite^ dans les Œmtes dm J^êm
«, tome I, p. 3a6 et 3^y.
%. Û temble donner pour oettt date Tannée 1674; mais VÉpétr$
de la Fontaine eft adressée J Mgr Cévéqm d» Soluom. Hnet ne
fat nommé i oet évèohé qa*en i685. Il deTint évéqae d'Avinaobet
SUR LA FONTAINE. gxliz
«flKÎ son Oégukt latûdy sans prétendre égaler la justesse de set ei|»resttons* : « Jean de la Fontaine, cet auteor de fables pleines de grâce et de finesse, mais parmi lesquelles il y ai a d'un peu trop licendeoses^, ayant appris que je désirais avoir la traduction italienne des Institutions de Quintilien^ ouvrage d'Orasîo Toscanella, ne se contenta pas de m'en £ùre le don géséreox, mais accompagna son présent d'un brillant morceau poétique qu'il m'adressa, et dans lequel il s'élève contre la folie de ceux qui opposent et même préfèrent le siècle présent à l'antiquité. En quoi l'on peut admirer la candeur de la Fontaine; car, bien qu'il se soit placé parmi les plus délicieux écrivains de notre nation, il a mieux aimé plaider contre lui* mkoft que de frustrer les anciens de l'hommage qui leur est dû*. »
n ne nous est pas aussi agréable d'avcnr à suivre la Fontaine dans d'autres sociétés que celle de l'Académie, dans des sociétés moins graves, moins sages, et qui ont fut mmns dlionneur à son illustre vieillesse. On peut regarder cette viâllease sous deux aspects différents. Elle a été très-anacréontique, très-semblable à celle qui lui avait autrefois paru si heureuse chez son parent, le Pidoux de Châtellerault. U faut parier franchement: elle n'a pas été un modèle de dignité, lorsqu'on ne la voit que dans son épicurisme, dans ses faiblesses, èaox même les moins inexcusables n'étaient plus de saison, enin dans la nécessité, où la mit de plus en plus une négligence
eo 16S9. Il est certain que Tépître est de 1687 ^^ T*^ ^^ poëme de Perrault en fut Toccasion. Elle fut imprimée séparément, dans le format in-4*« en 1688.
I. Mathieu Bfarais (p. 64 et 65) a donné le texte latin de oe passage des Mémoires de Huet, intitulés Petr, Dan, Huetu Commet' imim de rthus od eum pertinentihus (Amsterdam, 17 18, in- 11).
9. Sons le nom de Fables {fabularum) il est clair que Huet entend aussi parler des Contes^ car il n*y a pas de fables de la Fontaine qui soient licencieuses.
3. On peut roir ce même passage aux pages 194 et 19$ de la traduction que M. Charles Nisard a donnée des Mémoires de Daniel Hmet^ I Tol. in-8*, Paris, Hachette, i853. Nous regrettons de ne pas Taroir eue sous les yeux, avant d^ayoîr fait imprimer cette
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