‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 106 sur 379 · I. Voyex ci-après, p. culxxit · texte numérisé non relu

I. Voyex ci-après, p. culxxit

La FojrrAun. i x

GLXii NOTICE BIOGRAPHIQUE

qu'en échange noas leur donmons deux ou trois fies dans VocésLn. S'il ne s'agissoit qne de ma satisfaction, je leur céderois tout Tocëan même. » Et il loue en vers charmants les deux dëesses Mancini :

Allez en des climats inconnut aux Zéphjrrs, Les champs se vêtiront de roses.

Pois, se jouant dans un aimable badinage, il parle d'aller se montrer chez les Anglais, comment? en compagnie d'Anacr^n, qu'il ressuscitera : « Nous nous rencontrerons «i Angleterre, M. Waller * et M. de Saint-Évremond, le vieux Grec et moi....

Il nous feroit beau voir parmi de jeunes gens, Inspirer le plaisir, danser et nous ébattre, Et, de fleurs couronnés ainsi que le printemps, Faire trois cents ans à nous quatre.

Voilà le seul voyage en Angleterre qu'il annonçait alors', voyage tout imaginaire, comme celui de l'ombre d'Anacréon, et qui ne devait pas donner beaucoup d'embarras à ses hôtes. Il n'en projetait pas d'autre, quand il se promettait un bon accueil, avec cette confiance :

Anacréon et les gens de sa sorte, Comme Waller, Saint-Évremond et moi.

I. Poète anglais, né en i6o5. La Fontaine parlait déjà de lui dans sa seconde lettre à M. de Bonrepaux, nommant Saint-Érremond et lui a deux Anacréons..., en qui Timagination et Tamonr ne finissent point. » Quand fut écrite la lettre à la duchesse de Bouillon, la Fontaine ignorait que Waller Tenait de mourir, tcts la fin d^octobre, à Page de quatre-vingt-deux ans.

a. Il y a dans la même lettre cette phrase, où Walckenaer (tome II, p. i6i et i6a) a tu la preuve d*un projet plus réel : « Parois Oâit aussi dessein de convertir Mme d*Hervart, Mme de Gouvemet et Mme d'Helang (ou plutôt d*Eland). » Le sens serait, pense-t-il, qu'il avait voulu décider ces dames à partir avec loi, et que, ne les y voyant pas disposées, ce fut une des raisons qui le retinrent en France; mais il s*agit d'une plaisanterie sur le dessein d*arracher à Thérésie Mme d'Hervart (la veuve), sa fille et sa petitefille, alors en Angleterre : voyes oî-après, p. olxx, note a.

SUR LA ^FONTAINE. glxii

Ne te feront jamait fermer la porte.

Qui n*admettroit Anaorëon chez soi ?

Qui baoniroit Waller et la Fontaine ?

Tous deux sont vieux, Saint-Éyremond aussi.

Hais Terrez-Tous aux bords de THippocrène

Gens moins rid^ dans leurs vers que ceux-ci ?

Il ùMaàt bien reconnattre qu'il n'y avait pas une ride aux siens. Mais en aurait eu autre chose à lui répondre, si l'on avait eu alors l'idée de le faire venir, quelques paroles dans ce sens : « Partez sur-le-champ, et sans attendre la résurrection du poêle grec. Vos amis impatients vous demandent une visite pins réelle que celle de votre fiction poétique. y> Rien de semblable ne lui fut écrit. La réponse à sa jolie lettre fut faite par Saint-Evremond, qui lui dit : « Si vous étiez aussi touché du nérite de BIme de Bouillon que nous en sommes charmés, vous l'auriez accompagnée en Angleterre. 3» Cest tout : nulle invitation à l'y rejoindre. Le reproche de ne pas l'avoir accompagnée pourrait tout au plus faire conjecturer que la duchesse, en partant, lui avait proposé de l'emmener. Saint-Évremoiul parie aussi de dames qui le connaissaient par ses ouvrages, mais n'avaient jamais eu le plaisir de le voir, « qu'elles souhaitoiait fort. » Ce souhait suppose-t-îl une espérance qu'elles auraient eue un moment? L'interprétation est douteuse, et le sîienoe gardé par Saint-Evremond sur toute intention sérieuse de l'appeler reste significative*

La Fontaine répliqua*, toujours avec le même agrément. Il donne cette fois rendez-vous à Saint-Évremond, non sur les bords de la Tamise, mais sur ceux de l'Hippocrène, pourvu a qu'il y ait des bouteilles qui rafraîchissent. » Comme dans sa lettre à Mme de Bouillon, il ne se montre prêt à partir que pour le pays des rêves, où il se rendra avec Saint-Évremond, tous deux devenus chevaliers de la table ronde, et arborant au haut de leurs tentes les portraits de leurs dames, Saint-Évremond celui d'Hortense, la Fontaine celui de Marianne. Mais cette campagne chevaleresque, il ne l'entreprendra pas qu'il ne soit guéri de ses rhumatismes. VoUà une excuse qui eût été excdlente pour refuser de se rendre en

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