‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 108 sur 379 · Fable xxm du livre XII · texte numérisé non relu

Fable xxm du livre XII

3. Mme de la Mésangère avait un hôtel me de la Sourdière, dans U voisiosge de la maison de sa mère.

SUR LA FONTAINE. clxv

comme FooteneUe, on peu plus tard, lui dëdia ses Entretiens sur la pluralité des mondes. D'autres amitiës consolaient notre poète de la rareté des visites de celles qu'il appelait des en« cfaanteresses. Sa lettre nous introduit dans la chambre de la me Saint-Honorë, qu'il avait décorée à sa guise et où l'on Tenait converser avec lui. Il la nommait la chambre des phi iasophes, parce qu'il s'y était entouré de sages peu incommodes, étant de terre cuite. Il y avait, c'est lui-même qui le dit, le buste de Socrate, très-certainement celui de Platon, pour qm Ton connaît son admiration ; et l'on s'étonnerait beauooop si ^core avait été absent. Pour réjouir d'un peu de mosiqne c^te antique et philosophique compagnie, en même temps ses visiteurs, qui y devaient être plus sensibles, il avait voulu avoir un clavecin. Le clavecin avait rendu nécessaire un antre menble, une musicienne jeune et jolie, une Cfdoris^ avec laquelle la Fontaine risquait beaucoup d'amener l'Amour près de la Phflosophie. Il courait volontiers ce risque, quoiqu'il avouât à Bonrepanx qu'à son âge les Chloris pourraient bien n'aimer de lui que ses chansons. Parmi les amis qui se rassemblaient dans cette chambre, il nomme d'Hervart, Yergier et Saint-Dîé. Il donne à celui-ci le nom de son fidèle Achate, et parle de loi comme d'un des hommes d'esprit de qui Bonrepanx recevra les meilleures lettres qu'on puisse écrire. C'était, comme d'Hervart, un mattre des requêtes au conseil du Roi. Il s'appdait Cyprien Perrot [et était fils du président Jean PerroCdeSaint-Dié. On a fait de lui ce portrait : <c homme de toot plaisir et de tout divertissement, de chasse, de danse, de jea, sans application à sa profession ; ne manque pas néanmoins <le sens et est adroit à tout*. » Pour les deux autres amis,

I. On a cru reconnaître* dam cette Chloris Mlle Certin, célèbre par fon talent sur le clavecin, et que la Fontaine a louée avec enthousiasme, toute jeune encore, dans son ëpître A M. de Nieri. Noos avons aussi sur elle quelques vers de Chaulieu, un de ses ftsonrenx. Voyez les OEuvres de Chaulieu (Amsterdam et Paris, 1757), tome II, p. 71.

a. Voyes au tome Y, p. 489, des Hutoriettes de Tallemamt des MéÊms^ la note des éditeurs sur le fils du président Perrot. Ils ren-

« T«j« lee Cemn galMtee de H. DesBoirattarret, tome III, p. 33i.

CLXvi NOTICE BIOGRAPHIQUE

Hervart et Vergier, on ne peut se borner à une si brève tion dans une biographie de la Fontaine.

Anne d'Hervart, conseiller au parlement de Paris et mafM des requêtes au conseil du Roi, ëtait fils du riche financier Barthélémy Hervart, ou mieux Herwarth^, qui avait rendu de grands services à Mazarin et à la France, avait été intendant des finances en i65o, contrôleur général vers la fin de 1657, jusqu'en i665 ou 1666. Le maître des requêtes Hervart avait épousé, en 1686, Françoise le Ragois de Bretonvilliers*, « une des plus belles femmes qae Ton ait jamais vues, » dit Mathieu Marais*. Elle eut facilement pour le bonhomme de la chambre des philosophes les mêmes sentiments que son mari. Elle parait Tavoir aimé de cette affection maternelle, U seule que les vieillards, à la condition encore cp'ik soient d'aimables enfants, peuvent attendre des jeunes femmes. Il devait trouver un jour en elle une seconde la Sablière, autant du moins qu'il pouvait y en avoir deux. Une parole est à remarquer dans U lettre de Vergier à Mme d'Hervart, dont nous avons d^ cité quelque chose ^, et qui se termine ainn : a Vous savei, Madûne, qu'il s'ennuie partout, et même, ne vous en déplaise, quand il est auprès de vous, surtout quand vous vous avises de vouloir régler ou ses mœurs ou sa dépense. » Elle aussi le sermonnait donc. Le proverbe veut que les meilleurs sermons sdi&ût ceux d'un jeune curé. C'étaient les mieux faits surtout pour la Fontaine; et l'on pouvait espérer qu'il écouterait ceux

▼oient au Portrait des membres du parlement de Paris vers 1 661, dans le manuscrit de Saint-Victor, 1096 (maintenant Fr. 30867).

I. Il était d*une famille patricienne d*Augsbourg. Voyez dans la Repue historique (1879), p. a85-355, une savante notice de M. G. Depping, sous ce titre : Barthélémy Herwarth^ contrôleur général des finances. EUe nous a été très-utile.

a» Fille de Bénigne le Ragois, sieur de Bretonvilliers, président à la chambre des Comptes.

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