‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 141 sur 379 · Voye» lîrre III, hble r · texte numérisé non relu

Voye» lîrre III, hble r

1. Dans la réimpreision de 1799 : a qa*au contraire » ; et à la lîgiie niTanle : « et que par conséquent o.

3.Và«. : et les conséquences. (1668, 1669, 1679, 1729.) Cette leçon est aussi celle de Walckenaer.

J. DB XJk FoBTAnm. I i*

i8 FABLES.

Tabrégé de ce qu^'l y a de bon et de mauvais dans les créatures irraisonnables. Quand Promëthée voulut former Thomme, il prit la qualité dominante de chaque bête : de ces pièces si différentes il composa notre espèce* ; il fit cet ouvrage qu*on appelle le Petit-Monde*. Ainsi ces fables sont un tableau où chacun de noas se trouve dépeint. Ce qu'elles nous représentent confirme les personnes d'âge avancé dans les connoissances que Tusage leur a données, et apprend aux enfants ce qu'il faut qu^ils sachent. G>mme ces derniers sont nouveauvenus dans le monde, ils n'en connoissent pas encore les habitants : ils ne se connoissent pas eux-mêmes. On ne les doit laisser dans cette ignorance que le moins qu'on peut : il leur faut apprendre ce que c'est qn^nn lion, un renard, ainsi du reste; et pourquoi l'on compare quelquefois un homme à ce renard ou à ce lion. C^est à quoi les fables travaillent : les premières notions de ces choses proviennent d'elles.

J'ai déjà passé la longueur ordinaire des préfaces ; cependant je n'ai pas encore rendu raison de la conduite

' I . Danf l*ouTrage de M. Guigniaut sur les Religioiu de ramiifmlié^ on peut Toir (tome IV, planche 603) la reprëtentation d'un baa-relie£^ tiré d*un sarcophage romain, où Promëthée, formant la première femme, est entonré d'un taureau, d'un âne et d*nn lièvre, qui expriment les qualités des divers animaux mêlées par le grand artisle au limon dont il forma ses créatures. ^ Horace (livre I, ode xrii vers i3-i6) fait aussi allusion à ce même mélange :

Fertur Prometheus addere prùtcipi Limo coaetus partleulam undique DesectoMy et insani leonu Vim êtomacko appotmsse nostro*

1, Ou microcosme, a On appelle ainsi l'homme, comme ëtant . un abrégé des merveilles du monde. » (^Dictionnaire de Furettère, 1690.)

it mon ommge. L*apologae est composé de deux parties, dont on pent appeler Tune le corps, Vautre Tànie. Le corps est la fable; Tàme, la moralité. Aristote n admet dans la fable qae les animaux; il en exclut les hommes^ et les plantes*. Cette rè^e est moins de néeessité que de bienséance, puisque ni Ésope, ni Phèdre, ni aucun des fabulistes, ne Ta gardée, tout au contraire de la moralité, dont aucun ne se dispense. Que s'il m'est arrivé de le faire, ce n*a été que dans les endroits où elle n'a pu entrer avec grâce, et où il est aisé au lecteor de la suppléer. On ne considère en France que ce qui platt* : c'est la grande règle, et pour ainsi dire h seule. Je n'ai donc pas cru que ce fût un crime de passer par-dessus les anciennes coutumes lorsque je ne pourvois les mettre en usage sans leur faire tort. Du temps d'Ésope la fable étoit contée simplement; la moralité séparée, et toujours ensuite. Phèdre est venu, qui ne s'est pas assujetti à cet ordre : il embellit la narration, et transporte quelquefois la moralité de la fin au conmiencement. Quand il seroit nécessaire de lui trouver place, je ne manque à ce précepte que pour en observer un qui n'est pas moins important : c'est Horace qui nous le donne. Cet auteur ne veut pas qu'un écrivain s opiniâtre contre l'incapacité de son esprit, ni contre ceDe de sa matière. Jamais, à ce qu'A prétend, un

I. Noot avons Tainement dierché le panage d*Aristote anqnel la PoDUbe Teot fiure allusion. Aristote parle de la £J>Ie au lirre II, de k Mkétorùpu (chapitre xx), mais il n'y dit rien de Texclusion des iMMues et des plantes.

1. c Tous les genres sont bons, dit Voltaire, hors le genre en- ■uyeu. > Ce mot, sourent dté comme un Ters parce qu'il en a la Mesure, se trouve dans la préface de PEnfaiU prodigue^ vers la fin (imae IV, p. 939, édition de Beuohot). Voltaire lui-même le répète daw me lettre du i5 juillet 1768, adressée à Hoiaoe Walpole (toiae LXV, p. i35).

%o FABLES.

homme qui yeat réussir n'en yient jasqae-là; il abandomie les choses dont il voit bien qu*il ne saonm ri«i birede bon :

••.. Etqum Desperat tractata niteseere pos$e relinqtui^.

Gest ce qne j^ai fait à Tégard de quelques moralités du succès desquelles je n'ai pas bien espéré.

n ne reste plus qu'à parler de la vie d'Ésope. Je ne vois presque personne qui ne tienne pour fabuleuse celle que Planude ' nous a laissée. On s'imagine que cet auteur a voulu donner à son héros un caractère et des aventures qui répondissent à ses fables. Cela m'a pani d'abord spécieux; mais j'ai trouvé à la fin peu de certitude en cette critique. Elle est en partie fondée sur ce qui se passe entre Xantus et Ésope : on y trooTe trop de niaiseries. Et' qui est le sage à qui de pareilles choses n'arrivent point? Toute la vie de Socrate n'a pas été sérieuse. Ce qui me confirme en mon sentiment, c'est que le caractère que Planude donne à Ésope est semblable à celui que Plutarque lui a donné dans son Banquet des sept Sages ^ c'est-à-dire d'un homme subtil^ et qui ne laisse rien passer. On me dira que le Banquet des sept Sages est aussi une invention. Il est aisé de douter de tout : quant à moi, je ne vois pas bien pourquoi Plutarque auroit voulu imposer à la postérité dans ce traité-là, lui qui fait profession d'être véritable pai^ tout ailleurs, et de conserver à chacun son caractère. Quand cela seroit, je ne saurois que mentir sur la foi d'autrui : me croira-t-on moins que si je m'arrête à la

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