‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 144 sur 379 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

Os le ymk donc, aa dix-ieplième siècle, Plannde régnait en yériliUe souverain tor Topinion, et aon roinan t'était imposé à FadmintîoB oBirerseUe. Il y a^vait en sana doote quelques protestations coolre ce qni pooTait passer pour nne usurpation. Les savants n*accqptaimt pas Tantorité du moine, et qualifiaient son œurre comme eOe le méritait ; mais ceux-là même qui la jugeaient le plus sérèrement la publiaient, et contribuaient ainsi à la populariser. Seul, Méairîacy le docte traducteur et commentateur des tpUres d'Ovide, edm qui prétendait avoir rdevé plus de deux mille fautes dans le Platarque d'Amyot, essaya de redresser l'opinion en composant lui« ■éme une Vie ^Âsope plus conforme à la raison et à la vérité. Son ocrrage parut en i63i, et fut plusieurs fob réimprimé, soit seul, soit avee les fables d'Ésope, notamment en 1646, dans la traduction qne donna de ces fables Purrt Millot^ Langrois^ à Bourg en Bresse, etc. (voyez oi-dessus, p. 8, note 3). Mais quelque estimable et judi« eicose que tàt cette nouvelle FU tPÉsope, il ne paraît pas qu'elle ait détrAoé celle de Planude; car à peine la connut^n. Lorsque Bayle paUia la première édition de son Dictionnaire^ en 1697, il ne put se la pfocnrer; dans la seconde édition, qui parut en 1701, il en parle, parce que M. Simon de Valbebert , biUiothécaire de Tabbé Bignon, loi avait envoyé son exemplaire, c La rareté et la bonté de ce petit oofrage, dit I^Uengre en le reproduisant dans ses Mémoires de ùtté' rature (la Haye, Henri du Sauzet, 1715, in-ia, tome I, p. 87-103), me font espérer que l'on ne me saura pas mauvais gré de l'avoir icndn plus commun en le faisant parottre ici. >

Entre U Fie d'Ésope par Planude, si répandue, si populaire, et ijoutona si amusante malgré ses niaiseries, ou peut-être à cause de SCS niaiseries, et l'œuvre de Méziriac, fort judicieuse et pleine de sens critique, mais peu connue , la Fontaine ne pouvait bésiter, à supposer même qu'il ait jamais lu le travail de son docte contempo* rain. Ce n'est pas qu'il ignorât Popinion des savants sur les inven»

«MBB également ; Il parut toot le nom de Jean Baadoiiiy parce qna l'aatear « at le trourant pas atses grave pour loi, eoiMentit qne son ami Tadoptât. » {Bistmre de VAcmdémiefranfoise^ tome II, p. g6). Cborier, biographe de M. de BoÎMat, dté par M. Livet dans sa nouvdle édition de V Histoire de tjemdémie (tome II, p. 85), prétend que Baudoin sapprima le nom de l'antear, et s'attriboa PooTrage sans la permiasion de Boistat, qui néanmoins ne Ini eavoaint pas. Lmeri illiingentis iustmr erat, quod ineare Baidmùms yifai Éeôehot^ Conunodei wnicerum suis uliro rutiouthus unteecnehut.

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tionf de Plaimde. liais c je n'ai pat roula , dil-il, m'eagager dana cette oridqoe. i Et il ajoute areo ta naÎTe ignoranae : c f^— *- Planude TÎToit dana un tièole où la mémoire des ehoses arrirées à Ésope ne devoit pat être encore éteinte, j'ai cru qu'il saroit par tra* ditiou ce qu'il a laissé, > A la bonne heure, Toilà son dessein jastifié, et nul, après cette profession de foi historique, ne lui cootesteta le droit de reproduire la Fie d'Ésope par Planude. S'il supprime quelque ch<ise, ce n'est pas qull le réroque en doute ; il ne retranche c que ce qui lui semble trop puérile, ou ce qui s'écarte e façon de la bienséance. » Et arec cette bonhomie que nous lui < naissons, s'emparant des contes de Planude, qui deraient être pour lui aussi amusants que les apologues mêmes du Phrygien, sans s'astreindre à les traduire littéralement, il en a fait cette ceurre diarmante de grâce , de naîyeté , de malice aimable et douce, qui ressemblerait aux contes des nourrices, si les nourrices avaient tant d'esprit et sayaient si bien dire, et que personne jamais ne soogen à détacher de ses fables.

Nous n'avons rien d'assuré touchant la naissance d'Homère et d'Ésope : à peine même sait-on ce qui leur eat arrivé de plus remarquable. C'est de quoi il y a lieu * de s^étonner, vu que l'histoire ne rejette pas des choses moins agréables et moins nécessaires que celle-là *. Tant de destructeurs de nations, tant de princes sans mérite, ont trouvé des gens qui nous ont appris jusqu'aux moindres particularités de leur vie ; et nous ignorons les plus importantes de celles* d'Esope et d'Homère, c'est-à-dire des deux personnages qui ont le mieux mérité des siècles suivants. Car Homère n'est pas seulement le père des Dieux, c'est aussi celui des bons poètes. Quant à Ésope, il me semble qu'on le devoit mettre au nombre des sages

I. Vam.: C'est dont il y a lieu. (1668, 1669, 1719.) 1. Celles-là, au pluriel, dans le texte de Walckenaer ; il y a le singulier dans toutes les anciennes éditions.

3. De celle^ au singulier, dans les éditions de 1668, de 1669 et de 1719.

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VIE D'ÉSOPB. 29

dmt la Grèce t'est tant vantée, lui qm enseignoît la véritable sagesse, et qui Tenseignoit avec bien plus d'art que ceux qui en donnent des définitions et des règles. On a Teritablement recueilli les vies de ces deux grands hommes ; mais la plupart des savants les tiennent tontes deux fabuleuses , particulièrement celle que Planude a éerite. Pour moi, je n'ai pas voulu m'engager dans cette critique. Comme Planude vivoit dans un siècle où la mémoire des choses arrivées à Ésope ne devoit pas être encore éteinte, j'ai cru qu'il savoit par tradition ce qu'il a laissé ^. Dans cette croyance, je l'ai suivi sans retrandier de ce qu'il a dit d'Ésope que ce qui m'a semblé trop puérile*, ou qui s'écartoit en quelque façon de la bienséance.

Ésope étoit Phrygien*, d'un bourg appelé Amorium^, n naquit vers la cinquante-septième olympiade', quel-

I. On ffÂX la nngulière erreur commite ici par la Fontaine. Voyez ci-defeat la Notice.

a. Dana tontet let éditions du tempt, oe mot ett écrit arec im #, ^iiinî/!». Ménage dit an sujet de cette orthographe : c On demande t^i^ laot dire, an masculin, puéril ou puérile. L'usage est ^nr puérile,,,, J*aj<Mite à Tantorité de l'usage celle de Messieurs de l'Académie, qui cêA décidé qu'il fiiUoit dire ^u^rt/e au masculin. > (Oèsenmtiotu sur la immpte fram^eise^ '^^i ** partie, p. 4i4*)^P^'*^''' l'Académie, qui, dana la seconde édition de son Dictionnaire (17 18), écrit, comme ici k Fontaine, puérile^ donne dans la première (1694), de même qoe Rididec (1680) et Furetière (1690) : puéril, sans «.

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