‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 146 sur 379 · I. Homme ^ dans le texte de Walcken^er · texte numérisé non relu

I. Homme ^ dans le texte de Walcken^er

s. Tous les éditeurs modernes, j compris Walckenaer, mettent ici esf, à Fimpar&it du sabjonctif ; mais les éditions anciennes, à reiception de celle de 1669 (qni donne eust)^ ont eu/, sans s ni •etent circonflexe, c'est-à-dire à l'indicatif.

3s VIE D'ÉSOPE.

maîjDy après que leur maître fat parti, et le I^r^^ien étant à son travail' ordinairet qadques Toyageura égarés (aucuns disent que c'étoient des {«êtres de Diane) le prièrent, au nom de Jupiter Hospitalier, qu'il leur enseignât le chemin qui conduisoit à la ville. Ésope les obligea premièrement de se reposer à Tombre ; pois, leur ayant présenté une légère collation, il voulut être leur guide, et ne les quitta qu'après qu'il les eut remis dans leur chemin. Les bonnes gens levèrent les mains au ciel, et prièrent Jupiter de ne pas laisser cette action charitable sans récompense. A peine Ésope les eut quittés, que le chaud et la lassitude le contraignirent de 8'endo^ mir. Pendant son sommeil, il s'imagina que la Fortune étoit debout devant lui, qui lui délioit la langue, et psr même moyen lui faisoit présent de cet art dont on peut dire qu'il est l'auteur. Réjoui de cette aventure, il s'éveilla' en sursaut; et en s'éveillant : « Qu'est ceci? ditil ; ma voix est devenue libre : je prononce bien un râteau, une charrue, tout ce que je veux. > Cette merveilk fut cause qu'il changea de maître. Car, comme un cer^ tain Zénas, qui étoit là en qualité d'économe et qui avoit l'œil sur les esclaves, en eut* battu un outrageusement pour une faute qui ne le méritoit pas, Ésope ne put s'empêcher de le reprendre, et le menaça que ses mauvais traitements seroient sus. Zénas, pour le prévem'r, et pour se venger de lui, alla dire au maître qu'il étoit arrivé un prodige dans sa maison ; que le Phrygien avoit recoavré la parole ; mais que le méchant ne s'en servoit qa'à

I. Dans le texte de Walckenaer : a et le Phrygien à loo tiavail».

a. Walckenaer ^rit : « il le rëreilla a. Notre texte eat oehii de toutes les éditions du temps.

3. Telle est la leçon des étions originales. Walckenaer éetk : c aroit battu », qui parait plus conforme à nos habitudes.

VIE D'tSOPB. »

Uasphémer^ et à médire de ^ leur seîgaeiir. Le maître le cmt, et passa bien plas avant; car il lui donna Ésope, arec liberté d*en faire ce qu'il voudrott. Zénas de retour aux champs, un marchand Talla trouver, et lui demanda si pour de Targent il le vouloit accommoder de quelque bète de somme. « Non pas cela, dit Zénas : je n'en ai pas le pouvoir; mais je te vendrai, si tu veux, un de nos esdaves. » Là-dessus ayant fiait venir Ésope, le marchand dit: « Est-ce afin de te moquer que tu me proposes Taehatde œ personnage? On le prendroit pour un outre'.» Dès que le marchand eut ainsi parlé, il prit congé d'eox, partie murmurant, partie riant de ce bel objet. Ésope le rappela, et lui dit : « Achète-moi hardiment; je ne te serai pas inutile. Si tu as des enfants qui crient et qii soient méchants, ma mine les fera taire : on les menacera de moi comme de la béte *. » Cette raillerie jhxt au marchand. U acheta notre Phrygien trois oboles ^, et dit en riant : « Les Dieux soient loués ! je n'ai pas fait grande acquisition, à la vérité ; ausai n ai-je pas déboursé grand argent. »

Entre autres denrées, ce marchand trafiquoit d'esclaves : si bien qu'allant à Éphèse pour se défaire de ceux qu'il avoit, ce que chacun d'eux devoit porter pour la eommodité du voyage fut départi selon leur emploi et tek» leurs forces. Ésope pria que l'on eût égard à sa

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