‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 147 sur 379 · I. De manque dans Tédidon de 1678 A · texte numérisé non relu

I. De manque dans Tédidon de 1678 A

s. Lea éditionfl de 1678» cdle de 1688 et la réimpretsion de 1729 portent un outre, Letaotret donnent une outre, Fnretière (1690) £ût le mol outre da masculin; et 1* Académie de même en 1694 ; dans sa •Monde édition (17 18), elle le fait du féminin,

3. ff On appelle populairement ia bête ce qui fait peur. Une noor. lîee dit à soo enfiuit qui crie : Je ferai Tenir la béte. > (Diotioniutire éU Faretièrey 1690.)

4. VoèoUf aûdème partie de la dvaehBie, valait enfiron quime \ de notre monnaie.

J. DM IA FoBTAIVm. I 3

H VIE D'ÉSOPB.

taille; qa'Q étott nouveaii veno, et derott être trahé doucement. « Tu ne porteras rien , si ta veux , » loi repartirent ses camarades. Ésope se piqna d^honnenr, et voulut avoir sa charge comme les autres. On le laissa donc choisir. U prit le panier au pain : c'étoit le (iardeam le jdus pesant. Chacun crut qu'il Tavoit fait par bêtise; mais dès la dînée le panier fut entamé^ et le Phrygien déchargé d'autant; ainsi le soir^ et de même le lendemain : de façon qu'au bout de deux jours il marchoît à vide. Le bon sens et le raisonnement du personnage furent admirés.

Quant au marchand, il se défit de tous ses esclaves, à la réserve d'un grammairien, d'un chantre et d'Esope, lesquels il alla exposer en vente à Samos. Avant que de les mener sur la place, il fit habiller les deux premiers le plus proprement qu'il put, comme chacun farde sa marchandise : Ésope, au contraire, ne fut vêtu que d^un sac, et placé entre ses deux compagnons, afin de leur donner lustre ^ . Quelques acheteurs se présentèrent, entre autres un philosophe appelé Xantus. Il demanda au grammairien et au chantre ce qu'ils savoient faire : « Tout, » reprirent-ils. Gela fit rire le Phrygien : on peut s'imaginer de quel air. Planude rapporte qu'il s'en fallut peu qu'on ne prit la fuite, tant il fit une effroyable grimace. Le marchand fit son chantre mille oboles, son grammairien trois mille ; et en cas que l'on achetât l'un des deux, il devoit donner Ésope par-dessus le marché. La cherté du grammairien et du chantre dégoûta Xantus. Mais pour ne pas retourner chez soi sans avoir fait quelque emplette, ses disciples lui conseillèrent d'acheter ce petit bout

I. Yam. : donner le lustre. (1668 iii-4<*.) — Dans les autres ëditioos da dix-septième siècle, cm lit, comme dans notre texte : c donner Instre, > leçon reproduite par l'édition de Londres 1708 , et qui est éridemment la bonne*

dlKMBme qm avoit ri de si bonne grâce : on en feroit an épomrantail ; il divertiroit les gens par sa mine. Xantns se laissa persuader, et fit prix d'Ésope à soixante oboles. D loi demanda, devant que de Tacheter, à c[uoi il lui seroit propre, comme il Tavoit demandé à ses camandes. Ésope répondit : « A rien, » puisque les deux autres aToient tout retenu pour eux. Les commis de la douane remirent généreusement à Xantus le sou pour livre, et lui en donnèrent quittance sans rien payer.

Xantus aToit une femme de goût assez délicat, et à qui toutes sortes de gens ne plaisoient pas : si bien que de loi aller présenter sérieusement son nouvel esclave, il n j avoit pas d'apparence, à moins qu'il ne la voulût mettre en colère et se faire moquer de lui. U jugea [dus i p(^M>s d'en faire un sujet de plaisanterie, et alla dire tu k^is qu'il venoit d'acheter un jeune esclave le plus beau du monde et le mieux fait. Sur cette nouvelle, les fiUes qui servoient sa femme se pensèrent battre à qui l'aoroit pour son serviteur ; mais elles furent bien étonnées quand le personnage parut. L'une se mit la main devant les yeux ; l'autre s'enfui^; l'autre fit un cri. La maîtresse du logis dit que c'étoit pour la chasser qu'on loi amenoit un tel monstre ; qu'il y avoit longtemps que le philosophe se lassoit d'elle. De parole en parole, le différend s'échauffa jusqu'à ^ tel point que la femme demanda son bien, et voulut se retirer chez ses parents. Xantus fit tant par sa patience, et Ésope par son esprit, fie les choses s'accommodèrent. On ne parla plus de l'en aller ; et peut-être que l'accoutumance effaça à la fin une partie de la laideur du nouvel esclave.

Je laisserai beaucoup de petites choses où il fit parottre k vivacité de son esprit ; car quoiqu'on puisse juger par

I. c Juaqp» kp » dant rédition de 1678 A et dans le texte de Wakàenaer.

36 VIB D'ÉSOPE,

li de son caractère, elles sont de trop peu de quence pour en informer la postérité. Voici seuleneat na échantillon de son bcm sens et de FignoraiM» de soa mattre. Celui-ci alla chez un jardinier se choisir luinnème une salade. Les herbes cueillies, le jardinier le pria de lui satis£aire Tesprit sur une di£Sculté qui regaidoit la philosophie aussi bien que le jardinage : c'est que les herbes qu'il plantoit et qu'il cultivoit avec un grand soin ne profitoient point, tout au contraire de celles que h terre produisoit d'elle-même, sans culture ni amendement. Xantus rapporta le tout à la Providence, comme on a coutume de faire quand on est court. Ésope se mit à rire ; et ayant tiré son mattre à part, il lui conseilla de dire à ce jardinier qu'il lui avoit fait une réponse ain« générale, parce que la question n'étoit pas digne de loi : il le laissoit donc avec son garçon \ qui assurément le satisferoit. Xantus s'étant allé promener d'un autre cdté du jardin, Ésope compara la terre à une fenune qui, ayant des enfants d'un premier mari, en épouseroit ub second qui auroit aussi des enfants d'une autre femme; sa nouvelle épouse ne manqueroit pas de concevoir de l'aversion pour ceux-ci, et leur ôteroit la nourriture, afin que les siens en profitassent. U en étoit ainsi de la terre, qui n'adoptoit qu'avec peine les productions du travail et de la culture, et qui réservoit toute sa tendresse et tous ses bienfaits pour les siennes seules : elle étoit marâtre des unes, et mère passionnée des autres. Le jardinier parut si content de cette raison, qu'il offirit à Esope tout ce qui étoit dans son jardin.

n arriva quelque temps après un grand différend entre le philoso{^e et sa femme. Le philosophe, étant de festin, mit à part quelques friandises, et dit i Ésope : « Va

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