‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 15 sur 379 · Année 1874, p. a4 et a · texte numérisé non relu

Année 1874, p. a4 et a

SUR LA FONTAINE. xv

Wrette dans la basse-ooor du couvait, après Tavoir attachée i Bue ficelle, et faisait ainsi la chasse aux volatiles. 3» Le voilà pemt très-plaisamment ; mais c'est probablement une légende. Le tableao et le lieu même de la scène auront été imagina d'après ce que Ton connaît plus certainement des dix-huit mcHs passés chez les oratoriens de la rue Saint-Honoré et du séminaire de Saint-Magloîre. La note écrite par ceux-ci est suffisante pour que nous nous représentions l'inconstant novice s'abandonnant aux distractions de la poésie.

Nous savons donc que, dès l'âge de vingt ans, le confrère Jean de la Fontaine n aimait rien tant que les poètes, et laissait là pour eux la dévotion et la diéologie. Û ne peut être tout à £ùt exact de dire, comme Fa Cùt d'Olivet ^, qu'à vingtdeux ans « il ne se portoit encore à rien, lorsqu'un officier, qui étoit à Château-Thierry en quartier d'hiver, lut devant loi, par ooca^on, » l'Ode de Bialherbe sur la mort de Henri IV. On ne refusera pas de croire, avec d'Olivet, que cette lecture le transporta d'admiration, qu'il voulut étudier l'excellent poète, a et s'y attacha de telle sorte qu'après avoir passé les nuits à l'apprendre par cœur, il alloit de jour le dédamer dans les bcHs, a> enfin qu'il fit alors quelques essais dans le goût de Malherbe^. Mais il ne fallait pas donner à entendre que ces essais forent les premiers de son jeune talent. Les vers harmonieux et nd>les de la fameuse ode purent être pour lui la révélation d'une grande poésie qu'il n'avait pas jusque-là soupçonnée, et faire, pour la première fois, vibrer une corde de la lyre intérieure qui n'avait pas encore été touchée. Qudque autre cq;)endant, beaucoup moins grave sans doute, n'avait pas attendu d'être éveillée par Bialherbe. Loin qu'il soit vrai que la Fontaine ne se portât encore à rien, il avait goûté, dans sa cellule de l'Oratoire, d'autres poètes, ses plus anciens initiateurs; il avait même, dès ce temps peut-être, certainement avant d'avoir entendu la récitation de l'officier, commencé bien jeune, comme Maucroix, dont l'exemple dut être contagieux, à écrire de petits vers légers.

Si l'on voulait, la chronologie en main, suivre chez la Fon-

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