U GEINOUILLB QUI SE VEUT FAIRE AUSSI GROSSE QUE LE BOEUF
Éiope, fab. 4ao, Bo3« x«\ ^^oç (Coray, p. 173). — Babrios, bh, 18, même titre, — Horace, lÎTre II, satire m, rert 3i4-3ao. — Phèdre, Ihrre I, fab. a4, Ranarupta et Bos. — RooiQlas, lirre II, fiib. SI, Rena rupta et Bos, — Haudent, i^* partie, fab. 14s, iTune Grmoitte, — Corroxet, fab. Ziyde la Grenaille et du Bœuf, — Boarnoh, les FaMes tT Ésope ^ acte IV, scène in , la Grenouille et le Bauf, --Le Noble, fab. gS, du Bœuf et de la Grenouille, V émulation du luxe,
Mpkologia msopica Neveleti^ p. 4o3, p. 5i5.
Celte fable a été reproduite dans le Recueil de poésies chrétiennes et imrsesy tome UI, p. 368 (par erreur, pour p. 37a). — Elle est dans la MoMMserits de Conrmrt (tome XI, p. 537) sous ce titre : « la Gre- Bonlle qui Teat ressembler au Boeuf; » et dans le Manuscrit de Sainte^ Gmenhef sous celui-ci : « la Grenouille t^cbant de derenir aussi grotte que le Boeuf. •
Hartial (livre X, épigramme lxxix, Tcrs 9 et 10) fait allusion à celte bble, en parlant d'Otacilius qui reut imiter Torquatus :
Gramdis ut exiguam Bas Ranam ruperat oUm^ Sic, puto, Torquatus rumpet Otacîlium ;
et la Satire Ménippée^ dans la Harangue du recteur Roze (édition, de ^^> P* 93), rapplique ainsi au duo de Mayenne : t Vous auez bcia faire le Roy et contrepeter le Biamois en edicts* et déclaratÛMis.... Quand tous denriez creuer et 'vous enfler gros comme vn bcnf, comme feit la mère Grenouille, tous ne serez jamais si gros ttipeiir que luy. > — On peut roir de cette fable un très-spiiituel et piquant commentaire dans la m* leçon de M. Saint-Maro Girar* <Ha (tome I, p. 410 et sniTantes). — Rousseau, à qui cette fois la (ible entière ne donne point de prise, s*attaque au quatrain qui la lenaine. Après avoir critiqué, d*une manière générale, Tusage des afbbolations : « Que signifient, dit-il, les quatre vers que la Fou'tiiae ajoute à la fable de la Grenouille qui s'enfle? A-t-il peur qu'on J. DB Là FoMAuni* I 5
66 FABLES. [F.m
ne Tait pat ccNuprii? A-t-il besoin, oe grand peintre, d'écrire let bom aa-dessons det objets qa*il peint? Loin de généraliser par là sa borale, il la particolarise, il la restreint, en quelque sorte, anx eienpks cités, et empécbe qu*on ne Tappliqne à d'antres. Je vondrois qn^fiat de mettre les £d>les de cet auteur inimitable entre les mains à*m jeone bomme, on en retrancbât toutes les conclnsioiis par lesqueflcs il prend la peine d*expliqner oe qu*il -rient de dire aussi dairaneat qn*agréablement. Si Totre élére n*aitend la fable qu*à Taide de Feiplîoation, soyes sAr qu'il ne Tentoidra pas même ainsi. » {Émiky Um rV.) — M. Taine, an contraire, et arec bien plus de rûsoo oe nous semble, parait goûter beaucoup la manière dont notre poëie intenrient ici, et en maint antre endroit, par raflabolatko : Toja son lÎTre de la Fontaine et ses fables (4« édition, p. 80).
Une Grenouille vit un Bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n*étoit pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille',
Pour égaler Tanimal en grosseur , $
Disant : « Regardez bien, ma sœur ; Est-ce assez? dites-moi; n'y suis-je point encore? — Nenni*. — M'y voici donc ? — ^Point du tout. — M'y voili? — Vous n'en approchez point*. » La chétive pécore*
I. Dans le Manuscrit de Conrart, c emrieuse » manque, et le yc» est ainsi :
S*enfle, s*étend et se travaille.
1. c Non point, • dans le Manuscrit de Conrart et dans k Jfsssserit de Sainte^Geneviève,
3. La Fontaine a pris d*Horaoe la vivacité du dialogue. Dus It fable latine, la Grenouille, à qui Ton a parlé du Boenf , et qui ne le voit point, demande quelle taille avait Ténorroe béte (ingens heUm) :
.... Illa rogare, « Quaniane? num tantum, suf flans se, magna fuisset? — Mc^or dinddio, — Num tantof 1 Quum magis atqae Se magis inflaret : c Aon, si te ruperis, inqmt, « Pareris,.., » (Livre H, satire m, vers Si&^Sio.)
4. Ce mot n'a pas ici le sens injurieux qu*on lui donne ordinairement dans le langage familier (voyez Rabelais, livre II, fin du chapitre xvii); il est pris au propre, et c au propre il signifie, dit Ri-
r. m] LIVRE I. 67
S*enfla si bien qu*elle creva'. 10
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages* : Tout boui^eois veut bâtir ^ comme les grands seigneurs *y Tout petit prince a des ambassadeurs^ Tout marquis veut avoir des pages*.
ehclet (1680), un animal, une béCe; n c*ttt le pecus^ peeoru des LitiDS. c n est, ajoute Richelet, bat et burlesque. »
5. Le même Ters, aux temps près, se lit dans la rieiUe fable sur le même sujet que Robert (tome I, p. 1 4 et 1 5) a extraite du recveil déjà cité {Yscpei /, f 46) :
S*enfle si fort que elle crene.
6. Horace, d'une façon très-piquante, se fait, comme le remarque M. Souillé (p. 9a), appliquer à lui-même, par son interlocuteur, la morale de la fiîble.
7. Le Roi, à ce moment, faisait construire Vefuiilles, et donnait à tous Texemple de la passion pour les bâtiments.
8. € Il y en a qui ne se contentent pas de renoncer à leur air propre et naturel, pour sniTre celui du rang et des dignités où ils sont parrenus; il 7 en a même qui prennent par avance Pair des dignités et du rang ou ils aspirent. Combien de lieutenants gênénoz apprennent à parottre maréchaux de France! Combien de gens de robe répètent inutilement Tair de chancelier, et combien de bourgeoises se donnent Pair de duchesses ! » (La Rochitou- CAULD, JUfleMoms diverses^ III, de PJir et du Manières^ édition de M. Gilbert, tome I, p. 189.)
9. € Il est Traiy dit Saint-Simon (tome II, p. 97), que les titres de comtes et de marquis sont tombés dans la poussière par la quantité de gens de rien et même sans terres, qui les usurpent, et par là tombés dans le néant : si bien même que les gens de qualité qui •ont marquis ou comtes, qu*ils me permettent de le dire, ont le ridicnle d^être blessés qu*on leur donne ces titres en parlants eux. » Lei marquis étaient donc fort déchus : or il en coûtait pour entretenir des pages, et il n'y avait guère alors que le Roi et les princes du mng qui en eussent. « Mettez mon fils à TAcadémie, écrivait à sa femme le financier Montauron, donnez-lui un gouverneur; car il le faut élever en homme de condition. » Elle lui répondit : « Je hd donnerai des pages, si vous voulez ; vous n*avez qn*k m*envoyer de Fargent. » (Lu Blstoriettet de Taiiemant des Réaus^ 3« édition,' PM, 1857, in-8*, tome VI, p. «33, note.)
68 FABLBS. [r. ir
FABLE IV
LBS DEUX MULBTS.
Ésope, hh, 58f "Ovoc xa\ ^lamç (Coray, p. 35 et 36, p. 3ii).— Phèdre, lirre II, £d>. 7, lfi</i «f Latromes. — Romuliu, liTit III, lab. 3, Sfuus et Annus. -^ Corrocet, fab. 67, de tAimê et dm Ckeed,
Mfthologim msopiea Jfepeleii^ p. i38, p. 41 3.
MamueriU de Conrart^ tome XI, p. 535.
Deux Mulets cheminoient, Tan d*avoine chargé,
L'aatre p(»tant Targent de la gabelle '• Celui-ci, gloriepx d'une charge si belle, N*eût voulu pour beaucoup en être soulagé*
Il marchoit d*un pas relevé, S
Et faisoit sonner sa sonnette* :
Quand Tennemi se présentant,
Comme il en vouloit à Targent, Sur le Mulet dn fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein et Tarrête. 10
Le Mulet, en se défendant', Se sent percer de coups; il gémit, il soupire* « Est-ce donc là, dit-il ^, ce qu'on m'avcût promis? '
I. On appelait ainsi l'impôt aur le sel et lé grenier où le sel le Tendait,